Grand frère du très apprécié Cayin Jazz 80, le Cayin Jazz 100 en reprend le style néo-rétro, avec ses vumètres à aiguille et ses fonctionnalités modernes comme le récepteur Bluetooth HD. Néanmoins, cette nouvelle version voit les choses en plus grand, tant sur le plan sonore que technique. Confiant la restitution à une paire de tubes 805A, il délivre 2 x 46 watts en pure classe A pour alimenter sereinement la majorité des enceintes du marché. Affiché à 3 990 €, ce nouvel intégré peut-il faire swinguer la musique encore plus intensément que le Jazz 80 ? Réponse après plusieurs semaines d’écoute.

Nous avons aimé :
- La restitution riche, fluide et organique
- La dynamique expressive, sans agressivité
- La scène sonore ample et aérée
- Le design néo-rétro soigné avec vumètres à aiguille
Nous aurions aimé :
- Une entrée symétrique XLR
- Une télécommande un peu plus qualitative
- Pouvoir régler l’intensité du rétro-éclairage
- Un dégagement thermique moins contraignant
L’avis de notre expert
Avec le Jazz 100, Cayin signe un amplificateur à tubes d’exception qui réussit l’équilibre rare entre tradition et modernité. Doté d’une puissance généreuse de 46 W en pure classe A, d’une architecture soignée autour des prestigieux tubes 805A et d’un ensemble de fonctionnalités pensées pour simplifier son usage au quotidien, il parvient à conjuguer raffinement sonore, confort d’utilisation et polyvalence. À l’écoute, le Jazz 100 séduit par la richesse de ses timbres, sa dynamique expressive et la fluidité de sa scène sonore. Que ce soit sur un trio de jazz intimiste, un quatuor à cordes ou une grande fresque orchestrale, cet amplificateur hifi impose un équilibre subtil entre précision, richesse des timbres et clarté. Bien sûr, son gabarit et la chaleur dégagée imposent quelques précautions d’installation, mais c’est le prix à payer pour accéder à une restitution de cette ampleur. En revanche, si le récepteur Bluetooth intégré se montre pratique pour une écoute d’appoint, cela reste davantage une option occasionnellement pratique qu’un véritable argument sur un ampli de cette trempe.
Présentation du Cayin Jazz 100
Conception et design
En 2024, Cayin fêtait ses 30 ans en grande pompe avec une série de nouveautés majeures, dont le très remarqué ampli Cayin Jazz 80. Ce modèle reprenait l’architecture du best-seller Cayin CS-55A KT88 dans une version modernisée, intégrant notamment un récepteur Bluetooth HD et un design revisité au look néo-rétro soigné. Une mise à jour réussie qui nous avait pleinement séduits lors de son test (lire le test du Cayin Jazz 80). Avec le Cayin Jazz 100, le fabricant reprend la même recette, mais en poussant plus loin tous les curseurs : davantage de puissance et d’ambition, et une identité sonore encore plus affirmée.
L’ampli Cayin Jazz 100 reprend le design très réussi du Jazz 80, mais dans une version nettement plus musclée et surdimensionnée. Son gabarit évolue de manière spectaculaire : le poids double quasiment, passant de 17 à 35 kg, en grande partie en raison de son impressionnant trio de transformateurs, avec un transformateur d’alimentation central et deux autres de sortie surdimensionnés, tous encapsulés dans le châssis en aluminium.
Les dimensions suivent la même inflation : le châssis en aluminium passe de 300 x 190 x 385 mm (lxhxp) à plus de 420 x 248 x 389 mm. Un accroissement du volume rendu nécessaire par l’adoption des tubes 805A, bien plus gros que les classiques KT88 ou EL34 du Jazz 80. Le résultat ? Un ampli plus imposant qui demande idéalement quatre bras pour être installé, mais qui en impose et devient un véritable objet de décoration une fois en place. Allumé, le Jazz 100 attire immanquablement le regard. Ses tubes très lumineux et ses vumètres orangés se révèlent hypnotiques. Dommage que l’intensité de ces vumètres ne puisse être réduite lors des séances nocturnes.

Tubes 805A
Alors que les modèles Cayin Jazz 80 KT88 et Jazz EK34 reprenaient les architectures éprouvées des CS-55A KT88 et EL34, le Cayin Jazz 100 exploite un tout nouveau circuit. En amont, on retrouve un étage de tension confié à des tubes Mullard 6JC6 et 6SN7, épaulés par une paire de 6L6 en étage de commande. Ces derniers attaquent ensuite les tubes de puissance 805A, les plus imposants et les plus nobles jamais utilisés dans la série Jazz. Déjà à l’honneur sur l’ampli Cayin CS-805A, ces triodes de puissance sont réputées pour leur restitution chaleureuse et leur richesse harmonique. Fonctionnant en pure classe A, elles permettent au Jazz 100 de délivrer une puissance de 2 x 46 watts sur l’ensemble du spectre, avec une stabilité exemplaire. Une valeur qui pourrait paraître modeste sur le papier face aux amplificateurs à transistors, mais qui, dans le monde des tubes, se traduit par une énergie et une capacité d’entraînement bien supérieures à ce que les chiffres suggèrent. À l’écoute, le Jazz 100 se comporte comme un ampli de 100 watts : généreux, dynamique et parfaitement à l’aise même sur des enceintes exigeantes.

Ce raffinement sonore a néanmoins un prix “thermique” : les 805A dégagent une chaleur considérable, bien plus que de nombreux autres types de tubes. Il est donc indispensable de prévoir une installation sur ou dans un meuble bien ventilé, avec un dégagement suffisant autour de l’appareil pour éviter toute surchauffe.
Réglages simplifiés
L’un des grands atouts des amplificateurs Cayin réside dans leur facilité d’usage. Les réglages de bias, souvent perçus comme le domaine réservé des techniciens, sont ici simplifiés au maximum pour rester accessibles à tous lors d’un changement de tubes. Sur la partie supérieure de l’appareil, deux sélecteurs permettent d’ajuster rapidement le courant de repos des tubes de puissance. Un commutateur dédié transforme les vumètres frontaux en véritables instruments de mesure, en affichant directement la tension de bias appliquée à chaque tube. Une échelle graduée, accompagnée d’un repère visuel précis, indique la valeur optimale à atteindre. Le réglage se fait ainsi en quelques secondes, sans avoir besoin de multimètre ni d’ouvrir le châssis. Deux autres potentiomètres nommés Hum Bal permettent d’ajuster l’équilibre pour supprimer le bruit de fond, même avec des enceintes à très haut rendement.

En façade, l’ampli intègre deux larges potentiomètres en métal ornés d’une bague centrale en verre. Le premier est dédié à la sélection de la source, tandis que le second contrôle le volume. Ce dernier offre une rotation douce et sans à-coups pour assurer un ajustement fluide et précis du volume. Entièrement motorisé, ce potentiomètre s’ajuste automatiquement lorsque l’ampli est piloté à distance. Pour ce faire, Cayin accompagne son ampli d’une télécommande en aluminium massif qui donne accès aux principales commandes : volume, sélection des sources, mise en veille. Seul bémol, une directivité un peu marquée et des touches au léger jeu mécanique viennent nuancer l’impression haut de gamme. Rien de rédhibitoire pour autant : la télécommande reste efficace et agréable à l’usage au quotidien.

Entrées RCA et Bluetooth
La connectique du Cayin Jazz 100 reste fidèle à celle du Jazz 80, avec une configuration centrée sur l’essentiel. On retrouve ainsi trois entrées RCA stéréo, suffisantes pour connecter un lecteur CD, un streamer ou encore une platine vinyle équipée d’un préampli phono. On regrette toujours l’absence d’une entrée symétrique XLR, d’autant plus sur un modèle de cette gamme destiné à s’associer à des électroniques souvent dotées de ces connecteurs. En sortie, en plus des borniers d’enceintes, le Cayin Jazz 100 dispose d’une sortie casque au format jack 6,35 mm pour profiter de la musique avec un casque ou des écouteurs.

Véritable signature de la gamme Jazz, le Cayin Jazz 100 intègre un récepteur Bluetooth 5.0 pour l’écoute sans fil à partir d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur. Ce module prend en charge les codecs aptX, aptX HD et LDAC, garantissant une transmission audio en haute qualité avec un minimum de compression, dans la limite des capacités du Bluetooth. Le codec aptX Low Latency est également de la partie pour assurer une parfaite synchronisation entre le son et l’image lorsqu’on connecte un téléviseur, par exemple.
En sortie de ce module Bluetooth, le signal est confié à un DAC ESS ES9018K2M, bien connu pour sa précision et sa musicalité, avant d’être dirigé vers l’étage de préamplification à tubes. Le résultat est étonnamment convaincant pour une écoute sans fil : la scène sonore reste aérée, les timbres sont bien texturés et la chaleur des tubes apportent une âme aux fichiers numériques. Cela dit, la liaison filaire reste à privilégier pour tirer toute la quintessence de l’ampli.
Mise en œuvre
La mise en place de l’ampli Cayin Jazz 100 s’effectue très rapidement. Une fois les protections en mousse et les blocs de polystyrène retirés, l’appareil est prêt à l’emploi. Les tubes sont livrés préinstallés, ce qui évite toute manipulation délicate : il suffit de raccorder l’ampli au secteur et d’y connecter les sources audio pour commencer l’écoute. Pour ce test, nous avons écouté le Cayin Jazz 100 avec les enceintes bibliothèque Elipson 402 Tribute, ainsi que les colonnes KEF R5 Meta et Sonus Faber Sonetto III G2. La source utilisée était le lecteur Cambridge Audio EXN100

Note de l’expert
Comme tout ampli à tubes, il est recommandé de laisser chauffer l’appareil une dizaine à une vingtaine de minutes avant chaque session. Ce temps de chauffe permet non seulement aux composants de fonctionner dans des conditions optimales, mais contribue aussi à préserver la longévité des tubes en évitant les montées en température trop brusques. Une routine vite intégrée et qui fait partie du rituel d’écoute associé à ce type d’électronique.
Impressions d’écoute
Le Cayin Jazz 100 offre une restitution sonore vivante et nuancée, typique des tubes 805A. Loin de la mollesse de certaines lampes, l’écoute est ici énergique, vivante, avec des écarts dynamiques d’une grande précision. Les crescendos orchestraux se déploient avec une aisance naturelle, sans compression ni dureté. Les attaques sont franches mais nuancées, les silences respectés. Sur les grandes œuvres orchestrales de Mahler, Bruckner ou Stravinsky, l’ampli gère les montées en tension avec une aisance surprenante. Il ne s’essouffle pas dans les tutti les plus denses et laisse la musique respirer, apportant aux masses orchestrales articulation et transparence. La micro-dynamique est également au rendez-vous. Les moindres inflexions, les respirations d’un chanteur, les frottements sur une corde ou la résonance d’une caisse claire sont restitués avec un naturel désarmant et une très grande clarté.

L’ampli Cayin Jazz 100 offre une très belle ouverture, avec une scène sonore profonde et une excellente séparation des plans. Les voix s’ancrent solidement au centre, les instruments trouvent instinctivement leur place dans l’espace, et les réverbérations naturelles s’étendent distinctement, matérialisant efficacement l’acoustique de la salle d’enregistrement. À mesure que l’ampli se rode, cette scène sonore gagne progressivement en ampleur, en fluidité, en relâchement. Ce phénomène est particulièrement perceptible après quelques dizaines d’heures de fonctionnement.
À l’usage, on constate aussi que le Cayin Jazz 100 donne le meilleur de lui-même après une bonne heure de chauffe. C’est à ce moment-là que la scène sonore atteint un déploiement optimal : les bords s’élargissent, le fond de scène se creuse davantage et l’ensemble gagne en cohérence comme en lisibilité. Les orchestres s’expriment avec une envergure majestueuse, les instruments se matérialisent avec davantage de poids et les enregistrements live prennent une dimension très réaliste.

Le Cayin Jazz 100 ne cherche pas l’ultra-neutralité et c’est tant mieux. Il assume pleinement la richesse de ses tubes 805A, avec des timbres pleins et charnels, mais jamais colorés à l’excès. Sur les voix, le résultat est splendide : un grain délicat, un souffle maîtrisé, une articulation toujours lisible. Les registres médium et aigu bénéficient d’un équilibre subtil entre douceur et définition. Sur un enregistrement comme Come Away With Me de Norah Jones, la chanteuse semble littéralement se matérialiser entre les enceintes, dans une bulle de silence. Les cuivres de Miles Davis sur Kind of Blue prennent une patine légèrement dorée, très analogique, sans jamais sombrer dans la mollesse. C’est là tout le talent des tubes 805A qui brillent par leur capacité à conjuguer la chaleur et la richesse des timbres à une dynamique expressive et une grande clarté de restitution. Une alchimie rare qui donne vie à la musique sans la brouiller.

Cayin Jazz 100 vs Cayin CS-150A
Commercialisé à 4 490 €, le Cayin CS-150A mise clairement sur la transparence et l’énergie. Sa restitution se montre plus directe, plus incisive, avec une dynamique très affirmée et une grande lisibilité du message musical. Les attaques gagnent en fermeté, les écarts dynamiques en relief, et la scène sonore s’ouvre avec une ampleur impressionnante, notamment en largeur. L’effet tridimensionnel, presque holographique, ravira les amateurs de spatialisation poussée et de précision analytique. En face, le Jazz 100 cultive une approche plus charnelle. Sa signature plus douce et organique met l’accent sur la richesse des timbres et la fluidité entre les registres. Le médium est dense, avec un rendu des textures d’une grande sensualité. Moins spectaculaire sur les attaques, il compense par une restitution plus enveloppante et une écoute prolongée particulièrement agréable. Si le Cayin CS-150A impressionne, le Cayin Jazz 100 séduit. Deux écoles du tube, avec dans les deux cas, un niveau de performance qui force le respect.
À qui s’adresse cet ampli ?
Le Cayin Jazz 100 conviendra particulièrement aux mélomanes sensibles aux timbres, aux textures et à la richesse harmonique, sans pour autant renoncer à la dynamique ni à la clarté. Grâce à ses 46 watts en pure classe A, il peut alimenter une large variété d’enceintes, y compris des modèles de faible rendement ou dotés de gros haut-parleurs de grave. Avec son réglage simplifié du bias, il conviendra également aux débutants pour qui la technologie à lampes fait habituellement peur. Enfin, son design néo-rétro, ponctué de vumètres à aiguille et d’un châssis aux lignes élégantes, ravira les amateurs d’électroniques aussi belles à regarder qu’à écouter. À condition, toutefois, de lui accorder l’espace qu’il mérite : le Jazz 100 chauffe abondamment et nécessite une bonne ventilation pour fonctionner dans des conditions optimales.
Questions fréquentes
Oui, grâce à ses 46 watts en pure classe A, le Cayin Jazz 100 peut alimenter une large variété d’enceintes, y compris des modèles de rendement moyen ou équipés de haut-parleurs de grave exigeants. Pour les enceintes très gourmandes, il est recommandé de l’utiliser dans une pièce de taille raisonnable.
Comme tout ampli à tubes, le Cayin Jazz 100 nécessite un temps de chauffe idéal d’environ 10 minutes avant d’envoyer le signal pour limiter l’usure des lampes. Après environ une heure de fonctionnement, la scène sonore atteint sa plénitude : plus large, plus profonde, plus cohérente.
Cayin simplifie cette opération grâce à deux sélecteurs sur le dessus de l’appareil et un commutateur permettant de transformer les vumètres en indicateurs de bias. Une échelle avec repères visuels indique la bonne valeur à atteindre. Aucun outil n’est nécessaire.
Le Jazz 100 dispose d’une sortie casque au format jack 6,35 mm en façade. Elle permet d’écouter avec un casque, avec une restitution fidèle à la signature du tube.
Oui. Les tubes 805A génèrent une chaleur importante. Il est impératif de placer l’ampli dans un meuble bien aéré, avec un espace suffisant autour pour dissiper la chaleur et garantir un fonctionnement optimal.












J aime le timbre,transparence,dynamique, douceur , finesse,
Bonsoir , avez vous une preference entre le 805 jazz et kt150 cayin? merci
En fait en dehors des 2 électroniques, il y a une grosse différence sonore entre des tubes 805A et KT150.. le plus simple et de pouvoir les comparer et en fonction de votre style musical et de vos oreilles vous trouverez votre bonheur !