Alors que la PlayStation 5 poursuit son cycle de vie, de premières informations crédibles commencent à émerger sur la prochaine génération de consoles Sony. Une fuite récente, relayée par la chaîne YouTube Moore’s Law Is Dead, évoque non seulement les grandes lignes de la future PS6 de salon, mais aussi l’existence d’un modèle portable prévu pour fonctionner de manière autonome. Cette double stratégie, encore officieuse, suggère une nouvelle orientation dans l’approche hardware de Sony.

Un leak attribué à des documents AMD internes
La fuite provient d’une source confidentielle ayant accès à des documents techniques d’AMD datés de 2023. Selon Moore’s Law Is Dead, ces derniers auraient déjà été mentionnés à plusieurs reprises dans d’autres rapports sérieux. Bien que non publiés dans leur intégralité, ils permettraient d’identifier des noms de code liés à la prochaine génération de consoles, et d’en déduire une partie des caractéristiques matérielles. AMD étant le fournisseur des puces des consoles PlayStation depuis la PS4, il n’est pas surprenant que de telles informations proviennent de ses documents de travail.
Orion pour le salon, Canis pour la portabilité
Le projet de console de salon PS6 est désigné sous le nom de code Orion. Il s’agirait d’une machine haut de gamme reposant sur une architecture Zen 6 pour le processeur et RDNA 5 pour la partie graphique. Sony viserait une performance environ trois fois supérieure à celle de la PS5 en rastérisation classique, avec des progrès encore plus marqués en ray tracing. Le design resterait monolithique, sans chiplet GPU (une seule puce), mais optimisé pour la consommation énergétique.
🗒️ Note de l’expert
La rastérisation est une méthode de rendu utilisée pour convertir les objets 3D en images 2D affichées à l’écran. Elle consiste à projeter les formes géométriques (souvent des triangles) dans l’espace de l’image, puis à calculer la couleur de chaque pixel en fonction de la lumière, des textures et de la perspective. Cette technique est largement utilisée dans les jeux vidéo car elle permet d’obtenir de bonnes performances avec un coût de calcul relativement modéré.
En parallèle, une console portable au nom de code Canis serait en préparation. Contrairement au PlayStation Portal, celle-ci embarquerait une puce dédiée et permettrait de faire tourner des jeux localement, notamment ceux de la PS4 et de la PS5. Elle intégrerait un processeur Zen 6c avec un GPU allégé en RDNA 5, dans une enveloppe thermique adaptée à un appareil mobile. Sony envisagerait un fonctionnement hybride : possibilité de jouer en natif à des jeux optimisés, mais aussi d’utiliser le streaming local ou distant pour accéder à des jeux plus exigeants.
Spécifications techniques évoquées
PS6 Orion (salon)
- CPU : 8 cœurs Zen 6
- GPU : 40 à 48 CU RDNA 5 à plus de 3 GHz
- RAM : GDDR7, bus 160 ou 192 bits, 32 GT/s
- Bande passante mémoire : entre 640 et 800 Go/s
- Puissance estimée : environ 3× la PS5 en rastérisation, jusqu’à 10× en ray tracing
- Consommation : 160 W
- Rétrocompatibilité : PS4 et PS5
- Lancement visé : fin 2027 / début 2028
- Prix estimé : 499 $
PS6 Canis (portable)
- CPU : 4 cœurs Zen 6c
- GPU : 12 à 20 CU RDNA 5 à 1,6 – 2 GHz
- RAM : LPDDR5X-7500+, bus 128 bits
- Consommation : 15 W
- Rétrocompatibilité : PS4 et PS5
- Stockage : slot microSD et SSD M.2
- Connectique : USB-C avec sortie vidéo, écran tactile, double micro, vibration haptique
- Lancement visé : en parallèle d’Orion
- Prix estimé : entre 399 et 499 €
Des informations à relativiser
Plusieurs éléments apportent de la crédibilité à ces informations. L’architecture technique repose sur des bases logiques, cohérentes avec les avancées attendues d’ici à 2027. Le recours à Zen 6 et RDNA 5 est plausible, tout comme l’utilisation de la mémoire GDDR7, qui devrait être courante dans le secteur d’ici là. L’accent mis sur la rétrocompatibilité avec les jeux PS4 et PS5, déjà très présente sur la génération actuelle, s’inscrit dans une continuité stratégique compréhensible. De plus, la consommation réduite des deux appareils montre une volonté de maîtriser les coûts énergétiques et thermiques, ce qui cadre avec des expérimentations récentes sur un mode basse consommation de la PS5.
Le prix de 499 $ pour la console de salon paraît peu réaliste compte tenu des composants évoqués. Une machine trois fois plus puissante que la PS5, avec de la GDDR7 et un GPU RDNA 5 hautes fréquences, pourrait difficilement atteindre ce tarif sans compromis importants. De même, la console portable affiche des ambitions élevées pour une consommation limitée à 15 watts, ce qui poserait des contraintes sur la durée de jeu, le refroidissement ou la finesse des jeux exécutés localement. Enfin, bien que le nombre d’unités de calcul GPU soit inférieur à celui de la PS5 Pro (48 contre 60), cela peut s’expliquer par une architecture plus efficace. Reste que ces chiffres doivent être interprétés avec prudence tant que les fréquences finales, la finesse de gravure et les choix d’optimisation ne sont pas confirmés.
Ces fuites offrent un premier aperçu technique du projet PlayStation 6, avec une approche en deux formats qui pourrait répondre à des usages différenciés sans fragmenter l’écosystème. Sony semble vouloir proposer une continuité matérielle et logicielle avec la génération actuelle, tout en augmentant sensiblement les performances et en étendant l’accessibilité des jeux via une machine portable dédiée. Reste à savoir si l’équilibre entre ambitions techniques et viabilité économique sera atteint. À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée, mais les grandes lignes évoquées donnent une idée du cadre dans lequel Sony pourrait faire évoluer son offre d’ici à trois ans.











