Sony étoffe sa gamme de vidéoprojecteurs laser 4K avec les Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9. Châssis, optique et matrice SXRD UHD 4K native sont hérités du Sony VPL-XW7000 qui cède la place à ces deux références. Un nouveau traitement vidéo de pointe fait son apparition : le XR Processor for Projector. Il promet une meilleure gestion du HDR avec davantage de nuances et de contraste, des couleurs plus intenses et un niveau de détails accru.
Attendus pour novembre aux tarifs de 15 999 € et 25 999 €, ces deux projecteurs Sony 4K natifs dernière génération matérialisent la volonté du fabricant de s’imposer dans l’univers des projecteurs laser d’exception. Nous les avons testés en avant-première française !

Packaging & accessoires
Les Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9 s’accompagnent chacun d’un câble d’alimentation, d’une télécommande infrarouge à touches rétro-éclairées et de deux piles AA. Le fabricant y ajoute un cache amovible pour protéger leur objectif.

Présentation
L’annonce des Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9 est l’occasion pour le fabricant nippon de réorganiser son offre de vidéoprojecteurs laser UHD 4K. S’il conserve le Sony VPL-XW5000, le plus abordable de la gamme, ainsi que le Sony VPL-GTZ380ES, qui en constitue le vaisseau amiral, le Sony VPL-XW7000 tire sa révérence, au profit des deux nouveaux venus. Ces derniers en reprennent les principaux attributs comme le châssis, le bloc optique motorisé et la triple matrice SXRD UHD 4K native.
Ils s’enrichissent toutefois d’un nouveau traitement vidéo, assuré par le processeur XR qui équipe les TV Sony haut de gamme depuis plusieurs années, adapté aux spécificités de la vidéoprojection.
Sony s’inspire également de ses nouvelles gammes TV Sony 2024 pour simplifier la nomenclature de ses projecteurs dernière génération, avec pour point commun l’appellation Bravia, reprise également pour les systèmes home-cinéma Sony (Bravia Theater).

Processeur XR adapté à la vidéoprojection
Sony s’appuie sur plus de soixante années d’expérience et d’innovation dans le domaine des téléviseurs pour faire basculer ses vidéoprojecteurs dans une nouvelle ère. Après avoir doté sa précédente génération de projecteurs laser 4K du processeur vidéo Sony X1 Ultimate développé initialement pour ses TV Premium, il récidive avec sa plus récente génération de processeur vidéo : le XR.

Dopé à l’intelligence artificielle, celui-ci apporte son lot de nouvelles technologies afin d’améliorer la qualité de l’image projetée. XR Dynamic Tone Mapping et XR Deep Black pour améliorer la plage dynamique et le contraste, et XR Clear Image pour garantir une parfaite netteté. Comme sur les téléviseurs Sony, il assure aussi l’upscaling des images de définition standard et HD vers l’Ultra HD 4K et en minimise le bruit vidéo.
Amélioration du Tone Mapping
Lors de la projection, le procédé XR Dynamic Tone Mapping analyse la luminosité maximale image par image pour en ajuster l’affichage en temps réel. Il préserve ainsi au maximum la gradation des couleurs dans les scènes lumineuses (les hautes lumières ne sont pas brûlées), et améliore la lisibilité et les nuances dans les scènes sombres (les noirs ne sont pas bouchés). L’utilisateur a même le choix entre trois niveaux de HDR Tone Mapping, permettant d’adapter le rendu de l’image selon les conditions de projection.
En combinaison avec le XR Dynamic Tone Mapping, la technologie XR Deep Black ajuste très finement la puissance du laser dans les scènes sombres. Le fabricant parvient désormais à moduler plus fortement l’intensité lumineuse de la lampe, pour descendre à un minimum de 30 % de sa luminosité maximale si nécessaire, notamment sur les scènes nocturnes ou en semi-obscurité. Cela permet d’obtenir une meilleure profondeur des noirs par rapport au Sony VPL-XW7000, d’offrir davantage de nuances et de préserver la justesse des couleurs dans les parties sombres de l’image.

Optimisation de la profondeur et de la netteté
Capable de cartographier les différents plans de l’image pour en optimiser la profondeur de champ, le processeur XR reconnaît également le point de convergence de l’image pour en améliorer la perception. Le sujet filmé par la caméra demeure parfaitement net et précisément reproduit, jusque dans les moindres détails.
Quant au procédé XR Clear Image, il analyse chaque image pour identifier les objets et éléments qui la composent afin d’en optimiser les textures et les détails.
Le traitement vidéo assuré par le processeur XR parvient ainsi à extraire et à afficher les moindres détails et subtilités des images UHD 4K HDR projetées qui atteignent un degré de réalisme extrême.
Couleurs réalistes
Les Sony Bravia Projector 8 et 9 couvrent 95 % du gamut DCI-P3, le standard utilisé dans l’industrie du cinéma, sans avoir recours à aucun filtre, donc sans perte de luminosité. Ils profitent par ailleurs de la technologie XR Triluminos Pro qui a fait ses preuves sur les TV haut de gamme du fabricant pour offrir des couleurs ultra-réalistes.
L’image projetée conserve ainsi un potentiel lumineux élevé ainsi qu’un contraste intense, tout en offrant des teintes à la fois riches et subtilement nuancées. Même dans les parties sombres ou très lumineuses de l’image, ces projecteurs parviennent à offrir des couleurs naturelles.
Matrices SXRD Ultra HD natives, laser haute luminosité
Les projecteurs Sony Bravia adoptent chacun un trio de puces SXRD en définition UHD native, soit 3840 x 2160 pixels. Conçues pour supporter la luminosité intense de la lampe laser qui leur est associée, elles sont par ailleurs optimisées pour en assurer un meilleur contrôle. Les contenus HDR bénéficient ainsi d’un excellent contraste et de couleurs vives et naturelles, qu’il s’agisse des films et séries sur support Blu-ray UHD 4K ou des contenus proposés par les services de streaming.
Le laser du Sony Bravia Projector 8 lui assure un pic de luminosité mesuré à 2700 lumens ANSi, tandis que le Sony Bravia Projector 9 atteint une luminosité maximale de 3400 lumens. De quoi projeter une grande image très lumineuse et parfaitement contrastée sur un écran de 120 à 150 pouces de diagonale (3,05 à 3,8 m), soit 2,66 m à 3,3 m de base, selon les recommandations du fabricant. De plus, comme mentionné plus haut, la modulation de l’intensité de la lampe laser a été optimisée (dimming), pour garantir un meilleur contraste et des noirs parfaits.

Bloc optique, zoom & lens shift
On retrouve sur ces vidéoprojecteurs Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9 le bloc optique ACF (Advanced Crisp Focus lens) du Sony VPL-XW7000. Conçu pour garantir une excellente netteté d’image, il préserve au maximum l’intensité du flux lumineux pour un affichage optimal des images HDR. La lentille frontale asphérique de 70 mm de diamètre offre une zone noble très importante et un point de focale unique. Cela garantit, sur toute la surface de l’image, un meilleur piqué qu’une lentille sphérique. Enfin, plusieurs éléments de cette optique sont traités pour offrir une très faible dispersion, afin d’éviter toute dérive colorimétrique.

Ces vidéoprojecteurs Sony Bravia sont faciles à installer grâce à leur optique motorisée. Une fois l’appareil en place, on peut réduire ou agrandir l’image, la décaler horizontalement et verticalement (lens shift) et réaliser la mise au point (focus), télécommande en main. On peut aussi mémoriser cinq réglages distincts, pour adapter la projection à différents formats d’images (1,85:1, 2,35:1, Cinémascope, etc.).

Grosse nouveauté également, Sony équipe ces deux vidéoprojecteurs d’une fonction de correction trapèze (Keystone). La possibilité d’ajuster les quatre angles de l’image permet d’en redresser les bords, si nécessaire, offrant davantage de flexibilité dans l’installation. D’après le fabricant, ce réglage n’occasionne qu’une très faible dégradation de l’image grâce au travail du processeur XR. Dans l’idéal, nous recommandons cependant d’éviter au maximum d’y avoir recours.

HDMI 2.1 (48 Gbps), gaming 4K 120 Hz, faible input lag
Les Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9 embarquent dorénavant deux entrées HDMI 2.1 (48 Gbps) adaptées au gaming sur consoles de jeux vidéo et sur PC. Celles-ci sont compatibles avec les jeux 4K 60 fps et 4K 120 fps. Elles prennent aussi en charge la fonction ALLM et offrent un faible input lag en mode jeu, annoncé à seulement 12 ms en 4K 120 Hz et 21 ms en 4K 60 Hz.

On retrouve également un connecteur RJ45 et un port RS232 pour le contrôle réseau/domotique (compatible Control4, Crestron, Savant, AMX) et la maintenance à distance (OvrC et Domotz), un connecteur trigger et une entrée IR (mini-jack 3,5 mm) ainsi qu’un port USB alimenté. La prise en charge des contenus 3D n’étant plus assurée, le port synchro 3D présent sur le XW7000 n’est plus de mise.

Comme sur le Sony VPL-XW7000, la connectique prend place sur le flanc droit de l’appareil, à l’exception de la prise d’alimentation située à l’arrière.
Spécifications
- Technologie SXRD (matrice 0,61″ x3 – RVB)
- Définition UHD 4K native : 3840 x 2160 pixels
- Mise au point, zoom et lens shift motorisés
- Lampe laser (20 000 h)
- Luminosité : 2 700 lm (Bravia Projector 8) / 3 400 lm (Bravia Projector 9)
- Processeur XR for Projector
- Compatible HDR10/HLG
- XR Triluminos Pro (95 % DCI-P3)
- 2 x HDMI 2.1 (4K 120 Hz)
Mise en œuvre
Nous avons testé ces deux vidéoprojecteurs au magasin Son-Vidéo.com de Nantes. Nous avons d’abord associé ces projecteurs à un lecteur Blu-ray UHD 4K Panasonic DP-UB9000 EG1 au moyen d’un câble Audioquest Forest 48 HDMI. Cela nous a permis de lire le disque de test et de calibrage Spears & Munsil Ultra HD Benchmark, et de visionner quelques films Blu-ray UHD 4K HDR, notamment Top Gun : Maverick et Le Mans 66. Nous les avons ensuite connectés à une console Sony PlayStation 5 pour évaluer leur aptitude au gaming 4K 120 Hz sur Gran Turismo 7. La projection s’est faite sur un écran de projection Lumene Capitol HD 240C, à une distance d’environ 3,5 mètres pour obtenir une image d’un peu plus de 2 m de base.
Installation
Accessibles directement depuis la télécommande, le zoom optique, le lens shift et la mise au point font de l’installation de ces projecteurs une simple formalité. Une fois le Sony Bravia posé sur une étagère derrière les spectateurs, on peut caler l’image au centre de l’écran de projection en quelques instants.

Réglages images
Si vous installez les Sony Bravia Projector 8 ou Sony Bravia Projector 9 dans une salle dédiée, choisissez le mode image Cinéma Film 1 et laissez le mappage tonal HDR en mode 2. Ils sont ajustés en usine pour vous permettre d’obtenir une image parfaitement équilibrée avec la majorité des contenus HDR (1 000 nits), en condition de projection type cinéma.
Le mode Cinéma Film 2 et le mode 3 du mappage tonal HDR s’associent idéalement pour visionner des films encodés avec des pics de luminosité jusqu’à 4 000 nits. On obtient alors des images aux gradations plus riches, dans les hautes comme dans les basses lumières.
Enfin, si vous projetez dans une pièce de vie, ce sont les modes Bright Cinema et Bright TV, combiné au tone mapping en mode 1 qu’il faut privilégier.


Avec les films, nous recommandons par ailleurs de régler le traitement Motionflow sur “True Cinema”. Cela réduit les saccades sur les images en mouvement sans générer une fluidité trop importante, pour ne pas dénaturer le contenu original tourné à 24 images seconde. Notez que le mode “Fluide haut” se révèle idéal avec les événements sportifs, améliorant très efficacement la lisibilité lors des actions de jeu rapides.

Indépendamment de ces préréglages, il demeure possible d’ajuster précisément la luminosité et le contraste de l’image, ainsi que la teinte, la saturation et la température des couleurs, mais aussi d’intervenir sur l’espace couleur via le CMS. L’ajustement du gamma pour les contenus SDR et HDR est également possible.
Nos impressions
Que ce soit avec les séquences vidéo de référence des disques de test Spears & Munsil Ultra HD Benchmark, ou avec les films visionnés en Blu-ray UHD 4K, les images projetées par ces nouveaux projecteurs Sony Bravia nous ont bluffé !
Les vidéos de test du Blu-ray Spears & Munsil (voir images ci-dessus) donnent d’emblée un aperçu des capacités exceptionnelles des Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9 sur les contenus 4K HDR.
Sur Le Mans 66 (Blu-ray 4K HDR), le Sony Bravia Projector 8 rend parfaitement justice à la photographie du film. Les couleurs se révèlent idéalement saturées et les variations de teintes se montrent très justes entre les scènes tournées en journée, le soir et la nuit.
L’étagement des différents plans lors des scènes de pilotage ou dans les ateliers confèrent aux images une très belle profondeur de champ qui met en exergue les personnages au premier plan.

Le piqué et la précision d’image sont exemplaires, les gros plans révélant l’efficacité du processeur XR pour donner corps aux différentes matières et textures à l’écran.
Enfin, bien qu’il soit moins lumineux que le Sony VPL-XW7000, le Sony Bravia Projector 8 nous a semblé offrir des couleurs à la fois intenses et plus subtiles, avec davantage de nuances, dans les hautes comme dans les basses lumières.
Avec sa puissance lumineuse de 3 400 lumens, le Sony Bravia Projector 9 enfonce le clou et propose des images à la dynamique encore plus marquée. Elles conservent une très belle profondeur de noir tout en offrant plus de détails et de subtilité dans les hautes comme dans les basses lumières.

Malgré la puissance du laser, les noirs conservent leur profondeur grâce à la modulation efficace de la luminosité et profitent de l’excellent HDR Tone Mapping pour dévoiler de nombreux détails sur les scènes sombres. Les séquences d’entraînement aux combats aériens, très lumineuses, ne sont pas en reste. Le noir et les couleurs des casques tranchent avec les bleus acier et les blancs du ciel.
Sony Bravia Projector 8 comparé au Sony VPL-XW7000
Même s’il est moins lumineux, le Sony Bravia Projector 8 parvient à offrir davantage de nuances dans l’échelle de gris, ce qui profite aussi bien à la lisibilité des détails qu’au rendu des couleurs dans les scènes très sombres et très lumineuses. Les progrès accomplis en matière de tone mapping sont clairement visibles. Le processeur XR améliore par ailleurs la précision des images, avec plus de détails ainsi qu’une meilleure profondeur de champ, pour davantage de réalisme.
Sony Bravia Projector 8 comparé au JVC DLA-NZ800BE
Les deux frères ennemis de la vidéoprojection 4K native font quasiment jeu égal sur le terrain du HDR grâce à leurs technologies propriétaires. Frame Adapt HDR Gen2 (JVC) et XR Dynamic Tone Mapping (Sony) se montrent aussi douées pour révéler d’infimes nuances sur les contenus à large plage dynamique. Le JVC semble offrir un contraste légèrement moindre mais propose des noirs un peu plus profonds, le Sony se distinguant par son image plus ciselée, avec davantage de détails perceptibles. Cependant, le JVC présente l’intérêt de gérer aussi le HDR10+, et propose en exclusivité la projection en 8K grâce à la technologie e-shiftX.
Pour qui ?
Ces vidéoprojecteurs Sony Bravia Projector devraient convaincre sans peine les cinéphiles les plus exigeants, en quête d’une image cinéma ultra-réaliste. Dynamique et nuances sur les contenus HDR, profondeur des noirs, intensité et justesse des couleurs : ces atouts ne manqueront pas de ravir les amateurs de très grandes images.
Conclusion
À l’instar des Sony VPL-XW5000 et XW7000 lors de leur arrivée sur le marché il y a un peu plus de deux ans, les Sony Bravia Projector 8 et Sony Bravia Projector 9 marquent une évolution majeure dans l’offre du fabricant et s’imposent comme de nouvelles références en vidéoprojection 4K.
Les progrès dans la gestion de la luminosité du laser, combinés avec l’amélioration du dynamic tone mapping, assurent un spectacle exceptionnel avec les contenus HDR à large plage dynamique. L’image présente un superbe contraste et gagne en nuances et en intensité grâce à une meilleure gestion des basses et des hautes lumières. Celles-ci se montrent bien plus riches et subtiles que sur les modèles de génération précédente, avec une dynamique inédite en vidéoprojection.
Le travail du processeur XR offre par ailleurs une incroyable précision d’image ainsi qu’un niveau de détails impressionnant. La richesse et la justesse des couleurs ne sont pas en reste, avec à l’écran un niveau de réalisme très poussé.

Nous avons aimé
- Les modes cinéma, très bien calibrés
- L’excellente gestion des contenus HDR
- Les noirs profonds et nuancés
- La richesse et l’éclat des couleurs
- Le piqué, la netteté et la précision des images
- L’input lag de 12 ms en 4K 120 Hz
Nous aurions aimé
- Des prix moins élitistes
- Un design plus original
































