Alors que le numérique est en train de prendre le pas sur les médias physiques, Nintendo a réalisé 55 % des ventes totales de jeux en boîte dans notre pays en 2023. Menée par Mario et Zelda, la firme japonaise continue de séduire les Français avec sa console Nintendo Switch, toujours aussi populaire, 7 ans après sa sortie.

Les jeux physiques font de la résistance
Alors que The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom s’est vu soufflé son titre du jeu de l’année par Baldur’s Gate 3 lors des Game Awards, le titre a réussi l’exploit de se vendre à 550 000 unités en physique. Pour rappel, l’opus précédent, The Legend of Zelda : Breath of the Wild, s’est écoulé à 918 000 exemplaires en boîte et continue toujours de se vendre sous cette forme.
Des statistiques qui font écho à celles publiées par le SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs), lors de son bilan annuel de 2023. En effet, dans leur rapport, ils indiquent que 72 % des Français privilégient le format physique. Un choix qui n’est pas toujours possible puisque de plus en plus d’éditeurs ont tendance à se tourner vers le dématérialisé. C’est notamment le cas des jeux indépendants qui n’ont pas toujours les moyens de produire des jeux en boîte.
Avec 130 millions de machines vendues dans le monde et 28 % des foyers français équipés d’une Nintendo Switch, la console reste très populaire, en partie soutenue par l’argument des jeux physiques qui vont dans le sens des consommateurs. Les 855 000 consoles Nintendo écoulées en 2023 montrent bien l’attrait pour cette philosophie. Les médias physiques ont encore de l’avenir.

La “culture du jouet” de Nintendo
Définitivement tournée vers le grand public, la console Nintendo Switch OLED a de nombreux arguments pour séduire. La publication de nombreux titres populaires en édition physique en est un. Outre l’aspect “collection”, les jeux en boites peuvent être prêtés, échangés et revendus. Toujours selon les statistiques du SELL, ce sont ces raisons qui poussent les joueurs à se tourner vers les cartouches.
La culture de Nintendo diffère de celle de PlayStation et Xbox par son histoire. En effet, fondée en 1889 par Fusajirō Yamauchi, la société était spécialisée dans les Hanafuda, des cartes à jouer très populaires. Ce n’est qu’au début des années 70 qu’ils ont commencé à s’intéresser aux jeux vidéo, au travers de l’arcade. La “culture du jouet” est très ancrée dans l’ADN de Nintendo et offrir un jeu à un enfant, que l’on peut tenir dans ses mains, fait partie de l’expérience.
Destinée à toute la famille, la Nintendo Switch n’oublie pas ses racines et l’attachement du géant japonais aux médias physiques fait partie de leur culture. On peut aussi évoquer les figurines Amiibo qui font justement le pont entre jouets et jeux vidéo. Toutefois, l’entreprise a aussi bien compris que le jeu vidéo ne s’adressait plus uniquement aux enfants. Un titre comme The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom montre combien le marché a muri. Aujourd’hui, le joueur moyen, toutes plateformes confondues, est âgé de 40 ans.
Le dématérialisé représente la moitié du marché des consoles
Aujourd’hui, les jeux physiques et dématérialisés cohabitent. En effet, tous les titres n’ont pas la possibilité d’être publiés en boite, comme les jeux indépendants, développés par de petits studios qui n’en ont pas toujours les moyens. L’avènement des jeux services en ligne font aussi perdre de l’intérêt au physique puisqu’ils sont continuellement mis à jour, afin d’apporter de nouveaux contenus. Il ne faut pas non plus oublier la mobilité qui a une part très importante dans le gaming et qui est totalement dématérialisée.
Lorsque l’on prend le secteur du jeu vidéo dans sa globalité, en incluant le PC, le mobile et les consoles, 90 % des jeux sont consommés en dématérialisé. C’est la tendance générale, mais le physique reste un gros argument pour la Xbox Series X et la PlayStation 5 Slim édition standard également. Toutefois, avec les déclinaisons que sont la Xbox Series S et la PlayStation 5 Slim édition digitale, on sent que les constructeurs s’adaptent à la demande grandissante du dématérialisé.

Le téléchargement de jeux a beaucoup apporté à l’industrie. L’explosion des jeux indépendants, par exemple, montre combien cette solution a été salutaire et a amené une réelle diversité dans l’offre vidéoludique. L’apparition des jeux services qui évoluent au fil des années est aussi l’un des points forts du téléchargement. On peut aussi évoquer les bornes d’arcade Neo Legend qui permettent de rejouer à des centaines de classiques des années 80 et 90, au travers du cloud et qui proposent plus de 1 200 jeux.










