Plongez dans les profondeurs insondables de l’océan avec le test du célèbre film The Abyss par le magazine Les Années Laser. Découvrez comment ce classique de la science-fiction se mesure aux standards actuels du Blu-ray dans cette analyse.
En résumé
« Je veux que ce soit un 2001, L’Odyssée de l’Espace sous les mers. » Fort des triomphes artistiques et commerciaux de Terminator et d’Aliens, Le Retour, James Cameron avait toute la légitimité nécessaire pour affirmer ses ambitions sans l’ombre d’un complexe. « Le point de départ d’Abyss remonte à mon adolescence », raconte-t-il. « J’habitais en amont des chutes du Niagara et leur bruit a longtemps constitué mon unique bande originale. »
Un environnement sonore qui débouchera sur une authentique fascination pour l’eau et ses mystères, alimentée par la découverte addictive des documentaires en apnée du Commandant Cousteau et par le récit filmé d’un plongeur qui s’était livré à une expérience durant laquelle il avait respiré de l’oxygène liquide. « J’ai cru voir un homme avec des branchies », s’émerveillera-t-il bien des années plus tard.
Résultat : il coucha à 16 ans sur le papier les aventures des membres d'un laboratoire scientifique sous-marin construit au bord de la Fosse des Caïmans, soit au même endroit où il situera l'action de son film. "C'était une histoire toute simple, davantage une métaphore sur l'exploration de l'inconnu qu'un thriller en bonne et due forme." Preuve que ce n'était pas seulement une passion d'ordre intellectuel, il décrochera dans la foulée son propre diplôme de plongeur, prélude à un palmarès où, selon des statistiques arrêtées en 2009, quelque 2 500 heures sous la surface, 550 revêtu d'un scaphandre et 500 autres à bord de vaisseaux submersibles lui permettront d'afficher une incontestable connaissance physique et sensorielle de son sujet.

Comme il était hors de question de tourner en pleine mer, c'est dans une centrale désaffectée qu'il trouvera la gigantesque structure qui servira de réceptacle aux vingt-huit millions de litres d'eau censés représenter l'océan et aux décors en dur qu'il y fera construire pour l'occasion. Cimenté par une histoire d'amour d'une puissance et d'une crédibilité exceptionnelles dans le contexte d'une telle superproduction, ponctué d'effets spéciaux (dont un mémorable pseudopode liquide) récompensés par un incontestable Oscar, The Abyss demeure un tour de force technique gorgé d'images folles, mais aussi d'humanisme et d'émotion.
Du côté des bonus
Répartis sur un Blu-ray dédié, ils oscillent entre inédits en France (captivante interview récente de James Cameron, module sur la postérité du film, superbe making-of d'époque) et reprise intégrale des colossales archives du DVD hexagonal paru en 2000 (notes de production, script du tournage, scénario intégral, storyboards – y compris vidéo –, photos et dessins par centaines, montage des animations, démo des maquettes, séquence multi-angles, construction du décor, tournage de 3 scènes, compilation d'effets spéciaux…). Soit une exhaustivité difficilement surpassable. À noter que les deux montages du film sont aussi bien proposés sur l'UHD Blu-ray que sur le premier des deux Blu-ray joints.
I’m excited for you to experience The Abyss: Special Edition, now remastered in 4K, only in theaters on December 6. pic.twitter.com/3BxySSMcJU
— James Cameron (@JimCameron) November 13, 2023
Avis technique
Issues d'un tout nouveau master 4K supervisé de A à Z par James Cameron, les images bénéficient d'un HDR 10 qui sublime les couleurs (ces bleus !) et les lumières (ces fluorescences sur les créatures extraterrestres !), le piqué est à tomber, mais on y cherche en vain le grain cinéma d'origine, totalement balayé par le lissage. De plus, et le tout-puissant réalisateur a visiblement décidé de le laisser en l'état, le long panorama aérien final sur la cité alien est en très net retrait. Rien à redire en revanche pour la prodigieusement immersive piste Atmos réservée à la seule VO.

Le mot de la fin
À condition d'avoir les pupilles prêtes à renoncer à toute espèce de rendu pellicule, la postérité technique et éditoriale de cet hyper spectacle d'auteur est définitivement assurée.













