Visite de l’usine Audioquest

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Nous avons eu la chance d’être invités par Audioquest pour visiter son usine et centre logistique de Roosendaal aux Pays-Bas. L’occasion de jeter un oeil derrière le rideau et d’observer le processus de fabrication des différents câbles de la marque. Nous avons également pu profiter de sessions d’écoute au sein des locaux d’Audioquest au cours desquelles nous avons pu comparer l’apport des différentes gammes de câbles Audioquest. 

L’usine Audioquest de Roosendaal aux Pays-Bas reçoit les câbles sur bobines pour les découper et les monter.

Visite de l’usine Audioquest : un peu d’histoire 

L’histoire d’Audioquest débute en 1978 lorsque Bill Low, véritable passionné du son réalise ses premiers câbles. Gérant d’une petite boutique de hi-fi débouchant sur une plage californienne, il fait à cette époque le constat que les câbles audio ne sont pas de bonne qualité et dégradent grandement le transfert du signal sonore. Il décide alors de concevoir ses propres câbles hi-fi en attachant une attention particulière aux choix des matériaux, des isolants et à la méthode d’assemblage afin de permettre aux clients de sa boutique de pleinement exploiter les performances de leur système hi-fi. Ces câbles rencontrent alors un vif succès, si bien que Bill Low décide en 1980 de fonder Audioquest et de pleinement se concentrer sur la conception de câbles. 

Audioquest est fondé en 1980 par Bill Low.

Les travaux de recherche d’Audioquest portent à la fois sur l’isolation, l’agencement et la conception des conducteurs. En 1985, Audioquest devient ainsi la première entreprise américaine de câble audio à introduire une nouvelle technologie de conducteurs pour améliorer le transfert du signal. Une innovation qui permet à la marque d’être plébiscitée par la presse mondiale et de se forger une belle renommée dans le monde de la haute-fidélité. 

À la fin des années 80, Audioquest élargit son catalogue en mettant son savoir-faire au profit des câbles vidéo. C’est ainsi que voit le jour le premier câble composite Audioquest, un modèle adoptant des conducteurs en cuivre d’une grande pureté et une géométrie optimisée pour limiter les pertes et les distorsions des flux vidéo. Un domaine dans lequel Audioquest est encore présent aujourd’hui avec une grande variété de câbles HDMI. Composés de matériaux premiums et dotés des meilleures technologies de la marque, les câbles HDMI Audioquest sont conçus pour pleinement profiter de votre système vidéo. 

Bien plus qu’un simple spécialiste du câble, Audioquest est également devenu ces dernières années une véritable référence dans l’univers du DAC USB. Tout commence en 2012 lorsque le fabricant californien lance l’Audioquest DragonFly Black, un convertisseur et ampli casque haute performance déguisé en clé USB. Il prend en charge les flux audio jusqu’à 24 bits / 96 kHz et peut être utilisé sur un ordinateur Windows ou Mac, ainsi que sur un smartphone ou une tablette iOS et Android. 

Lors de sa sortie en 2012, l’Audioquest DragonFly Black révolutionne l’univers du DAC en offrant un convertisseur et ampli casque haute performance dans un format ultra compact. 

Devenu une véritable référence, le DragonFly Black est aujourd’hui encore proposé au catalogue de la marque. Il a depuis été complété en 2016 par l’Audioquest Dragonfly Red, un modèle apportant un nouveau DAC ESS Sabre ES9016K2M, puis par l’Audioquest Dragonfly Cobalt en 2019. Ce dernier coiffe la gamme de DAC audio USB DragonFly en intégrant une puce ESS Sabre ES9038Q2M, une version mobile du convertisseur le plus performant du fabricant américain ESS Technology. Compatible MQA et 24 bits / 96 kHz, ce DAC USB bénéficie également d’une alimentation mieux filtrée pour limiter l’effet des perturbations externes et est moins énergivore, ce qui préserve la batterie du périphérique mobile associé.

L’Audioquest Dragonfly Cobalt chapeaute la gamme de DAC audio USB DragonFly. Il intègre un DAC ESS Sabre ES9016K2M compatible MQA et 24 bits / 96 kHz. 

Visite de l’usine Audioquest : théorie des câbles 

Avant de découvrir le processus de fabrication des câbles Audioquest, nous avons eu le privilège d’assister à un cours sur la théorie des câbles et la philosophie de la marque californienne enseigné par Bryan Long, vice président d’Audioquest. Depuis maintenant plus de 40 ans, chaque câble Audioquest est ainsi réalisé selon quatre principes fondamentaux : la structure, la géométrie, les conducteurs et l’isolation du câble. L’équilibre et la sélection entre ces quatre éléments forment la clé du succès des câbles Audioquest. Pour mieux comprendre, voici en détail chacun de ces éléments et son rôle dans le transfert du signal sonore. 

La structure des conducteurs 

La structure des conducteurs est le premier élément étudié par Audioquest pour optimiser le transfert du signal sonore. La plupart des fabricants utilisent en effet de multiples brins torsadés et regroupés pour constituer un unique conducteur. Le problème de cette conception est qu’il y a une énorme interaction entre les différents brins, ce qui peut alors engendrer de la distorsion. De plus, avec un câble d’enceinte, les fortes tensions des basses fréquences peuvent également engendrer une perturbation magnétique et dégrader le transfert des haute fréquences. Pour éviter ces problèmes, beaucoup de câbles Audioquest utilisent des conducteurs solides ou semi-solides. L’interaction entre les brins est alors réduite, ce qui permet de réduire la dégradation du signal et d’offrir de bien meilleures performances.

L’utilisation de conducteurs solides permet de réduire l’interaction entre les brins pour limiter la dégradation du signal.

La composition des conducteurs 

La qualité du cuivre ou de l’argent est un autre facteur pris en considération par Audioquest pour fidèlement transmettre le signal sonore. Le fabricant utilise ainsi trois qualités de cuivre dans ses câbles analogiques, de haut-parleurs ou d’alimentation, ainsi que de l’argent massif dans ses câbles haut de gamme ou du cuivre plaqué argent pour les câbles vidéo et numériques. Voici plus en détails les différents conducteurs utilisés par Audioquest et les raisons pour lesquelles le fabricant utilise chacun de ces conducteurs. 

  • Cuivre LGC 

Le cuivre LGC (Long Grain Copper) est une version optimisée par Audioquest de l’habituel cuivre désoxygéné OFC. Cette optimisation est obtenue par une méthode de moulage spécifique permettant de réduire davantage la teneur en oxygène du cuivre. Il faut en effet savoir que même les cuivres OFC haute pureté contiennent encore une faible quantité d’oxygène pouvant former des oxydes de cuivre et engendrer de la distorsion. En réduisant ainsi le taux d’oxygène, les conducteurs en cuivre LGC assurent un transfert plus précis et plus fidèle du signal sonore. Le cuivre LGC est de plus réalisé à partir de grains beaucoup plus longs. La densité est d’environ 300 grains tous les 30 cm pour du cuivre LGC contre plus de 1 500 grains pour du cuivre classique. Cependant, l’interaction entre deux grains engendre une différence de conductivité et de la distorsion. Le faible nombre de grains du cuivre LGC assure ainsi de bien meilleures performances. 

  • Cuivre PSC 

Le cuivre PSC (Perfect Surface copper) utilise un procédé d’usinage exclusif consistant à étirer le cuivre, puis à le faire réchauffer afin de créer une surface extrêmement douce et lisse. La surface des brins fait de plus l’objet d’un long polissage pour être encore plus lisse. Cela permet de réduire davantage l’interaction entre les brins et d’assurer une meilleure transmission du signal voyageant à la surface du conducteur. Audioquest utilise également du cuivre PSC+ qui bénéficie du même processus d’usinage, mais utilise un cuivre d’une pureté encore supérieure. 

Le cuivre PSC bénéficie d’une surface extrêmement lisse pour limiter l’interaction entre les grains et éviter la distorsion.
  • Cuivre plaqué argent

Le cuivre plaqué argent est principalement utilisé par Audioquest dans ses câbles audio et numériques haut de gamme pour optimiser le transfert des très hautes fréquences. Ces signaux, étant d’une si haute fréquence, voyagent presque exclusivement à la surface des conducteurs. En appliquant un plaquage en argent, il est ainsi possible de profiter à moindre prix de performances très proches de celles d’un câble en argent massif. À noter que certains câbles Audioquest pour caissons de basses bénéficient également d’un plaquage argent, car celui-ci optimise la précision et l’impact des graves. 

La géométrie du câble

Le troisième point étudié par Audioquest pour préserver le signal durant son transfert est la géométrie du câble. Celle-ci influence directement la relation et l’interaction entre les différents conducteurs et donc le transfert du signal. Par exemple, un câble de haut-parleur présentant des conducteurs parallèles va produire un son terne et agir comme une antenne. Un câble équipé d’une paire de conducteurs torsadés risque quant à lui de produire un son voilé et peu spatialisé. Une des solutions utilisées par le fabricant californien consiste alors à mettre en oeuvre un minimum de quatre conducteurs avec une géométrie en contre-spirale consistant à enrouler les conducteurs négatifs dans un sens, puis de les envelopper par un enroulement inverse de conducteurs positifs. Cette géométrie limite les interactions entre les conducteurs positifs et négatifs, réduisant ainsi les distorsions et les champs magnétiques.

L’isolation interne du câble 

Enfin, le dernier point étudié par Audioquest pour assurer une parfaite transmission du signal sonore est l’isolation interne du câble. Il s’agit ici de tenir à l’écart les conducteurs positifs et négatifs du câble et non encore de protéger le signal des perturbations externes. Le plus délicat consiste alors à trouver le matériau assurant une parfaite isolation tout en n’ayant aucune influence sur le signal. Pour ce faire, le fabricant américain utilise divers polymères. Les modèles plus haut de gamme bénéficient également de mousses injectées d’azote pour créer un vide d’air entre les matériaux. L’air ne présentant alors aucune influence sur le signal, la distorsion est considérablement réduite par rapport à une isolation qui serait physiquement en contact avec les conducteurs.

Conception d’un câble Audioquest 

Dénudage des câbles

Audioquest est aujourd’hui présent dans plus de 65 pays à travers le monde. La marque dispose de bureaux et d’ateliers en Californie, à Hong Kong et aux Pays-Bas. C’est cette dernière usine que le fabricant nous a donné l’occasion de visiter pour découvrir le processus de fabrication de ses emblématiques câbles. Un processus qui débute en Californie où le cuivre y est fondu par Cardas et mis dans ses gaines définitives. Une partie des câbles dédiés au marché européen arrive ensuite par bobines à Roosendaal aux Pays-Bas pour y être coupée en différentes longueurs et montée. Lors de notre visite, nous avons eu l’occasion de découvrir le montage d’un câble d’enceintes Audioquest ThunderBird Zero, un modèle haut de gamme équipé de fiches bananes et de la technologie DBS (Dielectric-Bias System). Entièrement réalisé à la main par les ouvriers d’Audioquest, chaque câble Audioquest ThunderBird Zero nécessite plus de deux heures de manutention. Un très long processus qui débute par l’extraction de la gaine externe et des couches isolantes des deux extrémités du câble pour accéder aux différents conducteurs. Un protocole chirurgical nécessitant de retirer pas moins de 7 couches différentes pour le câble Audioquest ThunderBird Zero.

Une fois la gaine et les couches isolantes retirées, on peut distinguer les différents fils conducteurs du câble. Pour le câble d’enceintes Audioquest ThunderBird Zero, nous avons 8 conducteurs solides en cuivre PSC+ (quatre positifs et quatre négatifs), ainsi qu’un tressage métallique sur lequel est soudé le système DBS. Celui-ci est chargé d’envoyer un courant de 72 volts pour créer un champ électrostatique le long du câble et polariser la couche isolante pour limiter les interférences lors du transfert du signal sonore.

Le câble d’enceintes Audioquest ThunderBird Zero utilise 8 conducteurs solides en cuivre PSC+ (quatre positifs et quatre négatifs), ainsi qu’un tressage métallique sur lequel est soudé le système DBS.

Les huit fils du câble sont regroupés en deux lots de quatre (quatre fils positifs et quatre fils négatifs), puis les conducteurs sont mis à nu sur environ 3 à 4 cm. Ces conducteurs sont ensuite torsadés les uns autour des autres pour ne former qu’un unique brin. Les parties de ces différents câbles non dénudées sont alors placées dans une gaine thermoplastique pour les maintenir en place. Celles-ci sont ensuite recouvertes d’une couche isolante, identique à la gaine externe du câble.

À ce niveau, le câble est composé d’une large gaine centrale commune, puis de deux plus petites gaines à ses extrémités qui correspondent aux bornes positives et négatives des enceintes ou de l’amplificateur. L’ouvrier réalise alors un raccord entre ces différentes gaines à l’aide d’un thermoplastique, puis d’un cache en polymère venant se visser et maintenir les câbles. 

Montage des fiches bananes 

Le câble Audioquest ThunderBird Zero réalisé par Audioquest lors de notre visite est un modèle équipé de fiches bananes en cuivre rouge d’une très haute pureté. Le boîtier externe de ces fiches est moulé dans un polymère pour ne pas perturber le champ magnétique du signal et ne pas introduire de bruit radiophonique dans les conducteurs, comme cela pourrait être le cas avec un châssis métallique. Pour monter ces bananes, Audioquest commence par appliquer une fine couche de pâte cuivrée sur les conducteurs afin d’optimiser la surface de contact. À noter que pour les câbles équipés de conducteurs en argent, la pâte cuivrée est remplacée par une pâte d’argent.

Une fois la pâte appliquée sur les conducteurs, la fiche banane est insérée et vissée. Le sertissage est exclusivement réalisé à froid pour éviter toute dégradation du conducteur. L’utilisation d’une soudure comme de l’étain aurait en effet une incidence sur la conductivité du câble et engendrerait de la distorsion. La soudure à chaud peut aussi perturber l’intégrité structurelle des conducteurs et grandement dégrader le signal. Ce procédé de sertissage à froid est utilisé pour tous les câbles Audioquest, de l’entrée de gamme, jusqu’aux modèles les plus performants.

Contrôle qualité des câbles Audioquest 

Test et écoute des câbles Audioquest 

Nous avons poursuivi notre visite de l’usine Audioquest avec une session d’écoute au cours de laquelle nous avons pu écouter les différents câbles Audioquest et les comparer avec des câbles ordinaires, puis étudier l’apport de la montée en gamme entre les différents câbles de la marque. Nous avons réalisé ces essais sur un système hi-fi basique constitué d’un ampli Denon Ceol et d’enceintes compactes Pioneer, puis sur un système hi-fi d’exception. Dans les deux cas, l’apport est saisissant, avec une scène sonore globalement plus large, une meilleure spatialisation, une meilleure maîtrise des différents registres et la mise en évidence de détails jusqu’alors inexistants. Ces caractéristiques sont de plus en plus accentuées à mesure que l’on monte en gamme.

Lors de cette session d’écoute, nous avons également pu tester les conditionneurs secteur Audioquest PowerQuest 3 et Audioquest PowerQuest 2. Intercalés entre la prise électrique et l’ampli Denon Ceol, ils apportent un courant d’alimentation dénué de bruit et de parasites. Il en résulte une écoute plus détaillée et plus naturelle.

La visite de l’usine Audioquest s’est terminée avec la découverte des différentes enceintes colonne, compactes, satellites et les caissons de basses de la marque GoldenEar récemment acquise par Audioquest. La plus grande distinction de cette marque par rapport aux autres fabricants d’enceintes est sa gamme Triton dans laquelle chaque enceinte colonne intègre un caisson de basses actif. 

Les enceintes colonne de la gamme Triton de GoldenEar intègrent un caisson de basses actif.

Nous adressons un grand merci aux équipes d’Audioquest pour nous avoir offert l’opportunité de visiter leur locaux, d’observer les étapes de conception de leurs câbles et d’en apprendre plus sur cette emblématique marque de haute-fidélité.


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2 COMMENTAIRES

  1. A l’occasion de cette visite très intéressante, avez-vous pu connaître la position d’Audioquest sur un éventuel « rodage » des câbles ? Car certains semblent y croire et d’autres pas…

    • Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion d’étudier ce principe avec Audioquest. À titre purement personnel, je n’ai jamais distingué la moindre différence entre un câble neuf et rodé. Quand bien même un câble semblerait meilleur après plusieurs heures, cela proviendrait plus du fait que l’auditeur c’est habitué à la signature sonore du nouveau câble, plutôt qu’à une véritable modification des caractéristiques du câble.

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