Tests matériels

Test : Klipsch RF-7 MKIII

Test Klipsch RF-7 MKIII

Test de l’enceinte colonne Klipsch RF-7 MKIII, modèle iconique de la série Reference Premiere du fabricant américain. Cette troisième itération se différencie sensiblement du précédent modèle Klipsch RF-7 MKII, avec l’emploi d’un nouveau pavillon et d’un nouveau tweeter. La RF-7 est donc de retour, pour notre plus grand plaisir. Le cru 2018 hérite des avancées technologiques liées au développement de la gamme Klipsch Reference Premiere. C’est ainsi que la RF-7 III gagne un nouveau tweeter en titane et un nouveau pavillon caoutchouté. C’est déjà beaucoup… mais ce n’est pas tout.

Klipsch RF-7 MKIII : des arguments de poids

Chez Son-Vidéo.com, nous aimons constater qu’un nouveau modèle est plus lourd que le précédent. Au moins le fabricant ne capitalise-t-il pas sur le succès du premier modèle, pour réaliser des économies en allégeant ébénisterie et composants. C’est le cas avec cette Klipsch RF-7 MKIII, qui accuse 5 kg de plus que la MKII, avec près de 45 kg. Klipsch n’en fait pas mystère, la caisse a été renforcée, épaissie en certains endroits (avec des renforts en contre-plaqué) et les haut-parleurs disposent d’aimants plus volumineux. Bref, les améliorations sont réelles.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Les enceintes Klipsch RF-7 MKIII, modèle colonne phare du fabricant américain, avec haut-parleurs Cerametallic.

Klipsch RF-7 MKIII : gamme Reference Premiere

L’enceinte Klipsch RF-7 MKIII occupe une place à part dans la gamme Reference Premiere. Ce n’est pas vraiment le modèle qui suit la colonne Klipsch RP-280F, même si elle hérite de haut-parleurs aux technologies comparables. Tout dans la RF-7 MKIII diffère des petites colonnes Klipsch RP. À commencer par les haut-parleurs : on trouve bien une paire de haut-parleurs de grave-médium à membrane en métal et céramique (Cerametallic), mais leur diamètre est de 25 cm… ce qui représente une augmentation de plus de 50 % de la surface émissive. On ne le répétera jamais assez, la surface émissive est essentielle pour une bonne restitution du son. Plus la surface est importante et meilleure est la séparation des différentes fréquences – tout du moins lorsque les haut-parleurs sont maîtrisés. Un grand haut-parleur a par ailleurs une fréquence de résonance naturelle plus basse, ce qui lui confère une plage d’utilisation étendue dans le bas du spectre et une « autorité » naturelle.

Test Klipsch RF-7 MKIII

La technologie de membrane Cerametallic favorise une faible distorsion.

Klipsch RF-7 MKIII : de sérieux atouts

Si vous connaissez la gamme de caissons de basses de Klipsch, vous aurez certainement relevé que certains modèles (Klispch R-10SW) utilisent des haut-parleurs Cerametallic de 25 cm. Soyons clairs : ceux installés dans les RF-7 MKIII sont très différents. Bobine différente, membrane plus fine, suspension étudiée, les haut-parleurs de 25 cm de cette grande enceinte ont été optimisés certes pour produire des basses fréquences très articulées, mais aussi pour monter en fréquence et reproduire les fréquences bas-médium et médium. Les haut-parleurs de caisson de basses en sont incapables, leur masse les disposant uniquement à fournir de l’énergie très bas en fréquence.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Le haut-parleur de 25 cm Cerametallic de la Klipsch RF-7 MKIII.

Klipsch RF-7 MKIII : des haut-parleurs chargés séparément

Autre différence notable de l’enceinte Klipsch RF-7 MKIII avec ses petites soeurs, chaque haut-parleur est chargé par un volume d’air dédié, accordé par un résonateur bass-reflex exclusif. De cette manière et puisque les haut-parleurs ne partagent pas le même volume d’air, ils ne se perturbent pas l’un l’autre. Concrètement, l’onde arrière (notamment les fréquences médium) du haut-parleur A ne rebondit pas sur les parois interne pour parasiter la membrane du haut-parleur B.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Test Klipsch RF-7 MKIII

Le résonateur Klipsch Flowport à évent évasé.

Test Klipsch RF-7 MKIII

La paroi interne séparative des deux haut-parleurs de grave est réalisée en contre-plaqué et est inclinée, afin d’éliminer les réflexions parasites.

Test Klipsch RF-7 MKIII

En haut à droite le moteur du haut-parleur de grave de l’enceinte Klipsch RF-7 MKIII. À gauche les câbles de modulation en provenance du filtre (logé en bas de l’enceinte) et montant au tweeter.

Grâce à ses deux haut-parleurs de 25 cm, chaque enceinte Klipsch RF-7 MKIII descend jusqu’à 32 Hz, avec une sensibilité redoutable qui plus est. Il ne faut donc pas beaucoup de puissance pour faire chanter cette enceinte, même si un ampli solide (et donc puissant) est requis. Les deux 25 cm à membrane Cerametallic ont été totalement repensés pour cette Klipsch MKIII et leur réponse dans le médium à été nivelée.

Ainsi, l’enceinte perd 1 dB de sensibilité à 1 kHz en comparaison de la MKII et offre par conséquent une restitution plus douce.

Nouveau tweeter

Dans la Klipsch RF-7 MKIII, la star, c’est le tweeter. Contrairement à tous les modèles de la série Reference Premiere, il ne s’agit pas d’un dôme en titane de 2,5 cm, mais de 4,4 cm. Et cela change tout. Totalement nouveau, ce tweeter à chambre de compression bénéficie d’une fréquence de résonance abaissée, ce qui permet de l’employer bas en fréquence (1300 Hz) sans engendrer de dureté sur la zone de recouvrement avec les haut-parleurs de grave-médium. Ce tweeter de 1,75″ est monté sur un nouveau pavillon acoustique dont la gorge et la bouche sont recouvertes d’un caoutchouc spécial. Ceci permet d’éliminer les turbulences dans le pavillon et d’adoucir la restitution.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Le pavillon du tweeter de l’enceinte Klipsch RF-7 MKIII est recouvert de caoutchouc.

Ce nouveau pavillon présente des caractéristiques de dispersion supérieures au précédent modèle, avec 90×90° contre 90×60°. Rappelons que l’intérêt du pavillon acoustique est d’amplifier mécaniquement les fréquences médium (pas les aigues), afin de réduire les vibrations du dôme et la distorsion. Par ailleurs, la puissance demandée à l’amplificateur est réduite, ce qui abaisse encore la distorsion.

Spécifications

Ainsi, l’enceinte colonne Klipsch RF-7 MKIII répond en fréquence de 32 Hz à 25 kHz, avec une amplitude totale de 6 dB au maximum (+/- 3 dB) et une exceptionnelle sensibilité de 100 dB pour 1 W à 1 m. Sa puissance admissible est de 250 W en continu et de 1000 W en crête.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Klipsch livre des grilles acoustiques aimantées avec les enceintes Klipsch RF-7 MKIII.

Mise en oeuvre et impressions d’écoutes

Nous avons associé les enceintes Klipsch RF-7 MKIII à l’ampli Hegel H190 ainsi qu’au McIntosh MA252, avec pour sources des fichiers FLAC (streamés par l’ampli Hegel en DLNA) et des fichiers vidéos avec pistes DTS et PCM (remixés en stéréo par notre téléviseur OLED LG). Les câbles d’enceintes choisis étaient les Viard Audio Silver HD12 HP.

Plus docile que la version MKII, la Klipsch RF-7 MKIII nous séduit davantage encore. Sans être consensuelle, l’enceinte met davantage l’accent sur un respect étonnant de la phase du signal. Il faut comprendre là qu’un son mono, qu’il soit grave, médium ou aigu, est bien ancré entre les deux enceintes. Impossible de reprocher à cette enceinte une directivité trop marquée – critique adressée parfois aux pavillons – tant le sweet spot est large entre les deux enceintes. Bref, les voix humaines sont centrées lorsqu’elles doivent l’être, totalement détachées sur reste du message sonore. C’est un point impressionnant avec la RF-7 MKIII, qui sert autant la restitution musicale que cinéma.

La scène sonore est vaste, inhabituellement ample et c’est assez jouissif. Voilà qui incite l’auditeur à se poser devant les enceintes et à se laisser guider dans la découverte d’un univers sonore très riche. Qu’on écoute de l’opéra, du jazz ou du rock, on navigue d’un instrument à un autre, on se réjouit des variations dans une voix, des extinctions de notes qui durent plus longtemps qu’à l’accoutumée.

Il y a avec cette Klipsch RF-7 MKIII un effet « whaou » même en écoutant au murmure. Si l’enceinte est physiquement imposante, on comprend vite que ce n’est pas seulement pour servir un son musclé. Le grave n’est présent qu’à bon escient, lorsque la prise de son l’exige.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Les borniers de bi-amplification de l’enceinte Klipsch RF-7 MKIII.

On ne cachera pas qu’en écoute cinéma, c’est un festival de détails. D’ailleurs, l’absence d’enceinte centrale ne se fait nullement sentir et ce qui doit être au centre de l’image s’y trouve bien, avec une aération permanente. Les voix humaines, là encore, sont exceptionnelles de clarté et de naturel. Évidemment, les RF-7 MKIII descendent bas en fréquence et disposent d’une capacité d’impact tout à fait saisissante. Une écoute de quelques morceaux choisis de Jurassic World ou Pacific Rim (on peut difficilement faire plus démonstratif) prend rapidement aux tripes à fort volume. La restitution conserve toutefois cette respiration sereine qui nous a plu jusqu’alors.

Grave : tendu comme un arc, avec une énergie distribuée davantage dans l’infra-grave que le haut-grave. On est souvent saisi par la justesse de l’enceinte dans le bas du spectre.

Médium : le bas-médium pourrait être plus présent et l’énergie est distribuée dans les registres médium et haut-médium avec habileté. Les écarts micro-dynamiques sont remarquablement restitués.

Aigu : beaucoup d’énergie et de contrôle. La cohérence avec le registre médium est remarquable.

Scène : spectaculaire tant elle est vaste et bien établie même à très faible volume.

Timbres : le point faible de la RF-7 réside sans doute dans la limitation des membrane métalliques. Les instruments sonnent avec justesse, mais le soupçon de froideur qui accompagne les notes peine à susciter l’adhésion totale de l’auditeur.

Klipsch RF-7 MKIII : comparée à :

Klipsch RF-7 MKII : la RF-7 MK3 est plus douce et moins directive, tout en conservant les qualités dynamiques du modèle qu’elle remplace. Avantage Klipsch RF-7 MKIII.

Focal Kanta n°2 : le médium de la Focal Kanta n°2 est plus organique et chaleureux, mais moins dynamique. L’aigu est aussi moins dynamique sur la Focal, qui a quelques soucis de phase et peine à dresser une scène sonore réaliste. Avantage Klipsch RF-7 MKIII.

Tannoy Legacy Cheviot : raffinée et chaleureuse, la Tannoy propose une balance plus vintage et séduisante aux oreilles du testeur. La britannique sait créer l’émotion et ses timbres sont subtiles. L’infra-grave est moins convaincant certes, mais le haut-grave est autrement plus texturé qu’avec la Klipsh. La scène est moins vaste qu’avec la Klipsch toutefois. Deux enceintes finalement très différentes. Avantage Tannoy pour qui souhaite vibrer.

Klipsch Forte III : l’imbrication des trois registres de fréquences est exemplaire sur la Forte III, qui se montre plus chaleureuse et équilibrée que la RF-7 MKIII. La capacité dynamique de la Forte III est supérieure. Avantage RF-7 MKIII pour le relief de la scène sonore. Avantage Forte III pour tout le reste, finition y compris.

Test Klipsch RF-7 MKIII

Le placage en bois naturel de merisier blond est remarquablement mis en oeuvre.

Klipsch RF-7 MKIII : conclusion

Nous avons aimé :

  • La clarté et la douceur de restitution
  • La scène sonore 3D
  • Le grave profond mais sans esbroufe

Nous aurions aimé :

  • Une restitution plus chaleureuse.

La nouvelle Klipsch RF-7 MKIII constitue clairement une évolution en comparaison de la MKII : plus douce, mieux balancée, elle est plus facile à écouter et impressionne tout autant. On peut l’associer à un ampli de puissance modeste, à condition qu’il soit solide dans le grave afin de maintenir l’équilibre de l’enceinte. L’idéal reste de choisir un ampli de classe AB de 2×80 W au minimum (Rega Elicit-RRotel RA-1592 ou Denon PMA-2500NE par exemple). Compte-tenu du tarif demandé, la Klipsch Forte III est à considérer sérieusement.

À propos de l'auteur

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

6 Commentaires

    • La Forte est d’une autre trempe encore oui, magistrale. Rien de prévu pour la Cornwall, d’autant que nous n’en avons pas stocké et qu’il est probable que Klipsch France n’en ait pas non plus sous le coude.

  • Bonjour. Alors merci de ce test très attendu de ces FABULEUSES enceintes, les KLIPSCH RF7. Et je précise les RF7 car les nouvelles montures MK III, permettent certes d’apporter une certaine évolution technique ou technologique à l’enceinte mais toujours sur une base solide de la RF7. Personnellement j’ai évolué dès la première RF7 jusqu’à la MK II, et cette enceinte m’a toujours bluffé d’une électronique à l’autre. Mais revenons à la MK III, déjà sont prix n’est plus le même par rapport aux précédentes qui étaient très abordables (TRUMP est il passé par là ???… Bref) Par rapport à ton test Tristand qui est très intéressant, et c’est une question personnelle ou autres, faudrait-il que je passe à ces nouvelles montures étant possesseur de la MK II ? Parce-que pour moi, bien que je ne l’ai pas encore écouté, je me pose la question quand même. Alors en attente de ta réponse porte-toi musicalement bien.

  • Merci Tristan pour ce test très attendu.
    Je trouve juste un petit peu dommage dans que vos écrits, votre anthousiasme inconditionnel pour les forte 3 vienne quelque peu limiter l’effet de surprise afférent à la « RF7 » dans sa dernière déclinaison .
    On sent que vous faites le test mais que vous n’etes pas vraiment convaincu car , à titre personnel, vous preferez les forte 3.
    Alors la gamme Héritage est certe constituée de modèles historiques et emblématiques de la marque.
    D’ailleurs, j’ai personnellement pris beaucoup de plaisir à en tester certaines ( notamment les horns ).
    Cependant,en 2018, ce type d’enceintes atypiques tant esthétiquement qu’acoustiquement ne peut convenir à tout le monde…
    D’autant que pour avoir entendu des forte 3 , elles ne sont pas exemptes de défauts ( l’architecture des caisses en est un bel exemple).
    Quand j’ai lu votre test sur les Forte 3 , je les aurais presque achetées sur le champs.
    Mais lorsque je les ai écoutées et vues en situation reélle, j’ai radicalement changé d’avis…
    Du coup, dans ce test de la RF7 mk3, je n’arrive pas à me projeter,
    alors que votre test des MK2 était divin et décortiquait parfaitement le modèle.
    Bref pour revenir aux RF7 mk3 ce sont des enceintes dont les performances techniques reculent légèrement comparées au modèle mk2 mais le travail de Klipsch sur ce modèle est plus architectural ( nouveau pavillon, caisse encore plus élaborée) .
    Reste que l’addition est salée à l’arrivée même si l’on sait pertinemment que dans un an ou deux, le prix aura chuté de moitiée comme pour les précédentes.

    • Les MKII avaient un vrai caractère, que n’a plus la MKIII. Klipsch a rendu ce modèle, tout comme sa gamme Reference Premiere, plus « fréquentable ». On ne s’ennuie pas en les écoutant, mais il y a moins d’aspérités, moins de sel. Si vous avez écouté les RF-7 MKII et les avez aimées pour les qualités évoquées dans leur test, vous serez peut-être déçu. La comparaison avec les Forte III s’imposaient dès lors que le tarif est quasi le même. Du coup, pour le prix demandé, on a avec la Forte une 3 voies avec une section grave à HP à membranes papier, qui dans un encombrement plutôt faible (certes la Forte est large, mais peu profonde) impressionne. Enfin, cela dépend des conditions d’écoutes, car vous n’avez pas été conquis comme je l’ai été. Qu’est-ce qui vous a déplu d’ailleurs ?

Donnez votre avis !