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NuPrime IDA-8 : Torpille de poche

Nuprime IDA-8

Par Pierre Fontaine et Laurent Thorin

Fort de l’insolent succès de NuForce, Jason Lim passe la seconde et intronise NuPrime, une division légère qui fait du high end sans les prix qui vont avec. Dingue, non ? Ce qui est encore plus dingue, c’est l’IDA-8, le nouvel intégré qui fait mal à ses concurrents mais pas à votre portefeuille. NuPrime, un ami qui nous veut du bien !

Après avoir créé, développé, mis sur orbite, puis quitté NuForce, le bouillonnant Jason Lim crée NuPrime, une entité qu’il souhaite plus resserrée, mais pas moins créative, c’est le cas de le dire ! D’ailleurs, l’intégré IDA-8 adopte une nouvelle technologie d’amplification développée par lui spécifiquement pour cet appareil. Il s’agit en réalité d’une association de deux circuits fonctionnant selon deux classes d’amplification différentes. La partie préamplification du schéma opère en classe A sans boucle de contre réaction négative. Elle répond à l’acronyme ULCAM pour Ultra Linear Class A Module.

Le circuit entièrement réalisé en composants discrets est constitué de trois étages. L’étage d’entrée est à transistors j-fet à très faible bruit. Cela garantit une impédance d’entrée très élevée, ce qui rend le IDA-8 compatible avec n’importe quelle source analogique, et améliore sensiblement le rapport signal sur bruit. Il attaque un étage driver double de type « cascode replié » à très faible capacité d’entrée et impédance de sortie, idéal pour piloter l’étage de sortie push-pull à transistors bipolaires complémentaires. Cette structure est positionnée en tête de la section de puissance oeuvrant en classe D.
Les choses ont quelque peu évolué par rapport aux précédents circuits NuForce. En effet, un circuit auto oscillant génère le signal de modulation de la largeur d’impulsion. La fréquence de découpage à laquelle commutent les transistors de sortie est de 600 kHz, soit le double de la plupart des amplificateurs actuels à découpage et quoi qu’il en soit très au-delà de la fréquence d’échantillonnage de 44,1 kHz d’un CD.

Nuprime IDA-8
L’alimentation à découpage sur le modèle IDA-16 est remplacée par une alimentation linéaire sur le IDA-8, avec un transformateur torique et un filtrage capacitif puissant. Le réglage de volume est original puisqu’il place une seule résistance à couche métallique mince sur le trajet du signal pour chacune des 99 positions d’ajustement. En plus de son entrée analogique, le IDA-8 offre quatre entrées numériques aux performances plus qu’alléchantes. Premier point, le transfert des données est asynchrone sur toutes les entrées dont les informations sont systématiquement reformatées par un circuit SRC (Sample Rate Converter) NuPrime qui intègre une FPGA (Field Programmable Gate Array). Celle-ci est utilisée en tampon durant le process de resynchronisation interne, et ce afin de réduire de façon sensible le taux de jitter.

Second point, les entrées S/PDIF RCA et Toslink sont compatibles PCM 24/192 et acceptent le format DSD soit DSD128 natif sous Windows et plug in Asio 2.1, soit DSD64 après conversion DoP. Le port USB B hausse la barre jusqu’au PCM 24/384 et le DSD256 en natif, et la prise USB A est prévue pour recevoir un récepteur dongle Bluetooth livré avec l’appareil.

LE SON

Comment vous dire ? L’IDA-8 nous a posé un vrai problème de conscience. Comment un produit aussi peu coûteux parvient-il à faire autant de choses ! Et de surcroît, à les faire bien. Soyons clairs, l’IDA-8 n’est pas la réincarnation de l’ampli ultime, ni la pierre philosophale, mais c’est une remarquable machine sur un créneau de prix où les appareils pullulent. Et ne perdons en outre pas de vue une seule seconde que l’IDA-8 est non seulement un ampli intégré, mais aussi un convertisseur, et propose une fonctionnalité de raccordement sans fil, ce qui nous fait, voyons, 3 appareils en un, et pour moins de mille euros.

Sur un plan purement sémantique, n’allez surtout pas croire que l’IDA-8 est la moitié d’un IDA-16, parce qu’il a été ainsi nommé. Non, non, non. L’IDA-8 est un produit 100 % neuf. Il a été créé ex-nihilo, justement parce qu’avant lui l’IDA-16 existait. Certains diront qu’il a été créé en réaction à ce dernier. Nous ne le savons pas, et pour tout vous dire, nous aimons ces deux produits, mais pour des raisons différentes !

NuPrime IDA-8

L’IDA-8 ne sonne donc pas comme son grand frère, et c’est tout à fait logique, étant donné l’écart de conception technique qui sépare les deux appareils. A la linéarité inconditionnelle du 16, le 8 répond avec une personnalité beaucoup plus affirmée. C’est un petit teigneux, un turbulent, et pas un fort en thème comme son grand frère. L’IDA-8 est une machine facile à vivre parce qu’elle n’impose aucun obstacle entre votre perception et ses propositions. Elle séduit immédiatement par une écoute facile et une « jovialité » sonore communicative. Le son est plein, dynamique, détaillé, extrêmement entraînant. On ne s’ennuie pas une seconde avec lui. En plus, il a l’outrecuidance de driver des enceintes parfois un peu compliquées en termes d’impédance, et cela ne l’affole même pas. L’IDA-8 déploie des lignes de basse qui parfois laisse songeur. OK, il n’alimentera peut-être pas des Watt/Puppy (quoi que), mais même sur de vénérables LS3/5a, il nous a laissés béats. Sa section numérique est performante ; en tous les cas très étonnante à ce niveau de prix. Connectez-lui un portable en USB avec des fichiers HD et vous verrez de quel bois il se chauffe. Même le DSD le plus fourni passe avec brio. L’IDA-8 définit un spectre large, homogène, avec un équilibre tonal plutôt chaleureux, mais sans rondeur excessive. Il fait très bien passer l’énergie, sans tassement, et avec un contrôle des haut-parleurs tout à fait étonnant pour son prix et sa taille. Sa reproduction spatiale est aérée, avec une image bien calée dans le triangle stéréophonique.

Franchement, l’IDA-8 est un produit réussi qui illustre implacablement les bienfaits de la technologie : quand un constructeur vous sort à moins de 1000 € une pépite de hub numérique qui fait marcher vos enceintes sans se poser de questions. Et puis c’est tout !

Fiche technique

Origine : États-unis
Prix : 990 €
Dimensions : 235 x 55 x 281 mm
Poids : 4,3 kg
Taux d’échantillonnage USB : 44.1, 48, 88.2, 96, 176,4, 192, 352.8, 384 kHz et DSD 2.8, 5.6, 11.2 MHz
Taux d’échantillonnage S/PDIF (coaxial) : 44.1, 48, 88.2, 96, 176,4, 192, 352.8, 384 kHz
Taux maximal d’échantillonnage : 32 bits
Bits de résolution : 16-32 bits
Puissance de sortie : 100 W x 2 (8 ohms)
Distorsion : 0,005 %
Rapport signal/bruit : 95 dB
Puissance de crête de sortie : 280 w
Réponse en fréquence : 10 Hz à 50 kHz

Système d’écoute :
Ordinateur Apple Macbook Pro Retina SSD
Application Audirvana Plus 2.1.1
Lecteur Pioneer BDP-LX58
Enceintes Duevel Enterprise
Câbles Hi-Fi Câbles & cie Hathor 2 / Maxitrans 2
Cordon USB Analysis Plus Purple
Cordons secteur Furutech G-314
Rampe secteur Actinote Mezzo

Cet article a été publié initialement dans le magazine Vumètre n°2. Retrouvez tous les numéros de Vumètre sur le site officiel du magazine, à cette adresse.

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À propos de l'auteur

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VUmètre se définit comme un magazine hi-fi francophone non conformiste ! Il traite en effet de la haute-fidélité sous toutes ses formes, de manière experte, haut de gamme, ludique et parfois décalée.La rédaction de VUmètre compte des chroniqueurs aguerris, parmi lesquels Jean Hiraga membre émérite de L’Audiophile, rédacteur-en-chef de La Nouvelle Revue du Son, concepteur émérite de matériel high end, Laurent Thorin, rédacteur-en-chef de Haute Fidélité et de Stéréo Prestige, Héléna Vivoin, musicienne et ingéson, Aurélia Duflot Hadji-Lazaro, chroniqueuse impertinente, Valérie Bertoni, illustratrice de talent, Benjamin Boucaut, directeur technique de Stéréo Prestige, Pierre Fontaine, expert en électronique et dingue de tubes, Laurent Maury, surdoué du web, Olivier Rigaud, 10000 CD sur ses étagères…

23 Commentaires

  • bonjour,
    je possède deux colonnes Monitor Audio bronze 6. pensez vous que cet ampli (Nuprime IDA-8)soit suffisant pour ces colonnes? si non avez vous une idée d’association adaptée pour mes enceintes ?
    merci pour votre retour.

        • Il y a 2×100W sous 8ohms avec le nuprime ida 8, ce qui est bien pour vos colonnes. Par ailleurs c’est un bon ampli qui a la réputation de pouvoir bien s’associer avec une très large gamme d’enceintes, même parmi celles qui sont difficiles à driver.

          • merci,je profite de vos connaissances ( encore ) pour savoir si un ampli Dac » + traditionnel  » type cambridge cxa 80, atoll, arcam ( dans cette gamme de prix ( 1000-1500 euros) n’est pas plus judicieux ???

          • Avec le nuprime vous avez 2 avantages rares dans cette gamme de prix :
            – un ampli « tout numérique » (le signal n’est converti en analogique qu’au tout dernier moment, ce qui limite efficacement la distorsion), avec preampli de classe A
            – un dac aux possibilités très étendues (PCM jusqu’à 32 bits / 384 kHz et DSD jusqu’à 11,2 MHz)
            Avec un ampli plus traditionnel de classe AB, vous pouvez en revanche avoir un son plus chaud (mais pas forcément meilleur). Perso j’utilise mon vieil ampli AB sur la musique des 60’s (typiquement The Doors), mais sur toute autre musique c’est mon ampli numérique de classe D qui me donne le plus de satisfaction. Donc choix à faire en fonction de ce que vous écoutez et de vos préférences éventuelles pour un son plus chaud. Si c’était pour moi je pencherais pour le Ida-8 (malgré un défaut mineur : petit bruit à peine audible lorsqu’il ne diffuse aucune musique).

    • Ça sera bien mais vous pouvez viser mieux que les Edelstein avec cet ampli, à moins que leur faible encombrement soit un critère décisif pour votre besoin.

  • Je me permet encore une question, car nous avons chacun nos sensibilités que peu retranscrire une enceinte, un ampli.
    J ‘écoute principalement de la soul, du blues du jazz et du rock et je compte brancher mon caisson SVS SB 1000.
    Comment définiriez vous la tonalité de cet ampli, car les edelstein on un coté un peu montant dans l’aigu en association avec mon Cambridge, et j’imagine que le nuprime va transfigurer les petites edelstein.

    MERCI

    • Voici comment le rédacteur du blog a défini le caractère de cet ampli après l’avoir longuement testé : « Sa signature sonore se caractérise par un médium fouillé et moelleux – sans une once d’acidité – correctement soutenu par un grave profond et très nerveux. Le registre aigu est fluide avec nos enceintes de test Triangle, Klipsch et Focal. »
      Le caisson sera bienvenu dans l’association que vous envisagez et je pense que cet ampli possède le potentiel pour vous donner entièrement satisfaction.

  • Bonjour Tristan,

    Je suis sur le point de mettre à jour mon système d’écoute, en commençant par la partie amplification & dac, et les enceintes dans un 2nd temps.
    J’écoute principalement de la musique classique, du jazz (vintage et moderne), et des musiques contemporaines.
    Ma salle d’écoute est de 30m2, à environ 3 metres des enceintes. Fichiers numeriques exclusivement, 16/24 bits stocké sur un nas vers un macbook air & audirvana + dragonfly red +technics SUV470 + Cabasse MT30 Antigua.
    Ce nuprime IDA-8 semble une solution tout en un séduisante avec un minimum de cablage. Le couple nuprime dac-9 + STA-9 plus qualitative est-elle vraiment justifiée des lors que je ne recherche pas particulièrement une écoute à volume élevé, mais plutot un transparence et un réalisme maximal, notamment sur les enregistrements de piano ou les cymbales des magnifiques prises de son du label ECM.

    Merci pour vos suggestions, pour une solution ampli + dac usb-B (intégré ou non) entre 1000 et 1500€

  • Merci pour votre réponse, j’imagine que la différence sera plaisante pour mes oreilles :)
    J’ai lu pas mal d’articles sur le IDA-8, mais aussi le cambridge CXA80, qui est dans la meme gamme de prix, et avec semble t’il un bon dac intégré.
    Sans possibilité d’écoute comparative, je suis obligé de comparer les fiches techniques, Je vois dans le cambridge l’éventuelle possibilité de faire 2 zones d’écoute et qui peut représenter un plus … Auriez vous une préférence pour l’un ou l’autre de ces intégrés ?
    Merci

  • Bonjour,
    Je possède depuis 1 an une paire de focal aria 948.
    Ma source un chromecast audio ( Spotify premium).

    Le tout est alimenté à ce jour par un fax audio 802c ( je sais, c est censé ne pas marcher, trop petit, trop froid, pas suffisamment puissant….) sauf que chez moi, c est super bon!!!! Écoute 90 % de jazz. Je n ai pas de distorsion, le grave me semble être tenu. Bref, quand je m installé je suis au concert’

    Forcément, je me dis que je passe à côté du meilleur car je ne peux pas faire d écoute comparative entre amplis. Alors j hésité à partir sur cet ida 8 ou Cambridge cx 80.
    Aurais je vraiment un plus?

    Merci de vos retours!

    • Je ne doute pas que vous auriez une meilleure écoute avec un Nuprime Ida 8 qu’avec votre système actuel, mais mon opinion toute personnelle est qu’il faut d’une part garder un système qui donne pleinement satisfaction et d’autre part posséder plusieurs amplis, si possible de classes différentes, car aucun dans cette gamme de prix ne peut exceller sur tout type de musique ou toute qualité d’enregistrement. C’est pourquoi si j’étais vous je prendrais le Cambridge (qui est un classe A/B), tout en conservant le fax audio (classe D).

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