Test : Antelope Audio Zodiac Platinum DSD

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Retour de nos compte-rendus d’écoute cette semaine, avec une électronique d’exception, signée par le fabricant américain Antelope Audio, dont l’emblème est, vous l’aurez deviné, une antilope bondissante. La précision peut paraître futile, mais c’est qu’il y a de quoi bondir à l’écoute du DAC audio Antelope Audio Zodiac Platinum DSD. Platinum, DSD, oui, c’est bien de haut de gamme qu’il s’agit aujourd’hui, avec un DAC USB et S/PDIF, doublé d’un préampli HiFi et ampli casque tout à fait exceptionnel.

Pour celles et ceux qui ignoreraient tout des DAC audio, ces appareils servent à convertir les signaux numériques en sons audibles. Tous ne sont évidemment pas égaux et de très nombreux paramètres différencient un DAC lambda auto-alimenté par le port USB d’un ordinateur, de cet Antilope Zodiac Platinum DSD dont le prix flirte avec les 5000 ?.

L’une des questions à venir rapidement à l’esprit est de savoir si ce DAC est un modèle haut de gamme parce que vendu très cher ou bien le contraire. Vous n’attendrez pas longtemps pour le savoir. Mais faisons tout d’abord les présentations : le DAC Zodiac Platinum DSD est compatible avec les flux audio USB, S/PDIF ou AES/EBU PCM jusqu’à 24 bits / 384 kHz et DSD 64/128, équipé d’une horloge de compétition pour la synchronisation avec ordinateurs et sources numériques, d’une architecture Quad avec 2 doubles puces Burr Brown, d’un mode optionnel de suréchantillonnage 64 bits PCM/DSD, et d’une alimentation audiophile externe. Il est doté d’entrées et sorties analogiques asymétriques et symétriques, afin de jouer le rôle de préamplicateur hi-fi. Ses entrées et sorties numériques permettent de l’utiliser avec plusieurs sources audio, tout en bénéficiant d’un pass-through (soit la possibilité de connecter la source audio à un autre appareil équipé d’une entrée). Un connecteur pour horloge de contrôle propriétaire est présent. Toutefois, celle embarquée travaille déjà sur 64 bits.

Pour qui écoute habituellement des DAC, auto-alimentés ou dotés d’une alimentation à découpage bas de gamme, la présence de cette alimentation Antelope Voltikus 2 – c’est son nom – a de quoi intriguer. Pour faire simple, outre les algorithmes mis en oeuvre et fruits de longs et coûteux développements, ce qui fait avant toute chose un DAC, c’est bel et bien son alimentation. Sans carburant de qualité, point de performances.

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L’alimentation Antelope Voltikus, source inépuisable d’un courant de très haute qualité

Contenu de l’emballage

Trève de bavardages. Nous avons ouvert avec beaucoup de délicatesse l’imposante boîte de l’Antelope Zodiac. S’y trouvaient le DAC, l’alimentation et une connectique comprenant le câble de liaison DAC-alim, un câble d’alimentation, un câble USB A-B et un câble S/PDIF Toslink. La qualité de finition est irréprochable, avec des façades et flancs en aluminium brossé gris et noir. La face avant de l’alimentation Voltikus est flanquée de 4 arcs de cercles emboutis dans une épaisse plaque d’aluminium, tandis que celle du DAC abrite un potentiomètre et des boutons chromés. Le poids de l’ensemble dépasse les 8 kg… et on se dit qu’on va écouter de la bonne musique. Oui, plus cela pèse, plus cela sonne bien… en général.

La télécommande IR en aluminium du DAC Antelope Platinum DSD, par ailleurs contrôlable via un panneau de configuration pour Windows, MacOS ou Linux
La télécommande IR en aluminium du DAC Antelope Platinum DSD, par ailleurs contrôlable via un panneau de configuration pour Windows, MacOS ou Linux

Configuration d’écoute

Nous avons renoncé à écouter le DAC Antelope Audio Zodiac Platinum DSD sur nos enceintes de test du moment – faute de repères suffisamment fiables – l’appareil étant infiniment trop pointu pour que nous risquions de mal l’apprécier. C’est donc avec un casque HiFiMAN HE-560, que nous avons testé ce DAC. Nous avons utilisé le câble USB fourni avec l’appareil, connecté à un PC fonctionnant sous Windows 7, avec le pilote ASIO téléchargé depuis le site d’Antelope (version MacOS et Linux disponibles). Notre application de lecture était Foobar2000, avec module d’entrée SACD et module de sortie ASIO DSD. Nous avons écouté ce DAC environ 7 h par jour pendant 2 semaines, à partir de multiples sources : fichiers FLAC de qualité CD, fichiers FLAC de qualité studio (de 48 kHz à 192 kHz), images ISO de SACD (DSD 2,8 MHz) et même depuis Deezer.

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Premières impressions d’écoute

Cela saute aux oreilles, la bande passante restituée est très large, sans faiblesse aux extrémités du spectre audio, avec une répartition de l’énergie parfaitement homogène. L’écoute est d’une douceur de tous les instants, avec cependant des écarts de dynamique spectaculaires, riches de micro-informations. Les notes semblent durer plus longtemps, ce qui n’est évidemment pas le cas, mais l’extinction est progressive comme avec les électroniques d’exception, tant et si bien qu’on capte sans mal les respirations des artistes, ou bien qu’on suit le jeu délicat de cordes sèches au milieu d’un torrent de guitares électriques. Le DAC Antelope Audio Zodiac Platinum démêle miraculeusement l’enchevêtrement de plans sonores de chaque musique écoutée, ne soustrait rien, ne colore pas. La partition délivrée est toujours parfaitement équilibrée, les voix humaines incarnées quel que soit l’interprète. Absolument tous les styles de musiques passent à merveille et on se laisse tenter par des genres et des styles que l’on n’affectionne pas nécessairement.

Nous avons remplacé le câble USB livré par un modèle Audioquest Coffee USB, qui a apporté un supplément d’aération.

 

Sous Windows, on prendra soin d'utiliser Foobar2000 avec le module d'entrée SACD et le module de sortie Foobar DSD
Sous Windows, on prendra soin d’utiliser Foobar2000 avec le module d’entrée SACD et le module de sortie Foobar DSD

Where I Want to Be (California), Lilly Wood & the Prick (FLAC 16/44)
Restitution bien assise avec un pied de batterie très lourd, la voix de l’artiste n’est jamais entachée, toujours fluide malgré une balance d’écoute du morceau peu portée sur le haut du spectre. Sur Prayer in C, tube de l’été dans sa version remixée, la batterie électronique n’étouffe plus l’ensemble qui trouve une cohésion qu’on ne lui connaissait pas. On perçoit sans mal la réverbe de la voix féminine et les cordes jouent avec vitalité. On écoute de la musique et on se dit bêtement que c’est beau et que cela devrait toujours être ainsi.

Game of Thrones (Main Title), Ramin Djawadi (FLAC 16/44)
Un morceau intéressant avec une balance d’écoute très naturelle. Beaucoup d’informations dans le registre grave que l’on n’avait encore jamais entendues. Le roulement des tambours et les toms sont assez exquis. Les cordes vibrent de façon inhabituelle. Une redécouverte.

Depeche Mode, A Question of time (FLAC 24/44)
Première écoute en haute définition. Une claque. Vous pensiez le morceau mal mixé, tout du moins un peu maigre dans le grave ? Que nenni, absolument aucune dureté à l’écoute, c’est tout simplement fabuleux de légèreté et de cohérence.

Grâce à ses entrées et sorties analogiques symétriques ou asymétriques, ainsi que sa connectique numérique complète, l'Antelope Zodiac Platinum DSD peut être utilisé comme préampl fi-fi ou ampli casque.
Grâce à ses entrées et sorties analogiques symétriques ou asymétriques, ainsi que sa connectique numérique complète, l’Antelope Zodiac Platinum DSD peut être utilisé comme préampi hi-fi ou ampli casque.

Knights of Cydonia/Starlight/Map of the Problematique, Muse (FLAC 16/44)
Les qualités naturelles du Zodiac Platinum DSD font merveille et apportent un équilibre spectral qui nous semble idéal, la sensation de plénitude à l’écoute est totale, sans toujours la moindre fatigue auditive. Ce morceau qui semble parfois confus tant il est riche et enregistré avec une faible marge dynamique et un loudness appuyé, donne le frisson.
L’intro de Starlight laisse découvrir une percussion passée auparavant inaperçue. Les différentes guitares jouent avec panache mais sous contrôle, les crescendos sont « gravis » avec aisance et sérénité. Avec Map of the Problematique, encore plus complexe, le Zodiac est à son affaire, jamais en difficulté malgré la charge permanente de la batterie, les guitares toutes bien placées.

Let’s groove/Boogie Wonderland, Earth, Wind & Fire (FLAC 16/44)
Quelle patate ! L’ampleur est incroyable, la voix robotique lors de l’intro est d’une rare intensité. Le DAC déploie une énergie de tous les instants, transporte l’auditeur, le surprend sur ce morceau qu’il connait par c?ur, avec des micro-informations nouvelles, fait chanter les ch?urs avec plus de passion encore. La batterie est un régal, plongeante dans l’infra-grave, tout comme le synthé. Avec Boogie Wonderland, le rythme vous prend littéralement, au point de vous en faire battre le rythme frénétiquement, d’accompagner les « dance » chantés par les choristes de hochements de tête. Et vous remettez en cours de lecture 3 dB de plus pour vous y croire plus encore.

Le panneau de configuration du DAC permet de gérer facilement le niveau des entrées et sorties, ainsi que d'activer le suréchantillonnage
Le panneau de configuration du DAC permet de gérer facilement le niveau des entrées et sorties, ainsi que d’activer le suréchantillonnage

Isaac Hayes, Walk on By (ISO SACD, DSD 2,8 MHz)
Une aération de tous les instants, des instruments positionnés en hauteur, en profondeur, une réverbe magique, un rythme lancinant, on ne peut qu’être sous le charme. L’envolée finale est sous contrôle, orgue, basse et guitare trouvant leur espace sans difficulté.

Naughty Girl, Beyoncé, (ISO SACD, DSD 2,8 MHz)
Vaut le coup d’oreille pour les coups de boutoir de la batterie électronique – avec harmoniques très très basses – restitués avec une pression impressionnante. Ça descend vraiment très bas, tant et si bien qu’on en prend presque peur pour les diaphragmes de notre casque. Mais la maîtrise est totale. Chapeau.

Video Killed the Radio Star, Buggles, (ISO SACD, DSD 2,8 MHz)
Spatialisation irréprochable, niveau de détail à s’en décrocher la mâchoire. Évidemment, ce n’est pas de la « grande musique », mais diable que c’est excitant et infiniment plus riche qu’on l’avait imaginé jusqu’ici. DSD definitely killed the PCM star, si l’on ose dire…

New Kid in Town, Eagles (ISO SACD, DSD 2,8 MHz)
Un son très analogique, qui rappelle la chaleur du vinyle. Le transfert SACD est superbe, très supérieur à la version CD PCM. Irréprochable.

A Dark Knight, Hans Zimmer (ISO CD, DTS 5.1)
L’alim Voltikus ne se démonte jamais et offre à ce morceau d’anthologie une exploration du registre grave spectaculaire. Les écarts dynamiques sont sidérants. Idem sur Why So Serious ou Like A Dog Chasing Cars, qui donne l’impression de filer à 200 à l’heure tête au vent. Enfin, c’est tout à fait grisant et seule une électronique de prestige peut offrir cela à une paire d’oreilles.

Conclusion

Les réglages d’impédance en sortie casque et d’atténuation de gain nous ont permis de trouver rapidement un équilibre dynamique à notre goût (écoute à – 33 dB environ) avec la plupart des musiques écoutées.

À écouter le Zodiac, on se dit que la plupart des DAC ne sont capables que d’amalgamer les plans sonores et non les lier. Pour y parvenir, le Zodiac Platinum DSD extrait des micro-détails : une respiration, une touche de réverbe, une résonance de corde.

Il faut écouter les variétés les plus insignifiantes pour se rendre compte de sa versatilité. Sardou, Dassin, Hallyday, nous avons bu dans des tasses qui ne sont pas habituellement les nôtres… avec un réel plaisir. Et on vous parle d’une écoute depuis Deezer. Donnez au Zodiac Platinum DSD des sources de qualité et c’est le Pérou.

Nous avons préféré l’écoute en mode NoS (Non Oversampling), soit sans suréchantillonnage, moins « sucrée » dans le haut du spectre. Jamais le format DSD ne nous avait autant impressionné par son naturel.

Le DAC audio Antelope Audio Zodiac Platinum DSD est un convertisseur de très haute volée, qui apportera à tout amplificateur – quel que soit son niveau de gamme – une superbe musicalité. Un gros investissement certes, mais des années de bonheur auditif en perspective.

 

 

 

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