Légendaire saga des années 1980, S.O.S. Fantômes (Ghostbusters) revient exclusivement au cinéma le 10 avril 2024 pour son nouveau volet, La menace de glace. Quatre décennies après son apparition, l’épopée se poursuit de belle manière sous la direction de Jason Reitman, le propre fils du réalisateur des deux premiers films, Ivan Reitman. Son-Vidéo.com est fier d’être partenaire de ce quatrième opus, qui voit les chasseurs de fantômes retrouver leur terrain de jeu préféré, New York.

La naissance des Ghostbusters
Ce sont les chasseurs de fantômes les plus célèbres du monde. Les plus populaires et attachants aussi, à l’image de l’entêtante chanson de Ray Parker Jr., faisant figure de générique pour les deux premiers films, sortis dans les années 1980 et ayant marqué plusieurs générations. S.O.S. Fantômes, ou Ghostbusters, reste une saga mythique, ayant séduit des milliers de spectateurs dans le monde et donné lieu à un incroyable merchandising, contribuant lui aussi à la notoriété des films réalisés par Ivan Reitman.
Dan Aykroyd, l’interprète de Ray Stantz, est à l’origine de cette incroyable saga. Référence de la comédie, pilier de l’émission Saturday Night Live avec son ami John Belushi, il sollicite très vite ce dernier pour participer à l’écriture d’un long métrage consacré à des chasseurs de fantômes. Un sujet lui tenant à cœur puisqu’il s’intéresse depuis son enfance au surnaturel. Ayant déjà travaillé ensemble sur un autre mythe, les Blues Brothers, le duo part dans plusieurs directions et imagine faire voyager les personnages aussi bien dans l’espace que dans le temps. Après la disparition de John Belushi, Dan Aykroyd poursuit seul l’écriture de l’histoire.
Si le sujet plaît à Ivan Reitman, le réalisateur n’est pas enthousiaste à l’idée d’une intrigue se déroulant dans l’espace et préfère situer celle-ci à New York. A l’époque, la ville est endettée, en proie à la violence et n’a rien à voir avec son prestige d’aujourd’hui. Mais Dan Aykroyd se laisse convaincre par cette idée et travaille de nouveau son histoire avec Harold Ramis, une autre figure de la comédie prenant lui aussi un rôle dans le film en interprétant le génial et fantasque scientifique Egon Spengler.
Le casting commence à se mettre en place. L’équipe de chasseurs de fantômes est complétée avec les arrivées de l’électron libre Bill Murray pour camper Peter Venkman et d’Ernie Hudson pour Winston Zeddemore. Très en vogue dans les années 1980, le comédien Rick Moranis, dont la notoriété explose quelques années plus tard pour son rôle dans Chérie, j’ai rétréci les gosses, rejoint l’équipe pour devenir le comptable Louis Tully tandis que la star d’Alien, Sigourney Weaver, interprète Dana Barrett.
L’histoire est en marche. Il reste un problème à régler. Car si Ghostbusters est mondialement connu aujourd’hui, le fait que le film soit intitulé ainsi n’a rien d’une évidence puisque les droits sur ce nom appartiennent à une vieille série TV. Alors que les négociations sont en cours, le tournage débute et les scènes sont alors captées deux fois. Une première en utilisant l’intitulé Ghostbusters puis une seconde avec Ghostbreakers. Mais cela devient un véritable casse-tête qu’Ivan Reitman se résout à solutionner en prenant le risque d’opter pour Ghostbusters. Ce n’est que des semaines plus tard que les studios finissent par acquérir définitivement les droits après plusieurs rebondissements.
Le quartier général, un site à part
Tout aussi célèbre que la légendaire voiture Ecto-1, une Cadillac Miller-Meteor Futura de 1959 utilisée auparavant comme ambulance et transformée en voiture devenue mythique par les décorateurs du film, la caserne où les chasseurs de fantômes établissent leur quartier général est devenue un monument de la pop culture. Connaissant bien le district de Tribeca, au sud-ouest de Manhattan, où elle se situe et où il a lui-même vécu, Dan Aykroyd est à l’origine de son choix.

L’acteur a toujours aimé la forme de ce bâtiment du 14 North Moore Street, construit en 1903 pour accueillir la compagnie de pompiers Hook & Ladder Company 8 dont les précédents locaux devenaient inadaptés. À l’époque, l’immeuble est novateur puisqu’il s’agit de la première caserne de style Beaux-Arts construite par Alexander H. Stevens, le surintendant des bâtiments de New York. Elle comportait à l’origine deux portes pour les véhicules mais elle a été réduite de moitié en 1912 à la suite de l’élargissement de Varick Street. L’endroit est séduisant, même si lors de sa découverte, Egon Spengler a un avis totalement opposé :
« La ville devrait démolir ce truc pour insalubrité. Il y a un haut degré de vétusté, toute la charpente va s’effondrer, l’électricité n’est pas aux normes et est complètement insuffisante pour nos besoins en énergie. Quant au quartier, disons-le carrément, c’est la zone », lâche-t-il, un brin médusé avant que Raymond Stantz ne descende par la barre des pompiers, enthousiaste, lançant : « Whoa. Cet appart’ est géant. Quand est-ce qu’on emménage ? »
Oui, l’endroit est géant. Mais il possède un problème de taille pour le tournage puisque la caserne est en activité. Et si Ivan Reitman souhaite d’abord y tourner les scènes intérieures, il doit se résoudre à opter pour celles-ci pour un autre endroit. Par chance, une caserne similaire, la Firehouse 23, se trouve non loin des studios de Los Angeles, au 17281 Sunset Boulevard, et elle présente l’avantage d’être désaffectée. La solution est donc trouvée et seules les scènes extérieures sont tournées devant le 14 Moore Street dont la façade passe à la postérité. L’équipe du film effectue son retour dans le bâtiment new-yorkais quelques années plus tard, pour le deuxième volet, sorti en 1989 et installe alors une énorme enseigne Ghostbusters que l’on peut toujours voir en bonne place à l’intérieur du bâtiment.
Car le lien entre la saga et la compagnie de pompiers n’a jamais été rompu. Et ce, dès le trottoir où a été dessiné un immense sigle faisant le lien entre le logo des chasseurs de fantômes et les pompiers dont l’écusson reprend désormais ce dessin. Il est même possible d’en acheter ainsi que des sweat-shirts à l’effigie de la compagnie avec ce fameux logo faisant référence aux films. Les pompiers sont très accueillants et, quand ils ne sont pas en intervention, ils prennent volontiers la pause avec les nombreux touristes se rendant sur les lieux.

Plus tragique, un panneau sur la droite, à l’intérieur, expose des téléphones fondus et quelques vestiges exhumés des décombres de Ground zéro. Très proche du World Trade Center, la compagnie a été l’une des premières à intervenir le 11 septembre 2001 à la suite des attentats. L’un de ses hommes, le lieutenant Vincent G. Halloran, y a laissé la vie. Dix ans plus tard, la caserne a été menacée de fermeture dans le cadre d’une politique de restrictions budgétaires visant à en supprimer vingt dans la ville. Le futur maire de New York (2013-2017), Bill de Blasio, ainsi que Steve Buscemi, lui-même ancien pompier de la ville de 1980 à 1984 et ayant par ailleurs participé aux interventions du 11 septembre, se sont impliqués dans la mobilisation des habitants du quartier afin de la maintenir en activité.
Elle a même fait l’objet entre 2016 et 2018 d’une réfection globale ayant coûté 6 millions de dollars, lancée car le sol du bâtiment menaçait de s’effondrer en raison du poids des véhicules d’intervention. La nouvelle porte a conservé la couleur rouge d’origine mais a fait l’objet de petites modifications avec notamment l’ajout de panneaux vitrés. Et depuis 2021, une réplique grandeur nature de l’enseigne du premier S.O.S. Fantômes la surplombe.

Car la fiction a rattrapé la réalité. Pour mieux marquer le lien indéfectible existant entre la formidable saga ayant contribué à sa renommée, la caserne est chaque année le théâtre, parmi d’autres lieux, d’une célébration dans le cadre du Ghostbusters Day. Celui-ci se déroule le 8 juin, date anniversaire de la sortie du premier film. En 2022, l’événement a reçu plusieurs invités dont les acteurs Joe Cirillo (le capitaine de police) et John Rothman (le responsable de la bibliothèque) ainsi que le figurant Stephen Friedland. Une réplique exacte de la voiture Ecto-1 est aussi garée devant le bâtiment à cette occasion tandis que de nombreux fans s’y rendent grimés en chasseurs de fantômes. Les bénéfices de l’événement sont reversés en partie à Hook & Ladder.
L’université de Columbia et la New York Public Library, les lieux fondateurs
Si la caserne est l’immeuble le plus emblématique de la saga à New York, la ville qui ne dort jamais possède également de nombreux autres lieux de tournage. Ainsi, plus au Nord, à la limite de l’Upper West Side et de Harlem, l’université de Columbia est un lieu fondateur. C’est là, au début de l’histoire, que travaillent Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spengler. Tous trois chercheurs à l’université, ils décident d’ouvrir leur société d’investigations paranormales après avoir été radiés de leurs postes. La discussion fondatrice entre Peter Venkman et Raymond Stantz se passe alors sur le parvis, à droite de l’Alma Mater, la statue de la déesse Minerve, trônant devant les marches de la Low Library. L’endroit est facilement reconnaissable, mais si l’université avait autorisé la production à venir y filmer cette scène, elle avait en revanche exigé que son nom ne soit jamais cité dans le long-métrage !


La première chasse aux fantômes se déroule de son côté dans l’immense New York Public Library, la grande bibliothèque de la ville de New York dont deux imposantes statues de lion gardent l’entrée depuis la 42th Street. Peter Venkman et Raymond Stantz y rejoignent Egon Spengler dans l’immense et splendide salle de lecture appelée Rose Reading Room et se trouvant au dernier étage de ce bâtiment au charme intemporel. L’accès à cette vaste pièce est libre et les touristes peuvent encore la visiter gratuitement, à condition bien sûr que ce soit en silence car beaucoup de gens viennent y travailler. En revanche, la scène au sous-sol où les personnages rencontrent leur premier spectre, a été tournée dans la Richard J. Riordan Central Library de Los Angeles. Pour l’anecdote, juste en face de la bibliothèque, de l’autre côté de la 42th Street, se trouve le site imaginaire de la Manhattan City Bank, dont sortent les personnages principaux après que Ray a hypothéqué sa maison familiale pour fonder SOS Fantômes. Au moment où la production a posé ses caméras, il s’agissait de la Irving Trust Bank mais celle-ci a depuis bien longtemps quitté les lieux.


L’immeuble maléfique où habite Dana Barett
L’immeuble du 55 Central Park West où habite Dana Barrett et son voisin comptable Louis Tully tient une place centrale dans le premier film d’Ivan Reitman. C’est dans ce building, censé avoir été érigé par les fidèles du dieu sumérien malveillant Gozer, que des phénomènes étranges ont lieu, jusqu’à l’apparition dans notre monde, sur le toit, du fameux dieu lors de la scène finale. Dans la réalité, si l’immeuble est facilement reconnaissable, il n’est pas aussi imposant que dans le film. Afin d’accentuer son aspect maléfique, huit étages ainsi que le temple se trouvant sur son toit ont été ajoutés en image de synthèse par la production.
Construit en 1919 et ouvert à la location en 1930, il est alors le premier bâtiment Art déco de la rue et a eu plusieurs résidents célèbres, comme Calvin Klein. Sa façade en briques possède également la particularité de changer progressivement de couleurs, passant d’une teinte violette au niveau du trottoir au jaune clair sen s’approchant du sommet. Une technique utilisée dans les constructions new-yorkaises dans les années 1920 afin de créer des effets d’ensemble.

Juste en face se trouve, au sein de Central Park, le restaurant Tavern on the Green. Historique, il a bien changé depuis le tournage mais on reconnaît aisément l’endroit apparaissant dans la scène où Louis Tully s’enfuit de l’immeuble dans lequel il réside et traverse la rue pour tenter de trouver refuge dans l’établissement alors qu’il est poursuivi par un molosse venu de l’au-delà. Terrifié, il martèle les baies vitrées du restaurant pour solliciter l’aide des clients dînant à l’intérieur. En vain. Quartier très prisé et plus calme que Midtown se trouvant tout proche, l’Upper West Side est également connu pour accueillir, non loin de l’Empire Hotel tenant un rôle central dans Gossip Girl, le Lincoln Center for the Performing Arts.
Site emblématique où sont rassemblées plusieurs institutions culturelles majeures de New York, dont un orchestre symphonique. C’est au sein de celui-ci que Dana Barrett est musicienne dans le film. Après une répétition, Peter Venkman l’attend sur l’immense esplanade, près des jets d’eau. Depuis le tournage, la fontaine a été légèrement modifiée, mais l’endroit reste très proche de celui immortalisé dans les années 1980.

S.O.S. Fantômes 2, le sud de Manhattan pour terrain de jeu
Après le succès du premier long-métrage, dont les 30 millions de dollars de budget nécessaires à sa réalisation ont généré 290 millions au box-office ainsi qu’à un merchandising imposant, l’idée d’une suite prend rapidement forme. Très vite, l’équipe décide qu’elle se déroulera de nouveau à New York.
Devenue maman, Dana Barrett a quitté son appartement de l’Upper West Side, dont l’immeuble a été le théâtre de nombreux phénomènes paranormaux, pour déménager de l’autre côté de Central Park, dans l’Upper East Side, au 325 East 77th Street. Lorsque débute le film, elle promène son enfant en landau et après que celui-ci ait roulé dans une substance visqueuse se trouvant sur le trottoir, il échappe à sa vigilance pour effectuer une étrange course folle avant de s’arrêter en plein milieu du carrefour se trouvant à l’intersection de la 77th Street et de la 1st Avenue. C’est à cet endroit que quelques scènes plus tard, les chasseurs de fantômes effectuent un trou dans la chaussée et découvrent que des substances visqueuses et maléfiques circulent dans les égouts de la ville.

Si, dans le premier volet, l’essentiel de l’action se passe au nord de Manhattan, c’est surtout au sud, à côté de Battery Park que se déroule SOS Fantômes 2. C’est là que se trouve le National Museum of the American Indian, rebaptisé pour le film Manhattan Museum of Art. Dans cet immense bâtiment, Dana Barrett prend des cours de peinture tandis que trône l’imposant et angoissant portrait du cruel Vigo de Moldavie, massacré en 1610 mais ayant promis de revenir un jour… Et c’est bien sûr par l’intermédiaire de ce tableau qu’il se réincarne dans le film.
Comme évoqué, la caserne du 14 Moore Street accueille de nouveau le quartier général des chasseurs de fantômes. Peter Venkman habite, lui, à l’angle de Broadway et de Bleecker street, dans un immense bâtiment du 644 Broadway à la façade bien particulière. Son appartement se trouve au cinquième étage. C’est le seul étage possédant une corniche, capitale pour l’intrigue puisque c’est sur celle-ci que s’aventure Dana Barrett pour tenter de récupérer son bébé. Une scène tournée bien sûr en studios. Construit en 1889 pour accueillir la banque Manhattan Savings Institution, l’immeuble possède la particularité de mélanger les styles Queen Anne et néo-romantique ainsi que les matériaux puisqu’il possède aussi bien du grès sculpté et rustique, de terre cuite, de la brique, du cuivre et de la fonte. Son portail d’entrée, de deux étages de haut, est en fer forgé tandis qu’une tour recouverte de suivre le surplombe.


Enfin, la célèbre statue de la liberté possède un rôle décisif dans le second film et quitte son piédestal de Liberty Island pour prêter main forte aux chasseurs de fantômes. Inutile de préciser que ce n’est que du cinéma. La vénérable lady reste solidement installée dans le port de New York depuis 1886 et séduit toujours un grand nombre de cinéastes comme de touristes.
S.O.S. Fantômes : L’Héritage, le trait d’union
Si le reboot féminin de Pau Feig, sorti en 2016, reste une parenthèse peu marquante et n’entre pas dans le décompte officiel, la saga se poursuit véritablement en 2020 avec la sortie de S.O.S. Fantômes : L’Héritage, avec à la réalisation Jason Reitman (In God we trust, Thank you for smoking, Juno, In the air...), le fils du réalisateur des deux premiers films.
Mais ce retour réussi a mis longtemps à prendre forme. Bien que Dan Aykroyd ait écrit une suite dès 1990, c’est en 2004 que l’idée d’un troisième volet est dévoilée mais Bill Murray ne cache pas son désintérêt et rien n’a alors lieu. Puis, en janvier 2010, Ivan Reitman annonce qu’il va rempiler et l’interprète de Peter Venkman semble avoir revu sa position. Mais, en février, le décès d’Harold Ramis à 69 ans des complications d’une d’une vascularite inflammatoire auto-immune met le projet entre parenthèses. En octobre de la même année, il est réactivé par Ivan Reitman et Dan Aykroyd. Désireux de réunir l’équipe originale malgré la disparition de l’interprète d’Egon Spengler, ils modifient le script et le réalisateur décide de laisser sa place à son fils, Jason, pour s’occuper de son côté de la production. Le temps passe et le tournage commence en juillet 2019.
Cette fois-ci, finis les buildings de Manhattan, l’effervescence de New York et sa légendaire caserne. C’est loin de Big Apple que se déroule ce troisième film de la saga. L’action se tient de nos jours et a pour cadre la petite ville fictive de Summerville dans l’Oklahoma. C’est là que Callie (Carrie Coon), criblée de dettes, décide de venir s’installer dans la vieille maison de son père, avec ses enfants, Phoebe (Mckenna Grace) et Trevor (Finn Wolfhard). Bien sûr, le calme de la paisible bourgade va être rapidement perturbé par des phénomènes surnaturels tandis que les enfants vont découvrir à l’intérieur de la vieille bâtisse du matériel de chasseurs de fantômes ayant appartenu à leur grand-père, Egon Spengler… Cela fleure bon la nostalgie mais aussi l’influence de Stranger Things. Celle-ci est d’autant plus palpable avec la présence de Finn Wolfhard (Mike Wheeler dans la série originale Netflix) au générique. Un générique où les acteurs phares de la franchise, Bill Murray (Peter Venkman), Dan Aykroyd (Ray Stantz), Ernie Hudson (Winston Zeddemore), Sigourney Weaver (Dana Barrett) et Annie Potts (Janine Melnitz) ont accepté de faire une apparition.
C’est au Canada, dans la province d’Alberta que les scènes sont tournées, en raison notamment des avantages financiers proposés par le pays. Comme il en est d’usage pour les œuvres célèbres afin d’éviter que le tournage ne soit envahi par de nombreux fans, la production utilise le nom de Rust City pour nommer le long métrage auprès de la population locale. Mais le secret est éventé par le youtubeur local The Holy Moly, dont la notoriété augmente de manière conséquente lorsqu’il fait découvrir les coulisses du film sur quelques vidéos, et notamment le retour de la célèbre Ecto-1 bien rouillée.
La production pose durant cette période ses caméras à Calgary, dans les studios du Calgary Film Centre et aux Congress Apartements où habite la famille au début du film, mais aussi à Fort Macleod, Drumheller, Turner Valley, Beiseker, Dorothy ou encore Crossfield.


Ainsi, la rue principale de Fort Macleod figure celle de Summerville. Choisie pour son côté intemporel, la ville où est née en 1943 Joni Mitchell a accueilli plusieurs autres tournages pour les mêmes raisons, comme Le Secret de Brokeback Mountain (2005), Interstellar (2019) ou Let Him Go (2019). Son vénérable Empress Theatre, un cinéma datant de 1912, est ainsi endommagé par une décharge de protons lorsque l’Ecto-1 est remise en circulation pour effectuer sa première chasse au fantômes avec ses nouveaux propriétaires.
Les jeunes héros poursuivent Muncher, la nouvelle version du célèbre Bouffe-tout (Slimer), hommage lors de sa création au regretté John Belushi, disparu le 5 mars 1982 et initialement pressenti pour incarner Peter Venkman. Pour l’anecdote, il ne s’agit pas de la voiture originale, conservée jalousement par Sony à Los Angeles. Jason Reitman n’a pas eu l’autorisation d’utiliser celle-ci, mais seulement de s’en servir de modèle afin que les décorateurs en fassent une réplique en transformant une autre Cadillac 1959, non sans ajouter quelques nouveautés comme un poste d’artilleur.
L’équipe du film utilise également la ville de Beiseker, théâtre entre autres de la série Fargo, pour cette scène, notamment en transformant le Ng's Cafe en restaurant chinois, lui aussi touché par une décharge de protons tandis que Trevor effectue une sortie depuis le siège télescopique de l’Ecto-1 à l’intersection de la 23th Street et de la 2nd Avenue.
L’établissement accueille également le diner entre Callie et Gary (Paul Rudd). Dans la réalité, il s’agit d’un restaurant familial proposant des plats typiques de la région que les décorateurs ont totalement transformé. Toujours dans la même ville, l’Apple Pie Cafe, dont, comme son nom l’indique, la tarte aux pommes est réputée, est maquillé en fast-food rétro pour devenir le Spinners, où travaille Lucky (Celeste O’Connor) dont le charme ne laisse pas insensible le jeune Trevor. Les scènes de classe, au lycée de la Summerville Middle School, sont tournées à la W.G. Murdoch School de Crossfield tandis que le bâtiment du 1112 Railway Street a été transformé en Summerville County Sheriff Department office, le bureau du Shérif de Summerville.

Au nord de Fort Macleod, le pont métallique du petit hameau de Dorothy a, lui, été transformé en entrée de la mine Shandro. Il se trouve à proximité de l’intersection entre les routes 848 et 570. Pratiquement devenu une ville fantôme, Dorothy est prisée par de nombreux photographes pour son côté délicieusement rétro, avec ses silos à grains défraîchis dont l’un date de 1928, ses vieux bâtiments et sa petite église. C’est également dans les champs de Dorothy que Trevor prend en main l’Ecto-1. Lieu prépondérant de l’intrigue, l’étrange et vétuste maison familiale ainsi que sa grange s’affaissant sous le poids des ans n’existent pas. Il s’agit de décors construits par la production en pleine campagne, à Foothills County et démontés à la fin du tournage.
Il faut continuer de remonter dans la province pour découvrir d’autres éléments. Ainsi, le château d’eau de Summerville est celui de Drumheller. La ville, dont on découvre une vue panoramique, tire son nom de Samuel Drumheller, un propriétaire minier. Car l’endroit a connu son essor grâce au charbon se trouvant dans son sous-sol. C’est notamment lors de l’exploitation de celui-ci que furent découverts par hasard des ossements de dinosaures ayant donné naissance en 1985 à son musée de paléontologie, le Royal Tyrrell Museum of Palaeontology, comptant plus de 80.000 spécimens et visité chaque année par plus de 600.000 visiteurs.

Et c’est justement en suivant les traces des dinosaures, sur la route 838 également surnommée North Dinosaur Trail, que se trouve à 16 km au nord-ouest, le Horsethief Canyon, que les protagonistes longent en voiture lors de leur arrivée dans leur nouvelle maison. Creusé par la rivière Red Deer, tout comme le Horseshoe Canyon se trouvant à quelques kilomètres, l’endroit tire son nom du commerce illégal de chevaux qu’il abritait au XIXe siècle.
L’usine désaffectée où Muncher se cache et où Phoebe (Mckenna Grace) ainsi que Podcast (Logan Kim) s’entraînent à maîtriser le Proton Pack est l’ancienne usine à gaz de Turner Valley. Celle-ci a vu le jour après la découverte d’un gisement de pétrole dans les environs, le 14 mars 1914. Il a alors été décidé de construire ces locaux afin de traiter à la fois le pétrole et le gaz naturel extraits sur place. Il s'agit de la première installation de traitement et de raffinage du gaz naturel de l’ouest du Canada. Elle a même été pionnière dans le domaine jusqu’au milieu des années 1950 où elle était encore considérée comme avant-gardiste. Après 71 ans d’exploitation, elle a fermé ses portes en 1985 et le temps a fait son œuvre bien que des visites de ce site historique soient organisées. Le film de Jason Reitman, pour lequel elle proposait un décor parfait, lui a donné un coup de projecteur lui permettant d’attirer de nouveaux visiteurs.

Tout comme il a ravivé la flamme de nombreux fans nostalgiques et conquis une nouvelle génération. Tous, retrouvent New York, pour un nouveau volet, SOS Fantômes : La Menace de glace, dont la sortie est programmée le 24 mars (USA) et où les deux générations de chasseurs de fantômes doivent s’unir pour sauver le monde. Avec une nouvelle fois la célèbre caserne en point central puisque c’est ici que la famille Spengler élit domicile. Là où tout a commencé et où l’histoire ne semble pas prête de s’arrêter.
Crédits photos : Nicolas Albert.














