Tests matériels

Test : iBasso DX200

Test iBasso DX200

Test du baladeur iBasso DX200, fleuron de la marque chinoise de type Dual DAC Hi-Res Audio et fonctionnant sous Android. Un très sérieux concurrent des DAP Onkyo DP-X1, Pioneer XDP-300R, FiiO X5 III et FiiO X7.

En 2017, le cahier des charges d’un baladeur haut de gamme est relativement simple : deux DAC, un ampli casque puissant à double sortie symétrique et asymétrique, un écran tactile et… Android. Jusqu’à présent, iBasso intégrait à ses DAP un système d’exploitation maison – tout comme FiiO – plutôt chiche, dont la seule fonctionnalité était de permettre la lecture des fichiers audio d’un carte mémoire. Certes, des réglages étaient possibles (tonalité, ordre de lecture, etc.), mais il manquait à ces petits OS l’essentiel : la connectivité WiFi et son pendant, l’accès à Internet. En 2017, un baladeur audiophile doit offrir des fonctions similaires à celles d’un smartphone, soit la connexion à Spotify, Deezer, Qobuz, Netflix ou Plex par exemple. Écouter des fichiers audio c’est bien, streamer de la musique et regarder un film avec un son de qualité, c’est bien mieux.

Test iBasso DX200

L’interface Android 6.0 de l’iBasso DX200.

L’iBasso DX200 fonctionne donc sous Android 6.0, avec pour particularité d’intégrer une application audio développée par iBasso et qui offre une importante latitude de réglages. Le DX200 peut fonctionner en mode exclusivement audio et il suffit de le redémarrer en mode Mango. Qui dit Android ne dit pas nécessaire présence des services Google. Pas de Play Store donc pour l’iBasso DX200 dans la version actuelle de son firmware, mais la marque planche à intégrer le Google Play Store dans une prochaine version. D’ici là, l’installation d’application Android est possible, en utilisant un Store alternatif, tel qu’Aptoide. Rien de très compliqué, puisqu’il suffit de se rendre sur le site d’Aptoide pour y télécharger son programme d’installation.

iBasso DX200 : capacités de lecture

Le baladeur audiophile iBasso DX200 est compatible avec la lecture de tous les formats de fichiers audio, avec codage PCM (FLAC, ALAC, WAV, etc.) ou DSD (.DSF). Dans le cas des fichiers PCM, la compatibilité de lecture est assurée jusqu’à 32 bits et 384 kHz, un bon point dans l’absolu, mais en pratique peu utile dès lors qu’il est rare de trouver des fichiers audio d’une résolution supérieure à 24 bits et 192 kHz. Dans le cas du DSD, idem, l’échantillonnage maximum est de 11,2 MHz. Là encore, la quasi totalité des albums musicaux au format DSD (issus de SACD) sont échantillonnés à 2,8 MHz. Enfin, les listes de lecture au format M3U sont supportées.

Test iBasso DX200

L’application de lecture de l’iBasso DX200.

iBasso DX200 : composants audiophiles

Le DAC retenu par iBasso est un ESS Tech Sabre ES9028Pro, une puce capable de décoder simultanément 8 canaux. Deux DAC ES9028Pro sont utilisés, un par canal. Le traitement en parallèle (sur 8 canaux donc) des deux canaux stéréo permet d’abaisser le seuil de bruit et d’améliorer la marge dynamique. La distorsion dans une telle configuration est pratiquement inexistante. Deux horloges de synchronisation sont utilisées pour gérer le transport des flux audio depuis la mémoire interne, la carte micro SD ou bien l’entrée micro USB du DAP. L’une cadence les échantillons multiples de 44,1 kHz, la seconde ceux de 48 kHz. Pour ne rien gâcher, l’utilisateur a le choix du filtre numérique passe-bas, afin d’ajuster le son à son goût.

Test iBasso DX200

Les différents filtres numériques de l’iBasso DX200.

iBasso DX200 : mode DAC USB

Le passage en mode DAC du baladeur iBasso DX200 permet d’utiliser l’appareil comme carte son et ampli casque externe avec un ordinateur. Sous Windows, l’installation d’un pilote est requise, tandis que sous Mac OS X et Linux, l’iBasso DX200 est immédiatement opérationnel. Le contrôleur USB intégré est un modèle XMOS, réputé pour sa régularité de transmission des données depuis tout ordinateur.

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Le mode DAC permet d’utiliser l’iBasso DX200 avec un ordinateur, via son port USB

iBasso DX200 : tour du propriétaire

Le baladeur iBasso DX200 est relativement imposant et plutôt lourd. Le châssis en aluminium est composé d’un premier volume sur lequel est plaqué un écran LCD IPS de 4,2″. La face latérale droite intègre les boutons de contrôle de lecture, ainsi qu’un potentiomètre de volume cranté (150 incréments). Le bouton de mise sous tension et de veille est logé sur la face supérieure, tandis que la face inférieure intègre les sorties casques symétrique et asymétrique. Le port micro USB est de type C. Le lecteur de carte microSD (jusqu’à 512 Go) est logé dans la face latérale gauche.

Test iBasso DX200

La roue de contrôle de volume de l’iBasso DX200 manque un peu de souplesse.

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Les boutons de contrôle de la lecture de l’iBasso DX200.

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Les sorties ligne, casque asymétrique et casque symétrique de l’iBasso DX200.

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La sortie audio numérique S/PDIF de l’iBasso DX200 et le port micro USB de type C de l’iBasso DX200.

iBasso DX200 : puissance de sortie casque

La partie inférieure du châssis peut être démontée afin de remplacer la carte d’amplification (modèle AMP1) par un autre modèle (dont la commercialisation n’a pas été précisée pour l’instant). La carte AMP1 dispose d’une sortie symétrique au format mini-jack 2,5 mm, avec une tension de sortie maximale de 6 Vrms. Cela correspond en théorie à 2×1,1 W de puissance avec un casque d’une impédance de 32 Ohms et 2×120 mW sous 300 Ohms. La sortie asymétrique au format mini-jack 3,5 mm peut véhiculer 3 Vrms, soit 2×280 mW sous 32 Ohms et 30 mW sous 300 Ohms.

Comment interpréter ces puissances ? Pour la sortie traditionnelle asymétrique, elles sont dans la moyenne haute et la plupart des écouteurs et casque de sensibilité élevée et d’impédance moyenne (> 100 dB et < 100 Ohms) seront sereinement alimentés, avec à la clé un fort volume sonore.

La sortie symétrique est quant à elle très puissante et devrait permettre d’alimenter des casques hi-fi d’une impédance de 300 Ohms et plus (tout du moins ceux utilisables avec un câble symétrique).

Le baladeur iBasso DX200 est donc très puissant et il est logique d’y trouver une batterie de 4400 mAh.

iBasso DX200 : interface logicielle

Il existe deux interfaces logicielles dans l’iBasso DX200. La première s’appuie sur le bureau Android classique et permet de lancer des applications, notamment celle de lecture audio. La seconde peut être choisie lors du redémarrage du baladeur, qui reboote alors exclusivement en mode baladeur. Ce mode appelé Mango offre les mêmes fonctionnalités que l’application Android Mango, à cette différence que le mixeur audio est inaccessible à tout autre processeur (son de notification, d’application tierce, etc.). Par ailleurs, le mixeur audio d’Android est contourné et Mango communique directement avec les DAC ESS Sabre 9028Pro. Aucune modification de l’échantillonnage n’intervient donc et la lecture est bitperfect.

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L’écran de redémarrage de l’iBasso DX200.

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Le choix de langue est proposé au premier démarrage en mode Mango.

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L’écran de réglage de l’application de lecture audio de l’iBasso DX200.

Test iBasso DX200

L’égaliseur graphique de l’iBasso DX200.

iBasso DX200 : mise en oeuvre et impressions d’écoutes

Nous avons écouté l’iBasso DX200 avec le casque Meze 99 Classics et les écouteurs Earsonics ES3, dans les deux cas via sa sortie asymétrique. Les fichiers écoutés étaient aux formats FLAC et DSD.

Constat d’importance, le baladeur chauffe considérablement (40 ° environ), ce dont on peut tirer deux conclusions : l’ampli casque est généreusement alimenté en courant et l’autonomie ne sera sans doute pas extraordinaire. D’ailleurs, utilisé en mode DAC avec notre ordinateur, l’iBasso DX200 même amplification au repos, se décharge. En mode baladeur, il a tenu lors de nos tests environ 8 h.

L’agrément de fonctionnement de l’iBasso DX200 est convenable, même si le FiiO X5 III ou les Pioneer XDP-300 et Onkyo DP-X1 sont plus convaincants car plus réactifs. La position de la molette de volume et des boutons de contrôle sur la droite de l’appareil devrait ravire les gauchers mais moins les droitiers, qui auront peut-être du mal à tenir d’iBasso DX200 et à changer le volume. De plus, la molette quoique qualitative ne tourne pas si facilement. Autre curiosité ergonomique, le positionnement du port micro USB C au sommet de l’appareil, tandis que les sorties casques sont du côté opposé. Un câble en haut, un en bas, pendant une écoute en charge ou en mode DAC, manipuler le baladeur devient moins pratique.

Grave
De l’impact, du nerf et cela descend bas sans timidité. Mention très bien au registre haut-grave hyper tendu et qui cogne fort. Les percussions sont un régal.

Médium
Avec le filtre numérique Slow Roll Off, la douceur s’impose sur la plage 200-2000 Hz, donnant à l’écoute énormément de chaleur. On est à ce titre pas très loin de ce que propose le FiiO X7. Aucune dureté à déplorer.

Aigu
Toujours parfaitement intégré, le registre des hautes fréquences témoigne d’une mise au point sophistiquée de la signature sonore du DX200. Nos titres les plus rugueux sont joués avec énergie et contrôle. Là encore, le choix du filtre numérique passe-bas influence considérablement la restitution. Une pente raide rendra l’écoute plus percutante, tandis qu’une pente douce flattera les casques et écouteurs trop généreux en hautes fréquences.

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Conclusions

Pas de doute, ampli casque puissant et double DAC multicanaux délivrent un son de très haute qualité et c’est certainement l’essentiel. Mais le firmware du baladeur iBasso DX200 mérite quelques améliorations, que la marque s’est engagée à apporter rapidement. Quelques bruits parasites au démarrage de la lecture des fichiers DSD par exemple, ou encore une réactivité moyenne de l’interface sont des problèmes en passe d’être résolus. L’absence (temporaire ?) de Play Store oblige à installer manuellement les apps de son choix (via Aptoide) et c’est un peu dommage. Pour résumer : l’iBasso DX200 est un très bon vin qu’il faut laisser vieillir.

Cet article est aussi disponible en : Anglais

À propos de l'auteur

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

9 Commentaires

  • Bonjour Tristan,

    Merci pour ton test toujours enrichissant. Une question : Quel est ton avis vis à vis d’un Pioneer XDP-300R ou bien encore du Fiio X5 III que tu cites dans ton test ?? Est-il vraiment supérieur côté son ? Différence flagrante ou bien c’est plus nuancé ? A association équivalente bien entendu, avec les 2 casques que tu as utilisés…

    • Le DX200 est plus charpenté en comparaison du FiiO X5 III, mais cela relève de la nuance. Ma préférence personnelle irait d’ailleurs au FiiO X5 III avec les casques et écouteurs que j’utilise habituellement, tant je le trouve fluide. Son DAC Asahi Kasei AK4490 est excellent.

  • Je suis surpris de ce test.
    En effet testé ce baladeur avec seulement le Meze 99 Classics et le Earsonics ES3 me parais très limite.
    Je pense que ce baladeur mériterai des casques un peu plus pointus.
    Voir des sites vraiment spécialisés et surtout qui n’ont rien à voir avec la vente de matériel hifi!
    Cordialement
    pascal

    • C’est une idée reçue : on peut parfaitement profiter d’un baladeur à 2000 € avec un casque à 50 €. Il n’y a rien d’absurde à cela et ce principe appliqué aux amplis et aux enceintes est tout aussi valable. Mieux vaut une source de très haute qualité et des enceintes moyennes, plutôt que des enceintes haut de gamme complexes à alimenter avec un ampli d’entrée de gamme.

      Au-delà, tous les tests de baladeurs sont effectués depuis quelques mois avec ce casque, le but étant d’avoir un étalon polyvalent.

  • Petite question subsidiaire car le test n’est pas clair sur ce point: la lecture en interface Android avec une application tierce (qobuz notamment) est-elle bit perfect comme sur le fiio x5iii?

    Merci!
    Damien

    • Non, seule l’application de lecture de fichiers audio iBasso peut bypasser le mixeur audio Android. Il faut des privilèges root à une application pour cela et aucune app de service de musique en ligne n’est conçue pour les réclamer. Et le FiiO X5 III n’échappe pas à la règle.

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