Tests matériels

Test : Hegel Röst

Test Hegel Röst

Test de l’ampli réseau Hegel Röst, évolution du fameux Hegel H80 MKII avec fonctions de streaming audio.

L’ampli intégré Hegel Röst délivre 2×75 Watts sous 8 Ohms et bénéficie d’une technologie brevetée appelée Hegel Sound Engine. Celle-ci combine les avantages d’un montage de classe AB, avec ceux de la classe A. Autrement dit, une faible distorsion, mais un son chaleureux. Avec 12 kg sur la balance et un très gros transformateur torique, l’ampli Hegel Röst promet d’animer enceintes colonnes et compactes exigeantes, quelle que soit leur impédance. D’ailleurs, le Röst accepte les très faibles charges, jusqu’à 2 Ohms. C’est là un de ses points forts.

L’ampli Hegel Röst bénéficie également de la technologie DualAMP, qui implique une séparation de l’étage de gain en tension de l’étage de gain en courant. De cette manière, des composants spécifiques peuvent être mis en oeuvre et leur fonctionnement affiné. Par ailleurs, ces deux étages disposent d’alimentations séparées, pour améliorer leur performances (technologie DualPower).

Test Hegel Röst

La télécommande de l’ampli réseau Hegel Röst.

Hegel Röst : Présentation

L’ampli Hegel Röst ressemble comme deux gouttes d’eau au Hegel H80 MKII. Lignes fluides, apparence dépouillée. La face avant intègre un afficheur OLED monochrome, qui indique la source sélectionnée et le volume d’écoute. Ces deux derniers paramètres sont ajustables par le biais de deux potentiomètres à course libre et infinie. La mise sous tension s’effectue avec un interrupteur situé sous l’appareil, à l’extrémité avant-gauche. Sous tension, le Hegel Röst est contrôlable par une télécommande IR (en alu et manifestement lestée). L’essentiel des entrées numériques et analogiques se trouve à l’arrière de l’appareil, tandis que la face avant accueille une sortie casque (jack 6,3 mm).

Test Hegel Röst

Hegel Röst : DAC 24 bits / 192 kHz

Le Hegel Röst est équipé d’un convertisseur numérique-analogique (DAC) compatible avec les flux de données PCM, jusqu’à 24 bits et 192 kHz. Plusieurs entrées numériques sont proposées à l’utilisateur : optiques, coaxiales RCA, USB de type B et réseau. Il est donc possible de connecter un lecteur CD, Blu-ray Ultra HD ou un ordinateur. Le port USB est associé à un contrôleur USB audio de classe 1, qui est totalement plug and play avec tous les systèmes d’exploitation. Ce choix pose toutefois une limitation en terme de résolution, puisque la transmission de flux audio PCM est limitée à 24 bits et 96 kHz. Rien de bien problématique, la plupart des albums musicaux au format Hi-Res Audio étant précisément codés en 24/96. Mais les rares fichiers 24/192 du marché seront pris en charge dans la limite de 96 kHz. Plus important, le contrôleur USB est asynchrone, afin de maintenir le jitter à de très basses valeurs. Autrement dit, les données audio numériques sont transmises de l’ordinateur à l’ampli Hegel Röst avec une régularité d’horloge.

Test Hegel Röst

L’ampli Hegel Röst dispose de trois entrées analogiques stéréo, dont une symétrique XLR. Une sortie pre-out stéréo est présente, pour associer un éventuel ampli de puissance.

Hegel Röst : streaming AirPlay et DLNA

L’ampli Hegel Röst est équipé d’un contrôleur réseau Ethernet, compatible avec les protocoles de streaming AirPlay et DLNA. Si vous vous demandez quels services de musique en ligne sont nativement pris en charge, la réponse est simple : aucun. Peut-on reprocher à Hegel de ne pas suivre la tendance et de développer une application mobile pour l’écoute de Spotify, Deezer, Qobuz ou Tidal ? Non, mais le fabricant aurait peut-être pu envisager d’intégrer la technologie Chromecast built-in, qui permet précisément l’écoute de tous ces services et bien d’autres. Reste qu’il est possible d’utiliser conjointement un Google Chromecast ou (mieux) un lecteur réseau tiers sur une entrée numérique.

Test Hegel Röst

Les entrées audio numériques de l’ampli Hegel Röst.

Si vous possédez un Mac, un iPhone ou un iPad, le protocole AirPlay intégré au Hegel Röst permet d’utiliser l’ampli comme une carte son réseau, sans aucune perte de qualité, avec une résolution limitée à celle du CD-Audio : 16 bits / 44,1 kHz. On peut donc écouter Spotify, Deezer, Qobuz ou Tidal, mais pas en qualité Master.

Si vous possédez un smartphone ou une tablette Android, l’écoute des apps de services de musique en ligne n’est pas possible. On peut toutefois utiliser l’application Bubble UPnP, qui est par exemple compatible avec Qobuz et les radios web. Dans ce cas, c’est le protocole DLNA qui est utilisé. La lecture des fichiers audio HD stockés dans la mémoire d’un smartphone ou d’une tablette est permise, jusqu’à 24 bits / 192 kHz et sans aucune perte. Le smartphone peut également être utilisé pour contrôler le Hegel Röst et lui faire lire les fichiers audio partagés via un serveur DLNA sur le réseau domestique (serveur logiciel sur un ordinateur, NAS ou box). Là encore, l’audio HD est possible. Enfin, rappelons que de nombreux smartphones disposent d’une application de lecture musicale supportant la transmission DLNA.

Test Hegel Röst

Hegel Röst : mise en oeuvre

Nous avons écouté l’ampli Hegel Röst avec plusieurs enceintes : les Jean-Marie Reynaud Lucia et les Focal Aria 906 notamment, associé à des câbles Viard Audio Silver HD 12 et NorStone Skye MC. Nos sources musicales étaient un smartphone Android (lecture DLNA) et le lecteur Panasonic DMP-UB900, en liaison analogique avec les câbles RCA Viard Audio Premium HD RCA-RCA.

Test Hegel Röst

Le bouton de mise sous tension se trouve sous l’ampli Hegel Röst : il est facile d’accès.

Test Hegel Röst

L’interrupteur de mise sous tension de l’ampli Hegel Röst.

Hegel Röst : impressions d’écoutes

Doté de l’amplification du Hegel H80 MKII, l’ampli Hegel Röst n’a strictement rien à envier à son aîné. Impérial avec les faibles impédances dans les basses fréquences, il éveille les Focal Aria 906 comme peu d’électroniques. La résolution du message sonore est équilibrée des premières octaves au plus hautes. Le décorticage du registre médium, notamment des voix est vraiment séduisant : détail, énergie et fluidité sont savamment combinés. Les hautes fréquences nous semblent plus douces qu’elles n’étaient avec le tout premier H80, que la source soit analogique ou réseau (DLNA). Ce trait de caractère n’empêche pas la restitution d’être nerveuse et convenablement texturée (les cordes de contrebasse sont lourdes mais dégraissées). Écouter du jazz avec le Röst est plutôt savoureux, tant l’ampli place l’auditeur dans un état de décontraction immédiat avec des timbres crédibles et beaucoup de micro-informations (balais sur la caisse claire, souffle de l’artiste, etc.). Nous nous garderons de cantonner cet ampli à un type de musique en particulier : il nous a semblé parfaitement polyvalent et les musiques rock ou pop lui vont tout aussi bien. Quelques extraits de films en stéréo confirment les aptitudes du Röst à se jouer des toutes les prises de son et servir à l’auditeur une prestation réaliste.

Hegel Röst

Le capot de l’ampli Hegel Röst laisse apparaître son transformateur torique.

Conclusions

Nous avons aimé : le dynamisme de l’écoute, la capacité à driver des enceintes exigeantes, la tenue dans le grave, le sens du détail du registre médium, la simplicité d’utilisation.
Nous aurions aimé : un Chromecast built in.

L’ampli Hegel Röst est un intégré convaincant, un choix sans risque pour les grandes colonnes (Klipsch RF-7 MKII, Jamo C109, Elipson Prestige 4iTannoy Revolution XT8FSonus Faber Chameleon TDali Opticon 8 ou Focal Aria 936). L’intégration d’un module réseau permet une transmission sans perte de fichiers audio HD et un décodage de qualité.

Cet article est aussi disponible en : Anglais

À propos de l'auteur

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

1 Comment

  • Bonjour Tristan,

    Je possède un Cyrus Streamline2 accompagné de Focal Aria 906 et je souhaiterais monter en gamme au niveau de mon intégré. J’en suis très content toute l’année mais quand vient les beaux jours et que les chaleurs arrivent, l’ampli chauffe et se met en sécurité même à faible volume. J’écoute principalement de la musique dématérialisée via un NAS Synologie.

    J’ai sélectionné trois solutions et je voudrais savoir ce que vous en pensiez, en sachant que je pourrais faire évoluer mon système avec des colonnes l’année prochaine (Focal 926, Sonur Faber Venere 2.5, ou Tannoy XT6F). Mon salon fait 20m2, pas de voisins, j’aime écouter un peu fort mais pas trop quand même…

    – Naim Nap 100 + Naim DAC V1 , avec le NAS en USB, DS Audio push vers le dac.

    – Hegel Rost via Ethernet

    – Atoll SDA 200 via Ethernet

    Voilà, j’hésite entre ces trois solutions, je cherche avant tout de la clarté et du rythme. Mon Streamline de 2x35W monte assez fort à part en été, donc je ne recherche pas non plus un maximum de Watts, surtout une bonne alimentation pour pouvoir écouter à un certain volume quand il fait chaud, et peut être un ampli capable de driver des colonnes dans un proche future. Je dois avouer que j’ai un faible pour le combo Naim, car ampli de puissance + préampli/Dac donc meilleur son et moins de chauffe; mais je me trompe peut être. Les deux autres possèdent l’UPNP ce qui est aussi très pratique!

    Votre éclairage me serait très utile, merci pour votre aide et merci pour ce blog que j’apprécie particulièrement.
    Cordialement, Julien

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