Interviews The Slow Listener

Stand Wise, Elbi et Backbone, chez The Slow Listener

Stand Wise, Elbi et Backbone étaient les invités de The Slow Listener pour une session d’écoute, entrecoupée de questions / réponses, au Point Ephémère. Les écoutes ont été réalisées avec un amplificateur Naim et des enceintes Focal Sopra n°2.

Interview réalisée par Sophie Chrétien-Kimmel (The Slow Listener)

Stand Wise

Stand Wise

Stand Wise

STAND WISE, c’est un duo formé par Diego et Raphaël. Originaires de Paris, l’un est issu de l’audiovisuel et l’autre de l’art. Ensemble ils gravitent dans un univers parallèle inspiré de fragments d’images et de scènes sonores. Contemplation et brutalité s’affrontent au sein d’un même espace pour donner naissance à une électro profonde et sensuelle. En se plongeant dans leur musique, on comprend vite qu’il s’agit d’une invitation au rêve : l’imaginaire y est maître, et l’on pénètre au sein d’un environnement inconnu. On se laisse porter par des atmosphères, des courants contraires et l’on dérive progressivement vers la dimension STAND WISE.

Sur scène, Diego et Raphael s’entourent de machines et mélangent synthés, guitares et voix. Le live apparaît chez eux comme un aspect primordial du projet, tout comme la recherche visuelle. STAND WISE c’est l’idée d’une posture, aussi bien dans la manière d’être que la façon de composer, entre équilibre et déséquilibre. C’est une idée, un mouvement en perpétuelle évolution, qui s’articule en musique et en image.

Après un premier EP “Hours” sorti en novembre 2015, nous avons écouté avec eux leur nouvel EP “Galaxy 101”, fraîchement sorti en mars 2017. Il retrace l’épopée épique et héroïque de 2 humains partis à la recherche, sans trop de certitudes, d’une ancienne carte aux étoiles censée ouvrir la voie vers un monde nouveau. Chasseurs de primes de l’espace, ils sont l’incarnation du « Bien » dans un univers aux visions assurément manichéennes.

Comme les nouvelles d’un recueil rédigé en 3 parties par les enfants générationnels de Star Wars, des Mondes d’Aldébaran, ou de l’Interstella 5555 des Daft Punk, GALAXY 101 assume être un véritable « disque de SF ».

Côté musique, Raphaël et Diego sont allés puiser dans les synthés toujours, mais analogiques cette fois. En quête de pureté et de simplicité, ils ont mis de côté l’empilement de synthés pour n’en choisir qu’un seul, celui qui apporte le son qu’ils cherchent. Ils y ont ajouté une dose d’énergie “rock” (celle qui fait bouger), se sont inspirés de quelques héros de bandes dessinées et ont ensuite laissé leur imagination débordante d’enfants, décidés à demeurer la tête dans les étoiles, s’exprimer à pleine mesure.

elbi

Elbi

Elbi

Elbi – Lucile Bauer de son vrai nom (comprendre “L” et “B”, ses initiales, en anglais) dévoile un monde parallèle dans lequel on peut se réfugier et se perdre. Il faut dire que comprendre l’univers kaléidoscopique d’Elbi ne peut se faire sans prendre en compte les influences qui ont nourri son projet au gré de ses voyages.

Originaire d’Annecy, la chanteuse commence à chanter dès 11 ans. Elle découvre ensuite la guitare, qui lui permet rapidement de composer ses premières chansons. Son univers évolue jusqu’à ce que ses études l’emmène en Polynésie, en Suisse, en Australie puis enfin au Royaume Uni. Elle approfondit là-bas son anglais et découvre la musique électronique au contact d’Ambassadeurs. Elle accroche très vite à cette nouvelle façon de composer en étant assistée par ordinateur, qui lui permet de faire de la musique partout où elle va.

C’est ainsi qu’elle lance son projet solo sous le nom d’Elbi.

Elle sort un premier single “On The Loose” remixé par Larry Heard et apparaît sur de nombreux featurings avec Ambassadeurs ou Villanova notamment. C’est en février 2017, après avoir fait de nombreux concerts et joué avec plusieurs groupes différents, qu’Elbi sort son premier EP “Colourful Shores”.

Les 6 tracks qui composent cet EP dévoilent un monde parallèle dans lequel on peut se réfugier et se perdre, permettant l’éclosion d’un univers primaire et universel, fait de strates et de textures mélangées. Elbi exprime ainsi son désir de revenir à un aspect tribal et instinctif du processus musical, où l’improvisation tient une place prépondérante, pour se rapprocher au plus près de l’expérience live.

Par ailleurs, Elbi a souhaité s’éloigner du numérique et travailler sur des instruments purement analogiques, composant tout chez elle, pour laisser parler les sens, donnant ainsi toute sa singularité au projet.

Pour la mise en scène, elle fait preuve d’ingéniosité : “Mon but était d’être indépendante sur scène. J’ai donc acheté un looper pour ne faire qu’au début des compositions beatbox/ superpositions de voix.”. Les vapeurs sonores intriguent, instinctives, téméraires. Puis soudain, l’envie irrémédiable de danser ensemble, insouciants. Véritablement cathartique.

backbone seteka

Backbone

Une grande maison à Choisy-le-Roi. Pas mal de noms inscrits sur le bail, et encore plus qui y circulent. Les idées aussi, et un projet en émerge bientôt. C’est cet accouchement artistique et collectif qu’évoquait “Seteka”, le premier EP de Backbone, dont on avait pu découvrir en 2014 toute la sensualité rythmée de ce mélange, de musique électronique et de musique acoustique : “Quand on a créé notre premier EP y a deux ans, on trouvait ça logique de le nommer en faisant référence à cette ville de Choisy-le-Roi, où l’on a passé tellement de temps. Et Seteka, ça renvoie dans nos têtes aux lettres C, T et K, c’est-à-dire au mot ‘’Choisy The King’’…C’est une private joke et en même temps une référence à là où tout a débuté pour nous !”, nous raconte Jon.

Jon st en charge du chant et de la batterie électronique chez Backbone. Il est aussi le co-fondateur du label Animal Records, label lancé de manière initiale afin de pouvoir faire grandir en toute indépendance le projet.

Pour leur deuxième EP, terminé la référence au Val-de-Marne et au foyer originel. “Millioke”, le nom du disque, évoque en effet, en langage algonquin (un dialecte notamment parlé au Québec), la “recherche de la beauté”, de la ”terre plaisante”, de ces espaces nouveaux dont on ne perçoit aucune limite, et dans lesquels on a l’impression, sentiment magnifique, de se reconnaître.

Lauriane, la voix féminine et délibérément soul du quartet : “On est vraiment fiers de cet EP. Et surtout, on a la sensation qu’il nous ressemble énormément”.

Et si ce disque donne l’impression de ressembler à ce point à ses géniteurs, c’est peut-être parce que le terme qui domine, lorsque l’on discute avec le groupe, est celui de “l’instantanéité”, de la composition instinctive que l’on ne pense pas en amont, mais qui s’impose d’elle-même.

Jon : “À la différence de “Seteka”, qu’on a composé sur ordinateur en ajoutant au fur et à mesure de nouvelles touches, on a composé les titres de cet EP pendant que l’on répétait, sans idée préconçue”. Max, à la guitare et au clavier sur Backbone, ajoute : “Sur Seteka, on a enregistré les morceaux et on s’est ensuite demandé comment les jouer en live. Pour cet EP-là, ça a été l’inverse !”.

Un changement dans la manière de composer, « mais il n’y a rien de définitif », précise Max, mais un EP qui reste toutefois dans la continuité logique du premier. D’abord dans ce perfectionnisme exacerbé au niveau du mixage et des arrangements, mais aussi dans le lâcher-prise pour ce qui concerne la composition. Max avoue avoir fait environ 1560 solo avant de se décider enfin pour le titre “Universe”.

Et surtout, dans ce son d’une sensibilité évidente, musique électronique aussi bien humectée dans le rock que dans la soul, dans la new-wave que dans le R&B. Et dans cette volonté, paradoxale (mais logique) de parler autant de mystère et d’introspection que de volonté de partage.

Jon : “Si on fait de la musique et qu’on la propose en live, c’est que l’on souhaite aussi partager ce que l’on est aux gens. Notre but, lorsque l’on est sur scène, n’est pas de jouer un rôle !”. L’authenticité et la volonté sont indispensables pour les membres de Backbone, il faut que chacun se fasse plaisir, et ce, de manière équivalente.

“Chez Backbone, les termes de consensus et de collégialité sont extrêmement importants. Ils sont vitaux même. On décide de tout ensemble, puisque l’on part du principe qu’il n’y a pas de leader. Et si on n’est vraiment pas d’accord, on vote afin de réduire la part de frustration de chacun. Se faire plaisir, vraiment, c’est le plus important.” Pour les quatre membres du groupe comme pour ceux qui les découvriront…

À propos de l'auteur

La Rédaction

Laisser un commentaire