Avec Monsieur Aznavour, ce Blu-ray rend hommage à l’immense Charles Aznavour à travers un documentaire riche en images d’archives et témoignages émouvants. Retraçant la carrière exceptionnelle de cet artiste légendaire, le film met en lumière son talent, son engagement et son héritage musical indélébile. Les Années Laser passent en revue cette édition pour évaluer la qualité vidéo, celle du mixage sonore et des bonus qui enrichissent cette plongée dans l’univers du chanteur à la voix inoubliable.

En résumé
Après La Môme avec l’oscarisée Marion Cotillard, le classique Dalida, l’injustement méconnu Cloclo, le légèrement surestimé Gainsbourg (vie héroïque) et, dans un style beaucoup plus personnel, le formidable Aline de Valérie Lemercier, c’est donc au tour du tout aussi totémique créateur de La Bohème, Je m’voyais déjà, Tu te laisses aller, Comme ils disent et autre sublime Désormais (on permettra à l’auteur de ces lignes de considérer ce dernier titre comme son chef-d’œuvre absolu) de bénéficier d’un biopic en bonne et due forme.
Bien que sa facture narrative, visuelle et technique extrêmement soignée ne bouleverse pas les codes du genre, il y a largement de quoi lui tresser des lauriers. « Auteur, compositeur, interprète à la carrière internationale et durable, il est peut-être le plus grand monstre sacré de la chanson française« , dit de Charles Aznavour Grand Corps Malade, coréalisateur avec Mehdi Idir du présent film. « Je l’admire beaucoup en tant qu’artiste et en tant qu’homme que nous avons eu la chance de connaître, avec qui j’ai eu l’honneur de chanter et avec lequel nous avons passé beaucoup de temps. »

Il s’agit donc ici d’une hagiographie luxueuse et assumée qui, de l’enfance à l’âge d’homme, retrace les hauts comme les bas d’un parcours inouï forgé par un mélange d’obstination, de mégalomanie, d’égoïsme et bien entendu au premier chef de talent. Fruit d’un colossal travail de documentation préparatoire (« Il nous a fallu tout lire, à commencer par ses deux autobiographies et les ouvrages journalistiques, écouter ses mille deux cents chansons, regarder tous les documentaires, toutes les interviews »), adoubé par le grand homme en personne (« Il a été notre consultant de luxe ! »), le résultat, obtenu grâce à de considérables moyens logistiques et financiers, devait bien entendu reposer sur un acteur capable de porter sur ses épaules la charge écrasante de ressusciter l’artiste. « Notre directeur de casting nous a soufflé l’idée de Tahar Rahim, dont nous sommes par ailleurs proches« , se souvient Mehdi Idir. « Tahar nous a d’abord regardés comme des illuminés avant de nous rappeler pour nous donner son accord. »
Ce que l’acteur confirme : « Stupéfait, j’ai exprimé mon scepticisme, ne percevant aucune correspondance évidente entre Charles Aznavour et moi. Par curiosité, j’ai commencé à regarder des documentaires. Chemin faisant, j’ai été charmé par sa gestuelle, son parcours. Je me suis surpris dès lors à constater que ce personnage était moins éloigné de moi que je ne l’imaginais de prime abord. » Un énorme travail de maquillage, de gestuelle, de phrasé et de chant (car c’est bien les vocalises de Tahar Rahim qu’on entend) plus tard, Monsieur Aznavour est ainsi devenu le film qui, après un beau succès en salles, est parvenu à séduire l’Académie des Césars qui lui a octroyé plusieurs nominations. En attendant, qui sait, de décrocher quelques trophées au soir du 28 février.

Du côté des bonus
Une longue et sincère masterclass de l’équipe enregistrée après une avant-première publique, où les réalisateurs et Tahar Rahim évoquent conjointement la genèse du projet ainsi qu’un premier montage de presque 3 heures abordant notamment la carrière d’acteur d’Aznavour, mais volontairement réduit par les auteurs à une durée plus adaptée.
Avis technique
Les moyens mis en œuvre pour les décors et les costumes font revivre avec succès les différentes époques à travers un transfert irréprochable à la définition idoine. Logiquement décisif, le son (en Dolby Atmos) bénéficie quant à lui d’une formidable ouverture sur tous les morceaux et chansons, aux orchestrations relayées dans l’intégralité de l’espace acoustique, le tout soutenu par de riches ambiances et quelques effets aériens tels des passages d’avions naturellement intégrés.

Le mot de la fin
Un biopic ample et fédérateur dans un écrin vidéo absolument irréprochable.











