Qui sont les Who ? – Le Rewind

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Toujours actif (le groupe était en concert parisien en juin 2023), The Who est un monument du rock britannique, une institution. Voilà 46 ans que disparaissait Keith Moon, l’ultime batteur rock dont la vie trop courte fut une ode à l’excès, à la joie de vivre et aux délires des seventies. Le Rewind vous propose une sélection de cinq albums des Who sortis pendant leurs dix glorieuses, de 1969 à 1978. Riffs à gogo et voix stridente sur rythmique Big Beat, c’est The Who !

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Tommy (1969)

Et on commence avec le disque le plus emblématique de toute la carrière du groupe, Tommy. La première question qui se pose, c’est « Quel Tommy ? » En effet, de multiples versions de ce projet rock opératique ont été enregistrées depuis 1969. Commençons donc avec la version originale. On est en 1968, et les Who sont déjà des stars. Voilà quatre ans que le groupe s’est formé autour du guitariste virtuose Pete Townshend avec le chanteur Roger Daltrey, le bassiste John Entwistle et le batteur Keith Moon. 

1969. The Who. Tommy.
L’un des disques les plus emblématiques des Who, « Tommy », a connu de multiples versions depuis sa sortie en 1969.

Le combo se fait connaitre autant par ses albums dopés aux amphétamines, comme My Generation en 1965 et The Who Sell Out en 1967, que par ses concerts tournant aux happenings. Ainsi en juin 1964, alors que les Who donnent un concert dans une salle exiguë, Townshend casse le manche de sa guitare sur le plafond (bas) du club. Le public est mort de rire, pas Pete : Du coup, il fracasse le reste de sa six-cordes sur le sol de la scène, empoigne une autre guitare et continue le show.

L’incident aurait pu en rester là, mais il sera en fait un moment majeur dans la légende du groupe. En effet, dès les concerts suivants, la foule réclame plus de destruction électrique. Et c’est ainsi que la semaine suivante, c’est au tour de Keith Moon de destroyer son kit de batterie. Une autodestruction qui deviendra un passage obligé pour les Who. 

En 1968, Townshend, qui a arrêté la drogue et s’est lancé dans une quête de spiritualité (comme le firent les Beatles un peu avant), est devenu un adepte de Meher Baba, un gourou indien affirmant être l’avatar de Dieu sous forme humaine (oui, c’était aussi ça, les sixties). Et il entend créer une œuvre prenant en compte les enseignements de Baba. Cette œuvre, qui sera d’abord intitulée Deaf Dumb And Blind Boy ou encore Amazing Journey, c’est Tommy, un opéra rock d’une folle ambition racontant l’histoire d’un enfant devenu sourd, muet et aveugle après avoir vu son père assassiner l’amant de sa mère.

Tommy deviendra malgré tout champion de flipper, et on découvrira en parallèle une sombre histoire familiale avec père de substitution, violences domestiques et traitement de choc. Un disque majeur de la fin des sixties, produit par Kit Lambert, avec une pochette dessinée par Mike McInnerney évoquant les œuvres du peintre Vasarely, alors très en vogue. Le gourou bénéficie d’un crédit sur le vinyle. Avatar : Meher Baba, est-il écrit au verso du double album.

The Who sur scène
En 1968, après avoir adopté les enseignements de Meher Baba, Pete Townshend crée « Tommy », un opéra rock ambitieux racontant l’histoire d’un enfant devenu sourd, muet et aveugle.

L’inspiration des chansons composant ce disque magistral est variée, et parfois cocasse : « Pinball Wizard », un des titres les plus populaires qui sortit en single, aurait été écrit pour s’attirer les bonnes grâces de Nick Cohn, fameux rock critic fan de flipper qui officiait alors au New York Times. Et c’est de fait après une discussion avec Cohn que Townshend écrivit et enregistra ce titre qui sera joué par Elton John dans la version cinéma de Tommy.

Son auteur n’en fut pas fier pour autant, déclarant à la presse que « Pinball Wizard » était le texte le plus balourd qu’il ait jamais écrit. Quoi qu’il en soit, Cohn décréta que Tommy était un chef-d’œuvre. La maison Bally, fabricante de flippers, produisit en 1975 10.000 exemplaires d’un flipper nommé « Wizard », avec sur sa façade un dessin de Roger Daltrey et Ann-Margret, les acteurs principaux de l’adaptation cinématographique du concept album des Who réalisée par Ken Russell. 

Si Townshend se taille la part du lion dans les compositions, ses acolytes participent (modestement) aux chansons : Keith Moon a écrit le très court et très déjanté « Tommy’s Holiday Camp » et John Entwistle s’est chargé de « Cousin Kevin », « Do You Think It’s Allright » et « Fiddle About ». « Eyesight To The Blind » est la seule composition extérieure, attribuée au bluesman Sonny Boy Williamson. 

Pochette de l'album Tommy des Who
Townshend domine les compositions de « Tommy », mais Keith Moon et John Entwistle contribuent avec plusieurs morceaux, tandis que « Eyesight To The Blind » est signé par Sonny Boy Williamson.

Le succès de Tommy est immédiat, et génèrera deux autres versions du projet : En 1972, c’est le London Symphony Orchestra & Chamber Choir qui sort un double album où les voix sont assurées par quelques pointures de la pop telles que Ringo Starr, Steve Winwood et Rod Stewart, avec Townshend en narrateur. 

En 1975, Ken Russell est derrière la caméra pour la version cinéma, où on a droit à un casting de premier choix, Tina Turner étant l’Acid Queen, Elton John le Pinball Wizard, Olivier Reed oncle Frank, Eric Clapton le prêcheur, Jack Nicholson le docteur Quackson et Keith Moon l’oncle Ernie, personnage maléfique et terrifiant, sorte de sadique pédophile extraverti. Avec 34 millions de recettes au box-office pour un budget de 3 millions, Tommy reste un des films musicaux les plus populaires des seventies, aux côtés de Saturday Night Fever qu’il précéda de deux ans. 

Live At Leeds (1970)

Rewind 2, on entre dans les seventies avec Live At Leeds, dont la pochette aussi affreuse que spartiate est sensée évoquer un disque bootleg. C’est aussi le premier live officiel pour les Who, le seul avec le line-up original des quatre musiciens. Après avoir longtemps tourné pour la promo de Tommy, les 4 d’Hammersmith ont enregistré plusieurs concerts aux États-Unis dans le but de sortir un album live, car leur réputation scénique est énorme. Mais Pete Townshend ne souhaite pas écouter les enregistrements américains. Selon Chris Charlesworth, biographe des Who, Pete demande à l’ingé son Bob Pridden de détruire les bandes des concerts US, « une des décisions les plus stupides de toute ma vie », déclarera le guitariste des années plus tard. 

1970. The Who. Live At Leeds.
« Live At Leeds » est le premier album live officiel des Who, enregistré avec la formation originale, après que Pete Townshend ait refusé les enregistrements américains précédents.

Ce qui ne résout pas le problème. La solution imaginée par le groupe est simple : Organiser un concert dans le but spécifique d’en faire une captation. Ce sont deux shows qui sont bookés pour l’occasion : Celui de Leeds le 14 février 1970, qui donnera son nom à l’album, et celui de Hull le jour suivant. Des problèmes techniques avec l’enregistrement de la basse rendent impossible l’utilisation du concert de Hull, c’est donc le show de Leeds qui sera pressé en vinyle simple, après avoir envisagé un double album. Si le concert proposait plusieurs chansons extraites de Tommy, dont notamment « Amazing Journey », qu’on retrouvera sur une extended version disponible en CD et en streaming, l’album les zappe pour se concentrer sur six titres, dont deux reprises rock à l’ancienne (« Summertime Blues » d’Eddie Cochran et « Shakin’ All Over » de Johnny Kidd). 

Concert des Who.
Le concert de Leeds, enregistré le 14 février 1970, devient l’album live des Who après l’abandon du show de Hull en raison de problèmes techniques.

Sur « Summertime Blues », c’est Pete qui fait la voix « adulte » qui répond au narrateur (« I’d like to help you son, but you’re too young to vote »). Vu qu’il n’y avait aucun micro spécifiquement prévu pour enregistrer le public, celui-ci est bien moins présent que sur la majorité des albums live, donnant parfois l’impression qu’il s’agit de prises en studio. Le morceau de bravoure de Live At Leeds est bien évidemment la gargantuesque version de « My Generation », quinze minutes avec de l’impro, des solos et des extraits d’autres titres des Who, dont « Sparks » et « See Me, Feel Me » de Tommy, ainsi que « Naked Eye », prévu pour Lifehouse, le rock opéra de Pete Townshend finalement annulé (le morceau se retrouvera sur les versions plus récentes de Who’s Next). 

Pochette de l'album The Who Live at Leeds.
L’album Live at Leeds se distingue par sa version épique de « My Generation », incluant improvisations et extraits de morceaux des Who.

Si la pochette, un fond brun uni avec un tampon Live At Leeds, est d’une grande sobriété (une rareté dans la liste des albums des Who), elle est accompagnée d’une douzaine de goodies divers : La photo du groupe de mars 1965 prise pour My Generation, un reçu pour des fumigènes, un manuscrit avec des paroles de Tommy, une lettre de rejet du label EMI, le poster de Pete avec sa fameuse guitare Rickenbaker et une copie du contrat pour le festival de Woodstock, où ils offrirent une performance explosive. 

Plus d’un demi-siècle après son enregistrement, ce disque est toujours considéré par de nombreux critiques et fans comme un des meilleurs lives du rock. Une plaque a été posée sur le campus de l’université de Leeds où il fut capté, et 36 ans après le show, les Who sont revenus sur les lieux du crime pour un concert. Sans Keith Moon, décédé en 1978 à l’âge de 31 ans.

Who’s Next (1971)

Rewind trois, un album de légende, Who’s Next. Un an après leur live, les quatre rockers se vengent de sa sobriété graphique avec une mise en scène comique : Pete, Roger, John et Keith pissent sur un rectangle de béton, référence évidente au fameux et mystérieux monolithe conçu par Stanley Kubrick pour son chef-d’œuvre de science-fiction 2001, L’Odyssée de L’Espace. Un excellent choix, surtout si on considère les pochettes envisagées qui semblent sorties de Spinal Tap : Le groupe pissant sur un ampli Marshall, Keith Moon en lingerie noire avec perruque et fouet (la photo sera utilisée pour le livret de la réédition CD en 1995) ou encore une grosse femme nue avec les visages des Who à l’emplacement de son pubis. On imagine que le réalisateur Rob Reiner s’en est inspiré pour son faux rockumentaire Spinal Tap, où le groupe évoque la pochette de Smell The Glove, censurée pour sexisme. 

1971. The Who. Who's Next.
Sur la pochette de « Who’s Next », les Who se moquent des conventions avec une mise en scène comique, en référence au monolithe de « 2001, L’Odyssée de l’espace ».

Who’s Next annule et remplace Lifehouse, un autre projet opératique de Townshend qui ne verra jamais le jour (Il sortira ultérieurement un coffret de 6 CDs, Lifehouse Chronicles, en 2000). L’album démarre avec un titre surprenant qui fait la part belle au synthétiseur, une démarche audacieuse pour un groupe à l’image rock : C’est « Baba O’Riley », qui deviendra un cheval de bataille scénique et dont l’intro avec sa boucle synthétique reste d’une étonnante modernité. Le titre de cette chanson épique est un condensé des noms de Meher Baba et de Terry Riley, chantre du minimalisme.

Huit chansons sur neuf sont issues des sessions Lifehouse, la neuvième étant la seule qui ne soit pas écrite par Pete, « My Wife », composé par le bassiste John Entwistle, qui aurait dû se retrouver sur son album solo (John y joue également du piano). Un des premiers morceaux enregistré, « Won’t Get Fooled Again », voit le jour dans le manoir anglais de Mick Jagger. Le groupe partage les crédits de production avec Glyn Johns, dont le palmarès est un who’s who du rock (Beatles, Led Zeppelin, Clash, Rolling Stones, Kinks, Bob Dylan, The Band, Eagles, Joe Cocker, Steve Miller Band et on en passe). 

Pochette de l'album Who's Next.
« Who’s Next » remplace le projet avorté « Lifehouse » de Townshend avec des titres marquants comme « Baba O’Riley », alliant audacieusement synthétiseur et rock.

Keith Moon, qui vient de tourner dans le film de Frank Zappa 200 Motels le rôle d’une nonne en rut, est devenu l’électron libre des Who, et ses dingueries vont entrer dans la légende du rock. L’une des plus fameuses fut cette soirée d’anniversaire qu’il célébra aux USA, à Flint dans le Michigan. Ce 23 août 1967, Keith fête donc ses 21 printemps dans un Holiday Inn avec piscine. L’alcool aidant, la soirée est de plus en plus dingue, et Keith fait encore monter l’ambiance avec un food fight, lançant dans le salon le gâteau d’anniversaire orné de cinq baguettes de batteur. Tous les invités se retrouvent couverts de crème et de marzipan, en slip. Histoire de pousser le bouchon un peu plus loin, Moon, voyant arriver le shérif local, part au volant d’une Lincoln Continental. 

Témoignage de Keith Moon pour Rolling Stone

Il raconte la suite à Jerry Hopkins du magazine Rolling Stone :

« Au moment où le shérif est arrivé, j’étais debout en caleçon, j’ai couru et je me suis mis au volant de la première voiture que j’ai vu, une Lincoln flambante neuve. Elle était garée en haut d’une petite colline et quand j’ai ôté le frein à main, elle a commencé à rouler et elle a pété la barrière qu’il y avait devant la piscine. Donc la caisse a plongé dans la piscine de l’Holiday Inn, avec moi au volant. Et l’eau commence à entrer dans la voiture par le plancher.

Soudain saisi par la logique, je me suis dit “Bon, je ne vais pas pouvoir ouvrir la porte tant que la pression ne sera pas la même dans la voiture et dans la piscine”. C’est marrant de se rappeler de ce genre de truc appris en classe de physique ! Et puis je me suis demandé si j’aurai la place pour ouvrir une portière, vu qu’une Lincoln Continental est une voiture assez large. J’ai eu de la chance, le côté passager était collé contre la paroi de la piscine donc j’ai pu ouvrir la portière de mon côté et m’extraire du véhicule, après que l’eau m’est arrivée au niveau de mon nez. 

The Who.

Aujourd’hui, je me dis qu’il y avait des façons moins dingues de crever que de finir noyé dans une Lincoln Continental au fond d’une piscine d’un Holiday Inn, mais à l’époque je n’ai même pas songé à la mort. Je n’ai pas vu le film de ma vie se dérouler dans ma tête, je gambergeais à fond car je savais que si je paniquais, j’étais bon comme la romaine. Donc quand l’eau avait pratiquement atteint le plafond, j’ai prix une grande respiration, j’ai ouvert la portière gauche et je suis sorti de la piscine. Je pensais que tous les invités seraient là en train de mater mais il y avait juste le gardien de la piscine, furieux, qui disait qu’il allait devoir nettoyer la piscine le lendemain.

Donc je retourne dans le salon où avait lieu la soirée, trempé et en slip, et la première personne que je vois c’est le shérif avec la main sur son flingue. J’ai couru vers la porte, j’ai glissé sur un morceau de marzipan, je suis tombé face contre terre et j’ai pété ma dent de devant ». Une soirée Moon classique, avec en final une reconduite à l’aéroport par le shérif qui lui lance, juste avant que Moon rentre dans l’avion, « Fiston, ne reviens plus jamais à Flint dans le Michigan ».

Quadrophenia (1973)

Rewind 4, et on reste dans le grandiose avec Quadrophenia, nouvel opéra rock sorti quatre ans après Tommy, qui raconte à nouveau l’histoire d’un jeune homme, Jimmy, un Anglais pur jus, un Mod qui aime le rock british, la baston et les amphétamines. L’enregistrement de ce double album vinyle ambitieux est différent pour les Who. En effet, pour la première fois, ils enregistrent des titres séparément, avec quatre thèmes, chacun interprété par un membre différent des Who. « Bell Boy » pour Keith Moon, « Is It Me ? » pour John Entwistle, « Helpless Dancer » pour Roger Daltrey et « Love Reign O’er Me » pour Pete Townshend.

L’intégralité des compositions échoit une fois de plus à Pete, le Mastermind de ce projet pharaonique qui fut adapté au cinéma en 1978 sous la direction de Franc Roddam, avec le jeune Phil Daniels dans le rôle de Jimmy et Sting dans celui du « Ace Face ». Contrairement à Tommy, le film de Quadrophenia n’est pas une comédie musicale mais une narration classique avec en fond l’album et ses chansons, dont « The Punk And The Godfather », prémonitoire puisqu’écrit en 1973, quatre ans avant l’explosion punk rock british. 

1973. The Who. Quadrophenia.
Quadrophenia raconte l’histoire de Jimmy, un Mod anglais, et se distingue par un enregistrement où chaque membre interprète un thème différent.

La tournée américaine pour défendre Quadrophenia fut épique et mouvementée, dès la première date à San Francisco. Vers la fin du show, pendant « Won’t Get Fooled Again », Keith Moon, qui avait déjà eu des problèmes pour suivre les backing tapes pendant les chansons de Quadrophenia, s’évanouit sur sa batterie. Pause de vingt minutes, retour de Keith sur scène mais nouvel évanouissement pendant « Magic Bus ». Il est emmené à l’hôpital (on apprendra plus tard que c’est un cocktail de vodka et de kétamine qui était la cause des malaises) et c’est Scot Halpin, un spectateur, qui joua les derniers titres avec les Who, après avoir obtenu l’autorisation de Bill Graham, le promoteur du show. Un happening inattendu, et l’occasion pour Scot de saluer la foule aux côtés de Roger, Pete et John, et de passer du temps avec le groupe en backstage après le concert. 

Who Are You (1978)

Ultime Rewind, Who Are You est un album puissant, dans lequel Pete continue ses expériences avec les synthétiseurs. On y trouve ainsi le titre « Sister Disco », qui n’a de disco que le nom, contrairement au « Miss You » des Rolling Stones sorti quelques mois auparavant, ou à « Da’ Ya’ Think I’m Sexy » de Rod Stewart. C’est aussi, hélas, le dernier album des Who avec Keith Moon à la batterie. Le 6 septembre 1978, la veille de l’anniversaire de Buddy Holly, Keith Moon célèbre le rocker à lunettes à la soirée organisée par Paul McCartney, propriétaire des éditions de Holly, dans un restaurant londonien branché, le Peppermint Park, puis assiste à la projection du film The Buddy Holly Story aux côtés d’Eric Clapton.

Il continue sa soirée en club avec sa femme Annette jusqu’à quatre heures du matin. Keith et Annette prennent un petit déjeuner et Keith retourne au lit. C’est là qu’on le retrouvera mort à deux heures de l’après-midi, victime d’une combinaison fatale d’Heminevrin, un sédatif puissant utilisé pour stopper les effets secondaires du sevrage alcoolique, et de l’ingestion d’une grande quantité d’alcool. 

1978. The Who. Who Are You.
« Who Are You » est le dernier album des Who avec Keith Moon, qui meurt tragiquement le 7 septembre 1978, après une soirée célébrant Buddy Holly.

Un mix fatal qui pourtant n’était pas inédit pour Moon, habitué aux excès en tous genres. L’album Who Are You était sorti trois semaines auparavant, et le groupe était encore en pleine promo. John Entwistle eut cette phrase terrible pour commenter la mort de son ami : « Je pense que quelqu’un là-haut s’est penché sur lui et a dit “OK, c’est ta neuvième vie” ». Ironie du sort : sur la photo de couverture de Who Are You, Keith Moon est assis sur un fauteuil où est inscrit cette formule : « Not to be taken away » (À ne pas emporter). Un bel hommage sera rendu à Keith par Clem Burke, le batteur de Blondie : À la fin d’un show ayant lieu quelques jours après la mort de Moon, il renversa son kit de batterie et s’exclama « C’est pour Keith Moon, le plus grand batteur du monde »

John Entwistle, le Who le plus proche de Keith, fit paraitre ce communiqué : « On se sent tous bizarre, Keith donnait tellement toujours l’impression qu’il était sur le point de partir en vrille qu’on s’était habitué à vivre en se disant que ça allait arriver un de ces jours. Mais cette fois, Keith n’a pas survécu, il ne s’est pas jeté par la fenêtre du balcon pour atterrir en un seul morceau. Je pense qu’il avait fini par se croire indestructible. Je l’ai vu dégringoler un escalier d’une trentaine de marches, se relever comme si de rien n’était et démarrer une conversation ». Au moment de sa mort, Moon était en négociation pour jouer le rôle du prophète dans le film des Monty Python La Vie De Brian.  

Pochette de l'album Who Are You.
John Entwistle a déclaré que la mort de Keith Moon était choquante mais pas surprenante, étant donné son comportement imprévisible.

Who Are You reste un Classique du rock, même si pour la génération des Millenials, elle est irrémédiablement associée au feuilleton Les Experts (CSI : Las Vegas), la série originale qui fut diffusée sans interruption de 2000 à 2015. Le public apprécia tellement ce choix que les producteurs de la franchise CSI utilisèrent d’autres chansons des Who pour les séries dérivées : « Won’t Get Fooled Again » pour CSI : Miami, « Baba O’Riley » pour CSI : New York et « I Can See For Miles » pour CSI : Cyber.  

1 commentaire

  1. Bonjour,
    Pour en revenir à « Tommy », j’ai le souvenir que c’est le père de Tommy, que l’on attendait plus en 1921 (« Got a feeling 21 »), qui est assassiné par l’amant avec la complicité de la mère, et non l’inverse.
    Michel Lagneau

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