Téléviseur OLED vs LCD : une étude sur la fiabilité détruit les idées reçues

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Pendant des années, le débat OLED contre LCD semblait tranché d’avance. L’OLED promettait une qualité d’image spectaculaire, mais faisait planer la menace du burn-in, tandis que le LCD passait pour une technologie plus rassurante, moins fragile sur le long terme. Une vaste étude de longévité menée par RTINGS vient bouleverser cette vision. Après près de 18 000 heures d’utilisation par téléviseur, l’équivalent de 10 ans d’usage domestique, le constat est surprenant…

Une étude de RTINGS révèle que les TV OLED résistent bien mieux que prévu au burn-in, même après 18 000 heures d’utilisation. Le duel OLED vs LCD pourrait être relancé.

Un test de longévité volontairement extrême

L’étude a été menée par RTINGS, un média spécialisé dans les tests produits, connu pour ses protocoles standardisés et ses mesures comparatives sur les téléviseurs. Leur objectif était de répondre à une question simple mais rarement traitée sérieusement par les tests classiques, trop courts pour ça : combien de temps peut-on raisonnablement attendre qu’un téléviseur tienne avant de montrer des signes de faiblesse ou de tomber en panne ? Pour y parvenir, ils ont mis en place un test de longévité à grande échelle, sur plus de 100 TV issues de technologies et gammes différentes (LCD et OLED, plusieurs types de rétroéclairage, plusieurs marques), afin d’observer des tendances plutôt que de se limiter à un cas isolé.

Le protocole a été volontairement extrême pour accélérer l’apparition des défauts. Les téléviseurs ont tourné pendant environ 18 000 heures, ce qui correspond à plusieurs années d’utilisation continue et se rapproche, en équivalent, d’une dizaine d’années d’usage domestique selon les rythmes de visionnage. RTINGS a fait fonctionner les TV jusqu’à 20 heures par jour, avec des cycles d’allumage et d’extinction réguliers et des contenus conçus pour mettre les dalles à l’épreuve, notamment sur la rétention d’image. Point important : un seul exemplaire par modèle a été testé, ce qui limite la portée statistique par marque ou par référence, mais permet de faire ressortir des mécanismes de panne récurrents liés aux technologies utilisées.

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LCD : pas si fiables que ça ?

Les résultats sur les téléviseurs LCD sont sans doute les plus surprenants du test. Contrairement à l’image de technologie robuste qui leur colle à la peau, ce sont eux qui ont connu le plus grand nombre de pannes matérielles franches. Une part importante des modèles testés a subi des défaillances du rétroéclairage, allant de simples pertes d’uniformité à des écrans devenus totalement inutilisables. Les téléviseurs équipés de rétroéclairage edge-lit ou direct-lit sans local dimming sont particulièrement touchés, avec près de 60 % d’entre eux présentant une panne partielle ou totale au cours des 18 000 heures de fonctionnement.

Le problème ne vient pas de la dalle LCD elle-même, mais de tout ce qui se trouve derrière. La chaleur générée par le rétroéclairage LED dégrade progressivement les composants internes : réflecteurs plastiques qui se déforment, couches optiques qui se décollent, LED qui cessent de fonctionner. Or, ces LED sont souvent câblées en série ou par groupes, ce qui signifie qu’une seule défaillance peut entraîner l’extinction d’une zone entière, voire du téléviseur complet. Même les modèles full array et Mini-LED, pourtant mieux armés sur le papier, ne sont pas épargnés, avec environ un quart d’entre eux touchés par des problèmes de LED sur la durée, preuve que la complexité accrue multiplie aussi les points de panne potentiels.

📒 Note de l’expert
Le rétroéclairage edge-lit place des LED sur les bords de l’écran, tandis que le direct-lit les répartit derrière toute la dalle. Ces deux technologies offrent un éclairage global, mais sans local dimming, elles ne peuvent pas ajuster la luminosité par zones. Résultat : les noirs sont moins profonds, le contraste est limité et les fuites de lumière peuvent être visibles, surtout dans les scènes sombres. Cela entraîne aussi une fiabilité moindre puisque les LED, sollicitées de manière uniforme et continue, sont plus exposées à des défaillances prématurées, ce qui augmente les risques de panne sur le long terme.

OLED : une usure progressive plutôt qu’une défaillance brutale

Du côté des dalles OLED, les résultats sont plus nuancés mais globalement positifs en matière de fiabilité. Le test confirme une réalité bien connue : l’OLED est une technologie organique, donc sujette à l’usure. En 18 000 heures, certains sous-pixels, en particulier les rouges, perdent plus rapidement en efficacité, ce qui peut entraîner une légère dérive des couleurs ou une baisse de luminosité globale. Dans le protocole mis en place par RTINGS, volontairement conçu pour pousser les écrans dans leurs retranchements, tous les téléviseurs OLED ont fini par présenter du marquage à des degrés variables.

La différence majeure avec le LCD tient toutefois à la nature de cette dégradation. Sur les OLED testés, l’usure est progressive et rarement synonyme de panne matérielle brutale. Les mécanismes de protection intégrés par les fabricants, comme le décalage des pixels et les cycles de compensation en veille, jouent un rôle clé pour répartir l’usure et éviter des défauts localisés trop rapides. Résultat, malgré le marquage observé dans ces conditions extrêmes, peu d’OLED sont devenus réellement inutilisables pendant le test, et ils ont globalement affiché moins de défaillances critiques que les téléviseurs LCD sur la durée.

Les TV plus chères ne sont pas les plus endurantes

L’un des enseignements les plus marquants de cette étude est l’absence de lien clair entre le prix d’un téléviseur et sa longévité. Contrairement à une idée répandue, payer plus cher ne garantit ni une meilleure fiabilité, ni une durée de vie supérieure. Dans le test, certains modèles d’entrée ou de milieu de gamme ont traversé l’intégralité des 18 000 heures sans rencontrer de problème majeur, tandis que des téléviseurs bien plus coûteux ont subi des pannes relativement tôt, parfois après seulement quelques milliers d’heures d’utilisation intensive.

Ce constat s’explique en grande partie par la complexité des technologies embarquées. Les modèles haut de gamme intègrent souvent des systèmes plus sophistiqués, rétroéclairage Mini-LED, électronique plus dense, traitements avancés, qui améliorent l’image mais multiplient aussi les points de défaillance potentiels. À l’inverse, certains téléviseurs plus simples, moins ambitieux sur le plan technique, disposent d’architectures plus basiques qui peuvent paradoxalement mieux encaisser le temps. Le prix reflète donc avant tout les performances et les fonctionnalités, pas nécessairement la capacité d’un téléviseur à durer plus longtemps.

Réparer un téléviseur : le parcours du combattant

Réparer un téléviseur moderne est souvent plus coûteux que le remplacer, à cause de conceptions peu accessibles et de réparations complexes. La réparabilité est un défi croissant pour les modèles actuels.
La réparation des téléviseurs modernes est souvent trop complexe ou coûteuse pour être rentable. L’indice de durabilité aide à identifier les modèles les plus faciles à entretenir.

L’étude met aussi en lumière un point souvent négligé : la difficulté, voire l’absurdité économique, de réparer un téléviseur moderne. Dans la majorité des cas, les pannes observées surviennent en dehors de la période de garantie, à un moment où le coût de la réparation dépasse largement l’intérêt financier de l’opération. Le remplacement d’un rétroéclairage LED, par exemple, implique un démontage quasi intégral de l’appareil, avec un risque élevé d’endommager la dalle, qui représente à elle seule une grande partie du prix du téléviseur.

Cette situation est aggravée par des choix de conception peu favorables à la réparabilité. De nombreux modèles d’entrée de gamme utilisent des fixations par adhésif ou mousse double face pour maintenir la dalle, rendant l’accès aux composants internes extrêmement délicat. Même sur les téléviseurs plus chers, conçus avec des vis ou des clips, les interventions restent complexes et peu accessibles au grand public. En pratique, réparer un téléviseur est rarement une option viable, ce qui explique pourquoi la majorité des appareils défaillants finissent remplacés plutôt que remis en état.

📒 Note de l’expert
Il existe un indicateur officiel, l’indice de durabilité, qui permet d’identifier les téléviseurs les plus faciles à réparer. Il s’agit d’une note sur 10 : plus elle est élevée, plus la maintenance et les réparations sont simplifiées, grâce à une meilleure accessibilité des composants, une disponibilité des pièces détachées et une conception plus favorable au démontage.

L’OLED est toujours le roi dans le monde réel

Le protocole mis en place par RTINGS est volontairement extrême et ne reflète pas un usage domestique classique. Faire fonctionner un téléviseur jusqu’à 20 heures par jour, avec des contenus statiques et des cycles répétés, vise à accélérer l’apparition des défauts, pas à simuler le quotidien d’un salon. De plus, un seul exemplaire par modèle a été testé, ce qui empêche toute généralisation absolue par marque ou par référence. Dans la réalité, la majorité des téléviseurs, toutes technologies confondues, restent fiables pendant de nombreuses années sans rencontrer de problème majeur.

Cela dit, cette étude met en lumière une tendance claire : la peur du burn-in sur l’OLED est largement surestimée pour un usage normal. Oui, l’OLED s’use et peut marquer dans des conditions extrêmes, mais cette usure est progressive et rarement synonyme de panne brutale. À l’inverse, les téléviseurs LCD se sont révélés statistiquement plus fragiles sur le plan matériel, avec des défaillances soudaines liées au rétroéclairage. En pratique, pour un usage salon classique, il est donc plus probable qu’un LCD tombe en panne avant qu’un OLED ne devienne réellement inutilisable à cause du marquage.

L’étude RTINGS révèle que les risques de burn-in OLED sont exagérés en usage normal, tandis que les LCD présentent plus de pannes matérielles soudaines. Un résultat inattendu en faveur de l’OLED pour le salon.
L’OLED reste la technologie la plus fiable pour un usage domestique classique, malgré des tests extrêmes. Les craintes de burn-in sont largement surestimées comparé aux pannes plus fréquentes des LCD.

Au terme de ce test de longévité, la question n’est donc pas de déterminer quelle technologie est la plus fiable dans l’absolu, mais laquelle correspond le mieux à l’usage prévu. Pour un usage salon classique, films, séries, sport et jeux vidéo, l’OLED apparaît comme un choix particulièrement cohérent, avec une qualité d’image supérieure, une usure progressive et un risque de burn-in faible dans des conditions normales. Le LCD conserve en revanche sa pertinence pour des usages très statiques, chaînes d’information en continu, affichage professionnel ou moniteur PC utilisé de longues heures sur les mêmes éléments, non pas parce qu’il serait plus robuste mécaniquement, mais parce qu’il ne marque pas l’image. Cette étude rappelle surtout qu’il n’existe pas de technologie universelle et que le bon choix dépend avant tout de la manière dont le téléviseur sera utilisé au quotidien.

4 commentaires

  1. Toshiba lcd a tubes , tourne depuis 15 ans sans dégradations ni pannes !!!🤞
    LG lcd local diming tourne depuis 14 ans sans dégradation ni panne !!! 🤞
    Comme quoi ….

    • Bonsoir Niel59 , ce que vous dites sur votre tv Toshiba sans panne depuis 15 ans !!?? Mais il faut comparer votre tv avec un tv OLED d aujourd’hui, je suppose que l image du LCD à tubes avec un écran cathodique n’ a rien à VOIR avec celui d’ une dalle OLED RG TANDEM ( technologie récente de LG display)comme celle équipant mon tv Panasonic actuel Z95F. Cordialement et bonne année 2026.

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