Une longévité rarissime à ce niveau de succès. Un style inimitable. Une versatilité inédite dans de multiples domaines artistiques. Une discographie jonchée de succès. Voilà quelques-unes des raisons qui font de Snoop Dogg l’un des rappeurs majeurs du 20e siècle, et dont l’impact reste fort au 21e. Le Rewind commence donc l’année avec celui qui mis la West Coast au cœur du rap game dès 1991, Calvin Cordozar Broadus Jr. alias mister Snoop D.O. Double G !
Doggystyle (1993)
Rewind 1, et on commence par le commencement : Doggystyle (qu’on pourrait traduire par « En levrette »), premier album du Chien de Long Beach, sur la côte Ouest. Snoop n’est pas un total inconnu quand il sort ce disque qui reste son Magnum Opus : Il a fait ses débuts discographiques avec « Deep Cover » un titre de Dr. Dre enregistré en 1991 et inclus sur la B.O. de Deep Cover, un polar noir signé Bill Duke avec Laurence Fishburne et Jeff Goldblum.
On y retrouve la charge anti-flics que Dr. Dre avait déjà mise en scène avec son groupe NWA (Niggaz With Attitude) et on y découvre un jeune rappeur, 20 ans au moment de l’enregistrement, Calvin Broadus, dont le premier nom de scène sera Snoopy Dogg, qui suite à des problèmes de droits avec la BD Peanuts (dont les personnages centraux sont Charlie Brown et son chien Snoopy) deviendra Snoop Doggy Dogg, puis juste Snoop Dogg.

Quelques mois après ce premier featuring, Snoop apparait sur 7 morceaux de The Chronic, le premier album solo de Dre qui fera des scores pharamineux et consacrera la West Coast comme le nouvel Eldorado du rap hardcore, lançant du même coup le label Death Row Records, dirigé par Suge Knight et Dre. Des titres comme « Nuthin’ But A G Thang » et « Let Me Ride » révèlent au monde le phrasé unique de Snoop. Alors quand sort Doggysyle en novembre 1993, c’est la consécration. Album le plus attendu de l’histoire du rap en cette fin d’année, il rencontrera un succès critique et commercial énorme. Les polémiques ne manquent pas à l’appel : les multiples allusions aux bitches font froncer les sourcils aux féministes.
Snoop assume : « On dit qu’il n’y a que la vérité qui blesse, et moi je dis la vérité sur certaines femmes qui tournent autour des artistes. Des meufs qui se comportent comme des putes et qui vont avec n’importe qui sont des bitches, mais les femmes indépendantes et distinguées n’ont pas à se sentir visées. Elles se disent juste que mes chansons sont bonnes et qu’elles parlent des femmes qui se conduisent mal », expliquait-il pour justifier des titres aussi sexistes que « Ain’t No Fun If The Homies Can’t Get None », qu’on pourrait traduire par « C’est pas marrant si les potes ne peuvent pas tirer leur crampe ».

Autre temps autres mœurs, le grand public s’en moque et le démarrage est optimal, avec plus de 800.000 albums physiques vendus la première semaine. L’album passera 74 semaines dans le Billboard 200 et se vendra dans le monde à plus de onze millions d’exemplaires, avec une certification quadruple platine aux USA, le plus gros succès qu’atteindra jamais Snoop.
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Pourtant, le jeune rappeur n’a guère le temps de savourer son entrée tonitruante dans le club des rappeurs millionnaires en ventes de disques : inculpé de complicité de meurtre – et arrêté – en septembre 1993, peu de temps avant la sortie officielle de son premier album, le rapper de Death Row Records risquait théoriquement de se retrouver vraiment dans le couloir de la mort. En vérité, le système américain laissait à Snoop, jugé comme complice, de nombreuses portes de sortie dont ont profité ses avocats parmi lesquels le fameux Johnnie Cochran, mort en 2005, qui défendit avec fracas et succès O.J. Simpson. Le 20 février 1996, jour de son acquittement, le chien californien déclarait « Mes prières ont été exaucées, et mon prochain album sera un disque de gospel ». Un demi-mensonge puis qu’il sortira effectivement Bible Of Love, un double CD gospel… Douze ans plus tard.

Sur Doggystyle, les hits ne manquent pas : « Gin & Juice », « Doggy Dogg World » featuring le groupe vocal The Dramatics, « Murder Was The Case » et bien sûr « Who Am I ? (What’s My Name) », dont le clip voit Snoop se transformer en vrai chien grâce au morphing, sur un sample p-funk du single « Atomic Dog » de George Clinton. En hommage à un pionnier du hip-hop connu uniquement des initiés, Snoop fait une reprise originale de « Lodi Dodi », titre de Doug E. Fresh et Slick Rick (qui s’appelait alors MC Ricky D) sorti en 1985.
De nombreuses embrouilles entoureront ce succès californien : Daz Dillinger et Warren G se plaignent de ne pas avoir été crédités à la hauteur de leur participation à la production, certains artistes samplés sans clearance vont attaquer Death Row pour toucher les droits d’auteur qui leur sont dus, mais ce ne sont que des points de détail face à la déferlante canine. L’ère du G-funk, entamée avec The Chronic, s’installe avec Doggystyle.
Tha Doggfather (1996)
Rewind numéro 2, et c’est le toujours difficile deuxième album qui attend Snoop. Si l’horizon s’est éclairé au niveau judiciaire, ça coince sur le son : Dr. Dre est absent de Tha Doggfather, dont la réalisation est majoritairement assurée par DJ Pooh, un OG californien qui ne possède pas l’expertise de Dre, mais a relevé le défi. Et puis il y a l’actualité rapologique : Le vendredi 13 septembre 1996 à 16 heures 03 à Las Vegas, Tupac succombait à ses blessures une semaine après le drive by shooting dont il avait été victime en compagnie de Marion « Suge » Knight. Après le départ houleux de Dr. Dre, le décès de 2Pac transformait de fait Snoop en dernier héros de chez Death Row, l’ultime gangster du label de la terreur. Effondré, Snoop a dû terminer dans l’urgence ce Doggfather qui a fini par atteindre les bacs début novembre 1996, trois ans presque jour pour jour après Doggystyle qui, en cette fin d’année sanglante, en est à 4,8 millions d’exemplaires vendus aux USA. Un disque résolument gangsta donc, qui attaque au quart de tour dès l’intro : « À tous ceux qui croyaient que le gangsta rap était mort… Fuck all y’all ! »

Pour la promo de ce disque moins homogène que son prédécesseur, Snoop est accompagné de George Pryce, le directeur de la communication de Death Row et son plus proche conseiller. Vêtu d’un costume noir sobre, crâne rasé et teint grisâtre, George fume à la chaîne des Benson ultra light. Homme de culture doté d’un humour piquant et d’un professionnalisme forgé au cours de ses trente ans de carrière, George prend ses ordres de Suge Knight. C’est lui qui a géré les relations publiques posthumes de 2Pac après la fusillade de Vegas. C’est lui qui a signé la direction artistique du Doggfather, allant jusqu’au bout de la référence cinématographique en utilisant la typo du film de Coppola Le Parrain pour la couverture. Snoop l’appelle « Papa Gee ». C’est le duo le plus improbable du hip-hop californien, mais on est dans un pays où tout est possible, y compris l’alliance d’un ex-publicitaire lettré et maniéré avec un gangster de South Central qui se découvre une nouvelle aura positive.

Extraits d’une interview donnée dans le cadre luxueux du Four Seasons Hotel de Beverly Hills. Dans ce cadre cinématographique, le passage de John Travolta dans le hall ne soulève que quelques regards – ceux des touristes – et semble faire partie du script. Pour anachronique qu’elle puisse paraître, la présence de Snoop dans un hôtel aussi cossu – piscine au quatrième étage, marbre et palmiers à perte de vue – part d’un principe simple : pour faire tenir le Chien en place durant la semaine intensive de promotion internationale que lui ont amoureusement préparé George Pryce et le staff de Death Row, il fallait un endroit qui ne lui fasse pas regretter son foyer où l’attend son enfant (Snoop est alors papa d’un petit Spanky depuis deux ans).
« J’ai dû passer en procès et lutter pour ma vie pendant trois ans. Ça s’est conclu en février 1996. Et puis je voulais revenir avec la bombe, un album qui puisse satisfaire tout le monde. Il y a des chansons profondes sur cet album. Jusqu’à présent, la seule chanson que j’ai faite qui ait fait réfléchir, c’était “Murder Was The Case”. Et il y a plus de morceaux dans cet esprit-là sur Tha Doggfather. Je ne sais même pas pourquoi Dre s’est barré ! Il ne voulait plus être down avec nous, voilà tout, alors il est parti. Ça n’est pas comme s’il avait dit “Fuck you, je me casse”, c’était plutôt “Je bouge pour m’occuper de mon succès personnel, faites ce que vous avez à faire et je ferai de même”. S’il est écrit qu’on doive se remettre ensemble un jour, ça se fera. Sinon, on continuera à faire des hits chacun de notre côté. Je n’avais rien fait avec Dre depuis… Putain, deux ans ! Après le premier album, on a juste fait le remix de “Murder Was The Case”, c’est tout.

Lui, il a fait “ Keep Their Heads Ringin’” et “California Love” mais moi je n’étais pas dans le coup. J’ai fait mon truc, j’étais avec le Dogg Pound pour le morceau “New York, New York”, j’ai fait “2 Of Amerikaz Most Wanted” avec 2Pac. Si on regarde bien, ça fait un moment qu’on suit des chemins différents. Maintenant c’est officiel, Dre n’est plus avec nous. Pas de regrets. Tout le bon temps qu’on s’est payé, toute la tune qu’on a engrangé en tournée… S’il m’appelait aujourd’hui et me disait “Snoop, on fait une tournée ensemble, je te donne 100.000 dollars par soir pour un Chronic Tour où on refera les vieux raps live, ça te dit ?”, je roule ! Je ne trippe sur rien d’autre que sur l’argent.
La mort de Tupac, je l’ai appris quand j’étais sur l’autoroute en train de conduire, je revenais de l’hôpital à Las Vegas où je venais de le voir. Ils ont dit à la radio “Nous avons des nouvelles peu réjouissantes” et je me suis dit “Damn !”. Trois minutes avant, mon portable sonnait non-stop et je disais aux gens “Il va bien, je viens de le voir, il n’est pas mort”… Ça m’a fait mal. Très mal. Le principal producteur de l’album est mon pote DJ Pooh du L.A. Zoo. Je le connais depuis des années, il a produit Ice Cube et King Tee. Pooh c’est un OG, c’est avec le son qu’il me donne que je réponds aux motherfuckers qui me disent “Comment vas-tu sonner sans Dre ?” Dre achetait les disques de Pooh dans le temps.

Charlie Wilson, le chanteur de Gap Band qui apparaît sur six chansons de mon album dont le single “Snoop’s Upside Your Head”, inspiré du “Oops Upside Your Head” de Gap Band, c’est un double OG ! (Rires) “Snoop’s Upside Your Head” est le premier single, je voulais un morceau qui fasse que quand on rentre chez soi après un concert, quoi qu’on ait joué, on se souvienne de celui-là. Et j’ai grandi en écoutant Gap Band, dont mon titre favori est “Outstanding”. J’ai fait une reprise du “Vapors” de Biz Markie. C’est DJ Pooh qui m’a donné l’idée, on avait un album de reprises à faire pour Priority Records et il m’a suggéré ce titre. Moi, j’ai répondu “Fuck Priority ! Je suis sur Death Row, nigga !” Pooh s’en est chargé, sur un sample de James Brown. L’attitude des médias a changé depuis le verdict de mon procès : Depuis que je suis devenu quelqu’un de bien, les médias ne me parlent plus ! Quand j’étais dans les embrouilles jusqu’au cou, on voyait ma tronche aux infos tous les soirs, tu vois ce que je veux dire ? On dirait qu’il faut que je fasse le mal pour qu’on me remarque ».
Da Game Is To Be Sold, Not To Be Told (1998)
Rewind 3, et le Dogg change de crèmerie : C’est sur le label de Master P, No Limit Records, que sort le troisième album, Da Game Is to Be Sold, Not to Be Told, officialisant le raccourcissement de son nom en « Snoop Dogg ». Quand sort le disque, cela fait six mois que Snoop a claqué la porte du label Death Row, qui part en vrille après l’assassinat de 2Pac et les frasques violentes de son patron Marion « Suge » Knight, qui se débarrassera dans la foulée de son associé Dr. Dre. Un simple regard à la liste des invités de l’album confirme le changement radical de la team Snoop : Dr. Dre, Warren G, Daz Dillinger, Kurupt ? Aux abonnés absents.

Les artistes de No Limit sont les seuls guests de ce disque au look clinquant, caractéristique des productions du « label au tank », comme on l’appelle (le logo de No Limit est en effet un tank… en diamant). Qui sont-ils ? Mia X, Fiend, Mystikal, Silkk The Shocker, Soulja Slim, C-Murder et bien sûr le boss Master P, maître d’œuvre de ce transfert de choix dans le mercato rapologique. « Master P était l’homme fort dont j’avais besoin à ce moment précis de ma carrière. Death Row n’existait plus vraiment et c’est No Limit qui proposait le meilleur biz pour moi. Ça m’a plu d’y faire ce que j’y ai fait. Quitter Master P n’a pas changé mes habitudes de travail, quand je fais un disque j’essaie toujours d’être au top, que je sois ou pas avec Master P », m’expliquait Snoop des années après ce disque de transition.
Un second album sortira chez Master P en mai 1999, No Limit Top Dogg, qui confirmera les retrouvailles de Snoop et Dr. Dre, ce dernier étant aux manettes sur trois chansons : « Buck’em » featuring Sticky Fingaz, « Bitch Please » feat Xzibit & Nate Dogg et « Just Dippin’ » feat Jewell et Dre en personne. Un retour vers le son qui a fait la réputation de Snoop, ce G-funk groovy qu’on retrouve également sur les trois titres produits par DJ Quik.

Malgré une presse qui chaloupe entre hostilité affirmée et critiques mi-figue mi-raisin, Da Game Is to Be Sold, Not to Be Told se vendra à plus de 520.000 copies en première semaine, assurant à son auteur le troisième album numéro 1 de sa courte carrière. Cinq semaines dans le Top Ten, une certification double platine et 4,5 millions d’exemplaires écoulés aux USA, ce qui fait de ce disque mal-aimé lors de sa sortie la seconde meilleure vente de Snoop, juste derrière… Doggystyle.
R&G (Rhythm & Gangsta): The Masterpiece (2004)
Rewind 4, et on entre dans le 21ème siècle avec R&G (Rhythm & Gangsta): The Masterpiece, qui doit beaucoup au single « Drop It Like It’s Hot » produit par les Neptunes et incluant une participation de Pharrell Williams. Bonne pioche : Ce sera le premier numéro 1 des charts single pour Snoop, qui avait déjà duetté avec Pharrell sur « Beautiful », single extrait du précédent album sorti en 2002, Paid Tha Cost To Be Da Bo$$. Cette collaboration s’étend ici sur une bonne partie de l’album, dont l’autre single à succès, « Signs », featuring Charlie Wilson de Gap Band, le vieux complice de l’époque Doggfather, et Justin Timberlake, l’ex Disney boy reconverti en soulman électro remplissant des stades.

On notera l’étonnante participation des Bee Gees au morceau « Ups & Downs », qui sample de façon assez simpliste « Love You Inside Out » tiré de l’album sorti en 1979 Spirits Having Flown. Maurice Gibb est mort en janvier 2003 à 53 ans, dix mois avant l’enregistrement de R&G, et Robin Gibb rejoindra l’éternité en 2012 à l’âge de 62 ans. Le survivant du trio australien Bee Gees, Barry Gibb, est lui toujours en vie au moment où l’on écrit ces lignes, 78 ans dont 60 en tant qu’artiste. Il travaille à la pré production du biopic sur son groupe, dont il est un des producteurs exécutifs. Peu probable qu’il ait été en studio avec Snoop pour ce « Ups & Downs » produit par le très discret Baby Dubb, qui démarra sa carrière avec DJ Quik sur l’album Safe + Sound et a collaboré à de nombreux projets pour une brochette d’artistes parmi lesquels Kanye West, Xzibit, Alicia Keys, Mos Def et Missy Elliott.
R&G est un succès commercial avec près de deux millions de ventes aux USA, mais si la critique est globalement positive, elle n’est pas unanime. Ainsi Tom Breihan, journaliste du site Pitchfork, écrivait-il cette chronique assassine en novembre 2004 :

« R&G, le premier album de Snoop pour Star Trak, le label dirigé par les hit makers déchus The Neptunes, un duo qui jadis régnait à l’international sur les radios avec leurs beats new wave flashy science-fiction stomp-clap, mais qui sont en manque de tubes depuis qu’ils ont changé leur style au profit d’un bidule façon Las Vegas réchauffé -des basses confuses et des drums brouillons avec des claviers feutrés sur du crooning falsetto incroyablement insupportable. Le duo de producteurs s’est chargé de cinq morceaux de l’album, mais leurs empreintes digitales sont partout ailleurs. R&G a un son homogène, chose rare pour un album de hip-hop, mais c’est un son basé sur des pianos qui tintinnabulent, des guitares nases et des carillons. Ça sonne comme si les Black Eyed Peas essayaient de faire un album de Barry White, mais avec plus de chant aigu ».
Un point de vue extrême (et plutôt isolé) qui oublie que ce septième album de Snoop montre une évolution dans sa conception du son. Le public est le seul juge de paix et il a voté : Snoop Dogg reste au sommet du game.
Reincarnated (Snoop Lion) (2013)
On conclut ce Rewind canin avec la cinquième sélection, une curiosité dans la carrière de Snoop puisque cet album est sorti sous un autre nom : Snoop Lion. On parle bien sûr de Reincarnated, l’album reggae de Snoop sur lequel il partage la production exécutive avec Major Lazer, le nom collectif du DJ Diplo qui amène une touche électronique à ce disque qui doit beaucoup à la Jamaïque mais dont les sons ont principalement été enregistrés aux USA. La guest liste de Snoop est aussi pléthorique qu’éclectique, puisque se côtoient Miley Cyrus (sur « Ashtrays And Heartbreaks »), Busta Rhymes & Chris Brown (sur « Remedy »), Mr. Vegas (sur « Fruit Juice »), Mavado & Popcaan (sur « Lighters Up ») ou encore Drake & Cori B (sur « No Guns Allowed »).

Nouvelle preuve de la versatilité de son auteur, Reincarnated précède de quelques mois une compilation électro, Loose Joints, qu’il présente sous le nom de DJ Snoopadelic, en référence à Funkadelic, premier groupe du godfather P-funk George Clinton. Comme il le dira en interview au magazine The Fader : « Snoop Lion, Snoop Dogg, DJ Snoopadelic, ils ne savent faire qu’une seule chose : Proposer une musique intemporelle et qui bastonne ».
Un film documentaire sur l’aventure jamaïcaine de Snoop sera produit en parallèle du disque. Réalisé par Andy Capper, un journaliste du magazine Vice, il résume en 96 minutes les 200 heures tournées en Jamaïque et aux États-Unis. On assiste à des sessions épiques en compagnie de vieux rastas qui fument le chalice avec le rappeur devenu rasta qui évoque sa conversion. Parmi les multiples intervenants, on croise le regretté Bunny Wailer, Damian « Junior Gong » Marley mais aussi le sulfureux Louis Farrakhan, la femme de Snoop Shante Broadus, Daz Dillinger, Diplo bien sûr et Dr. Dre. Après la sortie de ce film, Bunny Wailer déclara que selon lui, Snoop utilisait de façon frauduleuse la foi rasta. Pourtant, ce docu un peu mal foutu reste un complément idéal à un disque hors norme, aussi imprévu que son album gospel sorti en mars 2018, Bible Of Love.

« Tout ce temps passé dans le rap game m’a apporté de la sagesse, une direction dans ma vie, un leadership, du style, de l’expérience et du savoir-faire. J’ai eu tout ça. Le hip-hop a besoin de moi. Si tu sortais Snoop du hip-hop, ça deviendrait ennuyeux avec les mêmes vieux Négros qui sortent toujours les mêmes vieux trucs. Je suis le seul à suivre ma propre route et à montrer le chemin aux autres. Je leur donne la chance de marcher dans mes pas, de prendre des morceaux de moi pour qu’ils se construisent ». Amen, Calvin !











