Test Supravox Vouvray : ampli hybride puissant, dynamique et équilibré

5
7767
  • 8
    Partages

Test de l’amplificateur à tubes Supravox Vouvray, un modèle hybride doté d’un étage de pré-amplification à tubes et d’un étage de sortie en classe AB. Derrière sa sobre façade en aluminium et son châssis recouvert de bois laqué, le Supravox Vouvray abrite une amplification qui délivre 2 x 70 watts de puissance sous 8 ohms avec une forte capacité en courant pour alimenter sereinement tout type d’enceintes. 

Vendu 3699 euros, ce premier amplificateur de la marque française auréolé d’un Diapason d’Or peut-il rivaliser avec des modèles de marques bien établies dans ce domaine comme Cayin ou McIntosh ? 

L’ampli Supravox Vouvray placé entre le Cayin CS-55A KT88 (à gauche) et le McIntosh MA252 (à droite).

Supravox Vouvray : la marque

L’histoire de Supravox commence en 1935 avec la création de la société SEM (Super Électro Mécanique) par un ancien mécanicien de la marine, M. Dorliac. La SEM qui fabrique alors des pièces mécaniques démarre la production de haut-parleurs peu avant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, le directeur des études et fabrications de la SEM, M. Liebert, met au point les premières membranes exponentielles de la marque. S’ensuit le développement d’une gamme de haut-parleurs large bande de 17, 21, 24, 28 et 33 cm de diamètre, tous équipés d’une membrane exponentielle. À l’époque, les matériaux utilisés pour les aimants étaient l’Alnico ou le Ticonal. Les premiers haut-parleurs SEM à aimants permanents Alnico sont fabriqués à la fin des années 40.

Lancé au début des années 50, le haut-parleur SEM X.F.53 était doté d’un aimant AlNiCo.

La marque Supravox est déposée en 1956 à l’initiative de Madame Dorliac, perpétuant les recherches et les réalisations de la SEM, en particulier les haut-parleurs large bande de grande sensibilité à membranes exponentielles.

Entre 1956 et 1960, le consortium de fabricants d’appareils télévisuels et radiophoniques dirigé par Sylvain Floirat (la CGTVE regroupant Tévéa, AMPLIX, TELEMASTER, AIRPHONE…) commande quasiment tous ses haut-parleurs à Supravox, en particulier les modèles équipés du moteur Ticonal magnétiquement blindé.

Entre 1958 et 1960, Supravox participe à l’étude de l’isolation phonique de la cabine du Concorde à l’aide d’une quarantaine d’enceintes dotées de haut-parleurs de 28 cm de diamètre.

En 1964, la RTF recherche des haut-parleurs large bande pour équiper ses moniteurs de studios. En réponse à cette demande, Supravox créé un haut-parleur large bande de 215 mm de diamètre sous la référence 215 RTF 64. Ce haut-parleur avec sa membrane exponentielle révolutionnaire a équipé notamment les studios de l’ORTF, de la RAI, de RTL et d’EUROPE 1, faisant aujourd’hui encore le bonheur de nombreux audiophiles.

Les haut-parleurs Supravox 215 RTF 64 à excitation (à gauche) et Supravox  215 RTF 64 bi-cône (à droite).

Parallèlement, M. Léon met au point les fameuses conques Elipson, avec ou sans “oreilles”, qu’il équipe du haut-parleur Supravox 215 avec tweeter ou du 215 bi-cône.

Certaines enceintes Elipson des séries 45 (en haut) ainsi que certaines enceintes Elipson BS50 étaient équipées d’un haut-parleur Supravox.

À la fin des années 60, Supravox réalise ses premières études spéciales au service des industriels. C’est ainsi qu’apparaît en 1968 le T 104 destiné à équiper les bornes d’arrêt d’urgence des autoroutes. Environ 150 000 haut-parleurs de ce type ont été fabriqués.

En 1977, Supravox présente l’enceinte KOS, un modèle 2 voies bass-reflex équipé d’un médium-grave de 28 cm à aimant ticonal et d’un tweeter piezzo-électrique, avec une fréquence de coupure naturelle du boomer à 5000 Hz (16 dB/octave). 

En 1979, le décès de Mme Dorliac entraîne la reprise de Supravox par M. Ghio. Tout en perpétuant la production de haut-parleurs, ce dernier se lance dans la fabrication d’enceintes haute-fidélité avec l’aide de M Jacques Boenich dans sa petite unité d’ébénisterie à Noisy-le-Sec. C’est la naissance des enceintes Salon et Picola ou encore du caisson RV.

En 1993, faute de repreneur lorsqu’il prend sa retraite, M. Ghio ferme la société mais en 1994, son ami Guy Le Cornec, ancien ingénieur du son et ancien stagiaire chez Supravox décide de tout investir sur un pari : relancer sur le marché international Supravox en assurant la renaissance du 215 RTF 64 version 1995.

La version 1995 du haut-parleur Supravox 215 profite des avancées techniques et des nouveaux matériaux disponibles à l’époque.

Le premier octobre 1996, Supravox se relance ainsi sur le marché en profitant de son savoir-faire, des nouvelles technologies et des améliorations techniques des matériaux (ferrites, papiers, colles). La nouvelle gamme de haut-parleurs Supravox perpétue la philosophie d’origine : des haut-parleurs large-bande, de grande sensibilité.

La production de ces haut-parleurs redémarre artisanalement, d’abord dans des caves parisiennes puis en Touraine à Saint-Pierre-des-Corps de 1996 à 1999 puis à Bléré jusqu’en 2018. Les pièces sont fabriquées et montées manuellement en France.

La Touraine a accueilli pendant 22 ans les ateliers Supravox (ici les anciens locaux de Bléré) et inspiré le nom de l’ampli Supravox Vouvray. Située sur les coteaux nord de la Loire, la commune de Vouvray est également réputée pour son vin pétillant – à consommer avec modération. 

La société reprend aussi ses activités de recherche et développement au service des industriels et des professionnels du son, étudiant des modèles sur cahier des charges : un haut-parleur de 20 cm étanche pour la sonorisation extérieure dans le parc Disneyland Paris, un haut-parleur de 104 mm porte-voix pour les marins pompiers (étanche et fonctionnant de -20 à +150°) et d’autres modèles exclusifs pour des fabricants d’enceintes haut de gamme.

Suite au décès de Guy Le Cornec en 2009, c’est son fils Yann qui reprend la main et assure la continuité de l’entreprise. 

En 2017, Supravox est racheté par Akylis Capital avec pour objectif de continuer à fabriquer les produits existants dans le plus grand respect du travail accompli. Sous l’impulsion de Jacques Vincent à la tête de l’entreprise et de son directeur technique Cyrille Pinton, Supravox commence également à développer des nouveautés pour les audiophiles.

L’entreprise déménage alors dans de nouveaux locaux à Montévrain (77) au mois d’octobre 2018. L’ensemble de la production voit ses moyens augmentés : investissement dans de nouvelles machines (tour CNC ECOCA EL-4610E, bobineuse CNC, aimanteuse TechnoPhysik 4 500J, Audiomatica CLIO QC V5, etc.), adoption de nouveaux outillages de montage conçus et fabriqués en interne.

Présenté au public à la fin de l’année 2019, le Supravox Vouvray est le premier ampli de la marque française. Espérons qu’il fasse des petits dans les années à venir…

Aujourd’hui le catalogue Supravox comprend des haut-parleurs et des kits de fabrication d’enceintes pour les amoureux du DIY (Do It Yourself), de multiples enceintes, des caissons de basses ainsi que l’amplificateur hybride Supravox Vouvray qui fait l’objet de ce test.

Supravox Vouvray : packaging & accessoires

L’ampli à tubes Supravox Vouvray est livré dans un double emballage carton à l’intérieur duquel il est soigneusement calé entre deux éléments de mousse haute densité. Il est glissé dans une enveloppe textile destinée à protéger sa finition laquée de tout risque de rayure. 

Deux espaces sont aménagés dans une des mousses pour accueillir la télécommande en aluminium massif et le câble d’alimentation doté d’une gaine de protection et d’isolation plutôt épaisse. Deux modes d’emploi sont fournis : un en français, l’autre en anglais, ainsi que deux fusibles de rechange.

Un câble d’alimentation, deux modes d’emploi (français et anglais) et une très jolie télécommande en aluminium massif sont livrés avec l’ampli Supravox Vouvray.  

Supravox Vouvray : présentation

Pour son premier amplificateur à tubes, la marque française propose avec l’amplificateur Supravox Vouvray un modèle hybride. Si l’étage de pré-amplification emploie des tubes (deux triodes 12AU7), l’étage de sortie en classe AB est pour sa part composé de transistors montés en push-pull. Entièrement conçu en France, il est fabriqué en Chine selon un cahier des charges très strict afin d‘offrir une qualité de fabrication irréprochable tout en conservant un prix abordable pour un ampli de cette qualité.

Façade et boutons en aluminium massif, habillage en bois laqué, gros logo vintage : l’ampli Supravox Vouvray séduit au premier regard.

Esthétique vintage

Le design de l’ampli stéréo Supravox Vouvray peut être qualifié de sobre et vintage. Son châssis en métal est recouvert d’un très bel habillage de bois laqué noir qui met parfaitement en valeur sa façade conçue dans une seule pièce d’aluminium. L’assemblage est parfaitement réalisé et respire à la fois le luxe et la solidité; ne souffrant d’aucune critique. 

Trois fentes dans la partie supérieure droite de la façade laissent entrevoir les deux tubes de l’étage de gain. En-dessous prennent place de gauche à droite : la prise casque, le potentiomètre de réglage de la balance et le sélecteur d’entrée ainsi qu’un plus gros potentiomètre pour le volume. 

La partie gauche de la façade accueille le bouton de mise sous tension ainsi que le logo de la marque et le nom du modèle que surplombent deux Vumètres à aiguille (un par canal).

70 watts par canal/8 ohms

L’étage de gain du Supravox Vouvray est constitué de deux triodes 12AU7. S’ensuit un étage déphaseur à transistors bipolaires (séries 2SB et 2SD). L’étage de sortie en classe AB fait appel à deux transistors bipolaires (Toshiba 2SA1943 et 2SC5200) montés en push-pull. Ce montage délivre une puissance généreuse de 2 x 70 watts sous 8 ohms qui peut atteindre 2 x 120 watts sous 4 ohms.

Alimentation largement dimensionnée

Le transformateur d’alimentation de cet ampli à tubes Supravox Vouvray est un modèle de type EI conçu et réalisé sur mesure pour délivrer les tensions spécifiques aux étages d’entrée à lampes. Il offre par ailleurs à cet ampli une forte capacité en courant lui permettant d’alimenter la très grande majorité des enceintes du marché, y compris des enceintes réputées difficiles.

Entrée analogiques

Alors que la dématérialisation des contenus audio est devenue la norme, la connectique de l’ampli Supravox Vouvray n’a pas passé ce cap et ne comprend que des entrées analogiques. La face arrière de l’ampli propose ainsi 3 entrées lignes RCA stéréo ainsi qu’une entrée Phono MM avec pré-amplification et égalisation RIAA intégrée. 

La connectique de l’ampli Supravox Vouvray est uniquement analogique.

Cela peut sembler anachronique au regard des très nombreux amplificateurs hi-fi dotés d’un DAC intégré avec entrées numériques USB, optique et coaxiale. On pourra cependant considérer le verre de ce Vouvray à moitié plein et se dire que cela laisse à l’utilisateur le choix du DAC audio USB ou du lecteur réseau audio à utiliser, selon son envie et son budget. 

Notez enfin que la face avant de l’ampli Supravox Vouvray accueille une sortie casque au format jack (6,35 mm) capable d’alimenter la majorité des casques hi-fi du marché.

Télécommande

La télécommande de cet ampli Supravox Vouvray ne manque pas de charme et nous a fait craquer avec le gros logo vintage de la marque ! Son boîtier entièrement en aluminium inspire confiance. Cette télécommande ne risque pas de se briser si par malheur elle vous glisse des mains. Ses fonctionnalités sont certes limitées au contrôle du volume et à la mise en sourdine mais elle est efficace : le potentiomètre de l’ampli réagit quasi instantanément lorsqu’on presse l’une des touches, sans que le moteur qui l’anime ne soit trop bruyant. Le seul reproche que l’on puisse lui adresser concerne les boutons qui « flottent » un peu et dont le « clic » ne fait pas très haut de gamme.

Le boîtier de la télécommande du Supravox Vouvray est en aluminium massif.

Spécifications clés

Conception

  • Étage de gain à double triode (2 x 12AU7)
  • Étage déphaseur à transistors bipolaires des séries 2SB et 2SD
  • Push-Pull 2SA1943 et 2SC5200 de chez Toshiba
  • Alimentation El
  • Filtrage symétrique assuré par deux condensateurs de 10 000 μF
  • 2 Vumètres indiquant la puissance crête en sortie
  • Réglages de la balance et du volume
  • Sélecteur de sources
  • Télécommande infrarouge
  • Pré-ampli phono RIAA interne à circuits intégrés 5532
  • Sortie casque
  • Fabrication : France / Chine

Spécifications

  • Puissance de sortie : 70 W + 70 W RMS sous 8Ω / 120 W + 120 W RMS sous 4Ω
  • Réponse en fréquence (±1,5 dB) : 20 Hz – 20 KHz
  • THD : 0,05%
  • Ratio S/N : 90 dB
  • Sensibilité d’entrée Ligne : 175 mV
  • Sensibilité d’entrée Phono (MM) : 1 mV
  • Impédance d’entrée : 10 kΩ
  • Impédance de sortie : 4Ω, 8Ω
  • Tubes : 2 x 12AU7
  • Tubes de remplacement : 12AU7EH, ECC82, E82CC

Connectique

  • 3 x entrée ligne RCA
  • 1 x entrée phono MM RCA
  • Borniers enceinte à vis compatibles fiches bananes (1 paire d’enceintes)
  • 1 x sortie casque (jack 6,35 mm)

Généralités

  • Dimensions (L x H x P) : 430 x 188 x 358 mm
  • Poids net : 19,5 kg
  • Alimentation requise : 230 V à ± 5% (50 Hz)
  • Consommation : 260 W (230 V 1,5A)

Contenu de l’emballage

  • 1 x Amplificateur Vouvray
  • 1 x Cordon d’alimentation détachable
  • 1 x Télécommande
  • 2 x Manuel d’utilisation (français / anglais)
  • 2 x Fusibles

Supravox Vouvray : mise en oeuvre

Pour ce test de l’ampli stéréo Supravox Vouvray, nous l’avons associé aux enceintes compactes Elipson Legacy 3210 placées sur des pieds d’enceintes NorStone Stylum 2 finition chêne naturel et les enceintes Klipsch Heresy IV. Les enceintes étaient reliées à l’ampli avec une paire de câbles QED XT40i pré-montés. Nous avions comme source analogique une platine vinyle Rega Planar 3 (Rega P3) équipée d’une cellule Denon DL103 associée au préamplificateur phono Thorens MM08. Le pré-ampli était relié à l’ampli Vouvray avec un câble NorStone Jura RCA. Pour l’écoute de fichiers audio numériques en qualité CD et Hi-Res jusqu’en 24/96 depuis Qobuz, nous avons utilisé un lecteur réseau audio équipé d’un DAC Asahi Kasei.

Nous avons testé l’ampli Supravox Vouvray avec les très belles enceintes compactes Elipson Legacy 3210 et la paire d’enceintes Klipsch Heresy IV. À gauche de l’ampli, on distingue la platine vinyle Rega Planar 3.

Supravox Vouvray : impressions d’écoute

Nous avons démarré ce test de l’ampli Supravox Vouvray en l’associant d’abord aux enceintes compactes Elipson Legacy 3210. Nous avons dans un premier temps utilisé la platine Rega P3 pour lire les albums Aux armes et caetera de Serge Gainsbourg, Amazing Grace de Aretha Franklin et la compilation Hisaishi meets Miyazaki Films, tout les trois au format vinyle. 

Pour notre première phase du test de l’ampli Supravox Vouvray, nous avons écouté quelques disques vinyle. 

Javanaise Remake (Dub Style) (Aux armes et caetera) – Serge Gainsbourg : dès les premières mesures de la batterie, le Supravox Vouvray montre sa capacité à tenir une enceinte, impression confirmée avec la ligne de basse, généreuse et bien articulée. Les cymbales filent haut, avec une belle clarté, les percussions se déploient de part et d’autre du chanteur avec beaucoup d’énergie et un tempo parfaitement tenu, le grave est profond, bien modulé, réactif. La voix de Serge Gainsbourg se détache distinctement, avec du grain et de la matière : les inflexions très sensuelles de l’artiste à la fin du mot “love” nous embarquent immanquablement. 

What a Friend We Have in Jesus (Amazing Grace) – Aretha Franklin : changement complet de registre avec cet album enregistré en 1972 dans l’église New Temple Missionary Baptist Church à Watts en Californie. L’occasion de mesurer la capacité de l’ampli à retranscrire l’acoustique particulière à cette prise de son. Sur ce titre assez enlevé, la scène se déploie de manière réaliste avec la chanteuse bien au centre, les chœurs répartis en largeur derrière elle, le révérend James Cleveland au piano légèrement à gauche, la batterie et la basse à droite. L’ampli se met entièrement au service du morceau, traduisant toute l’intensité de la voix d’Aretha et des artistes en présence. Ce morceau plein d’énergie n’est ici jamais fatiguant et on se laisse emporter sans peine par la ferveur de toute cette assemblée. On se retrouve rapidement béat d’admiration à l’écoute de cette chanteuse hors normes à la voix magique.

Les enceintes Elipson Legacy 3210 et l’ampli Supravox Vouvray forment un couple extrêmement bien assorti.

The Dragon Boy / The Bottomless Pitt (Hisaishi meets Miyazaki Films) – Joe Hisaishi : sur cette partition orchestrale mythique du compositeur japonais, le Supravox Vouvray nous montre toute l’étendue de son talent. S’il n’est que douceur sur l’ouverture au piano et xylophone, il montre une belle énergie et sait se faire tonitruant sur les percussions, avec un impact sidérant. Les partitions des cordes et des cuivres sont incisives, avec une belle vélocité sur les transitoires et une énergie folle. Les coups de gong résonnent avec une belle amplitude. C’est très rythmé, parfaitement cadencé, très aéré et très bien spatialisé. On est séduit par la justesse des timbres (les cuivres sont superbes), la maîtrise de l’énergie et la capacité à organiser l’espace sonore de telle sorte que tout demeure en place et reste intelligible malgré le déchaînement de décibels qui survient par moments. 

La réserve de puissance du Supravox Vouvray permet d’exploiter pleinement le potentiel dynamique du haut-parleur de grave de 30 cm des Klipsch Heresy IV, même à faible volume.

Nous basculons ensuite sur le lecteur réseau pour accéder à nos playlist sur Qobuz depuis un smartphone Android. Nous en profitons pour relier les enceintes Klipsch Heresy IV au Supravox Vouvray.

Green & Gold (Blood – 24 bits/44,1 kHz) – Lianne La Havas : le jeu de guitare en ouverture est fluide, délicat, souligné rapidement par la cymbale aérienne avant que la ligne de basse très appuyée ne vienne cadencer le morceau avec autorité, en appui de la batterie. Le grave est nerveux, intense, très bien tenu. La chanteuse se fait velours sur la ligne rythmique. Elle semble présente dans la pièce, sa voix s’incarnant sans peine juste devant nous. Le Vouvray n’a aucun mal à tenir le haut-parleur de 30 cm de l’américaine qui nous gratifie d’un grave d’une excellente tenue, généreux, profond et réactif. À 2’43”, les jeux de voix de l’artiste se déploient dans toute la pièce avec un effet de réverbération convaincant. Les claquements de doigts ne le sont pas moins et le morceau reprend de plus belle, toujours avec autant d’énergie. 

Make it Rain (From Muscle Shoals – 24 bits/44,1 kHz) – Foy Vance : le Supravox Vouvray transmet avec justesse et émotion l’ambiance blues-jazzy assez intimiste de ce morceau. Les coups de baguettes du batteur au début semblent tomber comme au ralenti mais avec une certaine lourdeur que l’ampli nous fait bien ressentir. La voix de l’artiste, éraillée par moment est retranscrite avec justesse. Les partitions des cuivres, du clavier, de la guitare sont distillées avec aplomb et justesse. Chaque instrument est bien en place. On se régale ! 

Devil Inside (Kick – 16 bits/44,1 kHz) – INXS : sur ce morceau très enlevé, le Supravox Vouvray nous fait pleinement ressentir l’énergie du groupe australien. C’est propre et net comme tout bon tube pop-rock des années 80 mais on se laisse embarquer par la voix de Michael Hutchence dont le grain est bien rendu. Le 30 cm des Klipsch est à la fête, alimenté généreusement par le Vouvray pour rendre justice au jeu de batterie très énergique et à la basse omniprésente, sans aucun signe d’essoufflement, même à (très) fort volume. Clarté et énergie sur la guitare et sur les coups de cymbales sont de mise sans jamais vriller nos tympans. On nage en plein plaisir régressif !

Supravox Vouvray : comparé à…

Cayin CS-55A KT88 : le Cayin dispose non seulement d’une pré-amplification à tubes mais également d’un étage de puissance à tubes. Il est un peu moins puissant sur le papier comme sur le terrain et se montre également un peu moins rigoureux et moins véloce que le Supravox en ce qui concerne les attaques de notes et la tenue du grave. Mais il faut garder en tête qu’il est facturé deux fois moins cher. Plus dynamique et plus vivant, le Supravox Vouvray ne possède certes pas d’entrées audio numériques contrairement au Cayin, mais il nous emporte bien plus loin dans le plaisir musical…

McIntosh MA252 : ticket d’entrée dans l’univers du fabricant américain (vendu 4990 €), ce MA352 n’est cependant pas un McIntosh au rabais, loin s’en faut ! Doux, raffiné et fluide, cet ampli hybride sait alimenter efficacement toutes les enceintes qu’on lui associe. Moins puissant mais plus solide dans le grave, le Supravox Vouvray n’a pas à rougir de la comparaison et propose une partition équilibrée, dynamique et très vivante.

Supravox Vouvray : conclusion  

Lors de ce test de l’ampli Supravox Vouvray, nous avons été conquis par son comportement remarquable. Il présente une linéarité et une vivacité constantes, quel que soit le volume sonore. Sa réserve de puissance est impressionnante et sa maîtrise dans le grave ne l’est pas moins. Les basses sont nettes, cognent fort et juste tout en demeurant fluides et très nuancées.

Nous avons trouvé les timbres très justes et apprécié l’incarnation des voix ainsi que la « matière » qu’il donne à entendre également sur les instruments qui sonnent de manière très réaliste. La présentation est aérée, avec une belle amplitude de la scène sonore, en largeur comme en profondeur. L’ampli Supravox Vouvray propose ainsi un étagement des différents plans sonores très convaincant permettant de positionner aisément les multiples éléments de la scène dans l’espace.

Vous l’aurez compris, l’ampli stéréo hybride Supravox Vouvray nous a véritablement séduit par sa puissance parfaitement maîtrisée et son équilibre global qui lui permettent d’offrir à l’auditeur une écoute à la fois riche, naturelle et vivante. Un très bel ampli ! 

Nous avons aimé

  • La puissance disponible
  • L’équilibre des registres et la linéarité
  • Le grave fluide, profond et nuancé
  • La spatialisation de la scène sonore
  • La justesse des timbres

Nous aurions aimé

  • Rien de plus

  • 8
    Partages

5 COMMENTS

  1. Je sais pas pourquoi mais j’arrive pas à l’aimer cet ampli. Trop gros, trop moche, trop cher, trop peu de tubes, télécommande de jouet, pas assez de fonctionnalités… Mais qu’est-ce qui peut faire préférer ça à un Rega Aethos par ex ?

  2. C’est vraiment regrettable que nous n’ayons plus la possibilité de fabriquer cette petite merveille en France ! Votre test donne vraiment envie de l’écouter ! Et contrairement à « Anonyme » ci-dessus, je le trouve classe…..

  3. J’avoue que j’aurais vraiment été interessé mais quand j’ai lu fabrication chinoise, j’ai tout de suite tourné la pge d’autant plus au regard du prix, qui lui, n’est pas un prix made in china.

  4. Claude
    Tout à fait d’accord avec Eric
    En France on sait faire de la Hi-Fi abordable et made in France (Atoll par exemple ).
    Je boycotte le made in China, pays où les droits de l’homme se résume à une seule phrase »fermer votre bouche et bosse esclave ». Vive le communisme.

Donnez votre avis !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.