Test : Pro-Ject T1

0
2272
  • 7
    Partages

Cette semaine nous avons testé la platine vinyle Pro-Ject T1, commercialisée au prix de 275 euros. Ce modèle manuel à entraînement par courroie constitue la nouvelle entrée de gamme du constructeur présentée lors du Bristol Hi-Fi Show 2019. Ce nouveau modèle au prix séduisant et au design épuré est-il à la hauteur de la réputation de la marque ?

Le design de la platine Pro-Ject T1 est sobre et élégant.

Pro-Ject T1 : la marque

Faut-il encore présenter Pro-Ject ? L’enseigne autrichienne fondée par Heinz Lichtenegger se distingue depuis ses débuts en 1991 grâce à ses platines vinyle ainsi qu’à ses électroniques dédiées au monde de la hi-fi. On retrouve donc dans le catalogue de Pro-Ject une sélection d’amplis de puissance, amplis DAC, amplis connectés, amplis casque, préamplis hi-fi, préamplis phono, lecteurs CD, lecteurs réseaux, ou encore de récepteurs Bluetooth, mais également un large choix d’accessoires pour platines vinyle. L’une des grande forces de Pro-Ject est sa capacité à proposer des platines fiables et conçues pour extraire le meilleur de votre collection de disques vinyle dans une très large gamme de prix. De l’entrée de gamme au vaisseau amiral de la marque, les platines Pro-Ject garantissent un excellent rapport qualité-prix et bénéficient d’une conception méticuleuse. À ce jour, Pro-Ject se positionne en tête des ventes de platines vinyles grâce à la qualité et à l’accessibilité des modèles proposés par la marque.

Le châssis de la platine Pro-Ject T1 repose sur trois pieds conçus pour absorber les vibrations.

Pro-Ject T1 : packaging et présentation

La platine Pro-Ject T1 est un modèle conçu pour répondre aux besoins et aux attentes des amateurs de vinyle tout comme à celles des débutants. Son châssis anti-résonances est posé sur trois pieds conçus pour absorber efficacement les vibrations. Son plateau en verre réduit également les vibrations. Le léger bras monobloc en aluminium permet quant à lui d’éliminer les ondes stationnaires. Les roulements à très faible frottement garantissent une lecture fluide et précise. La platine fait fi des fioritures et des diverses fonctions pour une mise en fonctionnement simple et rapide.

On retrouve dans le carton :

  • la châssis de la platine
  • le plateau en verre
  • le capot
  • une feutrine
  • une courroie
  • un centreur
  • une clé allen
  • une réglette pour l’ajustement de l’avancement
Les quelques éléments de la platine Pro-Ject T1 sont très simples à assembler.

Le plateau et le châssis sont tous les deux enveloppés d’une pochette. L’un est protégé par un carton, l’autre par deux blocs de polystyrène. Une fois le déballage effectué, la mise en place se fait très rapidement. Voilà qui fera le bonheur des moins expérimentés et de tous les amateurs de vinyle allergiques aux réglages de cellule !

La force d’appui recommandée par le fabricant pour la cellule Ortofon OM5E est entre 1,5 g et 2 g.

Il suffit donc de placer délicatement la courroie autour de la roue maintenue par l’axe de rotation et de la poulie, puis d’enfiler le plateau sur l’axe et le tour est joué. Attention cependant, la poulie du moteur est divisée en deux parties. En plaçant la courroie autour de celle du haut, vous obtiendrez une vitesse de rotation à 33 tours par minute. La partie inférieure vous permettra donc d’écouter des disques 45 tours. On regrettera d’ailleurs que le système de changement de vitesse nécessite de retirer le plateau et de faire passer la courroie d’une partie de la poulie à l’autre. L’ajout d’un sélecteur aurait rendu l’utilisation de la platine encore plus simple. Précisons également que la platine est livrée sans manuel d’utilisation mais que ce dernier est disponible en anglais sur le site de Pro-Ject. Ce qui signifie que pour les non-anglophones, il faudra comprendre le système par déduction ou se résoudre à écouter des chanteurs boostés à l’hélium.

La platine Pro-Ject T1 est livrée pré réglée, ce qui signifie que la cellule est déjà montée, le contrepoids ajusté et le bras réglé. Par acquis de conscience nous avons tout de même vérifié ces réglages à l’aide de la réglette fournie et de notre balance numérique Elipson, outil fortement recommandé lors d’un changement de cellule. Tout était effectivement déjà convenablement ajusté et la Pro-Ject T1 est donc parée à l’action une fois la courroie et le plateau installés ! La cellule pré montée sur le bras de lecture en aluminium de 20 cm de long est une Ortofon OM5E, l’entrée de gamme de la marque, que vous pourrez éventuellement remplacer par une cellule de meilleure qualité, comme par exemple la fameuse Ortofon 2M Red. Le plateau en verre est assez lourd et offre une inertie satisfaisante. La feutrine fournie avec la platine permet quand à elle d’offrir une meilleure adhésion pour les disques, bien qu’un couvre plateau en liège tel que le Pro-Ject Cork It améliorerait encore plus cet aspect.

La platine Pro-Ject T1 est dotée d’un lourd plateau en verre.

Pro-Ject T1 : mise en oeuvre

Rappelons que la platine Pro-Ject T1 n’est pas dotée d’un préampli intégré. Il est donc absolument indispensable de l’associer à un préampli RIAA ou de la connecter à l’entrée phono d’un amplificateur doté d’un préampli. Nous avons donc connecté la platine Pro-ject à un préamplificateur Pro-Ject Record Box E au moyen du câble blindé à faible capacitance intégré à la platine, puis relié le préampli à l’entrée auxiliaire analogique de l’ampli Marantz M-CR612. Nous avons écouté ce système avec des enceintes Focal Chorus 706 V installées sur des pieds NorStone Stylum 2 pour un découplage optimal et reliées à l’amplificateur par des câbles d’enceintes NorStone W250 Classic.

Un des éléments qui fait le charme de la platine Pro-Ject T1 est sa simplicité. Si vous êtes à la recherche d’une platine vinyle qui vous permettra de découvrir ou de redécouvrir le plaisir simple de l’écoute de disques microsillons vous trouverez ici votre bonheur. Pour débuter la lecture, il suffit d’activer la rotation du plateau à l’aide du bouton situé sur le côté gauche de la platine, de positionner le bras au début du disque, d’abaisser le levier puis le capot et vous n’avez plus qu’à vous asseoir dans votre fauteuil ou canapé pochette en main pour vous plonger dans un album.

Le levier du bras de lecture de la platine Pro-Ject T1.

L’entraînement par courroie est fluide et le moteur relativement silencieux. Si on peut l’entendre lorsque la pointe du diamant est encore en l’air, ce n’est plus un souci une fois la lecture en cours. Le bras est léger et se positionne facilement, ce qui est vraiment agréable et pratique lorsqu’on cherche à écouter un morceau en particulier. La descente du bras se fait en douceur et les roulements à faible frottement permettent un suivi précis et fiable du disque vinyle.

Pro-ject T1 : impressions d’écoute

Nous avons débuté notre écoute avec un pressage original de l’album Sabotage du groupe Black Sabbath sorti en 1975. La platine Pro-Ject T1 restitue la production organique de l’album de manière plutôt satisfaisante, bien que l’on constate un certain manque d’énergie, tout particulièrement dans le grave. Nous aurions également aimé une scène sonore plus large et profonde, ce qui n’est pas un problème insurmontable puisqu’un changement de cellule permettrait d’y remédier facilement. On retrouve tous les instruments bien en place et la voix d’Ozzy se détache bien de l’ensemble. Sur Symptom of the Universe, le fameux riff de guitare constituant l’intro du morceau est incisif et clair. On retrouve le grain unique du son de guitare de Tony Iommi et on déplore uniquement un certain manque de basses et d’énergie, éléments indispensables pour apprécier pleinement la musique du quatuor de Birmingham. La restitution des parties plus calmes pendant lesquelles la guitare classique est accompagnée de percussions est cependant douce et agréable.

Expérience similaire avec un pressage original du premier album de Blue Öyster Cult sorti en 1972. En prenant soin de bien espacer nos enceintes Focal Chorus 706, nous avons pu profiter d’une scène sonore légèrement plus large. Le magnifique morceau Then Came the Last Days of May est restitué avec un belle clarté et le pressage original de notre album nous renvoie aux débuts des années 70 avec ses quelques craquements et sa production entièrement analogique. L’une des meilleures surprises est venue des solos de guitare, notamment ceux du morceau Cities on Flame with Rock and Roll. Les envolées de guitare sont parfaitement intégrées et les notes aigües ne se sont montrées à aucun moment agressives. La restitution, bien qu’un peu rigide, garde un équilibre appréciable du début à la fin.

La cellule Ortofon OM5E est prémontée sur le bras en aluminium de la platine.

Nous sommes ensuite passés sur des albums plus récents de manière à tester les performances de la platine Pro-ject T1 avec des productions et un son plus modernes. Nous avons commencé par une réédition de l’album Ballbreaker du groupe australien AC/DC. Le manque de grave et la rigidité constatée lors de l’écoute des deux premier disques nous faisait craindre une restitution dure et sèche avec cet album, nous avons été cependant agréablement surpris. Si les graves et l’énergie font toujours défaut, on retrouve cependant la clarté et la restitution détaillée dont la Pro-Ject T1 a fait preuve jusqu’à lors. La voix unique de Brian Johnson accompagnée par les solos endiablés d’Angus Young, le tout soutenu par l’inébranlable section rythmique composée de Malcolm Young, Cliff Williams et Phil Rudd donne un résultat homogène et qui n’agresse pas l’oreille. Afin de faire honneur au hard rock gonflé à bloc d’AC/DC, nous avons connecté le caisson de basses REL Acoustics T-9i présent dans notre salle de test à la sortie LFE de l’amplificateur Marantz. La restitution gagne alors en énergie et en assise de manière considérable. La grosse caisse et les lignes de basse prennent vie et la scène sonore gagne en profondeur. Il ne fait aucun doute, la restitution bénéficie grandement de l’ajout d’un caisson de basses.

Nous avons enfin conclu ce test avec un disque sorti en 2018, l’album Eternal Return du groupe américain Windhand. Le quatuor évolue dans un style aux guitares très saturées et au son chaud et rond mettant particulièrement l’accent sur le bas du spectre sonore. On retrouve aux manettes de cet album le producteur Jack Endino, bien connu pour son style épuré et organique typique de la scène grunge de Seattle des années 90. Une fois encore, c’est la clarté de la restitution qui impressionne avec cette platine d’entrée de gamme. Les guitares accordées très bas donnent un peu de fil à retordre à la Pro-Ject T1 qui parvient tout de même à restituer l’ensemble de manière satisfaisante. L’ajout du caisson de basses est un plus indéniable et on se rend compte en le désactivant que les amateurs de musiques riches en fréquences graves trouveront la restitution trop étriquée à leur goût.

La platine Pro-Ject T1 associée au préamplificateur Pro-Ject Record Box E.

Pro-ject T1 : comparée à…

Pro-Ject Debut Carbon Reference : design comparable mais performances différentes. La platine Pro-Ject Debut Carbon est livrée avec une cellule Ortofon 2M-Red pré montée sur un bras en carbone. Une fois le réglage effectué, la Debut Carbon offre une restitution plus enjouée et plus ouverte que sa cousine la platine Pro-Ject T1. Si la Debut Carbon remporte la comparaison en matière de performances musicale, la platine vinyle Pro-Ject T1 reste plus abordable et offre l’avantage d’être réglée en usine.

Audio-Technica AT-LP3 : la platine Audio-Technica AT-LP3 est un modèle automatique présentant l’avantage d’être doté d’un sélecteur de vitesse et d’un préampli phono intégré, ce qui permet de la connecter directement à l’entrée auxiliaire d’un amplificateur hi-fi. La Pro-Ject T1 bénéficie cependant d’une qualité de construction clairement supérieure et offre une expérience d’écoute plus claire et naturelle. Avantage Audio-Technica pour les fonctions, mais la Pro-Ject T1 remporte la victoire sur le terrain de la qualité de fabrication et des performances musicales.

À gauche, la poulie du moteur permettant d’ajuster la courroie pour une lecteur en 33 ou 45 tours.

Pro-ject T1 : conclusion

La platine Pro-Ject T1 est un modèle conçu avant tout pour qui veut se lancer dans le monde du microsillon à moindre frais et sans basculer dans un élément “tout plastique”. La marque autrichienne maîtrise son sujet et affiche ici clairement son désir de proposer une platine simple et abordable constituant une entrée en matière satisfaisante tout en garantissant une possibilité d’évolution. Sans avoir la prétention de se mesurer aux grosses pointures de la marque, la Pro-Ject T1 n’a pas à rougir de ses performances dans sa gamme de prix.

Facile à installer et à mettre en oeuvre, la Pro-Ject T1 constitue une base très satisfaisante et peut être améliorée facilement. En remplaçant la feutrine par un couvre plateau en liège, en changeant la cellule pour un modèle supérieur le moment venu et en améliorant le préamplificateur par exemple, elle permet de profiter d’un système un peu plus performant à chaque nouvelle étape. Idéale pour retrouver ou découvrir la sensation de réellement écouter un disque, la platine Pro-Ject T1 garantit des heures de plaisir d’écoute. Nous la recommandons particulièrement si vous désirez faire vos premiers pas dans l’univers du vinyle sans avoir à investir un budget conséquent.

Nous avons aimé :

  • La facilité de montage
  • Le préréglage de la cellule et du bras
  • La simplicité d’utilisation
  • La clarté de la restitution

Nous aurions aimé :

  • Un sélecteur de vitesse
  • Un peu plus d’énergie dans le grave

  • 7
    Partages

Donnez votre avis !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.