Dolby Vision : ce que les plateformes ne vous disent pas (et pourquoi le Blu-ray reste imbattable)

0
117

Le Dolby Vision est devenu un argument phare pour les plateformes de streaming. Netflix, Disney+, Prime Video ou Apple TV+ l’affichent fièrement : la meilleure qualité HDR serait désormais accessible en un simple clic. Pourtant, derrière cette promesse séduisante se cache une réalité beaucoup moins simpliste.

Le Dolby Vision n’est pas un format unique. Ses différentes déclinaisons varient sensiblement selon le mode de diffusion : streaming, disque Blu-ray UHD, diffusion broadcast, etc. Ainsi, malgré les progrès du streaming, le Blu-ray UHD reste aujourd’hui la meilleure source pour profiter du Dolby Vision dans sa version la plus aboutie. On vous explique pourquoi.

Le Dolby Vision n’a pas qu’un seul visage

Contrairement au HDR10, basé sur une structure standardisée, le Dolby Vision se décline en plusieurs « profils », chacun adapté à un mode de diffusion spécifique : streaming, Blu-ray UHD, diffusion broadcast, fichiers remux, etc.

Les plateformes de streaming s’appuient généralement sur des profils dits « single layer », dans lesquels un seul flux vidéo contient à la fois l’image et les métadonnées Dolby Vision. C’est le cas des profils 5 et 8.x, très répandus sur Netflix, Disney+ et les autres services de streaming.

Sur le papier, ces profils restent efficaces : ils permettent une reproduction HDR dynamique, avec une luminosité et un contraste convaincants. Mais ils ne reflètent qu’une version simplifiée du Dolby Vision.

À l’inverse, les disques Blu-ray UHD utilisent le profil 7, bien plus complet. Celui-ci existe en version MEL (Minimum Enhancement Layer), assez proche de ce que l’on retrouve en streaming, ou en version FEL (Full Enhancement Layer), bien plus exigeante techniquement.

C’est précisément là que se joue la vraie différence de qualité entre streaming et Blu-ray.

MEL, FEL : ce qui différencie vraiment le streaming du Blu-ray UHD

Le Dolby Vision MEL ajoute une légère amélioration destinée à optimiser certaines nuances de luminosité et de couleur. Une évolution appréciable, mais assez limitée dans ses effets.

Le Dolby Vision FEL, en revanche, ajoute une seconde couche vidéo complète qui enrichit la base HDR10 avec des informations précieuses pour les scènes sombres, les dégradés subtils, les textures fines ou encore le rendu du grain cinéma.

Cette couche additionnelle peut représenter plusieurs mégabits par seconde de données vidéo, qu’aucun service de streaming ne peut transmettre. Elle permet notamment une gestion beaucoup plus fine des ombres, ainsi qu’une stabilité d’image nettement supérieure.

Considéré comme la forme la plus aboutie du format, le Dolby Vision FEL n’est disponible que sur les disques Blu-ray UHD. Les plateformes ne proposent pas ce niveau de qualité, et les fichiers MKV ou MP4 ne permettent pas non plus d’en tirer pleinement parti.

Les limites du streaming face à la réalité du débit

Indépendamment des profils Dolby Vision, une autre contrainte majeure affecte la qualité du streaming : le débit. Les plateformes doivent diffuser leurs contenus à grande échelle et composer avec des connexions très variables selon les utilisateurs. Résultat : le flux vidéo est fortement compressé pour s’adapter à la bande passante disponible, ce qui impacte directement la qualité d’image.

En pratique, un film en Dolby Vision sur Netflix ou Disney+ oscille entre 12 et 20 Mb/s, rarement au-delà de 25 Mb/s.

À l’inverse, un Blu-ray UHD propose des débits compris entre 50 et 80 Mb/s, avec des pointes pouvant atteindre jusqu’à 128 Mb/s.

L’écart est considérable. Plus la compression est forte, plus elle dégrade :

  • les détails fins, notamment dans les textures et les visages
  • les transitions progressives dans les dégradés (ciels, brumes, fumées, ombres)
  • le rendu naturel du grain cinéma
  • la stabilité des scènes sombres
  • la netteté dans les mouvements rapides

C’est pourquoi des films comme Dune, The Batman, 1917 ou Blade Runner 2049 offrent une expérience visuelle bien supérieure sur Blu-ray UHD que via leur diffusion en Dolby Vision sur les plateformes.

Pourquoi le Blu-ray UHD reste la référence pour les cinéphiles exigeants

Lorsqu’on met tous les éléments en perspective, l’avantage du disque physique devient évident. Il offre :

  • un Dolby Vision plus complet, grâce au Profile 7, et notamment au FEL
  • un débit bien plus élevé, garant d’une image stable et riche
  • une compression plus douce, qui respecte mieux les intentions du réalisateur
  • une qualité audio largement supérieure, avec du Dolby Atmos en lossless
  • une expérience visuelle et sonore plus fidèle au master studio

Le streaming reste extrêmement pratique, mais ses limites techniques sont bien réelles. Le Blu-ray UHD demeure aujourd’hui la solution la plus fiable pour les amateurs de home cinéma soucieux de préserver la qualité d’origine d’un film.

Pour aller plus loin, découvrez notre guide complet :

Donnez votre avis !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.