Rewind – Jean-Louis Aubert

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Il a débuté au sein du groupe qui a défini le rock d’ici de la fin des seventies au milieu des eighties avant de devenir un capitaine de la chanson française sans pour autant abandonner l’électricité. On l’aura compris, le blog du Rewind vous propose ce mois-ci une plongée dans l’univers d’un artiste qui fête en 2025 son premier demi-siècle dans la musique, mister Jean-Louis Aubert !

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Téléphone – Téléphone (1977)

Et on commence bien évidemment par le commencement, le premier album éponyme du groupe Téléphone. Premier Rewind donc, l’album qui va lancer la carrière de ces quatre musiciens dont l’ambition est de jouer du rock en Français à une époque où le punk britannique vient chambouler le jeu. Aubert est au cœur du réacteur Téléphone avant même que le nom ne soit officiellement adopté, comme il le raconte à Éric Jean-Jean dans Aubert Une Vie En Chansons (Hugo Doc, 2024) :

Lorsque j’écris “Métro (C’Est Trop)”, Téléphone n’existe pas du tout. C’était marrant d’ailleurs. Le groupe a failli s’appeler Extraballe ou Flipper. Ça me plaisait beaucoup comme nom, ou même Télévision, mais c’était déjà pris.

Téléphone Téléphone (1977)
Le premier album éponyme de Téléphone marque le début de leur carrière, porté par l’ambition de jouer du rock en français dans une époque bouleversée par le punk britannique.

Selon la légende, c’est Jean-Louis qui, au terme d’une longue et enthousiaste conversation téléphonique avec son ami Richard Kolinka, va le persuader que Téléphone, universel et usuel, est le meilleur nom possible. « Richard me dit : “Pourquoi on s’appelle Téléphone ?” C’est simple. Parce que c’est écrit partout. J’ai été convaincant ce jour-là : “Regarde, je te convaincs au téléphone, c’est écrit partout. On a déjà de la pub toute faite. Il suffit que sur les cabines téléphoniques on mette nos gueules en dessous. C’est déjà écrit et en plus ça marche en anglais. Comme Police ou Television.” Télévision, on ne les connaissait pas encore. On s’est dit : “Putain, ils sont un peu sur notre truc.” Police, à l’époque, démarrait aussi ». Un nom adoubé par tous. Et Jean-Louis ajoute : « Ça sonne bien, c’est international mais en plus et surtout, c’est un outil de communication ». Banco ! C’est donc pour la première fois avec ce patronyme que Corine, Louis, Richard et Jean-Louis donnent deux concerts au Gibus, le club branché de la capitale, les 28 et 29 décembre 1976.

Téléphone
C’est après une conversation avec Richard Kolinka que Jean-Louis Aubert convainc le groupe d’adopter le nom Téléphone, universel, usuel et taillé pour le rock.

Aubert encore : « On jouait toutes les idées. J’étalais des feuilles par terre. Et puis on jouait. J’arrivais avec des chansons. J’avais une grosse chemise avec plein de feuilles de papier. En général, je pouvais les jouer à la guitare. Donc je les jouais seul, puis on les jouait ensemble. Ensuite, ça se développait. Ça pouvait changer un peu de rythme. On jouait beaucoup avec Louis, aussi. Par exemple au flipper. On prenait de l’acide, on jouait à ce truc-là. Il y a des idées qui pouvaient naitre comme ça ».

Les rock critiques repèrent vite ce quatuor signé par EMI/Pathé Marconi. Dans Best, Bill Schmock écrit : « Décidemment Jean-Louis a le truc pour faire sonner les mots. Oui sa voix n’est pas parfaite encore mais c’est déjà un foutu début ». C’est le même journaliste qui signera dans Best une des premières longues interviews du groupe, qui pratique encore un humour potache pour répondre au journaliste. À la question « Quelles sont vos origines ? », les quatre copains répondent « juives, polonaises, pied-noir, mongoliennes, basques et charentaises ». Une phrase de Jean-Louis prend un relief étrange quand on sait comment s’est passé la suite : « À partir de là, on a décidé de rester ensemble pour la vie ».

Jean-Louis Aubert
Repéré par la critique, Téléphone séduit par l’énergie de Jean-Louis Aubert, dont la voix imparfaite mais prometteuse marque déjà les esprits.

La vie en décidera autrement, mais c’est dans ce premier essai collectif que l’on trouve ce qui fera la force du groupe, cette énergie débordante et cette cohésion entre quatre jeunes musiciens qui sont encore, pour l’heure, des amis proches : Jean-Louis le leader, Louis le guitariste transfuge de Jacques Higelin pour qui il mania la six-cordes sur l’album Irradié, Richard l’ami d’enfance de Jean-Louis qui restera avec lui durant la quasi intégralité de sa carrière discographique et Corine, bassiste qui sera à l’origine du changement de nom du quatuor devenu trio quand Téléphone deviendra « Les Insus » pour une triomphale dernière tournée avec escale sur la scène immense du Stade de France.

Téléphone – Un Autre Monde (1984)

Rewind 2, Flash Forward en 1984, c’est Un Autre Monde et la fin est proche. Le groupe a écumé l’hexagone, tourné à l’étranger, récoltant les louanges du public et multipliant les succès commerciaux. On les oppose souvent à Trust, mais Bernie Bonvoisin réfute cette rivalité en carton dans la presse rock : « On a dit beaucoup de choses fausses sur les rapports entre Trust et Téléphone. Cette rivalité a été créée de toutes pièces par le business. Téléphone est un groupe que j’aime bien, il y a un type qui m’éclate vraiment à l’intérieur du groupe, c’est le batteur. Ce type a une énergie à revendre, et je trouve que tous ont des personnalités intéressantes. On ne se voit pas assez souvent » (propos recueillis en février 1981 par Michel Embareck dans le magazine Best numéro 151).

Téléphone Un Autre Monde (1984)
En 1984, alors que Téléphone enchaîne succès et tournées, Bernie Bonvoisin de Trust balaie l’idée d’une rivalité, affirmant son respect pour le groupe et son admiration pour leur batteur.

Une chose est sûre : L’enregistrement chaotique et long du quatrième album studio, Dure Limite, a laissé des séquelles. La première personne hors du groupe à prendre acte des dissensions qui animent Téléphone est le producteur anglais Steve Lillywhite. Plus vieux que Jean-Louis (de trois semaines !), il est pressenti pour réaliser l’album, mais finit par renoncer. En effet, le producteur des trois premiers albums de U2 et de multiples classiques britanniques sent les tensions entre les quatre musiciens. Et c’est en retournant à Londres après une visite éclair à Paris où il a assisté à une répétition et entendu Corine dire tout le mal qu’elle pense de ses collègues masculins qu’il annonce la couleur à François Ravard, manager du groupe : « Mon gars, il faut que tu ouvres les yeux, ton groupe est en train de se séparer ! À mon avis ils ne feront même pas ce disque, et je n’ai pas envie de travailler dans ces conditions » (propos recueillis par Daniel Ichbiah dans le livre Téléphone, Au Cœur De La Vie, éditions Camion Blanc).

Le groupe hésite entre Bob Ezrin, avec qui ils ont travaillé sur l’album précédent, et Glyn Johns, connu notamment pour son travail avec les Rolling Stones, modèle de Téléphone, mais aussi Led Zeppelin, les Who et l’ultime album acceptable des Clash, Combat Rock. Une maquette de deux titres, « Electric Cité » et « New York Avec Toi », est envoyée aux deux. Le choix du groupe se porte sur Glyn, dont Corine vante les louanges dans le magazine français Rock en mai 1984 : « C’est un type impressionnant, il connait le rock & roll et ses problèmes par cœur, en plus il est beau, intelligent, riche et a toujours plein d’histoires à raconter. Avant de commencer, il nous a dit “Si vous voulez un son moderne, ça ne va pas. Par contre, si vous voulez du pur rock & roll…” ». La messe est dite, et l’enregistrement débute en janvier 1984 dans le sud de l’Angleterre, loin du monde et surtout loin de Paris, où Aubert a laissé tous ses démons chimiques.

Téléphone
L’enregistrement chaotique de Dure Limite révèle les tensions au sein de Téléphone, au point que le producteur Steve Lillywhite renonce, persuadé que le groupe est au bord de la rupture.

C’est là, dans le Surrey, qu’aura lieu un événement unique raconté par Éric Jean-Jean dans son livre sur Jean-Louis : Pour fêter l’anniversaire de Glyn Johns, et par ricochet les 30 ans de Louis Bertignac, une soirée est organisée. Elle culminera par un bœuf qui rassemble Eric Clapton, Charlie Watts des Stones, Jimmy Page de Led Zep, Jeff Beck et John Entwistle des Who. Quand la jam session s’achève, Aubert lance à Jimmy Page « J’espère qu’on en refera une ». Et Page, flegmatique comme tout bon Anglais, lui répond cette terrible phrase : « Fairy tales happen only once », les contes de fée n’arrivent qu’une fois. Restent les souvenirs.

C’est la chanson qui donne son titre à l’album qui fera décoller les ventes, suivi de près par « New York Avec Toi », l’autre hit de ce disque d’adieu qui aura finalement été enregistré dans l’urgence, en quatre semaines. Classé 25 semaines dans le Top 50, accompagné d’un clip réalisé par Jean-Baptiste Mondino, ce morceau se vendra en single à 500.000 exemplaires et connaitra une vie parallèle en tant qu’hymne de multiples manifestations.

Jean-Louis Aubert
Lors d’une soirée mémorable dans le Surrey, Aubert jamme avec Clapton, Page et Watts, mais Jimmy Page lui rappelle que « les contes de fée n’arrivent qu’une fois ».

Une chanson est écrite par Louis Bertignac, « 66 Heures », se retrouvera en face B du single « Oublie Ça », premier extrait de l’album et relatif échec malgré sa profondeur et son côté intime. « New York Avec Toi », cependant, devient un instant classic du groupe et suscitera moult voyages dans la grosse pomme, comme Aubert l’a raconté à Éric Jean-Jean (« Le nombre de personnes qui m’ont dit “Je suis allé à New York grâce à vous !” »). Avec plus de 800.000 albums vendus depuis sa sortie, Un Autre Monde est le baroud d’honneur du groupe, un nouveau succès, le dernier avant la séparation irrémédiable et prophétisée par Steve Lillywhite qui aura lieu officiellement le 21 avril 1986, deux ans après la sortie d’Un Autre Monde, à la suite d’une tournée commercialement triomphale mais humainement éprouvante, et à un ultime single, « Le Jour S’Est Levé », en novembre 1985. L’album dont il était censé être le premier extrait ne sortira jamais.

Une histoire amusante accompagne l’ultime album : Alors que Téléphone donne un concert dans un club londonien, un teenager vient les voir avec un texte qu’il a écrit. Inspiré, le groupe décide d’en faire une chanson. Ce sera « In Paris », non inclus sur la version française d’Un Autre Monde mais placé en face B du single « New York Avec Toi » et sur la version internationale de l’album. Afin de retrouver l’auteur et de le créditer, le groupe passera une petite annonce dans les journaux musicaux britanniques.

Aubert – H (1993)

Rewind 3, Aubert est désormais solo depuis Plâtre Et Ciment, sorti en 1987 sous intitulé Aubert ‘N Ko (jeu de mot sur « & compagnie » et Kolinka, désormais son binôme et ultime réminiscence des années Téléphone), et le très écolo Bleu Blanc Vert de 1989. Ce second solo a permis à Jean-Louis de retrouver les faveurs du grand public avec deux titres sombres et puissants, « Voilà C’Est Fini » et « Sid’aventure », ce dernier enluminé d’un solo de guitare signé Paul Personne.

Aubert - H (1993)
En solo depuis Plâtre et Ciment en 1987, Aubert retrouve le succès avec Bleu Blanc Vert en 1989 et les titres marquants « Voilà C’est Fini » et « Sid’aventure ».

H, qui voit le jour en octobre 1989, contient la ballade rockisante « Locataire », un morceau inspiré par la lecture du Cinquième Rêve, bouquin ésotérique et new age écrit par Patrice Van Eersel, grand reporter pour le magazine Actuel pendant près de 20 ans. Si la chanson démarre par l’étrange phrase « Puisque les dauphins sont des rois/ Que seul le silence s’impose/ Puisqu’il revient à qui de droit/ De tenter les métamorphoses », c’est en référence à cet ouvrage qui parle ainsi de la religion aztèque et maya : « La pierre a rêvé d’être plante, la plante a rêvé d’être animal, l’animal a rêvé d’être dauphin et le dauphin a rêvé d’être un homme. Notre rôle, c’est de savoir quel était le rêve du dauphin ».

La vidéo, somptueuse, est filmée par Seb Janiak, qui sera quatre ans plus tard l’architecte visuel du meilleur clip de NTM, « J’Appuie Sur La Gâchette ». Là, c’est dans un désert salé situé à 3650 mètres d’altitude en Bolivie qu’il a emmené le chanteur. L’occasion de faire en bonus une série de photos, dont l’une illustrera en novembre 1989 la couverture de Rock & Folk numéro 268, avec en accroche de couverture le très usé « Aubert : Le coup de Téléphone ? ».

Jean-Louis Aubert
Sorti en 1989, H révèle « Locataire », une ballade inspirée du Cinquième Rêve, dont le clip, tourné en Bolivie par Seb Janiak, marque les esprits.

Particularité de cet album en une lettre : Pour la première fois, Aubert n’y apparait pas en couverture, préférant le visuel d’un immense bateau échoué sur un trottoir parisien, un immense « H » rouge ornant la grand-voile. D’aucuns ont vu dans ce titre bref une référence au haschich, mais c’est en fait le H de l’Hôpital Éphémère, ex-hôpital Bretonneau devenu durant quelques années le haut lieu rock du 18ème arrondissement de Paris, où Jean-Louis répète. L’album est un succès et sera suivi d’une tournée gargantuesque, 84 concerts dans des Zéniths et autres salles king size. Paul Personne est à nouveau invité pour quelques parties de guitare sur « Entends-moi » et Le Mystère Des Voix Bulgares donne un relief ethnico-magique au morceau d’ouverture, « Le Bateau Sous La Terre ».

Ce titre, enregistré dans une cave pendant la guerre du Golfe, a connu une étrange genèse souterraine, que Jean-Louis a raconté à Éric Jean-Jean dans son livre Une Vie En Chansons : « Quand j’ai commencé cet album, il y avait une équipe de Charentais à Pigalle qui s’était mis à occuper des caves. Donc, on était enfermés dans ces caves, et ça a été la première guerre du Golfe. C’était comme une ville sous la ville, avec des artisans, il y avait un dédale. Moi j’étais dans une des petites caves avec mon magnétophone. J’avais l’impression d’être en période d’occupation. Il n’y avait personne dans les rues. On écoutait des radios transistors à l’ancienne. C’était place Saint-Georges, dans le 9ème arrondissement de Paris. Il y avait un gars qui était propriétaire de plusieurs lots de caves et qui les louait. C’étaient des caves en terre battue ».

Aubert/Houellebecq – Les Parages Du Vide (2014)

Rewind 4, et on change complètement de registre : Les Parages Du Vide, sorti en 2014, est le résultat d’une collaboration entre Jean-Louis Aubert et Michel Houellebecq. Aubert a cartonné en 2010 avec Roc Éclair, titre inspiré d’une fameuse entreprise de pompes funèbres car depuis 2004, Jean-Louis a accompagné son ami Olive (fondateur du groupe Lili Drop et ami d’enfance), son bassiste Daniel Roux (avec qui il forma Semolina, l’ancêtre de Téléphone) et son père pour leur dernier voyage. Pendant dix-huit mois, il écume les scènes et ne se fixe aucune deadline pour la suite de ses aventures discographiques. Il obtiendra d’ailleurs sa première Victoire de la Musique à l’occasion de cette tournée.

Aubert/Houellebecq - Les Parages Du Vide (2014)
En 2014, Les Parages du Vide marque la rencontre entre Aubert et Houellebecq, après le succès de Roc Éclair, un album empreint de deuil et de maturité.

C’est un rendez-vous raté qui sera à l’origine de cet étrange projet : Aubert a rendez-vous avec Malo’, un jeune chanteur qu’il doit aider, mais qui le plante. Sur ce, Aubert part acheter des cigarettes et dans le bureau de tabac, tombe sur le recueil de poème de Houellebecq Configuration Du Dernier Rivage. Le livre est divisé en cinq sections, et c’est celle intitulée Les Parages Du Vide qui inspire particulièrement le chanteur.

Aubert raconte ainsi à Jean-Jean dans Une Vie En Chansons la genèse de cette collaboration : « “Où est-ce que je suis ?/ Qui êtes-vous ?/ Qu’est-ce que je fais ici ?/ Emmenez-moi partout”. Je prends une guitare et j’en fais une chanson. Je tourne la page, et j’en fais une deuxième. Puis une troisième. Il y a beaucoup de musicalité dans les poèmes de Houellebecq. Alors j’appelle Carla Bruni, dont je sais qu’elle le connaît, pour qu’elle me donne son adresse électronique, et je lui envoie un courrier lui disant que j’ai composé quatre musiques en un week-end sur ses poèmes. Je finis le mail en disant : “Laissez-moi donner des ailes à vos mots” ».

Jean-Louis Aubert
Un rendez-vous manqué mène Aubert à découvrir Configuration du Dernier Rivage de Houellebecq, dont les poèmes l’inspirent instantanément pour Les Parages du Vide.

Les deux artistes échangent par mail, des lettres que l’on retrouvera dans le livret de l’album version deluxe, avant de se rencontrer et de tomber en amitié, chacun vouant à l’autre une admiration mutuelle, Houellebecq surprenant Aubert en faisant montre d’une culture musicale allant de Neil Young à Michel Delpech. Quelques années auparavant, en 2000, Houellebecq avait, on le rappelle, été l’interprète d’un album surprenant, Présence Humaine, produit par Bertrand Burgalat sur son label Tricatel, l’aboutissement d’un véritable parcours du combattant pour Burgalat, qui a en plus tenté de faire tourner Houellebecq et s’en est mordu les doigts. Une passionnante interview du magazine Gonzai retrace cette folle aventure.

Sur l’album Les Parages Du Vide, Aubert joue pratiquement tous les instruments seul (guitares, basse et même batterie), comme il le fera sur l’album suivant, Refuge, sorti en 2019. Disque inclassable, Les Parages Du Vide sera l’objet d’une tournée originale en deux parties, la première étant consacrée aux poèmes avec des projections du vidéaste Bill Viola et la seconde… Avec les tubes. Un mix inédit pour Aubert, toujours prêt pour les plus improbables aventures.

Extrait de l'interview d'Éric Jean-Jean sur le Rewind avec Olivier Cachin
Sur Les Parages du Vide, Aubert joue presque tous les instruments, explorant un format inédit mêlant poésie, vidéos de Bill Viola et ses incontournables tubes en concert.

En 2015, c’est la résurrection de Téléphone, sans Corine et avec un nouveau nom, Les Insus, et une tournée qui passera par le Stade de France en septembre 2017. Cette reformation est commentée avec humour et acidité par Christophe Conte en septembre 2015 dans le magazine Les Inrockuptibles, où le journaliste tient alors la rubrique acide Billet Dur. Extraits : « Cher Téléphone. Je ne sais même plus comment t’appeler. Les Insus ? Portable ? Riri, Fifi et Loulou Bertignac ? En PCV ? Moi j’aurais opté volontiers pour les Plaies Mobiles, mais je crains que le mal soit déjà fait, puisque vendredi dernier tu as donné le premier de tes concerts du grand retour de Téléphone. (…) J’aurais quand même une question pour toi. Un questionnement philosophique qui me tarabuste depuis les années 80. Qu’est-ce que tu entendais au juste par “Je rêvais d’un autre monde/ Où la terre serait ronde” ? Merci de m’envoyer ta réponse par télégramme. Je t’embrasse pas, j’ai pas de réseau ».

Aubert Pafini (2024)

Et on conclut ce Rewind avec l’actualité d’Aubert, ce Pafini sorti quelques mois avant son soixante-dixième anniversaire (le 12 avril 2025) et le cinquantième anniversaire de sa carrière musicale, qui culminera avec un concert le 13 décembre 2025 à La Défense Arena, plus grande salle couverte d’Europe comptant 40.000 places. La première chanson à émerger de ce disque solaire est « Merveille », louée en des termes flatteurs par Nostalgie.fr : « Aubert aime surprendre son public ! Il est de retour avec un nouveau tube qui va rythmer nos vacances d’été. Mélodie entrainante, amour, soleil, bonne humeur, lâcher prise, la chanson a tous les ingrédients pour devenir un nouveau tube de l’été : “C’est une merveille / Regarder cette vie sans pareil / Cette mer qui scintille au soleil / Et te caresser / C’est une merveille /Aujourd’hui cette vie m’ensorcelle / On va se câliner au soleil / Viens, on va plonger” ».

Éric Jean-Jean
À l’aube de ses 70 ans, Aubert revient avec Pafini et son titre solaire Merveille, avant un concert grandiose à La Défense Arena en décembre 2025.

Dans Le Parisien, Aubert évoque la genèse de cette chanson magique : « Elle est venue comme ça, un cadeau du destin, de la nature, de l’amour. Après mon opération à cœur ouvert (en 2020, pour une anomalie génétique), une voix m’a dit “La mer va te soigner”. J’ai trouvé cet endroit en France avec un rocher, où je suis au paradis. J’étais avec mon amoureuse. Et j’ai voulu partager ça, une chanson à écouter en vacances, pour lâcher prise ».

Couverture Jean-Louis Aubert, une vie en chanson d'Éric Jean-Jean

Renaud Létang, qui a déjà travaillé sur deux albums de Jean-Louis, est aux manettes pour Pafini, accompagné d’un jeune beatmaker de 26 ans, Eliott Sigg, et le tout est mixé par le géant américain Bernie Grundman, qui collabora avec Michael Jackson, Prince, Joni Mitchell, 2Pac et quelques dizaines d’autres pointures. Les onze morceaux de l’album sont accompagnés d’un titre caché disponible sur les versions physiques (CD et vinyle) mais pas sur l’édition digitale. Fin 2024, une version augmentée sort avec quatre inédits, « La Graine », « Alors », « L’Encrier » et « Avant La Fin ». Le titre de cette édition bonus ? Pa (Encore) Fini. Une belle conclusion provisoire pour une carrière toujours en mouvement.

Lecture indispensable pour tous les fans : Jean-Louis Aubert Une Vie En Chansons chez Hugo Doc.

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