Test : amplificateur numérique NuForce DDA-100

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L'amplificateur stéréo numérique NuForce DDA-100
L’amplificateur stéréo numérique NuForce DDA-100 est disponible en finition argentée et noire

L’amplificateur stéréo numérique NuForce DDA-100 est l’un des modèles les plus intrigants de la marque californienne, présenté comme 100 % numérique. Uniquement équipé d’entrées S/PDIF et USB, le NuForce DDA-100 n’effectue aucune conversion numérique-analogique, mais transforme les signaux PCM en signaux PWM avant filtrage, directement dans l’étage de puissance. Avec 2×50 W développés sous 8 Ohms (2×75 W sous 4 Ohms), le NuForce DDA-100 présente des caractéristiques à priori suffisantes pour une écoute Hi-Fi ou home-cinéma stéréo. Que vaut vraiment ce petit ampli numérique à l’épreuve d’enceintes colonne exigeantes ? Surprise…

NuForce DDA-100 : contenu du carton

Chez NuForce, l’expérience utilisateur commence avec la boîte du NuForce DDA-100, conçue à la manière des emballages de produits high-tech. Pas de carton recyclé ici, mais une boîte joliment finie. De bonne augure. A l’intérieur, l’amplificateur NuForce DDA-100 est accompagné d’un câble d’alimentation avec ferrite anti-parasites et d’une télécommande de type carte de crédit (avec sa pile CR2025).

Le NuForce DDA-100 est compact et léger
Le NuForce DDA-100 est très compact et léger
La mini télécommande du NuForce DDA-100
La télécommande du NuForce est aussi dépouillée que l’amplificateur qu’elle pilote

 L’installation

L’amplificateur NuForce DDA-100 que nous avons testé est un modèle Silver (il existe également en Noir). Compact et léger, il bénéficie d’une robe en aluminium brossé, au grainage impeccable. La face avant est percée de micro-perforations laissant apparaître deux afficheurs LED, l’un pour l’entrée active et l’autre pour l’indication du volume d’écoute. Le logo NuForce est gravé au centre. Enfin, sur la droite, on trouve le potentiomètre de volume cranté.

La face arrière comprend une entrée audio numérique S/PDIF coaxiale RCA, deux entrées S/PDIF optiques Toslink, une entrée USB (type B) et une sortie S/PDIF optique Toslink. Les borniers d’enceintes à vis sont compatibles avec les fiches bananes.

Borniers HP du NuForce DDA100
Il est conseillé d’utiliser des fiches bananes pour connecter des câbles d’enceintes de section supérieure à 1 mm².

Curieusement, l’orifice d’insertion pour les câbles d’enceintes est très petit et ne laisse rentrer que du câble de section de 1 mm² au maximum. Nous avons donc utilisé des fiches bananes pour y loger notre câble d’enceintes Norstone Silver 150.

Face arrière du NuForce DDA100
Le NuForce DDA-100 dispose de 4 entrées numériques compatibles PCM stéréo

La configuration de test

Nous avons testé le NuForce DDA-100 avec les enceintes compactes Klipsch RB-51, les enceintes colonne Q Acoustics 2050i et enceintes colonne Focal Aria 926.

Enceintes colonne Focal Aria 926
Les enceintes colonne Focal Aria 926 ont été testées avec le NuForce DDA-100

Trois sources audio numériques ont été utilisées lors de ce test : un lecteur réseau Pioneer N-50 (connecté avec un câble coaxial numérique), un ordinateur portable (connexion USB) et un téléviseur LG (via sa sortie S/PDIF Toslink). Avec le lecteur réseau Pioneer N-50, nous avons écouté des radios Internet, ainsi que des fichiers MP3, FLAC CD et FLAC HD stockés sur un NAS Synology DS212j. Depuis le téléviseur LG, outre quelques programmes de la TNT, nous avons surtout écouté des films et concerts en DTS et Dolby Digital, downmixés en stéréo par un lecteur Dune HD TV-101 et un lecteur multimédia Zappiti Player Mini.

L’ergonomie

L’utilisation du NuForce DDA-100 est simplissime. Il doit être mis sous tension via un interrupteur logé en face arrière, puis allumé par le biais de sa télécommande ou bien par un appui long sur le potentiomètre de volume. Le changement d’entrée s’effectue via la télécommande, ou en appuyant autant de fois que nécessaire sur le potentiomètre de volume en façade. La télécommande permet d’atténuer l’afficheur LED, en appuyant simultanément sur les touches ON et INPUT.

L'afficheur LED du NuForce DDA-100
L’afficheur LED du NuForce DDA-100 est composé d’une multitude de microdiodes rouges

Premières impressions

On doit le dire, ce NuForce DDA-100 nous a fait dès les premiers instants forte impression… tout en nous déroutant complètement. Alors que nos repères auditifs du moment nous inclinaient à écouter de préférence des fichiers FLAC issus de conversion SACD ou téléchargés depuis HDtracks ou Qobuzz, nous avons pris un infini plaisir à écouter « Jazz à Fip » streamé en MP3 à 128 Kbits/sec. Clairement, le son de l’amplificateur NuForce DDA-100 diffère fondamentalement de ce que donnent à entendre la plupart des amplificateurs intégrés.

Pas un instant et quels que soient les fichiers audio écoutés, nous avons noté la moindre dureté ou agressivité.

Passées quelques heures de rodage, l’amplificateur NuForce DDA-100 nous a semblé gagner en rendement. Le son proposé est extrêmement nuancé, ne faisant aucun cadeau aux mauvaises prises de son, qui sont livrées brutes de décoffrage. En cela, force est de constater que les mixages des pistes audio des disques Blu-ray sont bien mieux balancées que la plupart des CD-Audio. Mais nous y reviendrons plus tard.

La version SACD de la Cantate Domino, éditée par Proprius
La version SACD de la Cantate Domino, éditée par Proprius

Les écoutes

Devant tant de douceur et de rigueur, nous avons décidé d’écouter des titres « difficile », à la fois avec nos enceintes colonne Q Acoustics 2050i et Focal Aria 926 (dont vous pourrez prochainement lire notre test). Dans un premier temps, nous avons utilisé le Pioneer N-50, dont la sortie S/PDIF optique est excellente. En écoutant des radios web, notamment FIP, nous avons pu constater qu’un flux audio MP3 à 128 Kbps peut être une source de musique, sinon de plaisir auditif. Les différences marquées entre les différents morceaux diffusées sont épatantes. Si vous doutiez de la qualité des radios web, écoutez donc FIP avec le NuForce DDA-100 pour vite changer d’avis.

Le NuForce DDA-100 est impitoyable avec les mauvais enregistrements.

Jack Nitzsche – The Last Race (Death Proof, MP3)

Un titre agressif à souhait où les vrombissements d’une Mustang, côtoient cuivres et cordes, le tout écrasé par une guitare électrique lourde et saturée. C’est bien simple, rien ne déborde avec le NuForce DDA-100 et malgré le mixage mono, on distingue clairement les déplacements de la Mustang.

Muse, Knights of Cydonia (HAARP, FLAC 16/441,)

Une prise de son comprimée, un vacarme pas simple à délier, où la guitare basse est planquée derrière les logorrhées et le jeu de guitare frénétique de Matthew Bellamy. Le résultat est d’une platitude assez affligeante, mais on ne peut guère incriminer le NuForce DDA-100. Le mixage est ainsi fait, voilà tout. On aimerait vibrer, mais la magie ne prend guère. On se dit que les « ingés son » auraient peu mieux faire… Toutefois, il y a un étagement sonore indiscutable.

RadioHead, You and whose army (Amnesia, FLAC 16/441,)

Atmosphérique et vaporeuse, cette pépite de Radiohead mérite toujours plus d’éclairage et de relief, la voix de Thom York étant lourdement bricolée. Le NuForce DDA-100 offre une restitution d’une grande profondeur :  totalement planant.

Björk, Hunter (Homogenic, FLAC 16/441,)

Un titre de référence pour tester les performances dans le grave d’un ampli ou d’enceintes. La basse synthétique qui ouvre la chanson est rendue avec un contrôle sidérant par le NuForce DDA-100. Le niveau de grave produit est bluffant : nos Q Acoustics 2050i grognent à en donner le frisson. L’ampli tient les haut-parleurs d’une main de fer, sans donner l’impression de forcer alors qu’on pousse le volume. A mesure que la voix de Björk s’envole, portée par les cordes et l’accordéon, le NuForce DDA-100 fait montre d’une parfaite maîtrise.

Le potentiomètre de volume du NuForce DDA-100
Le potentiomètre de volume du NuForce DDA-100 fait aussi office de sélecteur d’entrée

Hey Now, London Grammar (If You Wait, FLAC 24/44,1)

Décidément, lorsqu’un mixage est bon, cela s’entend. On est pas habitué à tant d’aération. Lorsque la batterie électronique vient donner de la grosse caisse, lourdement appuyée par la basse électrique… on frissonne de plaisir.

Le NuForce DDA-100 malgré son tout petit gabarit est un cador dans le grave

Cantate Domino, Oscar’s Motet Choir (Cantate Domino, FLAC 24/88,2)

Une prise de son légendaire datant de 1976, proposée par HDtracks en qualité studio. La Cantate Domino est restituée avec délicatesse et intensité, l’acoustique de l’église étant très crédible. Malgré le souffle de l’enregistrement, on se laisse emporter par les ch?urs et l’orgue majestueux. Pas une once d’agressivité lors de nos écoutes, même si la neutralité du NuForce DDA-100 a brisé nos souvenirs d’un grave plus opulent.

Ma Benz, NTM (Suprême NTM, FLAC 16/44,1 kHz)

En général un calvaire pour les enceintes et les électroniques, tant la boite à rythme et la basse « tabassent », au point qu’on a toutes les peines du monde à comprendre le flot de Lord Kossity. Le NuForce DDA-100 se déchaîne mais avec une rigueur irréprochable. Tout se tient. On en a la mâchoire décrochée. Çà « zoom zoom zang » en tout cas…

Le NuForce DDA-100 fait des miracles en home-cinéma
Le NuForce DDA-100, adapté au home-cinéma en stéréo ?

A l’épreuve du home-cinéma

C’est la très très bonne surprise pour qui voudrait un système minimaliste pour écouter en stéréo des concerts et films Blu-ray : le Nu-Force DDA-100 est plus que convaincant. C’est bien simple, il nous a bluffé par l’ampleur de la scène sonore proposée, notamment avec les Q Acoustics 2050i. Nous avons passé en revue tous les principaux films d’actions taillés pour la démo, notamment les récents Pacific Rim et Star Trek Into Darkness. Le niveau d’infra-grave produit est tout simplement stupéfiant, quel que soit le niveau d’écoute. Evidemment, il y a des limites aux capacités du NuForce DDA-100, mais nous ne les avons pas effleurées lors de nos écoutes dans un salon de 20 m² (certes dans le respect de notre voisinage).

Star Trek Into Darkness en DTS « downmixé » a fini de nous convaincre que le NuForce DDA-100 est une réussite.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en plus d’offrir un grave nuancé et profond à niveau soutenu, le NuForce DDA-100 a su créer une scène sonore surround à partir de deux enceintes. Cette polyvalence en Hi-Fi et home-cinéma – certes stéréo – est rarissime.

Quelle entrée numérique privilégier ?

De préférence l’entrée S/PDIF coaxiale, en utilisant un câble RCA coaxial de qualité. Ensuite les entrées optiques, le NuForce DDA-100 disposant d’une horloge de synchronisation pour éliminer le jitter, les résultats sont excellents. Notre lecteur Dune HD-TV101 était connecté en HDMI à notre téléviseur, lequel était raccordé au DDA-100 avec un câble optique : malgré ce long cheminement du signal numérique, la scène sonore était parfaitement cohérente – en témoigne les effets entendus à l’arrière de notre position d’écoute avec les films. Le port USB est tout aussi bon, mais il implique d’utiliser un logiciel capable de streamer parfaitement le flux audio (Foobar2000 sous Windows, avec pilotes Asio). Cette condition remplie, tout va bien, pour peu qu’on ait pris en compte que la résolution des flux PCM est limitée à 24 bits et 96 kHz pour cette liaison, contre 24 bits et 176,4 kHz en S/PDIF. A défaut, on peut parfaitement utiliser le petit convertisseur USB vers S/PDIF NuForce U192S, peu onéreux et fort pratique.

Le convertisseur USB vers S/PDIF NuForce U192s
Le convertisseur USB vers S/PDIF NuForce U192s permet de s’affranchir des limitations du port USB du NuForce DDA-100

Quelles sources utiliser ?

N’importe quelle source audio équipée d’une sortie S/PDIF, coaxiale ou optique Toslink profitera parfaitement du NuForce DDA-100. On peut conseiller des lecteurs réseau tel que le Sonos Connect, le Pioneer N-30, le récepteur Bluetooth NuForce BTR-100 et tout lecteur réseau ou toute platine CDlecteur Blu-ray et téléviseur HD (avec sortie S/PDIF donc).

Conclusion

L’amplificateur numérique stéréo NuForce DDA-100 est un ovni dans sa catégorie, sans aucun équivalent, hormis le coûteux Wadia 151 PowerDAC. Utilisé avec un lecteur audio réseau ou un lecteur multimédia, il permet de composer un système ultra-compact mais très performant. Avec ses 2×50 W sous 8 Ohms et 2×75 W sous 4 Ohms, le NuForce DDA-100 ne craint aucune enceinte compacte et s’accommode sans la moindre difficulté d’enceintes colonne avec 4 haut-parleurs, tels que les Focal Aria 926 par exemple, époustouflantes dans le grave lors de nos tests.

 

 

 

32 COMMENTAIRES

  1. Un petit ampli intégré sans aucun équivalent à date ! Une fluidité réservée au très haut de gamme, des timbres parfaits, une maitrise totale de l’extrême grave aux aigus, cette technologie est une petite révolution, dont on reparlera de toute évidence. Epoustouflant pour le prix !

  2. Bonjour,
    Avez-vous testé la sortie usb de votre NAS Synology directement sur l’entrée usb du Nuforce pour vérifier leur compatibilité ?

    Merci de votre retour.

    • Y aura probablement pas de DDA 120 vu que Nuforce disparait dans le giron d’optoma un groupe orienté HC et que le fondateur Jason Lim est parti avec le HDG pour fonder Nuprime.
      C’est donc cette dernière marque qu’il fauda probablement suivre.

  3. Bonjour,
    Entre cet ampli et le Marantz PM-6005, lequel conseillerez-vous pour une association avec des Magnat Edelstein, et pourquoi ? Quelle grosse différence y a-t-il entre ces 2 amplis d’un point de vue musical (donc sans parler de technique) ?
    Merci pour votre retour.

    • Très difficile à dire entre un ampli classique classe AB, très bien noté par la presse et sans doute plus universel et le petit Nuforce, révolution de l’amplification, mais dont l’association avec les enceintes mérite une attention particulière. Perso je préconise plutôt du haut rendement en l’occurrence.

      As tu besoin d’entrées analogiques ? As tu un bon DAC (pour rentrer dans le Marantz) ?

      De toute façon il n’y a que toi qui pourra répondre après essai chez toi, dans ta pièce, avec tes oreilles et ton système.

  4. Merci pour ton retour. Effectivement, l’idéal serait que j’écoute ces 2 amplis avec les Edelstein, mais difficile de trouver un revendeur qui les propose en auditorium.
    Je n’ai besoin que d’entrée numérique car je n’écoute que de la musique dématérialisée depuis mon mac (principalement au format AIFF, 16bits, 44kHz), d’où mon intérêt pour le NuForce DDA-120. Le Marantz PM-6005 qui a de bonnes notes m’intéresse également car il est du même ordre de prix et a un DAC intégré. Mais est-il vraiment nécessaire d’avoir un DAC externe en complément à partir du moment où l’ampli en intègre déjà un ?

  5. Bonjour à tous , je suis avec intérêt ce dda 100 et n’écoutant que du de matérialisé via Apple TV depuis iPhone/iPad , il retient mon attention .

    Il viendrait remplacer un ampli AV Cambridge 540r v2 et alimenterait des enceintes monitor audio rx6
    Que pensez vous de cette éventuelle association ?

      • C est la crainte que j ai justement c est que le nuforce soit un peu « juste »
        Et la solution alternative de passer sur un ampli stéréo de chez Cambridge ( marque que j’affectionne) c est que je n’ai plus d’entrées numériques …

        Concrètement J ai besoin de 2 entrées optiques ( Tv et Apple TV ) et une coaxiale
        ( décodeur c+)

        Voilà pourquoi le nuforce dda100 me faisait de l’œil …

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