Tests matériels

Test du DAC USB AMI Musik DS5

AMI Musik DS5

La marque japonaise AMI International est une nouvelle venue chez Son-Vidéo.com. Spécialisée dans la fabrication de câbles audiophiles pour casques et écouteurs, l’entreprise dispose à son catalogue de deux DAC audio USB, l’Ami Musik DDH-1 et le tout nouveau Ami Musik DS5. C’est ce dernier appareil que nous venons de tester.

Il s’agit d’un DAC avec entrées numériques S/PDIF optique Toslink et coaxiale, compatible 24 bits et 192 kHz, entrée USB asynchrone compatible 24 bits / 192 kHz et DSD 2,8 et 5,6 MHz (natif et DoP), sortie ligne avec ampli OP Muse 8920 et sortie casque avec ampli OP Texas Instrument TPA6130A2. Le contrôleur USB Amanero Cortex M3 est compatible ASIO (pour une lecture sans altération et compatible DSD) et AMI livre ainsi un pilote pour Windows, que nous avons mis en ?uvre sous Windows 8.1 et Foobar2000. Un filtre de décodage DSD pour Foobar2000 est également installé.

Le DAC USB AMI Musik DS5 est doté d’un contrôleur de volume cranté, qui permet sa mise sous et hors tension par appui prolongé. Deux boutons sélectionnent l’entrée (USB, coax et optique) et la sortie désirées. À noter : AMI a fait le choix d’alimenter une seule sortie à la fois, afin de ne pas solliciter inutilement l’alimentation à découpage livrée. En façade enfin, chaque fréquence d’échantillonnage est matérialisée par une petite LED blanche, de 44,1 à 192 kHz, sans oublier les taux de 2,8 MHz et 5,6 MHz propres aux flux DSD. La présence de ces diodes permet de vérifier que le streaming USB est bien BitPerfect et qu’aucune ré-échantillonnage n’est appliqué.

Sous Windows, Il est nécessaire d'installer le pilote fourni et d'utiliser Foobar2000 avec le module de sortie Foo_outputDSD pour lire des fichiers DSF( DSD).

Sous Windows, Il est nécessaire d’installer le pilote fourni et d’utiliser Foobar2000 avec le module de sortie Foo_outputDSD pour lire des fichiers DSF( DSD).

À l’arrière, on trouve une entrée S/PDIF coaxiale RCA et une entrée S/PDIF optique Toslink, pilotées par un contrôleur Wolfson à très faible jitter (moins de 50 ps annoncés), un port USB de type B, une sortie RCA stéréo et un connecteur à visser de mise à la masse.

Coque en acier et plateau en aluminium brossé pour le DAC AMI Musik DS5

Coque en acier et plateau en aluminium brossé pour le DAC AMI Musik DS5

Nous avons testé l’Ami Musik DS5 avec deux casques audio, notre fidèle Sennheiser PX-100 et le fameux HiFiMAN HE-500. Bien que le câble USB livré soit de bonne qualité, nous avons préféré l’Audioquest Carbon USB, qui offre une restitution des hautes fréquences plus claire et piquée. Enfin, avec le câble USB actif Audioquest Coffee USB, exemplaire de neutralité, idéal pour l’écoute avec un casque tel que le HiFiMAN HE-500.

Le câble Audioquest Carbon USB, toujours aussi exceptionnel dans les hautes fréquences était le plus adapté à l'AMI Musik DS5 lors de nos tests

Le câble Audioquest Carbon USB, toujours aussi exceptionnel dans les hautes fréquences était le plus adapté à l’AMI Musik DS5 lors de nos tests

Nous avons également écouté l’Ami Musik DS5 connecté à l’ampli Denon Ceol RCD-N8, avec des câbles RCA Viard Audio Silver HD RCA et câbles d’enceintes Viard Audio Silver HD 12 HP, sur les enceintes colonnes Q Acoustics 2050i et les colonnes Focal 716V. Les résultats sont supérieurs à ceux obtenus lorsque l’amplificateur Denon décode avec son propre DAC les fichiers écoutés : plus de sérénité, une assise dans le grave, le haut grave et le bas médium plus agréable. La réponse en fréquence semble subjectivement étendue.

Comment sonne-t’il ?

Selon la sortie utilisée, casque ou ligne, la balance tonale de l’Ami Musik DS5 diffère légèrement. C’est logique dans la mesure où l’ampli OP casque (Texas Instrument) n’est pas le même que celui de la sortie ligne (Muse). L’ampli casque est légèrement plus généreux dans le haut grave et le bas médium, alors que l’ampli ligne met un léger accent sur le registre médium (certainement par absence d’effet de masque du grave, moins opulent). Dans les deux cas, l’équilibre est très plaisant. On doit reconnaître à ce DAC de délivrer un son bien charpenté, très détaillé sur tout le spectre, ce qui n’est pas une mince affaire. Là où bien des électroniques jouent d’une accentuation du registre médium pour apporter une pseudo définition (à la manière d’un filtre de netteté sur une image), l’AMI Musik DS5 joue la carte audiophile, détaillant remarquablement bien le bas-médium et le grave, prolongeant comme il se doit les notes graves, ce trait de caractère appréciable étant renforcé par une énergie évidente au-delà de 15 kHz.

L’ampli OP casque est si solide et bien équilibrée que l’utilisation en cascade de l’ampli casque NuForce HA-200 (sur sortie ligne) n’a rien apporté de plus et s’est même révélée moins solide – un comble tant l’ampli NuForce qui fonctionne en classe A est un roc.

Et moi et moi et moi, Jacques Dutronc, Deezer

Parce que nous pensons qu’un très bon DAC doit être capable de faire des miracles avec un fichier MP3 de faible débit, nous avons longuement écouté Deezer. Le résultat est tout simplement excellent. Évidemment, la dynamique n’est pas délirante, la réponse en fréquence étriquée, mais ça swingue. L’une des grandes qualité du DAC AMI Musik AMI 5 est clairement de pouvoir extraire du flux audio le plus moyen la substantielle moelle. On peut donc écouter Dutronc et avoir envie de chanter avec lui.

Première conclusion : un DAC 24/192 compatible DSD avec un bon ampli casque embarqué, c’est un régal pour écouter des MP3 !

Ziggy Stardust, David Bowie, FLAC 16/44, DR12

David-Bowie-as-Ziggy-Stardust_Tron-Legacy-inspiration-2Très belle séparation des canaux, latéralisation impressionnante, tout autant que la profondeur. On se délecte de Ziggy Stardust de David Bowie, un titre qui bénéficie avec ce DAC d’une présentation époustouflante. Le mixage des années 70 qui n’est pas un modèle de dynamisme, délivre ici une somme de détails étonnante, ainsi qu’une très belle réverbe sur la voix de l’artiste. Ça ne descend pas bien bas, ni ne monte très haut, mais le charme opère immédiatement. À mesure qu’on réécoute le titre, en poussant chaque fois plus le volume, l’Ami Musik DS5 nous régale toujours un peu plus. À niveau élevé, pas de projection du registre médium ni d’écroulement du registre grave. Tout se tient. Et quand Bowie conclut « Ziggy played guitar« … on en redemande.

The Message, Grand Master Flash (12″), FLAC 16/44, DR11

Marge dynamique impressionnante. Ça cogne fort mais toujours sous contrôle et avec une belle aération et des voix correctement incarnées tout en étant très claires. Ce surcroît d’emphase sur les voix n’entache pas le registre médium aigu cependant.

Don’t Let Me Be Misunderstood (12″), Santa Esmeralda, FLAC 16/44, DR12

On aimerait bien une version studio de ce morceau de légende, exhumé par Tarantino pour Kill Bill. Le titre est complexe, mêlant batterie, percussions, castagnettes, cordes et cuivres sur un rythme « disco-flamenco » endiablé. L’Ami Musik DS5 passe le test haut la main sans jamais se démonter même en poussant le volume.

Cults, Abducted, FLAC 16/44, DR5

Un titre particulièrement bruyant, avec une très faible marge dynamique. Un test ardu tant les plans sonores sont serrés. Malgré tout, le DAC Ami Musik DS5 défait plutôt bien les mélodies saturées des Cults.

Just the Way You are, Barry White, FLAC 16/44, DR13

Le coffre du chanteur est savamment restitué, le DAC AMI DS5 n’en faisant pas des caisses au point d’écraser la section rythmique (c’est courant). L’étagement des plans sonores est bien respecté. L’écoute des autres titres de la compilation Barry White The Collection laisse clairement entendre des différences évidentes de prise de son de la voix du chanteur, avec différents microphones. Dans tous les cas, l’AMI DS5 fait mouche.

Under The Cherry Moon, Prince, FLAC 24/192, DR17

Spectaculaire interprétation, bluffante de spatialisation. On redécouvre un mixage exceptionnel, un sens du détail stupéfiant. Jamais l’ampli OP de la sortie casque ne manque de souffle à fort volume, malgré les coups de boutoirs de la grosse caisse, cordes et cuivres jouent avec subtilité aux extrémités latérales de la scène musicale. La voix de Prince est limpide, ses respirations toutes en vibration. C’est remarquable.

Where is My Mind, Pixies, FLAC 24/88, DR13

610zpywjEYLS’il y a un écueil à éviter avec ce titre, c’est celui d’une restitution avec trop d’emphase sur la caisse claire et un manque de corps. L’AMI DS5 cogne fort, prolonge comme il faut les résonances sourdes de la caisse, appuie sur ses fréquences fondamentales. Les cymbales ne suintent pas et sont restituées avec une énergie et une maîtrise louables.

What A Wonderful World, Louis Armstrong, FLAC 24/96, DR11

La restitution est d’une grande douceur. On est bercé par le jeu de la contrebasse, de la guitare sèche et des instruments à vent. La voix de l’artiste vibre à souhait, mais avec délicatesse.

Girl from Ipanema, Stan Getz & Astrud Gilberto, FLAC 16/44, DR9

Le souffle de Getz dans l’hanche du saxophone est étonnant. On découvre dans ce morceau écouté des dizaines de fois des détails qu’on ne connaissait pas, preuve d’un épatant étagement de la scène sonore par ce DAC. Le sax est donc sublime de raffinement et d’énergie, sans aucun débordement.

Hey Now, London Grammar, FLAC 24/44, DR6

C’est sur ce type de mixage, avec marge dynamique réduite, que l’AMI Musik DS5 fait merveille. La guitare basse outrageusement mise en avant avec une réverbe excessive trouve une articulation qu’on ne lui avait encore jamais entendue. La voix de la chanteuse s’extirpe bien. Impressionnante tenue de registre grave.

Ma Benz, Supreme NTM, FLAC 16/44, DR6

Un morceau de référence, qui met à genou bien des alims et amplis OP, tant le niveau de grave est terrifiant. Difficile souvent de comprendre le texte chanté par Joey Starr et Kool Shen, leurs voix étant mixées très en retrait de celle de Lord Kossity. Seule la caisse claire électronique reste un peu agressive à fort volume. Le reste n’est que plaisir pour qui aime ce titre de légende.

I’m So Open, Cowboy Junkies, DSD 2,8, DR10

Nous avons lue l’image ISO du SACD de cet album des Cowboy Junkies. La signature sonore est très analogique, au sens où registres médium et aigu y sont globalement en retrait, au bénéfice d’un éclairage et d’une exploration peu commune du reste du spectre. On retrouve cette balance chaleureuse avec l’image ISO du SACD de BreakFast in America (Supertramp).

Conclusion

On a envie de dire que ce DAC sonne comme au bon vieux temps. Cela peut sembler paradoxal, dans la mesure où on est en présence de composants électroniques dernier cri taillés pour le traitement des signaux numériques. À l’écoute, le DAC AMI Musik DS5 délivre pourtant un son très charpenté, faisant la part belle aux registres grave et bas-médium. Il ne faut pas se méprendre, la restitution est parfaitement équilibrée. Choisir ce DAC peut réconcilier avec un casque ou des enceintes jugées trop montantes. Nous avons beaucoup aimé sa signature sonore, vous l’aurez compris, tout comme son aptitude à élargir et positionner les différents plans sonores, qu’il s’agisse de fichiers de qualité studio ou écoutés via des services de musique en ligne tels que Deezer ou Qobuz.

_MG_0720

Cet article est aussi disponible en : Anglais

About the author

Tristan Jacquel

Tristan est rédacteur chez Son-Vidéo.com. Passionné de musique, d'acoustique et de high-tech, il réalise notamment les tests matériels pour notre blog.

4 Comments

  • Bonjour,

    Est ce que l’ampli casque de l’Ami est assez solide pour alimenter un casque comme Le Final Sonorous VI qui a une impédance de 8 Ohm mais qui necessite néanmoins une amplification de qualité pour en tirer la quintessence, car sur la fiche technique de l’ami on remarque que l’impédance des casques supportée varie entre 16-300 Ohm. Ou bien on doit envisager un ampli casque dédié ?
    Merci d’avance pour vos éclaircissement.

Donnez votre avis !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.