Très attendu après le succès des deux films de Denis Villeneuve, le prequel adapté en format série de six épisodes débarque en Blu-ray. Les Années Laser a réalisé pour vous le test de Dune: Prophecy en Blu-ray UHD 4K. Le film plonge dans les origines secrètes des Harkonnen et de la confrérie des Bene Gesserit, offrant une relecture plus intime de l’univers de Frank Herbert. À travers le prisme des intrigues politiques et des rapports de pouvoir, la série questionne le rôle des individus face aux institutions qui façonnent leurs vies.

En résumé
Dix mille ans avant la venue de Muad’Dib, lorsque le désert n’était encore qu’un murmure, deux sœurs Harkonnen rêvaient déjà de pouvoir. Dune: Prophecy remonte aux sources du Bene Gesserit, cette redoutable confrérie de femmes vouées à la manipulation des lignées, des esprits et du destin galactique. Dans un empire encore convalescent, à peine relevé de la guerre contre les machines pensantes, deux femmes, Valya et Tula, posent les fondations d’un ordre mystico-politique destiné à façonner l’avenir de l’humanité. Une épopée d’avant les sables, tissée de silences, de calculs, de trahisons feutrées.
Loin de la splendeur ample et tellurique des Dune de Denis Villeneuve – dont elle prolonge l’univers sans en égaler le souffle – Dune: Prophecy choisit l’ombre plutôt que l’éclat. Ici, pas de grandes chevauchées dans l’erg, pas d’éblouissements visuels dignes d’un opéra de science-fiction : la série préfère les couloirs oppressants aux plaines infinies, les confrontations verbales aux batailles chorégraphiées. Et c’est justement là qu’elle creuse son sillon. « Je voulais explorer le rapport des individus aux institutions auxquelles ils se soumettent », confie la showrunneuse Alison Schapker. Objectif atteint.

Tout repose sur le duo fascinant formé par Emily Watson (Valya) et Olivia Williams (Tula), deux sœurs brisées par la guerre, affûtées par l’ambition. La première, flamboyante et implacable, impose son autorité par la Voix — arme psychique et rhétorique redoutable. « Prête au pire pour la paix », dit-elle. Et on tremble devant sa foi froide. La seconde, plus silencieuse, incarne cette intelligence reptilienne capable d’attendre son heure en silence avant de frapper au cœur. « Ce n’est pas parce que vous pleurez en donnant le coup de grâce que cela fait de vous une bonne personne », avertit-elle. Le récit, dense et labyrinthique, abonde en complots politiques, manipulations génétiques et affrontements idéologiques. Une figure trouble, Desmond Hart (Travis Fimmel), ancien soldat revenu d’Arrakis avec une haine farouche des Bene Gesserit, vient faire dérailler la prophétie. Entre lui et l’empereur Javicco Corrino (Mark Strong, impérial en souverain chancelant), les sœurs devront jouer la survie de leur ordre sur l’échiquier du pouvoir.
Visuellement soignée, narrativement sophistiquée, Dune-Prophecy cherche à tout embrasser (chronologie éclatée, abondance de personnages et de sous-intrigues empilées) mais semble parfois à l’étroit dans ses six épisodes. Pourtant, malgré ses limites, l’ensemble passionne. Par sa relecture féminine du mythe, par son audace à prendre le contre-pied du spectaculaire, il creuse une veine plus intime, presque sacrée, du monde de Frank Herbert. Comme si, en reculant de dix millénaires, elle éclairait mieux la genèse du désert. Aujourd’hui officialisée, la saison 2 aura encore beaucoup de choses à raconter et, on l’espère, à montrer.

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Du côté des bonus
Coulisses complètes de la série axées sur les effets visuels, la musique, les décors, les costumes, les coiffures et les maquillages ; making-of de chaque épisode ; deux modules sur le scénario ; zoom sur la création des décors ; quiz pointu sur l’univers de la franchise avec six comédiens.

Avis technique
L’encodage HDR 10 apporte aux images un petit surcroît de précision et de luminosité comparé à la déjà excellente édition Blu-ray. Contrairement aux deux films, la VF doit se contenter d’un simple Dolby Digital incapable de rivaliser avec la robustesse multidirectionnelle de la VO Dolby Atmos.
Le mot de la fin
Une première saison fascinante malgré son relatif manque d’action à grand spectacle.











