Après Netflix le 11 avril dernier, c’est au tour d’Amazon Prime Video de contester la réglementation française sur la chronologie des médias. La plateforme a saisi le Conseil d’État pour dénoncer un accord interprofessionnel signé en février 2025, qui lui impose un délai de 17 mois avant de pouvoir diffuser un film après sa sortie en salle.

Qu’est-ce que la chronologie des médias ?
Pour rappel, la chronologie des médias est un système définissant l’ordre de sortie des films sur différents supports d’exploitation (les salles de cinéma, les DVD/Blu-ray, la télévision et le streaming). Instauré dans les années 1980, son objectif est de protéger l’exploitation en salles et assurer un financement durable du cinéma en France.

Un accord jugé injuste par Amazon
L’accord de février, fruit de négociations serrées entre chaînes de télévision, plateformes de streaming et professionnels du cinéma, s’applique de manière uniforme, y compris aux plateformes qui n’en sont pas signataires. Amazon Prime Video conteste cette décision et demande que la fenêtre de diffusion soit ramenée à 12 mois, sans augmenter sa contribution actuelle à la production française.
Un délai qui dépend des investissements
Le délai accordé à chaque diffuseur dépend de son engagement financier dans le secteur audiovisuel français.
Lire : Une nouvelle chronologie des médias pour 2022
Canal+, premier investisseur (160 millions d’euros par an), bénéficie ainsi d’un accès aux films six mois après leur sortie en salles. Disney+ a récemment obtenu un raccourcissement de son délai à neuf mois, en contrepartie de 25 % de son chiffre d’affaires français.

Un enjeu majeur pour le cinéma français
Derrière cette offensive judiciaire, c’est l’avenir même de la régulation culturelle française qui se joue. Les grandes plateformes internationales dénoncent une architecture pensée pour la télévision linéaire, peu adaptée aux usages numériques actuels. Une victoire d’Amazon ou de Netflix pourrait entraîner une réforme en profondeur de la chronologie des médias, au risque de fragiliser le financement du cinéma français.











