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Test : Yamaha YSP-5600 (et Yamaha NS-SW300)

Yamaha YSP-5600

Test de la barre de son à projecteurs Yamaha YSP-5600, un modèle compatible Dolby Atmos, associé au caisson de basses Yamaha NS-SW300. Souvenez-vous, il y a 10 ans, Yamaha révolutionnait les barres de son avec le premier « Digital Sound Projector ». Inspirée de l’enceinte Pioneer PDSP-1, la Yamaha YSP-1 n’intégrait pas 254 haut-parleurs, mais 40 petits haut-parleurs large-bande, assistés par deux haut-parleurs conventionnels de 10 cm.

Yamaha YSP-5600 : qu’est-ce qu’un projecteur sonore ?

Rien de moins qu’un petit haut-parleur, donc les caractéristiques sont similaires à celles d’un haut-parleur de médium ou un tweeter, selon son diamètre.

La barre de son Yamaha YSP-5600 intègre ainsi 32 projecteurs de 4 cm de diamètre et 12 autres de 2,8 cm, dédiés au son Atmos, soit un total de 44 transducteurs, animés par une amplification de 128 Watts.

Si ces haut-parleurs sont appelés projecteurs, c’est qu’ils ont été élaborés afin d’être très directifs et sont par ailleurs installés dans de petits pavillons acoustiques. De ce fait, les sons produits sont « projetés » vers l’auditeur et des points précis tout autour de lui.

Yamaha YSP-5600

Sur la gauche, les 6 projecteurs dédiés aux effets sonores verticaux. À leur droite, l’un des deux haut-parleurs de grave de 10 cm. Puis les projecteurs « horizontaux », utilisés pour créer 7 voies.

Yamaha YSP-5600 : à quoi servent ces projecteurs sonores ?

La projection du son permet de cibler précisément certaines zones de la pièce d’écoute, notamment derrière l’auditeur, afin d’y créer un bain sonore surround. Le projecteur de son Yamaha YSP-5600 ajoute une dimension verticale à l’écoute, en projetant vers le plafond et au-dessus de l’auditeur, les informations sonores issues des pistes Dolby Atmos (films Blu-ray).

Yamaha YSP-5600 : et l’influence de la pièce d’écoute ?

Pour une immersion sonore réussie dans n’importe quelle pièce de vie, la barre de son Yamaha YSP-5600 prend en compte ses caractéristiques acoustiques. Pour cela, un microphone de calibration est fourni, qui analyse les rebonds de l’onde sonore, les retards de propagation du son, fréquence par fréquence, ainsi que l’impact tonal de la pièce (amplification et atténuation des fréquences). Une bardée de processeurs corrige ensuite en temps réel le son diffusé afin de tenir compte des caractéristiques mesurées. Cette technologie est appelée Yamaha Intellibeam.

Yamaha YSP-5600

Yamaha YSP-5600 : du vrai Dolby Atmos sans enceinte au plafond, c’est possible ?

Yamaha n’est pas le premier fabricant à employer la réflexion de l’onde sonore au plafond pour créer une dimension verticale. Mais la technologie de projection sonore Yamaha Intellibeam présente des avantages indéniables lorsqu’il s’agit de diffuser 9 pistes sonores (2 Atmos). En effet, la restitution des 2 canaux Atmos est confiée à deux groupes de 6 haut-parleurs pilotés individuellement. De ce fait, la latitude de réglages est très importante. En pratique, les DSP (processeurs numériques) appliquent différents traitements au son, jouant notamment sur la rotation de phase, le retard et l’égalisation. Nous y reviendrons.

Yamaha YSP-5600

La grille frontale dissimule un afficheur à LED, au travers duquel la barre de son peut-être pilotée et réglée.

Yamaha YSP-5600 : connectique et sources audio possibles

Le projecteur de son Yamaha YSP-5600 dispose de 4 entrées et d’une sortie HDMI, compatibles HDCP 2.2, ainsi qu’ARC pour la sortie. Pour profiter du son d’un lecteur Blu-ray, d’une Box ou d’un lecteur multimédia par exemple, on peut les brancher directement aux entrées HDMI, ou bien au téléviseur qui transmettra grâce à l’ARC (Audio Return Channel) le son à la barre de son. Notez qu’il est essentiel de paramétrer chaque source (téléviseur y compris en mode ARC) pour que le son soit transmis au format brut (bitstream). Une conversion PCM stéréo préalable réduirait considérablement la spatialisation du son produit.

La barre de son Yamaha YSP-5600 prend en charge tous les formats audio multicanaux du marché employés pour les DVD-Vidéo, les Blu-ray, les Blu-ray UltraHD, la VOD et la TNT.

Deux entrées numériques optiques et une coaxiale S/PDIF sont présentes, à n’utiliser qu’en cas d’obligation, car l’écoute des pistes Dolby True HD, Atmos et DTS-HD n’est pas possible par leur biais (seul le cœur Dolby Digital et DTS 5.1 est géré). Une batterie de modes d’ambiance (concert, spectacle, musique, 3D, etc.) est présente, ainsi que les traditionnels réglages de compression dynamique (pour une écoute tardive).

Yamaha YSP-5600

Connectique très complète pour la Yamaha YSP-5600, avec outre les entrées HDMI, trois S/PDIF et une stéréo analogique.

Outre des entrées audio analogiques, soulignons la présence d’une sortie ligne pour caisson de basses, ainsi que la présence d’un récepteur radio-fréquence, compatible avec tout caisson de basses, quelle qu’en soit la marque. La Yamaha YSP-5600 lui transmet les signaux basses fréquences sous forme numérique, lesquels sont décodés par le récepteur et transmis au caisson par le biais d’un simple câble RCA. Une sacrée bonne idée qui permet un placement très libre du caisson de basses dans une pièce de vie.

Yamaha YSP-5600 : streaming audio MusicCast

La barre de son Yamaha YSP-5600 est équipée de contrôleurs Bluetooth, WiFi et Ethernet. L’écoute musicale depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur est ainsi permise. L’application Yamaha MusicCast pour iOS et Android ouvre le champ des possibles, avec l’écoute des radios web, des fichiers partagés par un NAS ou bien de Spotify par exemple. Le protocole Apple AirPlay est également supporté, pour une écoute sans perte depuis un iPhone, un iPad, un iPod touch ou un Macbook par exemple. La Yamaha YSP-5600 peut également être intégré à une installation multiroom MusicCast.

Yamaha MusicCast

Yamaha YSP-5600 : mise en oeuvre et configuration

Nous avons associé la barre de son Yamaha YSP-5600 au caisson de basses Yamaha NS-SW300, ainsi qu’au lecteur Blu-ray Ultra HD Panasonic DMP-UB900 et au téléviseur LG OLED65B6V. Les câbles utilisés étaient des NorStone Arran HDMI, NorStone Jura Optic et NorStone Arran RCA SUB.

Deux solutions s’offrent à l’utilisateur pour paramétrer la barre de son Yamaha YSP-5600 : confier son autocalibration au microphone Intellibeam livré, ou bien réaliser soi-même les réglages de spatialisation. C’est la seconde méthode que nous avons privilégiée, afin de mesurer l’étendue des paramètres. Et nous n’avons pas été déçus…

Yamaha YSP-5600

La télécommande de la barre de son Yamaha YSP-5600, de prime abord complexe, mais simple à l’utilisation.

Une pression sur la télécommande affiche un menu OSD sur l’écran du téléviseur, qui donne accès à tous les réglages de l’enceinte. Pour chacun des 9 canaux gérés, il est possible de fixer manuellement l’angle horizontal et vertical, par incréments de 1 degré… pour tous les canaux ! Un bruit rose est diffusé pendant le réglage, qu’il est possible de faire varier en intensité en augmentant ou diminuant le volume général. Le résultat est surprenant et l’on entend clairement le signal du canal choisi se déplacer dans la pièce. En une dizaine de minutes grand maximum, les réglages sont terminés.

Notez qu’une application Yamaha pour Android et iOS permet de contrôler les réglages de la barre de son Yamaha YSP-5600.

Nous avons choisi de régler la fréquence de coupure du caisson de basses à 100 Hz, directement dans les paramètres de la Yamaha YSP-5600. De ce fait, nous avons positionné le filtrage actif du caisson lui-même à 140 Hz, sa valeur maximum, pour éviter toute rotation de phase supplémentaire. Le réglage de phase global du caisson a été maintenu à 0°. Le volume placé au maximum, dès lors que la télécommande de la Yamaha YSP-5600 permet un ajustement de la sortie caisson.

Yamaha YSP-5600

Le menu OSD de la barre de son Yamaha YSP-5600

Yamaha YSP-5600 : impressions d’écoutes

Commençons par la signature tonale de la barre de son Yamaha YSP-5600, franchement savoureuse car neutre et donc équilibrée. Évidemment, sans l’appui du caisson de basses, la paire de haut-parleurs de 10 cm peine à produire un volume de basses fréquences suffisant pour impressionner l’auditeur, mais ce n’est au fond pas son rôle. Reste que le son est très homogène, étonnamment paisible pour de si petits haut-parleurs, tout en étant très présent. L’incontestable point fort est l’incarnation des voix humaines, qui n’a rien à envier à une très bonne enceinte centrale passive avec de bien plus grands haut-parleurs. L’enceinte YSP-5600 est donc plutôt linéaire, à l’exception notable du registre aigu, en léger retrait. Ce n’est pas un hasard et certainement pas un défaut non plus : le retrait savamment dosé des hautes fréquences favorise la spatialisation. Bref, c’est équilibré et immédiatement reposant pour l’auditeur.

Le « découpage » de la scène est manifeste et le canal central semble isolé du reste de la scène. L’impression est plaisante et l’on suit ainsi très facilement les dialogues. Par ailleurs, la capacité d’analyse de l’enceinte est à saluer, car outre les voix humaines, les sons capturés autour des acteurs pendant la prise de son ne sont pas occultés. Frottements de tissus, craquement de cuir, de bois… tout y passe avec naturel.

Yamaha YSP-5600

Les touches de contrôle de la barre de son Yamaha YSP-5600.

Venons-en à la spatialisation des canaux latéraux, verticaux et surround. La largeur de la scène frontale nous a surprise, les sons de part et d’autre de l’image étant situé bien au-delà des limites physiques de l’enceinte (bien 2 mètres à gauche et à droite).

Idem pour les effets surround et Atmos (verticaux), positionnés loin derrière et bien au-dessus l’auditeur.

En pratique, la profondeur de la scène verticale et arrière est de loin supérieure à ce qu’on obtient avec de vraies enceintes surround (à proximité de l’auditeur). Le son est bien plus doux aussi, ce qui peut plaire ou non. Il ne faut pas attendre d’impacts sonores à l’arrière du point d’écoute, mais des informations sonores délicates. En tout cas, l’auditeur est indéniablement placé dans un bain sonore, que nous avons trouvé très convaincant.

Guide Dolby Atmos

Mention très bien au caisson de basses Yamaha NS-SW300, avec son haut-parleur de 25 cm chargé en bass-reflex, par un énorme évent latéral Yamaha YST. Nous évoquions plus haut le savoir-faire de Yamaha en matière de barre de son, mais rappelons que la marque brille depuis les années 90 avec ses caissons de basses. Le positionnement à droite du résonateur nous a de prime abord inquiété, car nous pensions que le caisson ne fonctionnerait correctement que placé à droite dans la zone d’écoute. Que nenni, même posé sur notre meuble pour une photo groupée, il continuait de plonger la pièce dans un bain de grave homogène. Le Yamaha NS-SW300 même « coupé » à 100 Hz est pratiquement impossible à localiser et fait preuve d’une belle palette. À bas volume, l’auditeur perçoit son apport sans pouvoir se plaindre d’une présence excessive. À fort volume, il apporte une franche pression, mais là encore adaptée au jeu de la barre de son.

Yamaha NS-SW300

Le récepteur sans fil pour caisson de basses de la barre Yamaha YSP-5600, posé sur le caisson Yamaha NS-SW300.

Yamaha YSP-5600 : conclusions

Nous avons aimé : l’ampleur de la restitution, la neutralité, la douceur et le sens du détail, les réglages avancés (et utiles), le transmetteur sans fil pour caisson de basses.
Nous aurions aimé : c’est un produit totalement abouti.

La barre de son Yamaha YSP-5600 est un modèle à part, exceptionnel par ses prestations, qui remplace sans mal un système multicanal d’enceintes passives. Sa capacité à établir une scène sonore précise dans n’importe quelle pièce de vie (rectangulaire, sous combles, en L…) est indiscutable et un vrai point fort, tout comme sa prise en charge du Dolby Atmos. Il ne faut pas faire l’impasse sur le caisson de basses, qui permet à la YSP-5600 de s’épanouir totalement, et à l’auditeur de prendre beaucoup de plaisir. Dans une petite pièce de vie, le caisson de basses Yamaha NS-SW200 est envisageable.

Cet article est aussi disponible en : Anglais

À propos de l'auteur

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

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