Peter Jackson regrette la disparition des DVD et Blu-ray : pourquoi le support physique reste irremplaçable

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À l’heure où le streaming s’est imposé comme le mode de consommation dominant des films et des séries, les DVD et Blu-ray semblent peu à peu relégués au rang de collection. Une évolution que déplore ouvertement Peter Jackson. Invité du Festival de Cannes où il a reçu une Palme d’honneur, le réalisateur du Seigneur des Anneaux a récemment exprimé sa tristesse face à la disparition progressive des supports physiques et de tout ce qu’ils représentaient pour les cinéphiles. Au-delà de la simple nostalgie, ses propos soulèvent une question essentielle : que perdons-nous réellement en abandonnant les DVD et Blu-ray au profit du tout streaming ?

Peter Jackson nostalgique de l’âge d’or du DVD

Pour toute une génération de passionnés, les éditions DVD et Blu-ray des années 2000 constituaient bien plus qu’un simple moyen de regarder un film. Elles étaient de véritables objets de collection offrant un accès privilégié aux coulisses de la création cinématographique. Peter Jackson en sait quelque chose. Les éditions longues du Seigneur des Anneaux restent encore aujourd’hui une référence absolue en matière de contenu bonus. Chaque coffret proposait plusieurs heures de documentaires, d’interviews, de commentaires audio et de making-of permettant de découvrir l’envers du décor avec un niveau de détail rarement égalé. 

Dans un entretien accordé à IndieWire, le cinéaste regrette particulièrement la disparition de cette richesse éditoriale : « Nous avions tourné des heures et des heures de making-of pour les DVD du Seigneur des Anneaux. Beaucoup de gens m’ont remercié pour ça. Ils regardaient ces bonus encore et encore parce que ça leur donnait envie de faire du cinéma. Aujourd’hui, tout ça a disparu et je trouve ça vraiment dommage. »

Pour Peter Jackson, ces contenus représentaient un véritable outil de transmission. Ils permettaient aux futurs réalisateurs, techniciens ou simples passionnés de comprendre concrètement comment naît un film, depuis l’écriture jusqu’à la postproduction. 

Les éditions longues de la trilogie du Seigneur des Anneaux restent une référence absolue pour les amateurs de home-cinéma. Avec plusieurs heures de scènes inédites et des dizaines d’heures de documentaires consacrés aux coulisses du tournage, elles illustrent parfaitement l’âge d’or du DVD et du Blu-ray, lorsque le support physique offrait un véritable complément au film.

Un constat partagé par de nombreux acteurs d’Hollywood

Peter Jackson n’est pas le premier à tirer la sonnette d’alarme. En 2022, l’acteur Matt Damon exprimait déjà son inquiétude concernant la disparition progressive du marché vidéo (Matt Damon inquiet de la fin des DVD et Blu-ray). Selon lui, les ventes de DVD et de Blu-ray constituaient autrefois une source de revenus essentielle permettant de financer des films, sans nécessairement viser le statut de blockbuster mondial. Le succès en vidéo venait souvent rentabiliser des productions dont les résultats en salles étaient plus modestes. 

En 2022, Matt Damon soulignait déjà l’importance du support physique dans la pérennité du cinéma. Sans les ventes de DVD et de Blu-ray, le film Ma vie avec Liberace n’aurait pas exemple pas été rentable.

Avec la domination des plateformes de streaming, cette seconde vie commerciale des films s’est largement réduite. Résultat : les studios prennent moins de risques et privilégient davantage les franchises et les productions à très fort potentiel commercial. Peter Jackson partage aujourd’hui ce constat. Il estime que la concentration de l’industrie autour de quelques grands groupes réduit progressivement le nombre de films produits chaque année et limite les opportunités offertes aux réalisateurs émergents.

Le Blu-ray reste la meilleure façon de voir un film chez soi

Au-delà de la question économique ou patrimoniale, la disparition des supports physiques pose également celle de la qualité audiovisuelle. Malgré les progrès du streaming, un Blu-ray Ultra HD 4K demeure aujourd’hui la référence pour profiter d’un film dans les meilleures conditions possibles. Là où les plateformes compressent fortement les flux vidéo et audio afin de limiter la consommation de bande passante, le disque bénéficie d’un débit nettement supérieur. 

La différence se traduit par une image plus détaillée, des dégradés plus propres, moins d’artefacts de compression et une meilleure conservation des textures. Les scènes sombres, particulièrement exigeantes, révèlent souvent les limites du streaming alors qu’elles conservent toute leur richesse sur disque. L’écart est encore plus marqué du côté audio. Les Blu-ray UHD proposent généralement des pistes Dolby Atmos ou DTS:X non compressées, ainsi que des formats HD Dolby TrueHD ou DTS-HD Master Audio. À l’inverse, les services de streaming utilisent des versions compressées qui réduisent la quantité d’informations transmises. Pour les possesseurs d’un système home-cinéma performant, la différence reste immédiatement perceptible, notamment en termes de dynamique, de précision et d’immersion. 

Le Blu-ray reste le support privilégié pour profiter d’une expérience audiovisuelle sans concession en évitant toute compression des informations. 

Posséder ses films plutôt que les louer

Le support physique présente également un avantage souvent oublié : la pérennité. Lorsqu’un film est acheté en Blu-ray ou en DVD, il appartient réellement à son propriétaire. Il peut être visionné à tout moment, indépendamment des accords de diffusion ou des catalogues des plateformes. À l’inverse, les œuvres disponibles en streaming apparaissent et disparaissent régulièrement en fonction des contrats de licence. Certains films deviennent même temporairement introuvables lorsqu’ils quittent un service avant d’être repris par un autre. Pour les cinéphiles, le disque constitue ainsi une forme d’archive personnelle garantissant un accès durable aux œuvres qu’ils apprécient. Cela permet également de conserver l’œuvre originale, sans modification ultérieure comme cela est parfois le cas avec des scènes coupées lors des remises en ligne sur les plateformes de streaming. 

Le Blu-ray permet de conserver une œuvre dans sa version originale et de la visionner à tout moment, sans dépendre des catalogues changeants des plateformes. Un film acheté reste accessible pour toujours, avec son montage d’origine, ses bonus et ses pistes audio, là où certaines versions diffusées en streaming peuvent être modifiées, recadrées ou même disparaître des catalogues.

Le support physique n’a pas dit son dernier mot

Si les ventes de DVD poursuivent leur déclin, le marché du Blu-ray Ultra HD montre qu’il existe encore une véritable demande pour les éditions premium. De nombreux éditeurs continuent d’investir dans des restaurations 4K, des coffrets collector et des éditions limitées destinées aux passionnés. Les succès rencontrés par certaines éditions de catalogue, qu’il s’agisse de classiques du cinéma ou de films plus récents, démontrent que le support physique conserve une place particulière auprès d’un public attaché à la qualité audiovisuelle et à la conservation des œuvres. 

Les propos de Peter Jackson rappellent finalement que le DVD et le Blu-ray ne sont pas de simples supports techniques. Ils ont contribué pendant plus de vingt ans à transmettre la culture cinématographique, à financer une partie de la création et à offrir aux spectateurs une expérience plus riche que le simple visionnage d’un film. 

12 commentaires

  1. Tout à fait d’accord avec Peter Jackson, les DVD’s sont bien plus que ce que peux donner la location en streaming, tous les bonus que l’on peut trouver, les making-of, le coffret du Seigneur des Anneaux par exemple est un trésor. J’ai 72 ans et à l’avènement du CD au début des années 80 a anéanti le vinyle, j’avais déjà une collection conséquente de plus de 1500 vinyles, je les ai tous encore et j’ai enrichi ma collection en écumant les ‘conventions’ et boutiques spécialisées. Plus de 5000 maintenant, mes vinyles dont certains achetés début des années 70 sont encore en Excellent Etat, pas un ploc, car JAMAIS mis un doigt sur les faces de la précieuse galette, toujours manipulé par la tranche ou avec des gants ‘photo’, excusez je m’éloigne du sujet des DVD’s, ma seule crainte est l’obsolescence des matériels à leur lecture. Gardons nos trésors.

  2. C’est une grosse erreur d’abandonner le DVD et les br. Nous avons vu ce que cela à donner avec les disques vinyles….lis sont toujours là et en meilleure qualité.

  3. C’est comme les vinyles avec la venue des CD , maintenant c’est l’inverse les vinyles ont à nouveau la côte, c’est simple à vrai dire , nous avons besoin de supports physiques , nous avons besoin d’avoir quelque chose de physique de qualité, pourquoi remplacer ce qui nous tient à cœur plutôt qu’un support inexistant éphémère, c’est comme les voitures électriques insipides et nos bons véhicules thermiques, toutes ces nouvelles inventions déstabilisent l’homme c’est comme si on enlevait un bébé de sa mère pour le nourrir.

  4. C’est une blague?
    Venant de Peter Jackson!?!?
    On est tres nombreux a attendre de nouveaux coffrets de ses premiers films!!!
    Mais tellement ! C’est sûrement le réalisateur qui se fait le plus attendre sur le terrain du support physique….
    Allez, c’est pour nous taquiner ? Une façon de nous dire quil ne nous a pas oublié ? Ou du foutage de tronche?

  5. Le streaming est plutôt associé à la consommation. Je ne me suis jamais posé la question, je continue à acheter des blu Ray 4k ou non en lisant attentivement les critiques sur leur qualité, car parfois il y a quelques ratages.

  6. Grosse déception il y a quelques jours en voulant regarder mon précieux BR Kingdom of Heaven. Devenu illisible ! Ça me fait malheureusement relativiser mon attachement aux supports physiques…

  7. Oui le support physique n’est pas mort, elle survie grâce aux passionnés et collectionneurs.
    Cependant les achateurs éclairés sélectionnent la qualité du support au niveau de l’image et du son, vu que certains films vieux et récents sont de piètre qualité, du genre pas de piste VF ou Sous Titre VF ou bien des pistes VF avec le strict minimum syndicale en Dolby Digital 5.1 alors que la VO est toujours meilleur. Ah le business du cinéma, mais cela s’améliore avec le temps.
    Que Certains Éditeurs de support arrêtent de prendre les achateurs pour des pigeons vu le prix des BD et BD UHD 4k.
    Juste mon constat en tant collectionneur des films DVD, Blue-Ray et Blue-Ray UHD 4k.

  8. Étant fan de la 3d, ce n’est disponible (légalement) qu’en bluray donc la question du streaming ne se pose pas vu qu’il n’y a quasiment plus ou pas de streaming 3d. Beaucoup de gens ne sont pas équipés de home cinéma et quelque part ne savent pas ce qu’ils perdent au niveau du son.
    Personnellement je trouve qu’il y a trop de contenus en streaming. Passer une demi-heure à regarder des bandes annonces…Ce qui est rare est précieux et inversement.
    Je trouve aussi que les vendeurs de matériel font mal leur travail. Pour avoir beaucoup de matériel ils leurs donnent peu de place ce qui rend difficile l’appréciation. (Re)mettre des salons isolés où on peut apprécier le son et l’image pour faire réaliser les différences manque. Le streaming s’oublie. C’est pratique mais ça ne vaut pas les blurays avec un équipement en 5.1 qui fait déjà une énorme différence. En (a)voir moins mais meilleur ça me va.

  9. Les technologies du streaming audio ou vidéo permettent une accessibilité goinfrant et on s’en passe de l’apport non compressé car cela ne se remarque pas pour le quidam qui bouffe du streaming à toute heure. Bravo pour ce bond technologique mais les supports (disques, CD, DVD bluray etc…) ont eu leur temps d’exploitation et se sont remplacés l’un à l’autre. Mais pour moi les supports restent toujours émotionnels et plus efficaces que le streaming, avec les bonus, commentaires du réalisateur pour comprendre etc… Le streaming n’a pas le temps pour ça. Certes j’utilise le streaming à bon escient mais quand je m’installe et je fais le noir dans ma salle, je me mets un bon bluray pour re-regarder ma collection de bons films. Il n’y a que comme ça que je peux me permettre de dire que j’ai compris le films, les emotions ressenties des acteurs, leurs jeux de rôles… JE CONTINUERAI A ACHETER DES BLURAY ET CD EN OCCAZ ET NEUF. LE BLURAY/DVD NE SONT PAS MORTS

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