Test Blu-ray : Lilo & Stitch

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Pour ce mois d’octobre, Les Années Laser se penche sur le Blu-ray UHD 4K de Lilo & Stitch. Le succès inattendu du film a redonné espoir aux remakes live de Disney, prouvant qu’ils ne sont pas toujours voués à l’échec. Ce film, porté par la vision originale de Dean Fleischer Camp, mêle humour, tendresse et engagement dans une relecture audacieuse.


Concours. Son-Vidéo.com x Les Années Laser

En résumé

Quelques mois après la catastrophe artistique et commerciale de Blanche Neige, l’accueil globalement enthousiaste réservé à Lilo & Stitch a prouvé à la surprise générale que les remakes live de classiques animés Disney n’était pas forcément condamnés à la nullité. « J’ai toujours adoré ce film parce qu’il n’avait rien à voir avec les autres productions Disney« , explique son réalisateur Dean Fleischer Camp, qui se souvient de sa découverte adolescente comme d’un choc fondateur : « Ce n’était pas un royaume de conte de fées, il n’y avait pas de princesses. C’était moderne, engagé, une histoire de services sociaux et de solitude enfantine mêlée à une fantaisie extraterrestre. » Déjà célébré pour Marcel le coquillage (avec ses chaussures), le cinéaste a donc pris à bras-le-corps ce projet a priori risqué en l’abordant comme « une combinaison de blagues et de larmes« , cherchant à préserver l’âme fragile et poétique de l’original.

Extrait Lilo & Stitch (2025)
Le succès du film repose sur la relation fusionnelle et touchante entre les deux personnages principaux.

Un chantier long et semé d’embûches : rumeurs de casting controversé, incendie criminel survenu sur le tournage à Oahu, grèves qui interrompirent la production… Mais l’équipe a tenu bon, persuadée que ce récit ancré dans une petite communauté hawaïenne méritait mieux qu’un décalque paresseux. Le pari le plus risqué restait bien sûr la création de Stitch, ce petit monstre bleu dont la drôlerie et la mélancolie ne toléraient aucune approximation. La société fondée par George Lucas Industrial Light & Magic a ainsi mobilisé une véritable armée d’animateurs et d’artisans pour lui donner chair. « C’était terrifiant« , avoue le superviseur le superviseur des effets spéciaux Craig Hammack. « Stitch est partout, il a une base de fans immense et il devait convaincre autant dans ses folies destructrices que dans ses instants de pure tendresse. » Pour y parvenir, ILM a multiplié les expérimentations : maquettes animatroniques utilisées comme partenaires de jeu, textures inspirées du pelage de koalas et d’alpagas, yeux calqués sur ceux des phoques pour conserver cette opacité étrange mais expressive. « Chaque poil est multicolore, chaque reflet devait donner vie à cette créature« , poursuit Craig Hammack.

À l’écran, le résultat étonne par sa fluidité, Stitch apparaissant tantôt comme une peluche difforme, tantôt comme une véritable créature. De son côté, Dean Fleischer Camp a insisté pour que l’animation garde la souplesse et l’élasticité héritées du dessin traditionnel. « Je voulais préserver le ‘squash and stretch’, cette façon de plier et d’étirer les formes qui fait qu’en un clin d’œil, vous dites : aucun doute, c’est Stitch. » Ce soin maniaque portera ses fruits : la relation entre la petite Maia Kealoha, boule d’énergie choisie pour incarner Lilo, et son compagnon numérique réussit à sonner juste malgré l’artifice. Le film s’autorise aussi quelques infidélités à l’original, notamment en redéfinissant la trajectoire de Nani, la sœur aînée, moins prisonnière ici de ses responsabilités maternelles improvisées.

Stitch en live action
Le soin des effets spéciaux employés pour porter Stitch à l’écran renforce la qualité générale du long-métrage.

Certains y voient une réactualisation bienvenue, d’autres regrettent une dilution de l’amitié centrale entre la fillette et son ami. De fait, si l’émotion surgit dans les scènes de séparation et de réconciliation, elle paraît parfois précipitée, comme si la nouvelle docilité de l’extraterrestre s’imposait trop vite. Pourtant, impossible de nier la puissance visuelle d’un spectacle qui exploite avec gourmandise les paysages hawaïens, magnifie le surf et les lueurs de crépuscule et ose quelques séquences spectaculaires où Stitch passe de l’hilarité au tragique – cette plongée abyssale où il accepte de se sacrifier reste l’une des plus belles images produites par Disney depuis longtemps. Fort d’un peu plus d’un milliard de dollars au box-office, quatrième plus gros succès des remakes après Aladdin, La Belle et la Bête et Le Roi Lion, Lilo & Stitch rappelle qu’au milieu de la machine industrielle, un film peut encore respirer la sincérité d’un artisan qui, comme le dit Dean Fleischer Camp, voulait « raconter l’histoire d’un enfant solitaire et d’un alien en quête de famille, parce qu’au fond ils ne sont qu’une seule et même âme égarée« .

Du côté des bonus

Réservés au seul Blu-ray joint à l’UHD, ils proposent : chouette making-of qui rend un hommage appuyé au dessin animé d’origine et souligne la présence de Chris Sanders, co-réalisateur du film de 2002, pour assurer à nouveau le doublage de Stitch ; 6 séquences « commentées » par ce dernier ; 2 scènes coupées superflues ; zoom rythmé sur le travail d’adaptation ; court bêtisier sympathique.

Chris Sanders, le doubleur de Stitch en VO
Chris Sanders est le doubleur original de Stitch depuis la création de la créature en 2002. C’est le personnage qui a le plus marqué sa carrière.

Avis Technique

Ce transfert Dolby Vision propose des couleurs très soutenues (traînée verte dans le ciel à 21’50 au moment du crash du vaisseau sur Terre) et se montre ultra précise sur la fourrure bleue duveteuse de l’iconique créature extra-terrestre. Niveau son,  la VO Atmos réservée au seul UHD BD reste appréciable pour son élargissement musical.

Le mot de la fin

On espère très fort que le prochain « Disney live » témoignera au minimum des mêmes qualités.

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