Selon le Global Music Report 2025 publié par l’IFPI, le marché mondial de la musique enregistrée a poursuivi sa croissance en 2024 pour la dixième année consécutive. Les revenus ont augmenté de 4,8 % pour atteindre 29,6 milliards de dollars. Cette progression, bien que plus modérée que les années précédentes, reflète une tendance stable portée par le développement du streaming, le maintien de formats physiques, comme le vinyle, et la montée en puissance des marchés émergents.

La France est le sixième marché de la musique
Le classement des marchés les plus importants en 2024 reflète un équilibre entre les grandes puissances économiques historiques et des pays où la consommation de musique croît rapidement. Les États-Unis conservent leur première place, le Japon et du Royaume-Uni complètent le podium, suivis par l’Allemagne et la Chine. La France, sixième, reste l’un des acteurs européens les plus solides, portée par une production nationale dynamique et une présence croissante de ses artistes à l’international.
La Corée du Sud confirme son rôle de pôle culturel influent, notamment grâce à l’exportation de la K-pop. Le Canada et le Brésil maintiennent leur présence dans le top 10. Enfin, le Mexique se distingue par une forte croissance qui lui permet de dépasser l’Australie et d’intégrer le classement pour la première fois, illustrant la montée en puissance de l’Amérique latine dans l’économie musicale mondiale.
Classement 2024 des dix premiers marchés :
- États-Unis
- Japon
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Chine
- France
- Corée du Sud
- Canada
- Brésil
- Mexique
2024 : une année record pour la musique
Au début des années 2000, le marché de l’industrie musicale atteignait près de 20 milliards de dollars de revenus. Avec la crise du piratage, l’arrivée du numérique mal encadré et le déclin des ventes de CD, ces revenus ont fortement chuté. À leur plus bas, en 2014, ils étaient tombés à moins de 12,9 milliards de dollars. L’industrie a mis du temps à se réorganiser et à trouver de nouveaux modèles économiques viables.
C’est le streaming, en particulier les abonnements payants, qui a permis à la musique de retrouver le chemin de la croissance. Depuis 2015, les chiffres repartent à la hausse de façon régulière. En 2024, les revenus ont atteint 29,6 milliards de dollars, un niveau jamais vu depuis vingt-cinq ans. Cette reprise ne repose plus sur la vente de supports physiques, mais sur une écoute numérique qui s’étend à tous les coins du globe et à de nouvelles ressources.

Répartition des revenus de la musique en 2024
L’analyse des revenus de 2024 montre une nette domination du streaming dans les usages musicaux, mais certains formats plus traditionnels, comme le vinyle ou les droits d’auteurs, continuent à jouer un rôle notable. La répartition des revenus par format s’accompagne d’évolutions contrastées selon les segments :
- Streaming : 69 % (+9,5 %)
- Support physique : 16,3 % (-3,1 %)
- Droits d’auteurs : 9,7 % (+5,9 %)
- Téléchargements : 2,8 % (-7,7 %)
- Autres (films, publicité, jeux) : 2,2 % (+6,4 %)
En 2024, les revenus physiques mondiaux ont atteint 4,8 milliards de dollars, en baisse de 3,1 %, après une forte hausse de 14,5 % en 2023. Les ventes de CD et de vidéos musicales ont reculé, tandis que le vinyle a poursuivi sa croissance pour la 18ᵉ année consécutive, avec une hausse de 4,6 % des revenus.
Répartition régionale des revenus en 2024
L’année 2024 a été marquée par une croissance généralisée dans toutes les régions du monde, avec des dynamiques particulièrement fortes dans les marchés en développement. Les régions du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Amérique latine enregistrent les taux de croissance les plus élevés, traduisant une adoption rapide des usages numériques et une structuration des écosystèmes locaux.
- Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) : +22,8 %, la région conserve un modèle presque entièrement fondé sur le streaming, qui représente 99,5 % de ses revenus.
- Afrique subsaharienne : +22,6 %, avec un cap symbolique franchi avec plus de 100 millions de dollars de revenus et un marché dominé par l’Afrique du Sud, qui en représente près des trois quarts.
- Amérique latine : +22,5 %, pour une quinzième année consécutive de croissance. Le Brésil et le Mexique restent les principaux contributeurs, ce dernier entrant désormais dans le top 10 mondial.
- Europe : +8,3 %, la région reste la deuxième plus importante au niveau mondial. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France affichent tous une progression.
- Australasie : +6,4 %, avec des hausses tant en Australie qu’en Nouvelle-Zélande, bien que l’Australie soit dorénavant dépassée par le Mexique dans le classement global.
- Amérique du Nord : +2,1 %, la région reste de loin la première en valeur absolue, portée par les États-Unis (+2,2 %) et une base déjà très élevée.
- Asie : +1,3 %, une croissance plus modérée, affectée par le repli du physique en Corée du Sud et la stabilité du marché japonais, partiellement compensée par la progression continue de la Chine (+9,6 %).
En 2024, la musique enregistrée confirme sa croissance mondiale, portée par le streaming et l’essor des marchés émergents. Selon l’IFPI, les revenus atteignent un niveau inédit depuis deux décennies, dans un écosystème désormais dominé par les usages numériques, mais où formats physiques et diversité régionale continuent de jouer un rôle important.
Source : Global Music Report de l’IFPI










