Test Blu-ray : Invisible Man

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EN RÉSUMÉ

Depuis la mémorable adaptation en 1933 du roman fondateur de H.G. Wells, le concept de l’homme invisible a souvent inspiré le cinéma, parfois pour le meilleur (Hollow Man, The Unseen) mais aussi, hélas, le plus souvent pour le pire. Par bonheur, cette nouvelle variation signée par le scénariste de Saw Leigh Whannell appartient incontestablement à la première catégorie. D’abord parce que son scénario, où une épouse maltraitée est traquée par la présence impalpable de son tortionnaire de mari peu après qu’il s’est donné la mort, peut se lire comme une parabole on ne peut plus d’actualité sur les violences conjugales, comme si le souvenir des horreurs passées ne cessait jamais de hanter leurs victimes. Ensuite, parce que, chose assez exceptionnelle dans ce registre, l’interprétation à la fois ultrasensible et terrifiée aux allures de one woman show d’Elisabeth Moss ne volerait pas une nomination à l’Oscar. Enfin parce que la gestion de l’angoisse, du doute, et, dans une mesure un peu moindre, des effets spéciaux (certains d’entre eux ne dégagent pas toujours l’accomplissement esthétique attendu) achèvent d’honorer un genre qui avait bien besoin de cette bouffée d’air frais.

AVIS TECHNIQUE

Impeccables en toutes circonstances, qu’il s’agisse des intérieurs oppressants, des extérieurs sous la pluie ou des quelques panoramas aériens, les images affichent un piqué numérique de haute volée. Mais le vrai « plus » de ce pressage est redevable au son : judicieuse sans se montrer envahissante, l’élévation Atmos de la VO privilégie ainsi avec une très efficace subtilité les bruitages en surplomb liés aux manifestations du personnage-titre, tandis que la musique anxiogène et parfois inventive (« respirations » électroniques à l’appui) se montre remarquablement spatialisée. Dommage que la VF, au demeurant excellente, ait fait l’impasse sur le mixage de sa consœur.

DU CÔTÉ DES BONUS

À condition de savoir qu’ils contiennent quasiment tous d’énormes spoilers (en clair, il ne faut surtout pas les regarder avant d’avoir vu le film), ils prolongent le spectacle avec tout ce qu’il faut d’éclairages informatifs. Soit un commentaire audio formidablement engageant du réalisateur qui, loin des monologues habituels, s’adresse directement au spectateur pour revisiter son film avec autant de passion informative que d’humour ; neuf scènes inédites (on recommande en priorité celle de la chaise vide), un zoom intelligent sur Elisabeth Moss ; des modules très corrects sur le réalisateur et son approche du sujet ; un dynamique journal de tournage ; et un retour standard sur les personnages.

LE MOT DE LA FIN

Deux mots, en réalité : bien vu !


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