Test Blu-ray : Blade Runner 2049

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En résumé

« Eh, les gars, j?ai une super idée pour un film : une suite de Blade Runner ! » On imagine la réaction des « gars » en question : pourquoi pas un Citizen Kane 2 ou un West Side Story ?Le Retour, tant qu’on y est ? Pourtant, c?est bel et bien le défi, au mieux kamikaze, au pire blasphématoire, qu’a décidé de relever le Canadien Denis Villeneuve en ambitionnant de prolonger le totem de Ridley Scott qui, à l’instar du 2001 de Kubrick, avait voici trente-cinq redistribué toutes les cartes de la science-fiction au cinéma. « Je sais que chaque fan de Blade Runner entrera dans la salle avec une batte de base-ball », déclara le cinéaste, lui-même fan absolu de l’original, peu avant la sortie de son film. « En me lançant dans cette aventure, j?avais conscience de prendre le plus grand risque de ma vie. » Un risque payant à en croire l’accueil critique et commercial, à la hauteur du pari relevé. Et même si quelques voix se sont élevées pour fustiger son aspect sérieux, sa lenteur, son manque d’action, voire sa prétention. Mais le fait est là : pure fresque fantastique « d’auteur » aux images somptueuses, Blade Runner 2049 n’est certes pas un blockbuster à la « Transformers », mais sa nature contemplative et philosophique possède bien d’autres atouts pour captiver envoûter et incendier les neurones dans un même élan.

Avis technique

Un transfert de très haute volée où les nombreux éléments climatiques (brume, bruine, pluie battante, brouillard), les ambiances nocturnes ou les à-plats jaune/orangé ne génèrent pratiquement jamais aucun fourmillement qui viendrait occulter le rendu clinique des environnements monumentaux et d’une photographie majoritairement hypnotique redevable au grand chef opérateur Roger Deakins. Quant au son, s’il faut se tourner vers l’UHD Blu-ray pour retrouver le mixage Atmos des salles équipées, il faut reconnaître que le mixage reproduit ici à la perfection l’envoûtant design acoustique à la puissance peu commune (basses particulièrement offensives à la clé), y compris sur la musique, et d’une directivité souvent exceptionnelle. Cerise sur le gâteau : une fois n’est pas coutume, VF et VO atteignent un même niveau d’excellence.

Du côté des bonus

On pouvait espérer plus fouillé et substantiel (via un commentaire audio, par exemple), mais en l’état, le making-of, les six modules techniques et les très réussis prologues (dont un animé par l’auteur du chouette Cowboy Bebop Shinichirô Wantanebe) assurent une interactivité raisonnablement informative et divertissante.

Le mot de la fin

Peut-être pas un futur classique absolu comme le Blade Runner originel, mais une démarche esthétique et narrative d’une audace aussi fascinante qu’intelligemment féconde.

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