La musique : des simples bienfaits à la thérapie

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Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est probablement que nous partageons une passion commune : la musique. Vaste sujet, vaste concept, nous ne tenterons pas ici de définir ce qu’est la musique, mais plutôt ce qu’elle nous apporte.

De nombreuses études ont prouvé pour certaines, et laissent à penser pour d’autres, que la musique est un véritable vecteur de bien-être pour l’ensemble du vivant, tant pour l’Homme que les animaux et même pour les plantes ! Le physicien Joël Sternheimer a par exemple découvert et breveté un procédé appelé génodique. Ce concept repose sur la diffusion de fréquences sonores identifiées par le vivant et à destination des élevages cultures végétales et part du postulat que certaines mélodies influencent  le développement des protéines des végétaux, en accélérant ou bien au contraire en inhibant leur croissance. De même, dans les élevages, la diffusion de protéodies ont la faculté, par exemple, de favoriser la lactation des vaches.

Si de tels effets peuvent être produits sur les animaux et végétaux, quels bienfaits la musique peut-elle nous apporter ?

Musique, motivation et concentration

Lorsque l’on doit effectuer certaines tâches, qu’elles soient d’ordre physique ou intellectuel, un phénomène, quasiment assimilé à un besoin, se manifeste chez beaucoup de personnes : écouter de la musique.

En effet, pour nous motiver, nous avons très souvent recours à la musique, rythmée pour l’ activité physique ou plus calme pour la concentration, c’est un fait. Mais comment expliquer un tel phénomène ? Selon Isabelle Peretz, professeure de neurocognition musicale, “Le fait d’écouter une musique qui vous plaît, suffisamment pour vous évoquer des frissons, va relâcher la dopamine dans votre cerveau et dans les structures reconnues pour être tout le circuit de récompenses dans le cerveau.”

En un mot, la musique est comme un produit dopant mais sans les conséquences néfastes des drogues, ou encore… du chocolat ! Consommez donc la musique sans modération, c’est bon pour la santé !

La musique adoucit les mœurs

Vous l’avez probablement déjà remarqué en naviguant sur Internet et en parcourant vos radios préférées ou services de musique en streaming : il existe aujourd’hui une multitude de playlists classées par humeurs. Nul besoin de réaliser une étude pour avancer cette thèse : certaines musiques ont le pouvoir, chez certaines personnes, d’amplifier leur humeur ou de l’influencer. Ainsi, si vous ne vous sentez pas au mieux de votre forme, il est fort probable qu’une playlist de type “bonne humeur”, “road trip” ou encore “journée ensoleillée” vous remette un peu de baume au cœur !

Sauf si, comme l’a démontré une étude réalisée par la professeure de neurocognition musicale Isabelle Peretz, les enseignantes chercheuses à l’université d’Helsinki Elvira Brattico et Mari Tervaniemi et la neuropsychologue Patricia Moreau, vous faites partie de cette très faible part de la population (estimée à 4%) atteinte du trouble de l’amusie congénitale, responsable d’une importante difficulté à apprécier ou produire de la musique, et ce malgré de nombreux efforts déployés.

Musique, relaxation et sommeil

Comme le dit l’expression, “Tous les goûts sont dans la nature”. Il en va de même en ce qui concerne la musique au sens large. Ces “goûts” influeront fortement sur les sons et musiques susceptibles de nous apaiser voire de nous aider à trouver le sommeil. Ainsi, lorsque certains auront besoin d’un silence absolu, d’autres auront recours à l’écoute d’une musique des plus calmes ou des sons rassurants tels que le bruit d’une rivière, ou encore le chant des oiseaux, etc. 

Mais c’est oublier la nouvelle tendance, apparue en 2008 sur YouTube : l’A.S.M.R.

L’exemple de l’A.S.M.R

Le sigle A.S.M.R vient de l’anglais “Autonomous Sensory Meridian Response” que l’on pourrait traduire par “réponse autonome sensorielle culminante” ou encore “réponse automatique des méridiens sensoriels”.

Contrairement à ce que l’on a coutume de dire, on ne regarde pas de l’A.S.M.R, mais on le ressent (ou pas, en fonction des personnes). En effet, cette expression définit davantage les sensations agréables prodiguées par ce que l’on peut voir ou entendre sur ces vidéos. Certains décrivent d’ailleurs ces sensations comme “un picotement allant du cuir chevelu jusqu’à la colonne”, d’autres vont jusqu’à parler “d’orgasme cérébral”, quand d’autres encore ne ressentent rien, si ce n’est un sentiment de crispation. Si à ce jour, la communauté scientifique n’a pas encore prouvé une quelconque efficacité de ce type de vidéos, les fans de la pratique augmentent continuellement, comme le nombre de youtubers. En effet, nul besoin de formation pour “faire de l’A.S.M.R”, et c’est ce que nous pouvons constater au regard des chiffres : fin 2019, on comptait d’ores et déjà plus de 13 millions de vidéos d’A.S.M.R sur YouTube, et quelques milliers voire millions de vues pour certaines d’entre elles. Quoiqu’il en soit, nombreux sont celles et ceux qui disent trouver plus facilement le sommeil, ou du moins être plus détendus, grâce à ces chuchotements et tout autre type de bruit, pourvu qu’il soit lent et délicat.

Si l’A.S.M.R n’a pour l’heure aucun réel recul scientifiquement parlant, tel n’est pas le cas de la musicothérapie, sujet que nous aborderons dans ces prochaines lignes.

La musique a-t-elle un effet thérapeutique ?

“ La musique ne soigne pas, la musique n’a jamais soigné personne”

François-Xavier Vrait

Si des musicothérapeutes tels que François-Xavier Vrait, directeur de l’Institut de Musicothérapie de Nantes et coordinateur pédagogique du Diplôme Universitaire de musicothérapie à la Faculté de Médecine de l’Université de Nantes, s’accordent pour dire que “ La musique ne soigne pas, la musique n’a jamais soigné personne”, celle-ci n’en est pas moins bénéfique pour les patients bénéficiant de cette thérapie.

Pour bien comprendre la notion de musicothérapie, Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’Université de Caen, explique que « La simple exposition d’un sujet à l’écoute de la musique n’est pas de la musicothérapie. On parle de la musicothérapie lorsqu’il s’agit de l’application des soins dans un contexte thérapeutique, avec l’intervention d’une personne qualifiée – d’un  musicothérapeute. Trois paramètres sont importants : l’histoire du patient et les spécificités de sa pathologie, les caractéristiques de la musique choisie et la relation avec le thérapeute. »

La musicothérapie se décompose en deux branches : la musicothérapie dite “réceptive” qui consiste à faire écouter des extraits sonores au patient, et la musicothérapie “active” qui, quant à elle, consiste à proposer au patient d’utiliser des instruments, son corps, sa voix pour produire de la musique au sens large.

Si, comme nous l’avons souligné plus tôt, la musicothérapie ne soigne pas, elle a néanmoins le pouvoir de calmer, canaliser, réduire l’anxiété ou encore jouer sur la plasticité cérébrale et donc l’apprentissage ou réapprentissage du patient. Ainsi, la musicothérapie s’avère utile, en complément de traitements médicaux bien entendu, chez les patients souffrant par exemple d’autisme ou bien de la maladie d’Alzheimer.


L’exemple d’Alzheimer

Il nous est probablement arrivé à tous d’écouter une musique qui ravive des souvenirs. Un tel phénomène a également été constaté sur des sujets atteints de la maladie d’Alzheimer selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de McGill à Montréal. En effet, il a été démontré que la musicothérapie avait un réel impact cognitif sur des personnes souffrant d’Alzheimer, leur permettant entre autres de faire ressurgir des souvenirs enfouis, mais également de réduire anxiété et agitation. Ainsi, bien que la musicothérapie ne remplace pas un traitement médical, elle peut néanmoins améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cette maladie.

Le pouvoir de la musique va même encore plus loin : une expérience réalisée dans une maison de retraite à Caen a démontré grâce à des ateliers musicaux que les personnes souffrant d’Alzheimer, même sous une forme avancée, avaient encore la capacité d’apprendre. 

Cependant, Hervé Platel nous invite à garder la tête froide : « Dans le cadre des maladies neuro-dégénératives – du type Alzheimer – la musicothérapie va en effet retarder les effets de la maladie, mais elle n’a pas d’impact sur la guérison en elle-même, la progression de la maladie est inévitable. Par contre, seule la musicothérapie réussit à activer les capacités résiduelles de la mémoire : alors que l’on a l’impression d’avoir les patients qui n’ont plus aucune mémoire, ils arrivent à retenir les mélodies nouvelles et sont capables de les reproduire, alors qu’ils n’en mémorisent pas les paroles. »

De quoi redonner tout de même un peu d’espoir grâce à quelques notes !

Et la pratique dans tout ça ?

Si l’écoute et donc un rapport plutôt passif à la musique peut faire des merveilles, sachez que le chant ou de la pratique d’un instrument, contribue largement à renforcer le développement cognitif, notamment chez les enfants dont la plasticité cérébrale est généralement élevée. En effet, la pratique de la musique fait appel à une multitude de compétences et les renforce. Parmi celles-ci nous retrouvons notamment des capacités de lecture renforcées, une meilleure prononciation ou encore une meilleure mémoire. 

Cependant, si à l’âge adulte vous souhaitez commencer la pratique d’un instrument, celle-ci ne manquera pas d’augmenter votre sentiment de bien-être tout en faisant travailler mémoire et patience. Il n’y a donc pas d’âge pour commencer !

La musique fait partie de nos vies, nous rassemble et parfois même nous ressemble. Vecteur de bien-être, n’hésitez pas à en abuser sans modération ! 

Le chercheur en neuroscience Jacob Jolij aurait même trouvé la chanson qui rendrait le plus heureux selon une équation mathématique ! Découvrez plutôt : 


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