Depuis janvier 2025, Disney+ propose une prise en charge du HDR10+ sur certains contenus tels que les sagas Star Wars et Marvel. De son côté, Netflix a officialisé l’arrivée de ce format en mars, à destination de ses abonnés premium. Jusqu’à présent, ces deux services misaient sur le HDR10 et le Dolby Vision. L’intégration du HDR10+ constitue donc un tournant discret, mais stratégique, pour les plateformes dans un contexte où la maîtrise des coûts devient un enjeu important.

HDR10+ : un format dynamique, ouvert et sans redevance
Le HDR10+ se distingue du HDR10, par l’usage de métadonnées dynamiques. Là où le HDR10 applique les mêmes réglages de contraste et de luminosité à l’ensemble d’un film ou d’un épisode, le HDR10+ ajuste ces paramètres scène par scène, voire plan par plan. L’image est ainsi mieux équilibrée, avec des détails préservés dans les zones sombres comme dans les hautes lumières.
À la différence du Dolby Vision, le HDR10+ n’implique aucun frais de licence. Il est encadré par le consortium industriel Alliance for Open Media, incluant notamment Samsung, Panasonic et des acteurs de la diffusion comme Netflix, mais reste gratuit et ouvert. Il est souvent associé au codec AV1, lui aussi libre de droit, qui améliore la compression sans perte visible de qualité. Tout comme YouTube, Netflix utilise déjà l’AV1 et peut facilement implémenter le HDR10+ sur sa plateforme.
Après Prime Video, YouTube et Disney+, Netflix prend désormais officiellement en charge le HDR10+. Si dans un premier temps cela permet de proposer des contenus dynamiques aux spectateurs ne disposant pas d’un écran compatible Dolby Vision, à terme ce format ouvert et gratuit pourrait tout à fait supplanter la technologie payante de Dolby. Toutefois, la profondeur de couleur offrant jusqu’à 68 milliards de nuances en Dolby Vision, contre 1 milliard pour le HDR10+, laisse une belle avance à Dolby. D’autant plus que ce format est celui privilégié par Netflix sur les appareils compatibles.
Des alternatives aux technologies onéreuses de Dolby ?
L’intégration du HDR10+ chez les grands services de streaming fait écho à une tendance plus large : le besoin pour les fabricants et les diffuseurs de se libérer de certaines dépendances technologiques. Dolby Vision et Dolby Atmos sont des standards réputés, mais leur usage implique le paiement de redevances. Cela peut représenter un coût non négligeable pour les fabricants de téléviseurs, de smartphones, de barres de son, d’amplificateurs home-cinéma, mais aussi pour les créateurs et diffuseurs de contenus.
Dans ce contexte, les géants de la tech explorent d’autres pistes. Samsung et Google ont ainsi présenté Eclipsa Audio, un nouveau format de son immersif développé en commun. Compatible avec certains téléviseurs et barres de son, ce format repose sur l’architecture IAMF (Immersive Audio Model and Formats) et se veut une alternative directe au Dolby Atmos. Là encore, le modèle est ouvert et sans frais de licence.
L’Alliance for Open Media intègre déjà de grands acteurs tels que Netflix, Amazon, Apple, Samsung et bien d’autres. Ce mouvement semble très clairement être une réponse aux coûts engendrés par l’utilisation des technologies de Dolby. Dans la pratique, si ces formats ouverts sont adoptés par toute l’industrie, cela pourrait signifier une baisse de coût de production et de diffusion. Reste à savoir si cela impactera directement le consommateur ou si cela permettra d’augmenter les marges.

HDR10+ Gaming pour les jeux vidéo
Pour le jeu vidéo, l’adoption du HDR10+ Gaming reste limitée, mais progresse doucement. Ce format permet une image dynamique, sans ajouter de latence. Un plug-in est déjà proposé aux développeurs qui utilisent l’Unreal Engine, permettant une mise en œuvre relativement simplifiée. C’est également le cas pour le Dolby Vision, mais moyennant une contrepartie financière.
Pour l’instant, peu de titres sont compatibles. The First Descendant, Cyberpunk 2077 ou encore Red Dead Redemption 2 sont les ambassadeurs du HDR10+ Gaming sur PC, car ni la PlayStation 5 ni les Xbox Series X|S ne prennent en charge nativement ce format. À l’inverse, le Dolby Vision Gaming est déjà fonctionnel sur Xbox Series et sur PC, mais son adoption reste aussi marginale. Si la redevance imposée par le Dolby Vision peut être un frein, la gratuité du HDR10+ pourrait plus facilement inciter les développeurs à intégrer cette technologie.

En misant sur le HDR10+, les géants du streaming et de la tech amorcent une transition vers des formats ouverts et sans redevance. Une évolution stratégique qui pourrait, à terme, rebattre les cartes face aux standards propriétaires de Dolby.











Prendre un TV compatible pour la lecture des 2 formats est « obligatoire » notamment pour les formats blu-ray dématérialisés ou physiques.