Ce mois-ci Les Années Laser propose le test Blu-ray 4K du film Thunderbolts*. Ce nouvel opus, 36e du nom dans le MCU et qui vient clôturer la phase cinq, rencontre un vrai succès critique, aussi bien auprès de la presse que du public. Pourtant, ce long-métrage signé Jake Schreier a connu une histoire mouvementée avec une sortie en salle repoussée à de multiples reprises. Il finira par rencontrer son public en mai 2025, avec la réussite qu’on lui connait. Thunderbolts* est désormais proposé en coffret Steelbook dont voici la mise à l’épreuve.
EN RÉSUMÉ
À l’instar de l’excellente surprise estivale des 4 Fantastiques – Premiers pas, le trente-sixième film du proliférant et très inégale Marvel Cinematic Universe (MCU) Thunderbolts* a confirmé avec un certain éclat que les super héros étaient encore loin d’avoir dit leur dernier mot. Le pari était pourtant risqué : exhumer des seconds couteaux pour en faire des têtes d’affiche, confier la réalisation à Jake Schreier, cinéaste venu des séries Star Wars – Skeleton Crew et Acharnés, et bâtir une intrigue sur des anti-héros cabossés plus enclins à l’introspection qu’aux punchlines. Mais c’est précisément dans ce geste de rupture que se trouve la réussite du film, présenté comme l’ultime chapitre de la Phase 5 et déjà accueilli comme un retour en grâce inattendu de Marvel.
La genèse de Thunderbolts* remonte à 2022, lorsque Schreier et les scénaristes Eric Pearson et Joanna Calo décident de s’inspirer des comics de 1997 pour imaginer une équipe de super-justiciers en disgrâce. Le tournage, d’abord retardé par les grèves de 2023, se déroule à Atlanta, en Utah et jusqu’à Kuala Lumpur, avec une volonté d’ancrer le spectacle dans des décors tangibles. Le film fut présenté en avant-première mondiale à Londres en avril 2025 avant de sortir aux États-Unis début mai, sous le signe d’une campagne marketing mystérieuse : l’astérisque du titre renvoyait en réalité à une révélation finale… Qu’on ne révèlera pas.

Dès les premières minutes, la différence saute aux yeux : pas de multivers échevelé ni de caméos forcés, mais un groupe de laissés-pour-compte manipulés par Valentina Allegra de Fontaine (Julia Louis-Dreyfus, jubilatoire en chef cynique) qui apprennent à survivre ensemble face aux pièges de leur commanditaire. L’alchimie prend peu à peu, jusqu’à un final sombre où les traumatismes et la noirceur de ces héros brisés deviennent le moteur de l’action. Plus verbal, plus introspectif que la moyenne Marvel, le récit aborde de front santé mentale, solitude et besoin d’appartenance, renouant avec une gravité qu’on n’avait plus vue depuis Iron Man 3.
Mais s’il est un nom qui domine cette partition chorale, c’est bien celui de Sebastian Stan. Déjà Bucky Barnes depuis treize ans, il trouve ici sa plus belle incarnation du Soldat de l’hiver en leader désabusé. « J’ai toujours eu l’impression de faire partie de ce groupe de paumés qu’il fallait unir pour leur redonner un sens », confie l’acteur, comparant son personnage au Randle McMurphy de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Cette fois, il ne se contente pas d’être le bras armé du Captain America disparu : il devient la conscience politique et morale du film, avec une intensité qui confirme pourquoi il est, au sein du MCU, l’un des rares capables de porter un récit sur ses épaules.

Les scènes d’action, parfaitement lisibles et chorégraphiées, privilégient l’efficacité à la surenchère numérique, donnant au film une texture presque artisanale. De quoi rappeler que Marvel peut encore surprendre quand il choisit la sobriété. Thunderbolts* n’est ni une révolution ni un miracle, mais il offre ce que l’on n’attendait plus : un souffle neuf, une sincérité désarmante et des personnages vulnérables qui redonnent au MCU un peu de son âme perdue. Et s’il fallait une preuve que le genre super-héroïque a encore de beaux jours devant lui, elle se trouve sans doute là, dans ce film de quasi-losers devenus presque malgré eux les sauveurs du jour.
DU CÔTÉ DES BONUS
Un commentaire audio du réalisateur commun à l’UHD Blu-ray et au Blu-ray. Les modules promo complémentaires sur la cascade inaugurale réalisée par Florence Pugh en personne, la distribution, l’ambivalence du nouvel antagoniste, les deux courtes scènes coupées finalisées et le joyeux bêtisier sont quant à eux réservés au seul Blu-ray.
AVIS TECHNIQUE
Un master minéral de plus vierge de sous-titres incrustés, où le Dolby Vision de l’UHD Blu-ray traite mieux les éclairages, y compris dans l’obscurité sans en atténuer la qualité des contrastes. La VO Atmos hélas cantonnée au seul UHD (tandis que la VF se contente d’un 7.1 DD+ sur les deux supports) offre une sollicitation des canaux aériens ponctuelle mais opportune (vent dans les hauteurs de gratte-ciel, chutes de débris d’immeuble à New-York, expérience du « néant » où l’environnement se modifie) et une circulation autrement très classique mais efficace des effets à l’horizontale.

LE MOT DE LA FIN
Pour les amateurs parfois malmenés des franchises de super héros, voici la preuve que tout espoir n’est pas perdu.











