Tests matériels

Test : Klipsch Forte III

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Test de l’enceinte Klipsch Forte III, un modèle 3 voies à pavillons acoustiques et charge accordée par radiateur passif. Une enceinte atypique, disparue du catalogue de Klipsch depuis une vingtaine d’années, qui fait son retour à la faveur de l’engouement du grand public pour les enceintes vintage. Cette enceinte est capable de reproduire une très large bande passante avec une sensibilité exceptionnelle. Aussi à l’aise en hi-fi qu’en home-cinéma, elle n’appelle le renfort d’aucun caisson de basses. Elle appartient à la fameuse gamme Klipsch Heritage, qui comprend les modèles haut de gamme de Klipsch.

Klipsch Forte III : présentation

L’enceinte Klipsch Forte III mesure 91 cm de haut, 42 cm de large et seulement 33 cm de profondeur. En somme, elle est large comme deux enceintes colonne traditionnelles. Ses caractéristiques sont en revanche atypiques, puisqu’elle répond en fréquence de 38 Hz à 20 kHz, avec une sensibilité très élevée de 99 dB (1m/1W). Fabriquée en MDF et revêtue de bois massif, elle abrite pas moins de quatre haut-parleurs, répartis sur 3 voies.

Pour le grave, un haut-parleur actif de 30 cm (identique à celui de la Klipsch Heresy III) chargé par un haut-parleur passif de… 38 cm ! Pour le médium, un dôme en titane de 4,4 cm monté sur un pavillon inédit. Pour l’aigu, un dôme en titane de 2,5 cm, monté sur pavillon. Évidemment, tous ces haut-parleurs sont fabriqués par Klipsch, aux États-Unis.

Les trois haut-parleurs actifs sont logés dans la face avant, tandis que le passif est placé à l’arrière de l’enceinte, au-dessus des borniers (compatibles bi-amplification et à fort couple de serrage). La Klipsch Forte III est élégante, avec sa grille en tissu acoustique avec logo PWK (Paul Wilbur Klipsch). Petite coquetterie, le cache-noyau du haut-parleur passif est également frappé du logo PWK.

Paul Wilbur Klipsch Heresy III

Paul Wilbur Klipsch assis sur sa première enceinte compacte, la Klipsch Heresy, dont est dérivée la nouvelle Klipsch Forte III.

Klipsch Forte III : enceinte haut de gamme pour ampli haut de gamme ?

Du fait de sa sensibilité élevée, 99 dB, l’enceinte Klipsch Forte III nécessite en moyenne 8 fois moins de puissance pour produire le même niveau sonore que les enceintes colonne conventionnelles. Avec 1 Watt de puissance, le volume sonore est ainsi très élevé dans un salon. Par conséquent, un ampli très puissant n’est absolument pas nécessaire pour que la Forte III s’exprime convenablement.

Si nous recommandons un ampli avec une bonne alimentation, pour profiter pleinement du potentiel de l’enceinte, un petit ampli de 10 W suffira à la faire chanter sans carence manifeste.

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L’intérêt des pavillons

C’est la spécialité de Klipsch depuis plus de 70 ans. Rappelons que dans les années 1940, les amplificateurs étaient très peu puissants (5 à 10 W le plus souvent) et qu’une amplification mécanique du son était nécessaire, pour produire un volume sonore décent. D’où l’intérêt du pavillon qui amplifie le son du haut-parleur auquel il est couplé, à la manière d’un porte-voix. Bien que les amplificateurs soient aujourd’hui très puissants – et qu’une amplification mécanique ne soit donc plus indispensable – Klipsch a conservé ce procédé, tout du moins pour les fréquences médiums et aiguës (l’emploi de pavillons pour les haut-parleurs de grave engendrant des enceintes monumentales).

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Le cache en bois et tissu acoustique de l’enceinte Klipsch Forte III est aimanté.

Test Klipsch Forte III

La face avant de l’enceinte, avec les deux pavillons et le haut-parleur de grave actif de 30 cm.

L’amplification mécanique par pavillon présente d’autres avantages : tout d’abord les hautes fréquences gagnent en célérité dans la gorge, puis la bouche du pavillon et sont ainsi transportées avec moins d’atténuation jusqu’à l’auditeur. Pour une écoute à plus de 5 m, c’est un réel avantage. Ensuite, une moindre puissance est réclamée à l’ampli, ce qui a pour effet de réduire la quantité de courant transitant dans la bobine, d’abaisser l’échauffement thermique – et donc la compression dynamique – de réduire l’amplitude des excursions de membranes et ainsi d’abaisser la distorsion. Évidemment, la mise au point d’un pavillon acoustique est complexe et peu de fabricants la maîtrisent aujourd’hui.

Test Klipsch Forte III

Le moteur du dôme titane à chambre de compression de l’enceinte Klipsch Forte III. Un sacré morceau…

La charge passive expliquée

Pour permettre à une enceinte de descendre très bas en fréquence, plusieurs techniques de charge ont été développées. En effet, la charge close, qui consiste à enfermer le haut-parleur de grave dans un volume d’air, engendre une atténuation importante, de l’ordre de 6 dB par octave sous la fréquence de coupure. Plus le volume est faible et plus haute est cette fréquence, ce qui prive l’enceinte de reproduire les basses fréquences avec suffisamment de niveau. Plutôt que d’augmenter déraisonnablement les mensurations de l’enceinte, différents stratagèmes ont été mis en oeuvre pour reproduire des basses fréquences. Le bass-reflex est la technique la plus répandue et met en oeuvre un résonateur. En pratique, il s’agit d’un tube dans lequel l’air entre en résonance puis sort de l’enceinte. La résonance opère sur la plage de fréquences basses que le haut-parleur peine à reproduire. Le gain de rendement sur ces fréquences est substantiel et le haut-parleur limite ses déplacements de membrane, là où le résonateur bass-reflex opère.

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Le haut-parleur / radiateur passif de 38 cm de l’enceinte Klipsch Forte III.

Autre technique, employée ici par Klipsch, la charge accordée par haut-parleur passif s’apparente à celle du bass-reflex. Point d’évent, mais une membrane dont les caractéristiques de masse la font vibrer sur une plage de fréquences basses. Les avantages par rapport au bass-reflex sont multiples : l’importante surface émissive du haut-parleur passif augmente le rendement de l’enceinte dans le grave, tandis qu’un très faible volume d’air est requis. Tout comme avec le bass-reflex, le haut-parleur actif est exonéré de la reproduction des fréquences produites par son alter-ego passif.

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Le haut-parleur passif de la Klipsch Forte III, logiquement dépourvu d’aimant et d’équipage mobile, s’avère être très léger.

Pourquoi Klipsch a utilisé ce type de charge ?

Certainement pour produire une « super Heresy », capable de descendre bas en fréquence, sans pour autant adopter le gabarit d’armoire de la Klipsch Cornwall III. Le gain de volume inhérent à la charge accordée par radiateur passif a permis de créer une colonne au gabarit raisonnable, mais capable d’une reproduction des basses fréquences bien plus performante que l’Heresy, capable de rivaliser avec la grande Cornwall.

Et le régime transitoire dans tout ça ?

C’est souvent là que le bât blesse. Si la charge passive permet de descendre très bas avec peu de volume d’air, son principe de fonctionnement implique un régime transitoire souvent médiocre. En effet, haut-parleur actif et passif sont couplés mécaniquement l’un à l’autre par l’air enfermé dans l’enceinte. Par conséquent, lorsque l’actif bouge, son moteur doit entraîner sa propre membrane, le volume d’air… et la membrane du haut-parleur passif. L’inertie est donc forte et le registre grave a tendance à traîner. Mais il faut relativiser… Tout d’abord parce que le haut-parleur actif de 30 cm de l’enceinte Klipsch Forte III dispose d’une membrane légère et est puissamment motorisé, ensuite parce que le passif est lui aussi équipé d’une membrane légère et que son très grand diamètre (38 cm) assure une très faible excursion. Très sagement donc, Klipsch a fait le choix d’une fréquence basse à 38 Hz, alors qu’il était parfaitement possible de taquiner les 15 Hz avec de tels transducteurs (mais avec un régime transitoire déplorable évidemment).

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Le filtre passif de l’enceinte Klipsch Forte III, câblé en l’air, avec des résistances et des condensateurs de belle taille.

Par ailleurs, le haut-parleur de 30 cm monte moins haut en fréquence que dans l’Heresy, puisqu’il est coupé aux environs de 650 Hz, ce qui renforce son efficacité sur la plage de fréquences reproduites. Ceci implique ainsi que le dôme de 4,4 cm soit coupé très bas, ce qui améliore le régime transitoire de l’enceinte dans le bas-médium.

Contenu de l’emballage

Les enceintes sont livrées avec un livret de garantie. Aucun assemblage n’est requis : il « suffit » d’installer les Klipsch Forte III. Leur socle est équipé de pieds de type demi-rond en métal, ce qui facilite le placement de ces pièces de 32 kg chacune.

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Le bornier compatible bi-amplification de l’enceinte Klipsch Forte III. Comme toujours, il est conseillé de remplacer les cavaliers par de petits câbles d’enceintes.

Mise en oeuvre

Nous avons principalement écouté les Klipsch Forte III avec deux amplificateurs : un Pioneer VSX-S300 (modeste ampli slim home-cinéma) et un Hegel Röst, aux qualités très supérieures. Deux câbles d’enceintes ont été utilisés : le NorStone W250 et le Viard Audio Silver HD12. Avec l’ampli home-cinéma, nous avons écouté plusieurs films et concerts (DTS HD MA, Dolby True HD, DTS et Dolby Digital), tandis qu’avec le Hegel Röst et sa connexion DLNA, ce sont des fichiers FLAC (CD/HD) qui ont été joués. La pièce d’écoute était un salon sur parquet de 30 m2 environ, dans lequel nous avons l’habitude d’entendre les Klipsch Heresy III.

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L’enceinte Klipsch Forte III aux côtés de l’ampli Teac CR-H101.

Impressions d’écoutes

Que vaut donc ce nouveau pavillon et comment va se comporter le grand haut-parleur passif de 38 cm ? Pour débuter, nous commençons par quelques extraits d’un film visionné la veille, Alien Covenant, qui avait déjà remué les Heresy III. Le film s’ouvre par de sourds et puissants bruits de machines rotatives, qui laissent immédiatement saisir les capacités de nuancement de l’enceinte.

Malgré notre petit ampli home-cinéma, on comprend vite que cette charge par radiateur passif est au point. Ça ne traîne pas ! L’énergie déployée dans le grave est homogène, du haut grave à l’infra-grave.

Le long dialogue qui suit met en exergue un registre médium époustouflant de réalisme, sans la moindre acidité, comparable à ce que les meilleures salles de cinéma peuvent offrir. L’incarnation des voix est superbe et les respirations sont restituées avec finesse. Lorsque se superpose la musique, l’agencement des plans sonores est remarquablement étagé. La capacité dynamique de l’enceinte est frappante et les montées en volume sont décontractées. Autrement dit, à faible comme à fort niveau, le son conserve une unité et une sérénité permanente.

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Ce qui interpelle, c’est le peu d’influence de l’amplificateur sur le comportement de l’enceinte. Bien souvent, certaines associations ampli/enceinte produisent des combinaisons franchement pénibles à écouter. Ce n’est pas le cas avec les Klipsch Forte III, qui nous ont semblé écoutables avec nos deux amplis de test, ainsi qu’avec un Denon RCD-N9 ou un Teac CR-H101. Certes, les limitations de ces petites amplifications sont perceptibles, mais la restitution conserve toujours des qualités et l’agressivité n’est jamais de mise. Avec le mini ampli Teac, l’écoute manque d’assise dans le grave et la marge dynamique se réduit, mais l’expérience auditive prodiguée reste exceptionnelle. Avec l’Hegel Röst, les Forte III gagnent en autorité et en finesse.

Grave : le couple de haut-parleurs est habilement mis en oeuvre et la palette de variations de l’infra-grave au haut-grave est excellente, avec une marge dynamique sidérante lorsque l’enregistrement l’exige. En écoute musicale, le régime transitoire sert les timbres des instruments tout autant qu’il incarne admirablement les voix. En home-cinéma stéréo, la pression acoustique générée lors des scènes d’actions ne perturbe jamais les registres médium et aigu. La Klipsch Forte III semble toujours « facile » pour reprendre une expression sportive. Quel plaisir !

Médium : le dôme de 4,4 cm distille une quantité astronomique de micro-informations, sans toutefois assaillir l’oreille. La linéarité est un des points forts de ce registre, jamais agressif même à fort volume.

Aigu : parfaitement intégré au registre médium, avec une capacité dynamique tout à fait équivalente. Aucune brillance à déplorer et là aussi, beaucoup de micro-informations à faible comme à fort volume.

Scène sonore : léger manque d’ampleur lorsque les enceintes sont trop orientées vers le point d’écoute, qu’on solutionne par une orientation attentive des enceintes. La profondeur est plaisante, tout autant que la hauteur si l’on prend soin de ne pas adosser l’enceinte au mur.

Conclusion

Nous avons aimé :

  • Le design vintage et la qualité de fabrication
  • La décontraction de la restitution
  • L’équilibre irréprochable, notamment du registre grave
  • La facilité d’alimentation
  • La possibilité de longues sessions d’écoute à fort volume sans fatigue
  • L’écoute possible dans une petite pièce de vie.

Nous aurions aimé :

  • Ne pas les rendre au fabricant.

Difficile de ne pas être dithyrambique avec la Klipsch Forte III. Sa décontraction, ses capacités macro-dynamiques et dynamiques sont éloquentes et ridiculisent la concurrence. Signe que cette enceinte est une réussite, n’importe quel ampli peut la faire chanter. Donnez-lui une poignée de Watts, issus d’un ampli numérique ou à tubes et elles vous transporteront au cœur de la musique. Une très grande enceinte.

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Cet article est aussi disponible en : Anglais

À propos de l'auteur

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

23 Commentaires

  • Pourquoi il y a marqué « épuisé » sur sa fiche produit ? Elle est déjà en rupture de stock seulement 35mn après la parution du test ? :)

  • De bien beaux objets qui font saliver ! Et, question, sonore, je ne doute pas du grand intérêt de ces enceintes. Si Klipsch en a repris la fabrication, c’est parce que la demande est toujours importante. Je ne comprends d’ailleurs pas trop l’omniprésence des enceintes colonnes chez presque tous les fabricants (Klipsch inclus). Pour l’esthétique, peut-être ? Parce que pour l’encombrement, on ne gagne pas grand-chose par rapport aux « vieux designs » : les colonnes sont certes moins larges, mais leur profondeur est importante et, bien souvent, elles ont une charge bass-reflex à évent arrière qui nécessite de les décaler des murs… On ne gagne donc pas de place.
    Quand on a déjà essayé et apprécié la « patate » d’un woofer de 12 pouces à suspension petits plis, on ne peut regarder ces « Forte III » qu’avec beaucoup d’envie.

  • Une question bateau mais avez-vous comparé avec la Cornwall? Je n’ai pas de restriction de place et je cherche une enceinte très dynamique pour un ampli se de 20 watt…

      • Bonjour,
        Au niveau de la scène sonore, il est indiqué que « 3 mètres entre les deux enceintes semblent une valeur sous laquelle ne pas descendre »…Cela veut-il bien dire que l’espacement entre ces enceintes doit être de 3 mètres au moins et au delà . Cela me semble beaucoup, d’autant que les photos d’installations vues sur des sites outre-atlantique montre toujours des enceintes plus rapprochées. A moins que cela ne soit une erreur d’expression de l’auteur de l’article….
        Merci de la réponse.

        • Mon interprétation est bien qu’il faut au moins 3 mètres. Ce n’est pas si éloigné que ça, sur une scène de concert les musiciens se tiennent à des distances plus importantes. Et il faut avoir également à l’esprit que sur les photos qu’on voit sur les sites les enceintes ont été volontairement placées plus près pour tenir dans le champ de vision de la photo tout en apparaissant suffisamment grandes. Enfin, ces enceintes en particulier possèdent un gabarit assez hors normes, si bien que 3m pour elles c’est comme 1m50 pour des enceintes dont les hp de graves font 15cm de diamètre…

        • Je n’aurais peut-être pas dû être aussi catégorique sur la distance séparant les deux enceintes. Hier soir encore je les ai écoutées avec un écartement de 2 mètres et cela ne pose aucun problème. Le fait est qu’elles gagnent à être écartées – la restitution prend plus d’ampleur encore – mais ce n’est pas une condition sine qua non.

          EDIT : la mention d’une distance mini entre les 2 enceintes a été supprimée du texte.

    • Il n’y a pas eu de comparaison directe avec la Cornwall III lors de ce test. La Forte III est très dynamique et il ne me semble pas (souvenirs, souvenirs) que le médium de la Cornwall soit aussi détaillé que celui de la Forte. La Cornwall utilise les mêmes dômes à chambre de compression et les mêmes pavillons que l’Heresy, avec une coupure du dôme médium à 850 Hz. La Forte utilise un pavillon médium qui permet une coupure plus basse, à 650 Hz. Cela fait une sacrée différence à l’écoute et le registre médium gagne en décontraction de manière sensible. Pour moi, c’est ce pavillon et le filtrage qui constituent les vrais points forts de la Forte, car le HP de grave travaille ainsi plus bas en fréquence (que la Cornwall ou l’Heresy), sur une plage où il est naturellement plus efficace. Dans le cas de la Cornwall, le HP de 38 cm doit monter jusqu’à 800 Hz et est donc employé aux limites de la plage de fréquences où sa réponse devient accidentée (entre 1 kHz et 2 kHz, typiquement sur un 38 cm à membrane légère). Bref, la Cornwall, il lui faut un ampli sacrément rigoureux et costaud. La Forte fonctionne bien avec à peu près n’importe quoi.

  • J’ai une paire d’Heresy, dont je suis extrêmement content !
    Je ne doute pas que ce nouveau médium (moteur + pavillon) et ce passage d’une charge close à une charge bass-reflex par radiateur passif apportent énormément !
    Ces Forte III doivent être merveilleuses.
    Mais quel dommage que le prix de vente en France soit si élevé …

  • Tristan,

    par rapport à l’Heresy III, mis à part le registre grave, quelles sont les principales différences que réserve l’écoute des Forte ?

    cordialement

    • L’écoute est plus douce et plus dynamique, sans une once de dureté à fort volume. Le médium est totalement « décontracté » et c’est la grosse différence. Il y a une ouverture sur ce registre que n’a pas la H3, sans doute à cause du pavillon différent, mais aussi du fait que le 30 cm dans la Forte s’épanouit davantage. En fait, la comparaison des deux enceintes donne l’impression que les haut-parleurs sont empruntés dans l’Heresy et totalement libérés dans la Forte.

      Je sors d’une séance home-cinéma stéréo de Kingsman The Secret Service, avec le petit ampli Teac CR-H101 et j’ai passé 2 heures dans un bain sonore toujours cohérent, sans jamais souffrir des écarts dynamiques liés aux coups de feu et aux explosions.

      • Bonjour,

        Les Forte n’auraient pas une prédisposition à arrondir les aspérités sur des enregistrements ou des instruments très énergiques dans les medium ou le haut du spectre ?

        Sinon, de manière plus quotidienne, le retour aux Heresy dans un séjour de taille raisonnable n’est-il pas trop cruel ?

        Il est vrai que les Forte coûtent près du triple des Heresy ce qui pose la sempiternelle question du rapport plaisir d’écoute/ prix

        • Je ne pense pas que les aspérités soient arrondies, mais simplement que le dôme de 4,4 cm et son pavillon ont une définition et une capacité dynamique exceptionnelles, ce qui fait que l’enceinte semble ne jamais forcer. En fait, c’est précisément le signe d’une enceinte aboutie, lorsqu’associée à n’importe quel ampli elle ne semble jamais forcer.
          Le fait est que l’excellence a un prix (plus de 5000 €), ce qui est loin d’être négligeable. Mais à ce prix là, elles écrasent de mon point de vue la concurrence mainstream. Après, regretterais-je d’avoir investi 5000 € dans une paire de Forte III maintenant que je les ai longuement écoutées ? Non, j’aurais le sentiment de ne pas m’être trompé.
          Le retour aux Heresy est repoussé de quelques jours :).

          Sinon, Tannoy propose une série Legacy que je trouve (je ne suis pas le seul chez Son-Vidéo) très attractive. J’espère que nous pourrons tester l’une des trois.

          • Une bien belle enceinte en somme. Je dispose de Monitor one (DAVIS) qui comme vous le savez utilise un pavillon pour le tweeter et un 30 cm. Elles disposent d’un rendement de 97db et ce sont des enceintes très équilibrées. On dit souvent des Klipsch qu’elles ont tendance à projeter le son et que l’image manque de profondeur. Est ce le cas des FORTE, ou proposent elles une écoute plus apaisée?
            Merci

  • Pourrait-on avoir un veritable comparatif entre RF7 MK2 et Forte 3 ?
    – La difference de dynamique entre les 2?
    – L’impact et la descente dans le grave ?
    – La montée dans les hautes fréquences?
    – la puissance acoustique ?
    – le rapport qualité prix pour les 2 modèles .

    J’aimerais vraiment un avis objectif et non commercial.

    Merci d’avance

    • – La marge dynamique est plus élevée sur la Klipsch Forte III
      – L’impact dans le grave est supérieur sur la Forte III
      – la descente dans le grave est plus importante avec la RF-7 MKII (mais avec une autorité moindre, car faire du 30 Hz avec des 20 cm « tire » sur les évents qui font plus de courant d’air qu’un passif)
      – la montée dans les hautes fréquences : la RF-7 donnera l’impression de monter plus haut bien que le tweeter soit le même, parce que le dôme médium de la Forte III et son pavillon accaparent davantage l’oreille par la somme de détail et l’énergie délivrées. C’est l’exploration du médium qui donnera l’impression que l’aigu file moins haut donc.
      – la puissance acoustique : identique sur les registres médium et aigu, potentiellement identique pour le grave à condition que la RF-7 ne soit pas desservie par la pièce d’écoute -> dans mon salon, la Forte III jouait plus fort dans le grave que la RF-7 MKII.
      – le rapport qualité/prix est sans doute favorable à la RF-7 MKII, qui fut lancée à un prix bien supérieur à l’actuel. Quant au rapport plaisir/prix, il est clairement à l’avantage de la Forte III.
      Personnellement, si j’avais à choisir entre RF-7 MKII et Forte III, aux prix actuels et que mon budget me permette d’envisager la Forte III, après l’avoir écoutée, c’est sans aucune hésitation que j’opterais pour la Forte III, quitte à rogner sévèrement sur le budget ampli.
      J’espère que c’est assez objectif :).

      • Bonjour,
        Dans certains post de certains sites audiophiles, j’ai lu que les klipsch avaient une tendance à projeter le son, et ce au détriment de la profondeur de l’image stéréo. Partagez-vous cette analyse ou la réfutez-vous?
        Merci d’avance pour votre réponse

        • Cette analyse ne concerne pas les Klipsch Forte III, ça, c’est une certitude, et ceci est lié à la taille du dôme sur pavillon qui reproduit les fréquences médiums.
          Dans l’absolu la projection du son ne devrait pas être péjorative. Un pavillon sert à cela : amplifier et porter le son. Si cela est bien fait, c’est merveilleux à écouter.
          Il existe dans l’absolu une difficulté avec les dômes de 1″, dont la fréquence de résonance est naturellement située vers 2 kHz, qui se trouve être par ailleurs la fréquence de coupure mécanique des pavillons Tractrix (et de quasi tous les pavillons de petite taille) et nécessairement du filtre passif. Bilan, entre la résonance naturelle du dôme (qui génère de la distorsion), la rotation de phase induite par le filtre et le pavillon, cette zone des 2 kHz est par définition terriblement perturbée. Depuis la série Reference Premiere de 2016, les tweeters et les pavillons ont été modifiés pour abaisser la fréquence de résonance du tweeter et amortir fortement le pavillon. Résultat, aucune dureté. Sauf peut-être avec la The Sixes.
          Revenons à la Forte III et plus généralement aux modèles 3 voies de Klipsch. L’intérêt d’un montage 3 voies est d’utiliser le tweeter de 1″ sur une plage de fréquence plus naturelles pour lui (> 5 kHz). De ce fait, on ne profite que des bénéfices du pavillon, qui agit comme un amplificateur mécanique d’un signal très propre (la résonance à 2 kHz est inaudible). Quant aux fréquences médiums, elles sont confiées à un dôme de plus grand diamètre, qui résonne bien plus bas que 2 kHz, avec une fréquence de coupure proche des 700 Hz. Idem, tout bénéfice. Par ailleurs, le grand dôme de 1,75″ à 2″ selon les modèles, appelle une gorge en rapport (1,75″ ou 2″) et là, l’ouverture est spectaculaire.
          Voilà pourquoi il n’y a pas de projection – au sens péjoratif du terme – sur la Forte III. La RF-7 MKII, bien que 2 voies, se place dans un fonctionnement analogue, avec un dôme de 1,75″ utilisé jusque dans l’aigu.
          Voilà :).

      • Merci Tristan pour vôtre réponse.
        Je retiens qu’avec une paire de Forte 3, on monterait encore d’un cran sur tous les plans.
        Reste le prix que je trouve hélas beaucoup trop élevé.
        Dommage… :/
        En tous cas merci pour vos tests très étayés .

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