Test Blu-ray : The Crow

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Découvrez le test Blu-ray du film culte The Crow et plongez dans l’univers sombre et envoûtant de cette œuvre emblématique du cinéma fantastique. Entre restauration visuelle et enrichissement sonore, le magazine Les Années Laser vous dit tout.

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En résumé

La question fait mal, elle peut même choquer, mais elle mérite incontestablement d’être posée : The Crow, où un rocker ressuscite d’entre les morts grâce à un oiseau surnaturel afin de venger l’assassinat de sa fiancée, aurait-il remporté d’un tel succès, suscité les mêmes louanges et bénéficié d’une postérité aussi culte sans la tragédie qui endeuilla son tournage ?

Toujours est-il que le 31 mars 1993, à quatre jours de la fin des prises de vues, alors qu’il entame une de ses dernières séquences (celle, cruciale, où le héros découvre le cadavre supplicié de son amoureuse), son interprète principal, Brandon Lee, vit l’acteur Michael Massee, qui incarnait un de ses ennemis, pointer dans sa direction un pistolet Magnum 44 chargé à blanc, appuyer sur la détente comme l’indiquait le scénario… Et s’écroula dans une mare de sang, l’estomac transpercé, la colonne vertébrale sectionnée nette à cause, comme l’établira l’enquête qui reconnaîtra « un enchaînement de négligences collectives » sans désigner de responsables en particulier malgré une amende de 77.000 dollars infligée en guise de sanction, d’un résidu métallique coincé dans le canon de l’arme que la balle pourtant inoffensive propulsa dans son corps à une vitesse supersonique.

The Crow : extrait du film
La tragédie qui endeuilla le tournage de The Crow soulève une question troublante : aurait-il connu un tel succès sans cet événement fatal impliquant Brandon Lee ?

Déclaré mort douze heures plus tard malgré les soins aussi intensifs que désespérés prodigués à l’hôpital, inhumé le 3 avril aux côtés de son père à Seattle, le fils du grand Bruce Lee, également disparu dans des conditions mystérieuses vingt ans plus tôt, n’a jamais su que, une fois passés la sidération générale et les inévitables cas de conscience, le film fut achevé deux mois après grâce à une doublure incarnée par son coach et ami de toujours, Jeff Imada, sur lequel on greffa son visage reconstitué numériquement.

Lui-même né d’un drame, le comic d’origine signé James O’Barr (il en eut l’idée après la mort de sa petite amie renversée par un chauffard) a donné lieu à quatre autres variations cinématographiques dont la dernière sortira le 21 août prochain sur nos écrans. Mais, que ce soit en termes d’inspiration visuelle, d’émotion ou d’interprétation, aucune n’arrive ne serait-ce qu’à la cheville de ce classique au cœur brisé.

Du côté des bonus

Une fois n’est pas coutume, du moins en France, l’interactivité figure uniquement sur l’UHD Blu-ray. Dans le détail, elle offre d’abord de solides suppléments inédits composés d’un commentaire audio soutenu du réalisateur, d’un retour en trois parties sur le style graphique du film en compagnie du chef décorateur, d’une interview du producteur Edward Pressman à l’occasion de la sortie d’une figurine de la marque Sideshow en 2021 et d’une bande-annonce. Repris de l’édition 2 DVD de 2002, le reste ne démérite pas avec un commentaire audio du producteur et du scénariste, une featurette d’époque, une interview de l’auteur du comic, trois scènes en version longue ainsi qu’un montage de plans coupés.

The Crow : extrait du film
L’édition UHD Blu-ray de The Crow comprend un commentaire du réalisateur, des analyses du style graphique et des contenus issus de l’édition DVD de 2002.

Avis technique

Espéré de longue date, ce master 4K comble toutes les attentes grâce à une copie entièrement vierge de poussières qui respecte divinement l’approche monochrome des décors et de la photographie en dehors d’un bouquet de fleurs, des brasiers envahissant la ville et des délectables déclinaisons rougeoyantes lors des flashbacks. Soit un diamant gothique de noirceur graphique avec des contrastes au top grâce au Dolby Vision et une définition extra (plumes du corbeau, lames tranchantes de la pluie battante qui se détachent comme jamais dans l’obscurité) qui font cet UHD un écrin idéal et définitif.

The Crow : extrait du film
Le master 4K de The Crow dépasse toutes les attentes avec une copie d’une netteté impeccable, préservant l’esthétique monochrome et offrant des contrastes saisissants.

Niveau son, direction la VO à la fois majestueuse et détaillée, sans esbroufe inutile, qui relaie discrètement, mais sûrement certains effets passant de façon très logique dans les surround, et qui bénéficie d’une activité stéréo avant toujours vivace. Superbe emphase sur la fantastique BO. VF non HD beaucoup moins bien lotie en termes d’ampleur et de présence, avec des voix très en avant.

Le mot de la fin

Nimbé d’une tristesse infinie, The Crow trouve enfin le mémorial technique et éditorial qu’il méritait.

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