Test Rega Planar 3

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Pour le test vinyle de cette semaine, nous avons décidé de ne pas nous pencher sur une nouveauté mais plutôt sur une platine à la réputation déjà bien établie chez les audiophiles, la Rega Planar 3, aussi connue sous le nom de Rega P3. Initialement lancée en 1977, cette dernière version de la platine Rega Planar 3 voit le jour en 2016 et remplace la Rega P3 sortie en 2011. Vendue au prix de 819€ sans cellule, la Rega P3 est un modèle manuel à entraînement par courroie au design simple et épuré. Avec son châssis léger et rigide monté sur trois pieds amortissants associé au bras de lecture Rega RB330 et à un plateau en verre, la fameuse platine du fabricant anglais est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse dans ce test.

La platine Rega Planar 3 est un modèle manuel à entraînement par courroie au design sobre et élégant.

Rega Planar 3 : la marque 

La marque britannique Rega Research voit le jour en 1973, sous l’impulsion de Tony Relph et de Roy Gandy (le nom REGA est une association de RElph et GAndy). Les premières platines conçues par Rega au début des années 70 sont vendues via Cosmocord au Royaume-Uni et sous le nom Rega en Allemagne de l’ouest, au Danemark et en France. Roy Gandy travaille alors chez Ford en tant qu’éditeur technique et consacre ses soirées à la construction de platines vinyle. Les platines de la marque se font rapidement une réputation et les ventes sont telles qu’elle permettent à Roy Gandy de quitter son travail pour se concentrer intégralement sur Rega. Il décide alors d’investir dans l’ouverture d’une usine située à Rochford dans le sud-est de l’Angleterre. À cette même époque, la collaboration entre Tony Relph et Roy Gandy prend fin et Gandy rachète à son ancien associé ses parts dans la compagnie.

Roy Gandy, fondateur de la marque Rega.

En 1975, la platine Rega Planar 2 fait son entrée sur le marché et se fait rapidement une place parmi les meilleures platines dans sa gamme de prix. Puis, en 1977, le magazine britannique HI-FI News and Record Review annonce l’arrivée d’un nouveau modèle signé Rega, la Planar 3. Le magazine ne cache pas son enthousiasme et écrit que “la platine vaut vraiment le détour”. Avec le succès de ce nouveau modèle, la petite entreprise de Rochford s’agrandit rapidement et en 1980 cette dernière compte 13 employés, 20 revendeurs uniquement pour le Royaume-Uni, exporte ses platines dans 12 pays et doit même mettre des clients sur liste d’attente. Roy Gandy achète alors un vieux moulin inutilisé depuis des décennies, non loin de Rochford, dans un quartier résidentiel de Westcliff-on-Sea dans le comté de l’Essex. Ce moulin, est ensuite remis en état et transformé en usine pour répondre aux besoins de la marque dont la popularité ne cesse de croître.

L’ancienne usine Rega située à Park Street dans la ville de Westcliff-on-Sea.

En 1983, Rega se lance dans la conception et la construction d’un bras de lecture, donnant ainsi naissance au bras Rega RB300 puis Rega RB250 en 1984. Le bras Rega RB300, dont on retrouve l’héritier sur la platine Rega P3, a été vendu à plus de 400 000 exemplaires dans ses diverses incarnations. Cinq ans plus tard, en 1988, c’est au tour des cellules Rega Bias et Rega Elys d’entrer en production. Le millier d’unités vendues est dépassé dès le premier mois. 

Les bras Rega sont montés à la main en Angleterre.

Au début des années 90 Rega connaît à nouveau une période de forte croissance. L’enceinte Rega Ela fait son arrivée sur le marché en 1990, puis Rega fait ses premiers pas dans le monde des électroniques hi-fi avec le lancement des amplificateurs Rega Elex et Rega Elicit. En 1992, une nouvelle usine est construite à Southend-on-Sea, sous la direction de Roy pour accueillir la production des enceintes et des amplificateurs mais aussi assurer la place pour de nouveaux développements. 

Aujourd’hui, on retrouve au catalogue de Rega des platines vinyle hi-fi, des amplificateurs hi-fi stéréo, des bras de platine, des cellules phono, des lecteurs CD,  des préamplis phono et des accessoires dédiés aux platines comme par exemple des plateaux ou des courroies.

Rega Planar 3 : une platine de renom

C’est en 1977 que la première version de la platine Rega Planar 3 est présentée au public. Faisant suite à la Rega Planar 2, dont le succès a permis de consolider la réputation de la jeune marque britannique, la Planar 3 est aujourd’hui l’une des platine hi-fi les plus connues des audiophiles. Véritable porte d’entrée vers la hi-fi haut de gamme, la platine Rega Planar 3 sous ses différentes incarnations fait partie du paysage du monde de la haute-fidélité depuis plus de 40 ans.

La platine Rega Planar 3 première du nom.

Rega se démarque de la concurrence en se plaçant à contre-courant des tendances du moment en proposant une platine haut de gamme au châssis léger et rigide. Les platines de cette gamme de prix étaient dotées d’un lourd châssis dont le but est d’absorber l’effet de résonance de manière optimale. Cependant, cette conception a pour inconvénient d’absorber l’énergie et donc les détails et les harmoniques du signal. C’est pourquoi Rega a préféré concevoir une platine au châssis léger et rigide. Le sous-plateau d’entraînement est monté sur un palier lubrifié fixé directement à un socle en MDF, lequel est posé sur trois pieds en caoutchouc. Le lourd plateau en verre repose sur ce sous-plateau, qui est entraîné par un moteur synchrone 24V par une courroie en caoutchouc. Le couvercle en plexiglas permet d’obtenir une isolation contre les vibrations aéroportées. Enfin, le changement de vitesse de 33 tr/min à 45 tr/min s’effectue en retirant le plateau pour déplacer la courroie sur la gorge dédiée de la poulie.

Le sous-plateau et la poulie de la platine Rega P3.

Rega Planar 3 : bras de lecture RB330

Au cours de ses quarante années d’existence, la platine Rega Planar 3 a bénéficié de nombreuses améliorations. Cependant, deux d’entre elles ont particulièrement marqué le design de la platine. La première modification apportée au modèle d’origine est l’ajout du bras de lecture Rega RB300. Initialement équipée d’un bras R200 fabriqué par la marque Acos, la platine Rega Planar 3 est mise à jour en 1983 et est alors vendue dotée d’un bras Rega RB300. Premier bras de lecture conçu par Rega en Grande Bretagne, le RB300 est composé d’un tube et d’un porte-cellule en une seule pièce, issue d’un alliage moulé à haute pression. Bénéficiant de composants de haute précision, le bras Rega RB300 garantit un meilleur suivi du sillon et se dote de câbles à faible capacitance permettant d’augmenter considérablement la conductivité. 

Le bras de platine RB330 monté sur le platine Rega P3.

Le bras de lecture Rega RB330 que l’on retrouve sur la platine Rega P3 est équipé d’un tout nouveau tube développé pour équilibrer les masses et limiter les points de résonance. Le boîtier de roulement vertical a également été optimisé et un nouveau câble phono a été ajouté. Le bras de lecture Rega RB330 bénéficie également de nouveaux roulements et d’un balancier équilibré en acier de 100 grammes. Entièrement assemblé à la main, dans la plus grande tradition Rega, le bras RB330 reprend le design de ses aînés et l’améliore grâce à des matériaux et des techniques plus avancés.

Rega Planar 3 : évolutions et améliorations

Remise au goût du jour puis rebaptisée P3 en 2000, la Rega Planar 3 est alors proposée dans une nouvelle gamme de couleurs. Puis, en 2007, la platine reçoit un nouveau moteur synchrone AC 24V, le même modèle utilisé pour les platines P5 et P7. La dernière génération de RP3, sortie en 2016, hérite de toutes les améliorations apportées au socle, au plateau, au moteur et au bras de lecture au fil des années. On retrouve donc sur cette dernière version de la platine Rega P3 un bras Rega RB330 monté sur un châssis en stratifié recouvert d’une laque acrylique et reposant sur trois pieds amortissants en caoutchouc. Elle adopte une double armature en résine phénolique entre le sous-plateau et le bras, là où la structure de la platine doit être la plus inerte possible. Le moteur synchrone AC 24V est connecté à une poulie à double gorge associée à un sous-plateau en polycarbonate sur lequel repose le plateau en verre de 12 mm.

Le plateau en verre de la platine Rega Planar 3.

Rega Planar 3 : mise en oeuvre

Pour ce test nous avons associé la platine Rega Planar 3 à un préamplificateur phono Thorens MM08 et à un amplificateur Atoll IN200 Signature, puis à l’amplificateur Cayin CS-55A KT88 au moyen de câbles RCA Atlas Element Superior Integra. Le câble utilisé pour relier la platine à l’amplificateur était le câble intégré à la Rega P3. En effet, suivant le schéma de conception habituel de Rega, le câble RCA de la platine ne peut être changé car ce dernier est directement intégré au châssis dans le but de réduire les pertes de signaux causées par le passage à travers différents connecteurs. Pour ce test, nous avons fait appel aux enceintes colonne Focal Chroa 826 et aux compactes Elipson Prestige Facet 6B. Les deux paires d’enceintes étaient connectées à l’amplificateur par des câbles d’enceintes Viard Audio Silver HD12 HP. Enfin, puisque notre version de la Rega P3 ne comportait pas de cellule pré-montée, nous avons installé différentes cellules, dont une Audio-Technica VM540ML, une Sumiko Blue Point et une Rega Ania. Notez cependant que la platine est également proposée dans une version avec une cellule phono Rega Elys 2 sous la référence Rega Planar 3 Elys 2 MM.

La platine Rega Planar 3 accompagnée du préampli Thorens MM08 et de l’amplificateur Cayin CS-55A KT88.

Dans le carton on retrouve donc le châssis sur lequel tout est déjà monté, y compris la courroie, à l’exception du plateau en verre maintenu séparément dans le carton avec la feutrine. On retrouve également un capot en plexiglas estampillé Rega et doté de charnières permettant de soulever et de rabaisser ce dernier facilement. Petit point noir ici, les charnières ne respirent pas la qualité et se glissent dans des encoches prévues à cet effet, mais se délogent assez facilement lorsque l’on soulève le capot. Rega fournit également un gabarit d’alignement à utiliser pour régler l’avancement de la cellule (overhang) et un guide de démarrage rapide contenant les explications de réglage de la platine. 

Rega Planar 3 : montage des cellules

Une fois la platine placée sur le meuble, nous avons donc procédé à l’installation de la cellule. Notez que la platine Rega Planar 3 est conçue pour accueillir une cellule phono Rega et il est donc fortement recommandé d’installer une entretoise à la base du bras si vous désirez installer une cellule d’une autre marque, comme par exemple Ortofon, Grado, Audio-Technica, Sumiko, ou Nagaoka. Le besoin d’installer une entretoise s’explique par le fait que les bras Rega ne sont pas dotés d’un système de réglage de hauteur. Il ne permettent donc pas d’installer des cellules plus hautes et que les cellules Rega car la différence de taille, ici de 2 mm, affecte l’inclinaison et la surface de contact du diamant. À cause de cette différence, le diamant ne peut lire correctement l’intégralité du sillon et on perd certaines informations du message audio. Pour installer l’entretoise il faut dans un premier temps démonter le bras RB330 de la platine Rega P3. 

Pour démonter le bras RB330 de la platine Rega Planar 3, munissez vous d’un tournevis cruciforme.

Une fois les vis retirées, vous pouvez délicatement soulever le bras et tirer le câble phono connecté. Si votre entretoise est ouverte, vous pouvez simplement passer le câble dans l’ouverture et la placer sur la base du bras. En revanche, pour les entretoises fermées, vous devrez dévisser l’attache du câble située sous la platine afin de pouvoir entièrement retirer ce dernier. Placez ensuite l’entretoise sur la base du bras puis revisser le après avoir passé le câble RCA dans l’ouverture prévue à cet effet . 

Le dessous de la platine Rega Planar 3. Nous avons ici défait l’attache du câble RCA.
Vous pouvez placer une entretoise ouverte sous le bras RB330 de la platine Rega Planar 3 sans complètement retirer le bras.
Le bras RB330 de la platine Rega Planar 3 et son câble RCA.
Nous avons monté une entretoise de 2 mm sous le bras de la platine Rega P3.
Le bras de la platine Rega Planar 3 une fois l’entretoise montée.

Nous avons débuté nos écoutes avec la cellule Audio-Technica VM540ML. Dès le montage nous avons été surpris par un étrange choix de conception de la part d’Audio-Technica, puisque les vis sont montées à l’envers (tête vers le bas et écrou vers le haut). Rien de bien problématique mais cela donne un résultat peu esthétique.

La cellule Audio-Technica VM540ML montée sur le bras Rega RB330 de la platine Rega Planar 3.

Après avoir vérifié l’alignement de la cellule à l’aide du gabarit fourni, nous avons resserré les vis puis connecté les câbles à l’arrière de la cellule. Nous avons ensuite équilibré le bras et ajusté le contre-poids sur la force d’appui recommandée par Audio-Technica pour la cellule VM540ML, c’est-à-dire 2 grammes, avant de procéder à une vérification à l’aide de notre fidèle balance numérique Elipson. Nous avons terminé l’installation par le réglage de l’antistaking, qui se fait de manière très simple et rapide via un petit sélecteur situé à côté de la base du bras de lecture.

Rega Planar 3 : impressions d’écoute

Avant même d’abaisser le bras de lecture, nous avons été très agréablement surpris par le silence de la platine Rega Planar 3. Aucun bruit de fond ni de souffle à déplorer, ce qui est très bon signe pour la suite. Nous avons commencé nos écoutes avec l’amplificateur Atoll IN200 Signature associé aux enceintes Focal Chora 826 et notre disque de test référence pour les effets stéréo, le classique Dark Side of the Moon des anglais Pink Floyd. Dès les premières notes du morceau Breathe In The Air on ne peut qu’admirer la clarté du son. La scène sonore est spacieuse et on retrouve tous les détails de cet enregistrement de légende sorti tout droit des fameux studios Abbey Road. Aucun bruit de fond à l’horizon, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de l’excellent découplage du plateau en verre qui semble flotter au dessus du châssis. La séparation des canaux est excellente, ce que l’on peut attribuer à l’association de la Rega Planar 3 et de la cellule Audio-Technica VM540ML. Elle permet d’obtenir une scène sonore spacieuse et aérée. Le son semble littéralement remplir notre pièce d’écoute. Les percussions de l’introduction du morceau Time passent d’un côté à l’autre de notre salle, puis on se laisse porter par la fantastique section rythmique restituée avec clarté et énergie par la Rega P3. 

Mais alors que le solo de guitare de David Gilmour fait son entrée, quelque chose semble accrocher notre oreille. Si l’on peut penser au premier abord qu’un léger manque de graves provient d’un système pensé pour profiter des enregistrements sans coloration du signal, on relève cependant une certaine sibilance, tout particulièrement lors de passages faisant la part belle aux aigus. 

Le découplage entre le sous-plateau et le châssis est tel que le plateau semble léviter.

Pour équilibrer la restitution et faire face à ce problème de sibilance, nous avons alors remplacé l’ampli Atoll par le Cayin CS-55A KT88 pour profiter de la chaleur et de la douceur de l’amplification à tubes. Un échange concluant puisqu’il nous a bel et bien permis de retrouver un peu plus de matière dans le grave, mais en perdant au passage un peu de l’énergie qui fait la force de l’amplificateur Atoll IN200 Signature. Sur l’album Led Zeppelin II, on retrouve à nouveau l’espace et l’effet stéréophonique qui nous a séduit d’entrée de jeu. Tout particulièrement lors du passage où la voix de Robert Plant et la guitare de Jimmy Page serpentent entre les canaux de gauche et de droite lors du pont de Whole Lotta Love. Les morceau sont délivrés avec beaucoup de punch et de rythme. Rien ne traîne, chaque note et chaque frappe est reproduite avec précision. On retrouve tout de même une certaine sécheresse dans le grave, notamment au niveau de la grosse caisse et quelques notes aigus de guitare restent agressives.

L’association de la Rega Planar 3 et de l’amplificateur Cayin CS-55 KT88 donne de très bons résultats. 

Nous avons ensuite associé la cellule à bobine mobile Sumiko Blue Point à la Rega Planar 3. La différence s’est alors rapidement faite sentir. On retrouve plus de matière dans le bas du spectre et la sibilance qui nous posait problème avec la cellule Audio-Technica VM540ML semble s’effacer. Notons cependant que le haut du spectre reste très clair et parfois un peu trop soyeux avec les enregistrements d’époque. Pour mettre la platine Rega Planar 3 à l’épreuve avec des albums plus récents, nous nous sommes donc orientés vers deux albums sortis ces dernières années et utilisant des méthodes d’enregistrement différentes. La production léchée de l’album This Is Not Supposed To Be Positive du groupe parisien Hangman’s Chair sorti en 2015 tire amplement parti de la large scène sonore et de la précision de la Rega P3. Les instruments sont baignés de reverb et remplissent l’espace tout en laissant suffisamment de place à la voix pour que cette dernière reste parfaitement intelligible et se positionne au centre de l’image stéréo. La platine Rega Planar 3 restitue sans mal les imposantes guitares et les puissantes frappes de batterie du quatuor francilien sans perdre en finesse lors des passages clairs aux sonorités texturées. Certes, on aurait aimé un peu plus d’autorité dans le grave, mais ce que la P3 sait faire, elle le fait bien. Tout est en place et l’écoute est naturelle, dynamique et équilibrée. Les notes de guitare semblent faire écho dans notre pièce et la musique nous enveloppe. Curieux d’observer ce qu’un changement d’enceintes apporterait à l’expérience, nous avons donc remplacé les Focal par une paire de compactes Elipson Prestige Facet 6B. Agréable constat, passer du tweeter en alliage d’aluminium et de magnésium de la Focal Chora 826 au tweeter à dôme souple des enceintes Elipson permet d’atténuer les aigus parfois trop présents, même avec la cellule Sumiko Blue Point. On retrouve alors toute la richesse du son des guitares, la basse se fait une place de choix, ronronne comme il se doit et apporte une belle chaleur à l’ensemble alors que la batterie gagne en impact et en profondeur. Toujours issu du même album, le titre Flashback oscille entre passages mélancoliques et envolées de guitares et bénéficie indéniablement de cette atténuation des aigus accompagnée d’un grave plus charnu. Puissante quand il le faut et subtile lorsque la musique le requiert, l’association de la Rega Planar 3, de la cellule Sumiko Blue Point et des enceintes Elipson Facet 6B est très plaisante. Des enceintes audiophiles aux performances complètes telles que les compactes Jean Marie Reynaud Bliss Jubilé ou les colonnes Elipson Prestige Facet 34F feront sans le moindre doute des merveilles avec cette platine.

La platine Rega P3 restitue les enregistrements avec un bel équilibre et beaucoup de précision.

Nous avons terminé notre test en écoutant l’album Voix des grenoblois Aluk Todolo, un album sorti en 2016 et entièrement enregistré, mixé et masterisé en analogique. Pour cette dernière écoute, nous avons monté la cellule à bobine mobile Rega Ania, que l’on retrouve notamment avec la platine Rega Planar 6. La P3 est ici clairement dans son élément et se marie parfaitement avec la cellule. La restitution est précise et rythmée, les graves profonds, les médiums fournis et les aigus détaillés. L’écoute est tout simplement transfigurée. Les plans sonores sont étagés avec un grand savoir-faire et chaque instrument reste intelligible. Le message sonore est clair, l’ensemble respire et il suffit de fermer les yeux pour visualiser chaque instrument dans la pièce. La grande force de la Rega Planar 3 est sa capacité à reproduire des musiques aux orchestrations complexes avec une grande dextérité, ce qui en fait une partenaire de choix pour les expérimentations sonores du groupe mais aussi pour reproduire le son de larges orchestres symphoniques. À faible volume, la platine Rega Planar 3 ne perd pas cette qualité on peut donc aisément profiter des performances de la platine sans réveiller ses voisins. Autant dire que nous n’avons pas pu arrêter l’écoute aussi facilement tant le plaisir était au rendez-vous. La cellule Rega Ania montée sur la platine Rega Planar 3 nous a donné envie de revisiter chaque album présent dans notre salle de test. L’écoute est d’un naturel remarquable et on redécouvre véritablement ses disques grâce aux nombreux détails extraits.

La Rega Planar 3 associée à la cellule Rega Ania offre d’excellentes performances. On redécouvre ses vinyles avec le plus grand plaisir.

Rega Planar 3 : comparée à…

Pro-Ject Debut Carbon : les deux platines ne boxent pas dans la même catégorie, la Rega Planar 3 se positionnant au double du prix de la Pro-Ject. La comparaison entre ces deux modèles permet cependant de relever la précision et l’ouverture de la scène sonore de la Rega P3 en comparaison d’une platine qui, dans sa gamme de prix, s’illustre comme un modèle référence salué par la critique. Avantage sans surprise pour la platine Rega Planar 3.

Rega Planar 3 : conclusion

La Rega Planar 3 est une platine résolument audiophile révélant tout son potentiel une fois associée à des électroniques haut de gamme et à une cellule de qualité. On prendra soin de l’accompagner d’enceintes bénéficiant d’une belle assise dans le grave et d’énergie d’un bout à l’autre du spectre sonore pour profiter pleinement de ses performances. Conçue pour extraire tous les détails des enregistrements et reproduire ces derniers de manière claire et naturelle, la platine Rega P3 a également les défauts de ses qualités. Associée à la cellule Audio-Technica VM540ML, on retrouve une scène sonore aérée, spacieuse et claire, mais la restitution souffre d’une certaine sibilance. Le manque d’impact dans le grave se fait ici au profit d’un message musical détaillé et spacieux. Une fois associée aux cellules à bobine mobile Sumiko Blue Point et Rega Ania, la platine Rega Planar 3 surmonte cependant ce problème et fait preuve de performances riches et équilibrées. La platine se montre particulièrement à l’aise avec les orchestrations complexes et les enregistrements de bonne qualité dont elle sait extraire tous les micro-détails. Très silencieuse, elle permet de profiter des disques sans que l’écoute ne soit perturbée par les bruits de fond causés par les interférences électriques émanant du système ou les perturbations mécaniques. 

Le mécanisme du bras de lecture de la platine Rega P3 bénéficie d’une qualité de fabrication indéniable.

La réputation de la P3 n’est pas déméritée et cette dernière est un témoignage du savoir-faire de la marque britannique. La qualité de conception est aboutie et cette platine vinyle d’une grande simplicité d’utilisation saura tirer tout le potentiel de vos précieuses galettes noires, tout particulièrement des disques MoFi et des pressages 180 grammes.

Nous avons aimé

  • La précision du message sonore
  • La spatialisation
  • Le bruit de fond inexistant
  • La simplicité de montage et d’utilisation

Nous aurions aimé

  • Plus d’énergie et de matière dans le grave
  • Des charnières de meilleure qualité sur le capot

8 COMMENTAIRES

    • Pour une utilisation purement audiophile, la Rega P3 a l’avantage. La Technics 1210 MK7 offre des fonctions pensées pour les DJ, bénéficie d’un châssis plus lourd et d’une signature sonore plus punchy, mais la Planar 3 est une platine de salon clairement taillée pour un système hi-fi de qualité. Le bruit de fond est inexistant, la scène sonore très détaillée et la spatialisation excellente. La P3 est à mon goût plus raffinée et ouverte, l’écoute avec la cellule Rega Ania était un véritable bonheur !

    • L’association avec l’ampli Atoll IN200 Signature s’est montrée vraiment convaincante avec des enceintes ayant une bonne assise dans le grave et une cellule de qualité. Quelles enceintes et quelle cellule avez-vous ?

        • Les enceintes KEF R300 ont une bonne présence dans le grave et bénéficieront d’une amplification énergique. Pour une installation audiophile, l’ampli Atoll IN200 Signature est un excellent compagnon, de plus, il peut alimenter sans mal des enceintes un peu plus exigeantes si jamais vous décidez un jour de passer à des colonnes par exemple.

          • Ok merci…quel est la durée de vie moyenne d’une cellule élys 2?…un échange avec une rega exact en gardant les kef et mon brio m’apporterai quelque-chose?

          • La durée de vide moyenne d’une cellule est d’environ 600 à 700 heures. Comptez donc environ deux ans si vous écoutez un disque par jour, par exemple.

            Remplacer la Rega Elys par une Rega Exact permettrait en effet d’améliorer l’écoute en y apportant plus de détails et d’ouverture.

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