À la fin des années 2000, le marché de la haute définition a connu une lutte féroce entre deux technologies rivales : le Blu-ray soutenu par Sony et le HD-DVD soutenu par Toshiba. Cette guerre des formats n’est pas sans rappeler celle qui avait opposé le VHS au Betamax dans les années 80. Mais pourquoi le Blu-ray l’a-t-il emporté et, avec le recul, peut-on le regretter ?
Quelles étaient les différences entre Blu-ray et HD-DVD ?
Les deux formats visaient à remplacer le DVD, devenu insuffisant pour stocker des contenus en haute définition.
Le HD-DVD misait sur la simplicité et un coût de fabrication plus faible. Il proposait une capacité de 15 Go par couche (soit 30 Go en double couche). Le Blu-ray offrait un avantage décisif avec 25 Go par couche, soit 50 Go en double couche, ce qui permettait une compression moindre, plus de pistes audio HD, davantage de bonus et une meilleure marge d’évolution vers l’UHD.
Les DRM, un élément décisif
Côté protection des contenus (DRM), les deux formats utilisaient le système commun AACS (Advanced Access Content System). Le Blu-ray disposait en plus d’une couche de protection supplémentaire, le BD+, capable d’être mise à jour à distance pour contrer le piratage. Cette protection a rassuré de nombreux studios quant à la pérennité du format, notamment pour les blockbusters les plus sensibles.
Qui soutenait qui ?
Le HD-DVD était soutenu par Toshiba, Microsoft, Intel, ainsi que des studios comme Universal ou Paramount, séduits par son coût plus faible et sa simplicité d’intégration, notamment sur PC grâce à son interopérabilité avec Windows.
Le Blu-ray bénéficiait d’un soutien plus large, avec Sony, Panasonic, Samsung, Philips, et surtout la majorité des grands studios, dont Sony Pictures, Disney, Fox, puis Warner en janvier 2008. Ce ralliement de Warner a précipité l’abandon du HD-DVD, car il devenait alors impossible d’assurer une offre de films suffisamment attractive en face du Blu-ray.
Pourquoi le Blu-ray a gagné ?
Outre ses capacités techniques supérieures, le Blu-ray a bénéficié d’une adoption massive grâce à la PlayStation 3, devenue le lecteur Blu-ray le plus vendu au monde à l’époque. Le catalogue plus riche, le soutien des éditeurs et l’écosystème plus complet ont permis au format Blu-ray de s’imposer.
La question de la protection des contenus a également pesé lourd dans la décision des studios : le BD+ offrait une sécurité renforcée face au piratage, tandis que le HD-DVD avait rapidement vu ses protections contournées. Pour Hollywood, le Blu-ray offrait donc une garantie plus solide à long terme.
En février 2008, Toshiba annonçait officiellement son retrait du marché du HD-DVD, consacrant le Blu-ray comme le format unique de la haute définition physique.
Faut-il le regretter ?
Avec le recul, le Blu-ray a permis d’accéder à une qualité d’image et de son exceptionnelle, en particulier avec l’arrivée du Blu-ray UHD 4K HDR. Sa large adoption a permis une standardisation bénéfique pour les éditeurs, les fabricants et les consommateurs.
Le HD-DVD proposait certes des solutions techniques intéressantes, notamment pour l’informatique, mais son avenir était limité, tant en capacité qu’en évolutivité.
Voir notre article : Pourquoi le Blu-ray résiste à l’essor du streaming ?
Le Blu-ray reste aujourd’hui la référence pour les passionnés de qualité, en particulier ceux qui recherchent un rendu audio et vidéo bien supérieur à celui des plateformes de streaming, qui imposent toujours des compromis de compression.











