Tests matériels

Test : Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Test de l’Audioquest NightHawk cette semaine, couplé à plusieurs DAC dont l’Audioquest DragonFly 1.2. Nous évoquons régulièrement Audioquest lors de nos tests matériels, les câbles de la marque américaine étant ceux que nous avons choisis pour leurs performances. Aussi, c’est avec intérêt que nous avons confié nos oreilles à ce tout premier casque audio d’Audioquest.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Les coques en bois injecté du casque Audioquest NightHawk

Audioquest NightHawk : du câble au casque

Créée en 1980, Audioquest conçoit et fabrique des câbles audio et vidéo pour toutes les utilisations : enceintes, modulation RCA et XLR, alimentation, USB, numériques optiques, numériques coaxiaux, numériques AES/EBU et HDMI notamment. Chaque catégorie est peuplée par des dizaines de modèles différents, regroupés en gammes aux noms exotiques : Vodka, Niagara, Rocket, Yosemite, Cougar, Husky, NRG… La plupart de ces câbles bénéficient de technologies brevetées, parfois surprenantes, comme le Dielectric Bias System (DBS), un petit boîtier alimenté par pile, monté sur certains câbles d’enceintes ou USB, dont le rôle est de créer un champ électrostatique stable qui polarise les molécules du matériau isolant le câble. On peut être dubitatif en découvrant la technologie, on ne l’est plus en écoutant l’Audioquest USB Coffee par exemple. Audioquest bénéficie très clairement d’une très grande expertise sonore, qui l’a conduite à développer le petit DAC Audioquest DragonFly que nous évoquerons plus loin, et aujourd’hui le casque Audioquest NightHawk – qui bénéficie des technologies brevetées développées pour les câbles.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Le petit DAC USB Audioquest DragonFly 1.2, très musical et puissant

Audioquest NightHawk : structure semi-ouverte

Le casque hi-fi Audioquest NightHawk est un modèle circum-aural semi-ouvert. Autrement dit, les oreillettes de ce casque entourent les oreilles qu’elles laissent libres de toute contrainte mécanique. La structure semi-ouverte permet d’obtenir une isolation des bruits extérieurs convaincante sans toutefois étriquer la scène sonore, ce qui est le cas des structures fermées. Les transducteurs sont ainsi plongés dans un volume d’air accordé vers l’extérieur – un peu à la manière d’un bass-reflex – afin d’améliorer leur réponse dans le registre grave.

 

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Les coques du casque Audioquest NightHawk sont attachées à l’arceau par le biais d’un système de suspension breveté.

Audioquest NightHawk : Liquid Wood et suspension brevetée

Le casque hi-fi Audioquest NightHawk est équipé de coques en bois injecté Liquid Wood. Ce « bois liquide » tire son nom du mélange de sciure de bois teinté et de résine biologique. L’injection de ce Liquid Wood dans un moule permet de concevoir des formes sophistiquées. Les coques du casque Audioquest NightHawk sont fixées à l’arceau par un système de suspension breveté imbriqué dans une pièce en résine imprimée en 3D. Cette suspension élimine les vibrations indésirables transmises par l’arceau lorsque l’auditeur est en mouvement.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

La pièce de fixation des coques est réalisée par impression 3D

Audioquest NightHawk : confort de port

C’est le premier point fort de ce casque. Le NightHawk n’appartient donc pas à la catégorie des objets designs pénibles à porter. Audioquest a particulièrement soigné le confort de port de son casque, tout autant que sa préhension. Grâce à un ingénieux système d’arceau auto-ajustable, l’auditeur n’a besoin d’effectuer aucun réglage pour adapter le NightHawk à sa morphologie. On enfile le casque et celui-ci est systématiquement parfaitement positionné. Les oreillettes en mousse à mémoire de forme et revêtement en simili-cuir sont très agréables à porter. La pression exercée par ce casque permet des écoutes prolongées.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

L’arceau du NightHawk est gainé de velours

Audioquest NightHawk : transducteurs de 50 mm

Audioquest a équipé le NighHawk de transducteurs de 50 mm à membranes en fibres de cellulose. Sa démarche diffère donc de la concurrence qui opte couramment pour des matériaux comme le mylar ou le plastique, très légers mais à la restitution colorée. La fibre de bio-cellulose étant un matériau recyclé à base de papier, elle en hérite les propriétés mécaniques hautement compatibles avec la reproduction du son. Longtemps d’ailleurs les haut-parleurs pour enceintes acoustiques ont été fabriqués avec des membranes en papier, ce matériau offrant des caractéristiques d’amortissement très intéressantes (absorption des résonances, peu de coloration). Les transducteurs du NightHawk sont équipés de puissants aimants afin d’assurer un très bon régime transitoire (capacité à passer d’un état vibratoire à un autre).

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Audioquest NightHawk : deux câbles détachables fournis

Le casque Audioquest NightHawk est livré dans un étui de transport à fermeture Eclair, avec deux câbles de modulation différents et un adaptateur mini-jack 3,5 mm vers jack 6,35 mm. Le plus fin des deux câbles de modulation est de facture classique : conducteurs en cuivre LGC (Long Grain Copper) et gaine nylon. Le second est plus imposant et bénéficie des technologies StarQuad, PSC+ et NDS. Kesako ? La technologie StarQuad implique un tressage particulier des brins de cuivre, destiné à maîtriser leur inductance. Le cuivre PSC+ (Perfect Surface Copper Plus) est un cuivre sans oxygène traité par polissage. La technologie NDS (Noise Dissipation System) est liée à l’isolant des conducteurs, réalisé avec des couches successives de carbone et de métal. Les connecteurs de ce câble sont plaqués en argent, ainsi que l’adaptateur founi.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Audioquest NightHawk : caractéristiques techniques

Audioquest communique sur l’essentiel, à savoir l’impédance, la sensibilité et la tenue en puissance. Première surprise, l’impédance n’est que de 25 Ohms, ce qui conjugué à une sensibilité de 100 dB pour 1 mW injecté rend ce casque compatible avec les sources les moins puissantes (smartphones, tablettes). La puissance admissible s’élève à 1,5 W par canal, une valeur classique pour des haut-parleurs à membrane de 50 mm, nécessairement équipés de bobines mobiles bien dimensionnées.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

La qualité d’assemblage est exemplaire

Audioquest NightHawk : configuration de test

Nous avons écouté le casque Audioquest NightHawk avec plusieurs amplis pour casques, notamment l’Audioquest DragonFly 1.2. Ce petit DAC USB à peine plus gros qu’une clé de stockage fonctionne avec tout ordinateur (Windows, Mac OS, Linux) et peut prendre en charge les flux audio jusqu’à 24 bits et 96 kHz. Son contrôleur USB asynchrone assure une transmission régulière des données audio depuis l’ordinateur. Nous avons utilisé JRiver Media Center en mode WASAPI pour obtenir une transmission BitPerfect. Ce point est assez facilement vérifiable avec l’Audioquest DragonFly dont le logo (une libellule évidemment) change de couleur selon la résolution du flux PCM entrant : vert pour 16 bits et 44,1 kHz ou rose pour 24 bits et 96 kHz. AudioQuest a fait appel à un DAC ESS Sabre, a priori un ES9023 si nous en jugeons par la signature sonore du DragonFly 1.2.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Les connecteurs du câble détachable sont au format mini-jack 2,5 mm

Le casque Audioquest NightHawk  a été rodé pendant plusieurs jours, 24h sur 24 avec le DragonFly. Les grands transducteurs du NightHawk ont besoin d’un long rodage pour trouver leur équilibre et nous invitons celles et ceux qui feraient l’acquisition de ce casque a observer scrupuleusement le protocole suivant : choisissez quelques morceaux de musique électronique – ou bien un CD de rodage – et lisez-les en boucles à volume soutenu. Porter le casque pendant ce temps n’est évidemment pas nécessaire.

Nos tests d’écoutes ont été effectués avec le câble Audioquest StarQuad, nettement plus performant que le câble basique. On soupçonne ici Audioquest d’évangéliser ses futurs clients en leur permettant de comparer un câble lambda et un câble audiophile. Ils auraient tort de s’en priver, le résultat est spectaculaire.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Le connecteur du second câble de qualité audiophile est plaqué argent

Audioquest NightHawk : impressions d’écoutes

Après rodage, l’Audioquest NightHawk fait preuve d’une fluidité de tous les instants, établissant une scène sonore relativement large, à distance des oreilles de l’auditeur. Nous notons une bosse dans la courbe de réponse, vraisemblablement vers 10-12 kHz, ainsi qu’une autre légère a priori vers 60 Hz. Autrement dit, la courbe de réponse de ce casque est physiologique, flatteuse pour l’oreille. Le caractère enjoué du DAC DragonFly dans l’aigu renforce ce trait de caractère du NightHawk. Avec l’ampli Meridian Prime, la balance tonale évolue vers une écoute moins « sucrée » dans le haut du spectre et plus sage. Avec un ampli Denon Ceol N4, l’écoute s’équilibre davantage, le grave gagne en densité. L’Audioquest NightHawk délivre un son immersif, bien assis et chaleureux.

For All We Know / Blue Moon, Chet Baker, FLAC 16/44
Et l’on se dit que de grands transducteurs, lorsque le message est complexe, cela apporte un vrai plus à l’écoute. Le registre grave est bien exploré, avec une agréable présence de la contrebasse, qui grogne parfois à en faire rouler les yeux. Les balais frottés sur les caisses claires dans For All We Know sont délicats. Le piano dans Blue Moon toujours crédible. Bon point : la trompette n’écorche pas les oreilles. Contrôle et chaleur donc.

Feeling Good, Nina Simone, FLAC 24/96
La voix de Nina Simone est légèrement édulcorée, mais sa présence est éloquente. Profondeur intéressante de la scène, avec une présence physique des cuivres au centre. Une restitution vivante.

Why’d You Only Call Me When You’re High ?, Artic Monkeys, FLAC 16/44
Écoute très physique et entraînante. On se laisse porter par le rythme de la batterie. Là encore, beaucoup de vie et de chaleur.

Move Your Feet, Junior Senior, FLAC 16/44
Ambiance dancefloor garantie avec le NightHawk pour peu qu’on lâche les chevaux du DragonFly. Encore une fois, l’assise des basses fréquences donne la densité nécessaire à ce titre pop.

Sail Away, The Rapture, FLAC 16/44
Les mixages compressés et agressifs n’effraient pas ce casque, qui réussit à ne jamais agresser l’auditeur. Là encore en raison d’un équilibre permanent. Planant.

Post Break-Up Sex, The Vaccines, FLAC 16/44
On ne l’avait jamais écouté comme cela et c’est peut être notre meilleure écoute. Le son est « vintage » à souhait, dense et équilibré.

In The Hall Of The Mountain King, Edvard Grieg, FLAC 16/44
Le NightHawk sait manifestement savamment mélanger les sons de basse intensité et donner du corps à l’écoute à volume modéré. L’envolée finale pourrait être plus incisive dans l’aigu, mais on touche probablement aux limites de si grands transducteurs en fibres de papier. Cela reste néanmoins convaincant.

Audioquest NightHawk & DragonFly 1.2

Audioquest NightHawk : nous avons aimé

  • Le confort de port irréprochable
  • La qualité de fabrication
  • L’immersion sonore
  • L’écoute équilibrée
  • Le second câble détachable, excellent
  • L’association avec le DAC DragonFly 1.2
  • L’alimentation possible avec n’importe quelle source

Audioquest NighHawk : nous aurions aimé

  • Un son encore plus ciselé au-delà de 10 kHz

Audioquest NightHawk : conclusions

Nous avons été séduits par les performances globales de l’Audioquest NightHawk. Ce casque est remarquable de confort et bien des modèles (bien) plus onéreux devraient s’inspirer de la démarche d’Audioquest de ce point de vue. Le choix de transducteurs de 50 mm en cellulose, même s’il limite la réponse dans l’aigu, est excellent, tant le message sonore reste équilibré quel que soit la prise de son. Le NightHawk délivre un son chaleureux même avec un smartphone. Evidemment, on gagnera à le coupler à une source de qualité, comme le petit DAC Audioquest DragonFly 1.2, qui est remarquable de clarté.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article est aussi disponible en : Anglais

À propos de l'auteur

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

5 Commentaires

  • On lit en filigrane toute l’étendue de votre préférence (justifiée) pour ce casque par rapport à un modèle (BO) précédemment testé… 😉
    Ce qu’on peut lire au passage sur les câbles est extrêmement intéressant et pertinent : on n’a pas idée de la quantité d’inepties voire de délire technico-mystique qu’on peut lire sur les câbles sur les forums hifi. D’ailleurs, dans une volonté de tourner ça en dérision, un intervenant a laissé qqpart un commentaire resté célèbre où il était question de rodage des câbles (!) en passant d’un ampli à l’autre 😀
    Et le coup des câbles alimentées par pile, si j’avais lu ça ailleurs qu’ici j’aurais cru à un canular! ^^

    • La connectique est un sujet polémique. D’un côté ceux qui n’entendent aucune différence entre deux câbles, notamment numérique, ce qui leur semble logique puisque le signal est numérique, et ceux qui entendent des différences. La technologie DBS (à polarisation active par pile) peut ressembler à une vaste supercherie, c’est vrai, et pourtant l’écoute d’un Audioquest Coffee USB ne laisse aucun doute : c’est transparent, remarquablement bien intégré du grave à l’aigu.

    • Et pourtant !

      J’ai assisté il y a dix jours a une démonstration nordost et audioquest.

      Plutôt septique par nature. Je suis resté scotché de voir comment on pouvait changer et moduler une scène sonore en fonction des câbles utilisés.
      Certains apportent une nette amélioration en terme de qualité, d’autres vont simplement se marier ou non avec le matériel ou les préférences d’écoutes.

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