Test Blu-ray : Superman (2025)

1
2064

En ce mois de novembre, Les Années Laser consacre sa Une à Superman, super-héros le plus mythique du cinéma dont la première adaptation sur grand écran remonte à 1951. En 2025, James Gunn relance la franchise qui marque le début de l’arc DC Universe. Pour incarner cette nouvelle ère, c’est David Corenswet qui succède à Henry Cavill et prête ses traits au légendaire Clark Kent.


Concours. Les Années Laser x Superman

En résumé

C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Superman, celui d’un James Gunn bien décidé à ressusciter la majesté pop du mythe sans le figer dans la nostalgie. Après les errements et la lente implosion de l’ancien univers cinématographique DC Comics pourtant inauguré en fanfare avec Man of Steel, le réalisateur des Gardiens de la galaxie prend la tête d’un concept à reconstruire, et commence par son pilier : un Superman à 225 millions de dollars, tourné entre la Norvège, la Géorgie et l’Ohio, qui retrouve la lumière, l’humour et l’espoir. « Je voulais un Superman fidèle à celui de mon enfance : une force du bien, protectrice et intègre« , dit-il. « Certains craignaient que ce côté sincère paraisse désuet, mais pour moi cette honnêteté est précieuse. »

Image du tournage de Superman avec le réalisateur James Gunn
James Gunn dirige David Corenswet, alias Superman, et Nicholas Hoult, qui incarne Lex Luthor, sur le tournage du film.

Dans son film, le héros ne vient pas sauver le monde mais lui rappeler pourquoi il mérite de l’être. Le scénario, qu’il a lui-même écrit, refuse toute « origin story » : Kal-El est déjà un adulte en activité, débordé entre ses reportages au Daily Planet et ses sauvetages planétaires. Lorsque son intervention dans un conflit entre la Boravie et le Jarhanpur tourne à la crise diplomatique, il découvre que la bienveillance n’est plus à la mode. « Mon Superman n’est pas indestructible. On le voit saigner. Je voulais qu’il soit plus humain, un peu plus proche de la Terre« , souligne le cinéaste. C’est ce fragile équilibre, celui d’un dieu parmi les hommes, que porte David Corenswet, acteur de 31 ans formé au théâtre comme Christopher Reeve avant lui. « Je ne cherche pas à lui ressembler », prévient-t-il. « Je me sens simplement reconnaissant d’incarner un personnage qu’il a rendu si lumineux. »

David Corenswet devient le nouveau visage de Superman dans ce long-métrage qui ouvre le chapitre du DC Universe.

Le film s’ouvre sur une défaite : Superman à terre, blessé, secouru par Krypto, son toutou super-puissant. « Il est inspiré de mon propre chien Ozu« , s’amuse James Gunn. « Je me suis dit : heureusement qu’il n’a pas de super pouvoirs ! » Derrière la plaisanterie, il y a tout l’esprit du film : une bienveillance ironique, un lyrisme décalé, une foi naïve dans la bonté. Face à lui, Nicholas Hoult campe un Lex Luthor glaçant, obsessionnel et d’une intelligence froide : « Je voulais un adversaire crédible, animé par la jalousie et la peur de perdre le contrôle du monde« , explique le metteur en scène. Autour d’eux, une… galaxie de héros hauts en couleur (Green Lantern, Hawkgirl, Mister Terrific, Metamorpho) compose un « Justice Gang » tonitruant, aussi bruyant qu’attendrissant, preuve que James Gunn n’a rien perdu de son goût pour les ensembles hétéroclites. La mise en scène, captée en IMAX, s’impose comme un manifeste d’énergie : grand angle étirant l’horizon, couleurs flamboyantes héritées du soleil rouge de Krypton, rythme trépidant servi par une musique qui réorchestre le thème de John Williams sans céder à la nostalgie. Les effets spéciaux, 1.766 plans numériques exactement, orchestrés par ILM, Framestore et Wētā FX, atteignent une précision éblouissante : créatures, démons, robots parlants, tout s’imbrique dans un ballet lumineux sans jamais noyer l’émotion.

Mister Terrific
À l’image de Mister Terrific, interpreté par Edi Gathegi, c’est une pléiade de super-héros qui défile à l’écran, gage d’un grand spectacle.

Mais le plus grand pari du film n’est pas technique. Il est moral. En montrant un Superman en proie au doute, blessé, éreinté par l’hostilité des hommes, il signe un geste politique autant qu’un divertissement. « Je pense que Superman est aujourd’hui le héros le plus rebelle, parce qu’il se bat pour des valeurs que beaucoup trouvent ringardes : la gentillesse, la compassion, la foi dans l’humanité« ,  estime James Gunn. Et David Corenswet de renchérir : « Il n’est pas humain, mais il veut désespérément faire partie de l’humanité. Ce qui le rend tragique, c’est sa solitude. » Sous la candeur et la pop colorée, le film touche à une mélancolie discrète : celle d’un être surpuissant cherchant sa place parmi les siens. Là réside la réussite du Superman 2025 : rendre émouvant ce qu’on croyait figé, réinjecter de la foi dans un genre saturé de sarcasmes. On y traverse un monde fracturé, où l’Amérique n’est plus qu’un décor symbolique d’une fable universelle : celle d’un exilé devenu gardien. En rendant hommage à Christopher Reeve à travers la présence de son fils Will, en rappelant que « la bonté n’est pas un défaut mais une force« , le film redonne au mythe son éclat premier : celui d’un idéal humain.

Extrait de Superman 2025
James Gunn a joué le contre-pied en décidant de montrer un Superman plus vulnérable qu’à l’accoutumée.

Du côté des bonus

Aussi bien sur l’UHD Blu-ray que sur le Blu-ray, on peut se régaler : d’un attendrissant making-of d’une heure dopé à l’humour, aux confidences et aux intentions artistiques éminemment positives; de modules additionnels sur l’immense décor du Daily Planet, Lex Luthor et son alliée Angela, la formation du Justice Gang, la création composite du chien Krypto, le méchant Ultraman, l’icône culturelle qu’est Superman, la reprise en mains de l’univers DC par James Gunn et la musique ; ainsi que d’un cartoon avec Krypto au trousses d’un pigeon.

Avis technique

En format IMAX 1.90 respecté sur les deux supports, il est clair que le Dolby Vision offre davantage de nuances et de détails sur les parois et les cristaux de la Forteresse de Solitude, les reflets sur les surfaces et le vues nocturnes de Metropolis, le tout au service d’un master supérieur à la définition chirurgicale. Pourvues chacune de Dolby Atmos (merci à l’éditeur), VF et VO dégoupillent des sursauts du caisson de basses qui impactent directement le sol et les murs, des effets circulaires qui accompagnent les affrontements, une superbe dynamique sur les scènes de vol et des interventions aussi perceptibles que justifiées des canaux aériens. Le tout en envoyant du lourd sans pour autant verser dans la surenchère.

Superman dans la Forteresse de Solitude
Le Dolby Vision offre davantage de détails et de nuance aux images très lumineuses, comme les plans tournés dans la Forteresse de Solitude et ses cristaux.

Le mot de la fin

Alors que qu’on le croyait définitivement cloué au sol, Superman reprend son envol pour approcher les sommets jadis atteints de l’insurpassable classique de 1978.

1 commentaire

Donnez votre avis !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.