Nous avons aimé
- Pouvoir basculer instantanément entre amplification à transistors et à tubes
- La douceur des tubes et la dynamique du transistor
- La puissance développée
- Le système de fixation magnétique
Nous aurions aimé
- Une autonomie plus généreuse
- Une interface légèrement plus évoluée, l’écran restant minimaliste
L’avis de notre expert
Avec le RU9, Cayin signe un ampli casque portable qui bouscule les codes et s’impose comme une proposition unique sur le marché. La possibilité de basculer d’une amplification à transistors analytique et pointue à une amplification à tubes plus chaleureuse et douce permet d’adapter instantanément la signature aux musiques écoutées, à l’envie du moment et facilite l’association à n’importe quel type de casque, des modèles monitoring aux casques électrostatiques ou Planar Magnetic. Il forme une solution idéale pour améliorer l’écoute avec un smartphone ou un ordinateur grâce à son double DAC AKM qui décode tous les formats modernes jusqu’en 32 bits / 768 kHz et DSD512. Ses seules limites tiennent à une autonomie modeste en usage nomade et à un format un peu plus encombrant qu’un dongle classique. Mais ces concessions sont largement compensées par la qualité sonore et la flexibilité qu’il apporte aussi bien sur un bureau qu’en déplacement. Un compagnon idéal pour les mélomanes exigeants qui veulent transporter partout l’émotion du son à tubes, sans renoncer à la précision du transistor selon le casque utilisé.
Chaleureuse et raffinée, la musicalité incomparable du tube migre progressivement en dehors de la maison avec l’ampli casque portable Cayin RU9. Dernière innovation du spécialiste des électroniques à lampes, il laisse le choix entre une amplification à transistors ou à tubes pour adapter le rendu sonore à ses envies. Avec ses 1000 mW sous 32 ohms, ainsi que des sorties symétrique et asymétrique, il promet de sublimer tout casque ou écouteurs, tandis que son double DAC AKM de dernière génération assure la lecture des musiques jusqu’à 32 bits / 768 kHz et DSD512 à partir d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur. L’écoute sans fil est aussi possible en Bluetooth aptX HD, LDAC et aptX Low Latency. Mais ce petit DAC tout-en-un rivalise-t-il avec un ampli casque à lampes de salon ?

Présentation
Conception et ergonomie
L’ampli casque portable Cayin RU9 est conçu autour d’un châssis en aluminium usiné CNC qui inspire solidité et durabilité. Les finitions sont impeccables : arêtes polies, surface mate résistante aux traces et assemblage précis qui rappelle le soin porté par Cayin à ses électroniques de salon. Malgré la présence d’un étage à tubes, l’appareil conserve un format étonnamment compact, avec une épaisseur de seulement 15 mm pour un poids d’environ 150 g. S’il dénote naturellement face aux DAC ultra-discrets que l’on oublie dans la poche, le Cayin RU9 reste facilement transportable dans une poche de pantalon ou de veste.

En outre, le Cayin RU9 est livré avec une pochette en cuir qui, en plus de protéger l’appareil, permet de le fixer directement au dos d’un smartphone compatible avec la charge sans fil de type MagSafe grâce à son système magnétique intégré. L’ensemble prend alors la forme d’un bloc compact, facilement transportable d’une seule main. Notez que la fixation magnétique est également possible sans la coque. Le maintien est dans les deux cas très bon, à condition d’utiliser un smartphone sans coque ou un étui compatible avec les accessoires magnétiques.

L’ergonomie est sobre, avec en façade un petit écran de 0,96″ affichant les informations essentielles : niveau de volume, taux d’échantillonnage, mode d’amplification ou encore type de connexion. Malgré sa taille réduite et une interface qui peut paraître datée, l’affichage reste clair et parfaitement lisible, même en plein jour. Il permet de vérifier d’un coup d’œil les réglages actifs, ce qui évite de passer par une application tierce. Le réglage du volume s’effectue au moyen d’une molette crantée, à la fois précise et agréable à manipuler. Elle sert également de commande pour naviguer dans les menus et ajuster certains paramètres comme le gain, le choix de la source d’entrée ou le filtre du DAC. Ce n’est pas la solution la plus intuitive pour explorer de nombreux réglages, mais ces ajustements ne sont pas destinés à être modifiés fréquemment.

Pour compléter cette interface, quelques boutons physiques situés sur les flancs permettent de contrôler la lecture (lecture/pause, changement de piste), de sélectionner le mode d’amplification ou encore de basculer entre l’alimentation sur batterie et l’alimentation secteur.

Triple mode d’amplification
Cayin est maître dans la conception d’électroniques à tubes, avec de nombreux amplis hi-fi de référence. En 2018, la marque devient la première à utiliser une version miniaturisée de cette technologie pour l’intégrer dans un baladeur avec le Cayin N8, puis le Cayin N8 II et le Cayin N3 Ultra. Ces derniers rencontrent un succès retentissant grâce à leurs excellentes performances musicales. La marque chinoise décline par la suite cette technologie dans un ampli casque portable avec le Cayin C9.
Le nouveau Cayin RU9 s’inscrit comme le petit frère de ce dernier dont il reprend l’approche hybride. Son étage à tubes se base ainsi sur la cinquième génération de lampes subminiatures Korg Nutube 6P1. Ces derniers sont des doubles triodes miniaturisées qui offrent un fonctionnement similaire à un ampli à tubes pour profiter d’une restitution chaleureuse et naturelle, tout en chauffant moins que des lampes traditionnelles. Ces deux tubes sont visibles à travers deux grilles alvéolées en façade du DAC. Ils rayonnent d’un vert éclatant dans la pénombre et soulignent l’élégance de l’appareil. Ils assurent également la dissipation thermique, limitant ainsi l’échauffement de l’appareil, même après plusieurs heures d’utilisation. On peut ainsi le prendre en main ou le placer confortablement dans la poche.

Les ingénieurs de Cayin ont conçu et ajusté avec minutie les boucles de contre-réaction négative des lampes pour offrir des timbres distinctifs et introduire la fonction Dual Tube Timbre. Celle-ci laisse le choix entre le mode Modern Tube qui atténue les distorsions et maximise la finesse des détails, tout en conservant la signature du son à lampes ou le mode Classic Tube qui offre un caractère plus riche en harmoniques. Cet ampli casque Cayin propose aussi une amplification exclusivement à transistors pour une dynamique accrue. Celle-ci repose sur une architecture à quatre canaux avec deux modules OPA1662 de Texas Instruments et quatre transistors de puissance Nexperia. Ce triptyque permet d’adapter l’écoute au casque associé comme au style musical.
Qu’il fonctionne en mode tube ou en mode transistors, le Cayin RU9 délivre des performances de haut vol, avec une puissance qui peut grimper jusqu’à 1000 mW sous 32 ohms en sortie symétrique et 420 mW en asymétrique. Une réserve d’énergie qui lui permet d’alimenter sans effort la quasi-totalité des casques hi-fi et des écouteurs, même les modèles les plus exigeants. Pour optimiser le mariage, trois niveaux de gain sont disponibles. Il convient toutefois de préciser que cette puissance maximale n’est atteinte qu’avec une alimentation USB externe. En fonctionnement sur batterie, la puissance reste déjà très confortable, avec 620 mW en symétrique et 310 mW en asymétrique, des valeurs amplement suffisantes pour couvrir la grande majorité des casques et intras.

Alimentation batterie ou USB
Contrairement à la majorité des DAC/amp portables qui se contentent de puiser dans la batterie du smartphone auquel ils sont connectés, le Cayin RU9 embarque sa propre batterie interne de 2 000 mAh. Ce choix technique présente deux avantages : préserver l’autonomie du téléphone et garantir une alimentation plus stable pour les étages analogiques. En utilisation courante, le RU9 fonctionne donc sur sa batterie interne, avec une autonomie moyenne comprise entre 3 et 5 heures selon le mode d’écoute choisi (tube ou transistors, sortie asymétrique ou symétrique). C’est un compromis acceptable compte tenu de la puissance de sortie et de la technologie embarquée, mais cela impose de recharger régulièrement l’appareil si l’on envisage de longues sessions en déplacement.

Cayin a également pensé ce DAC pour un usage sédentaire, notamment sur un bureau. En mode dongle, l’appareil désactive sa batterie pour s’alimenter directement par le périphérique USB auquel il est relié. Cela permet d’économiser la charge interne lorsqu’il est connecté à un ordinateur, par exemple. Enfin, en mode DC, le RU9 se branche à une alimentation USB externe à l’aide d’un port USB-C dédié. C’est dans ce contexte qu’il libère tout son potentiel, en activant automatiquement le mode Hyper, lequel autorise une puissance maximale de 1000 mW sous 32 ohms en symétrique.
Une connectique complète
Sur la partie casque, on retrouve à la fois une sortie asymétrique 3,5 mm et une sortie symétrique 4,4 mm. Cette double possibilité ouvre la porte à tous les types de casques et d’intras. À cela s’ajoute un port mini-jack 3,5 mm S/PDIF, capable de fonctionner en entrée comme en sortie coaxiale. Il devient ainsi possible de relier directement une source numérique, comme un lecteur CD, ou d’associer le RU9 à un DAC externe. La lecture des musiques stockées sur un smartphone, une tablette ou un ordinateur est possible à partir du port USB-C dédié. Un second port USB-C d’alimentation permet quant à lui de recharger l’appareil ou de l’alimenter en continu depuis le secteur, tout en maintenant l’écoute active. Le RU9 peut donc fonctionner sans interruption, même pendant la charge.

Bluetooth aptX HD et LDAC
En plus des connexions filaires, l’ampli casque Cayin RU9 est équipé d’un contrôleur Bluetooth 5.1 Qualcomm QCC 5125. Celui-ci permet la diffusion sans fil à partir de tout smartphone, tablette ou ordinateur. En plus des codecs basiques SBC et AAC, il prend en charge les formats haute résolution LDAC et aptX HD, ainsi que l’aptX Low Latency pour minimiser la latence avec les contenus vidéo. De quoi profiter de la signature Cayin même en écoute sans fil, avec une qualité bien supérieure à la moyenne des liaisons Bluetooth classiques.

DAC 32 bits / 768 kHz et DSD512
Pour tirer le meilleur de son amplification hybride, le DAC Cayin RU9 intègre un étage de conversion de très haute volée avec l’intégration de deux puces AKM AK4493SEQ, réputées pour leur signature chaleureuse et douce. Ces DAC sont montés en configuration symétrique pour réaliser un traitement indépendant de chaque canal. Ce choix technique permet d’améliorer la séparation des canaux, de réduire la diaphonie et d’optimiser le rapport signal/bruit. Le traitement du signal est confié à un contrôleur XMOS XU316, l’une des puces USB les plus modernes et puissantes du marché. Avec ses 16 cœurs de calcul, elle assure une transmission fluide, une compatibilité totale avec Windows, macOS, Android et iOS, ainsi qu’une gestion optimale des flux PCM et DSD. Ainsi, le DAC Cayin RU9 assure la prise en charge de la majorité des formats audio jusqu’à une très haute résolution de 32 bits / 768 kHz et DSD512.

Mise en œuvre
Dès l’ouverture de la boîte, le Cayin RU9 est directement opérationnel. Le câble USB-C inclus permet de le relier facilement à un smartphone Android, à un ordinateur portable ou à une tablette. Pour les utilisateurs d’un iPhone ou iPad d’ancienne génération, un adaptateur Lightning vers USB-C (non inclus) sera nécessaire pour profiter de toutes ses fonctionnalités. L’écran OLED frontal et la molette crantée facilitent ensuite la prise en main. Le changement de mode d’amplification, l’ajustement du gain ou la sélection de l’entrée se font en quelques clics seulement. Pour ce test, nous l’avons associé à une vaste gamme de casques, allant des modèles ouverts Meze 105 Silva, Sennheiser HD800S, Audeze LCD-2, Focal Hadenys et Fiio FT5 (Planar-Magnetic), en passant par les casques fermés Focal Azurys, Meze 99 Classics et Denon AH-D7200.

Impressions d’écoute
Mode transistors
Avec l’amplification à transistors, l’ampli casque Cayin RU9 affiche une restitution claire et parfaitement maîtrisée. Les attaques sont franches, les transitoires nettes et la scène sonore se déploie avec une excellente clarté. Sur un casque exigeant comme l’Audeze LCD-2, la dynamique s’exprime sans retenue, avec un grave ferme et profond, parfaitement tenu. Les voix ressortent avec naturel et sans coloration excessive, tandis que les aigus filent haut sans jamais devenir agressifs. Ce mode privilégie une écoute analytique et transparente, tout en conservant suffisamment de matière pour éviter la sécheresse d’une neutralité trop clinique.

Mode tube moderne
Le passage au mode tube moderne modifie légèrement la signature. Sans offrir la coloration d’un véritable ampli à lampes EL34 ou 300B, l’atmosphère se pare d’une certaine douceur et de légèreté. Le médium gagne en densité, les timbres se font plus charnels et les instruments acoustiques révèlent une texture subtilement plus chaleureuse. Sur un enregistrement de jazz avec l’album Ascenseur pour l’échafaud de Miles Davis, la contrebasse prend de l’ampleur et le piano sonne plus rond, avec un poids supplémentaire qui ajoute du réalisme à la scène. L’effet reste suffisamment léger pour que la restitution conserve sa rigueur initiale, avec des contours nets, une scène sonore avec une belle aération, et un grave impactant. C’est probablement le réglage le plus polyvalent qui marie la richesse du tube avec un contrôle proche du transistor.
Mode tube classique
Enfin, le mode Classic Tube incarne davantage l’essence du son à lampes. La restitution se fait plus moelleuse, avec un renforcement de la douceur dans le haut du spectre. Les cymbales brillent moins et s’intègrent davantage dans le tissu musical. Les voix sont magnifiées, légèrement mises en avant, avec une chaleur et une proximité qui créent une forte intimité. Sur un casque réputé analytique comme le Sennheiser HD800S, ce mode transforme l’écoute, gommant l’éclat parfois trop incisif de l’aigu pour le remplacer par une fluidité très agréable. C’est le réglage qui séduit le plus pour des sessions longues et reposantes, ou pour redonner de la musicalité à des casques un peu trop techniques. En contrepartie, on perd légèrement en finesse des détails dans les aigus et les basses se font plus douces.

Cayin RU9 vs Chord Mojo 2
Face au Chord Mojo 2, référence incontournable des DAC et amplis portables, le Cayin RU9 joue une partition différente. Là où le Mojo 2 mise avant tout sur une restitution extrêmement précise et transparente, avec une gestion numérique d’une rare sophistication grâce à son DSP interne, le RU9 séduit par sa polyvalence sonore avec ses trois modes d’amplification, dont deux exploitent la chaleur du Nutube. Le Mojo 2 conserve l’avantage d’une autonomie plus généreuse et d’une approche résolument analytique, tandis que le RU9 offre une expérience plus modulable, capable de passer de la neutralité du mode transistor à une musicalité feutrée en mode tube. Deux philosophies qui se complètent plus qu’elles ne s’opposent : le Mojo 2 incarne la rigueur britannique, le RU9 la générosité et la flexibilité à la manière Cayin.
À qui s’adresse le Cayin RU9 ?
Le Cayin RU9 s’adresse aux amateurs de l’écoute au casque qui aiment garder la main sur la sonorité de leur système, en choisissant à tout moment entre la rigueur des transistors et la chaleur du tube Nutube, selon la musique écoutée ou l’humeur du moment. Polyvalent, il trouve aussi bien sa place en utilisation nomade qu’en configuration sédentaire. Son format compact et son alimentation USB en font un excellent ampli casque de bureau, capable de se glisser sans encombre sur un poste de travail tout en offrant des performances dignes d’électroniques plus imposantes. En mobilité, il sera plus adapté à de courtes sessions comme les trajets quotidiens en raison de son autonomie maximale de 3 à 5 heures. Pour de plus longs déplacements, il faudra compter sur la batterie du smartphone associé, prévoir une batterie externe ou anticiper une recharge pour prolonger l’écoute.

FAQ – Questions fréquentes
Oui. Grâce à sa puissance pouvant atteindre jusqu’à 1000 mW sous 32 ohms en sortie symétrique (avec alimentation externe), le RU9 est capable de piloter sans difficulté des casques gourmands. Même sur batterie, ses 620 mW suffisent à la grande majorité des casques et intras audiophiles.
L’autonomie varie entre 3 et 5 heures selon le mode utilisé (tube ou transistors, sortie symétrique ou asymétrique). Cela le rend idéal pour les trajets quotidiens, mais pour de longs voyages, il est conseillé d’utiliser une batterie externe ou de le relier au secteur.
Oui. Le RU9 propose trois signatures distinctes : un mode transistor neutre et précis, un mode tube moderne, équilibré et musical, et un mode tube classique plus chaleureux et feutré. Cela permet d’adapter l’écoute au casque employé comme au style musical.
Il dégage un peu de chaleur, surtout en mode tube et en sortie symétrique à forte puissance. Cependant, la dissipation est bien maîtrisée : l’appareil reste confortable en main et ne présente aucun risque d’utilisation.
Le Cayin RU9 intègre le Bluetooth 5.1 avec prise en charge des codecs haute résolution LDAC et aptX HD, mais aussi aptX Low Latency pour le visionnage de films et AAC pour les appareils Apple. La qualité reste inférieure au mode filaire, mais l’expérience est très satisfaisante pour une utilisation pratique au quotidien. À noter que le Bluetooth est uniquement utilisable en réception et non en émission.
Oui, il fonctionne parfaitement avec les appareils iOS équipés d’un port USB-C. Pour les modèles d’ancienne génération, un adaptateur Lightning vers USB-C (non inclus) sera nécessaire.
Oui. Grâce à son double port USB-C, il est possible de l’alimenter ou le recharger via l’un tout en l’utilisant comme DAC/ampli via l’autre.
Sous macOS et Linux, aucune installation n’est nécessaire. Sous Windows, un pilote ASIO Cayin permet de profiter pleinement des flux hi-res jusqu’en 32 bits / 768 kHz et DSD512.











