Bien comprendre les classes d’amplification

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Les classes d’amplification définissent la façon dont les composants d’amplification (transistors) d’un ampli hi-fi ou home-cinéma sont mis en conduction, lorsqu’aucun signal ne leur est adressé. Cet état, appelé point de repos, détermine le taux d’activation des transistors et la classe d’amplification.

Classe A : l’indémodable

La toute première classe d’amplification implique un point de repos avec un fonctionnement à 100 % des composants d’amplification. Appelée classe A, elle est considérée par beaucoup comme la plus musicale et chaleureuse. Le fonctionnement à 100 % des transistors engendre une dissipation thermique importante et ces amplis chauffent ainsi beaucoup. Ce fonctionnement très stable permet une faible distorsion du signal de sortie (transmis aux enceintes ou au casque) et ces amplis sont ainsi précis et chaleureux. Contrepartie : leur rendement est très moyen, ce qui implique de mettre en oeuvre une alimentation très largement dimensionnée (et donc consommatrice de courant).

Test Rega Brio R
Un amplificateur de classe A tel que le Rega Brio est une valeur sûre de la haute-fidélité pour profiter d’une reproduction précise et chaleureuse de la musique (ici avec les Focal Aria 905).

Classe B : l’oubliée

La classe d’amplification B prévoit un fonctionnement à 50% des composants d’amplification au point de repos. Créée après la classe A, elle a tout simplement été appelée B. Le rendement de ce type d’amplification est supérieur, mais les caractéristiques de distorsion du signal de sortie sont nettement moins bonnes que la classe A. Les amplis de classe B sont ainsi moins musicaux. Il est devenu rarissime que des fabricants d’amplis hi-fi ou home-cinéma utilisent cette classe d’amplification.

Classe AB : le meilleur des deux mondes

La classe AB, très répandue aujourd’hui, place le point de repos des composants d’amplification à mi-chemin entre les 100 % de la classe A et les 50 % de la classe B. Selon l’amplitude du signal d’entrée, l’amplificateur fonctionne en classe A ou B. Ces amplis sont encore largement utilisés en hi-fi. La classe AB est donc une combinaison des classes A et B.

Un amplificateur de classe AB (ici le Yamaha A-S701) permet de conjuguer la précision des amplis de classe A avec les nombreux avantages de la classe B.

Classe D : le haut rendement

La classe D implique deux points de repos, l’un à 0% et l’autre à 100 %. Technologiquement sophistiqués, ces amplificateurs ont un rendement très élevé qui permet l’emploi de composants d’alimentation de faible capacité. Économes en courant, ils ont longtemps pêché par leur faible musicalité. Désormais, on trouve de nombreux amplis hi-fi ou home-cinéma de classe D au son très agréable, notamment dans les enceintes sans fil. Ce type d’ampli équipe de très nombreux caissons de basses et donne dans ce cas d’excellents résultats.

Elipson Music Center Mini BT
L’amplification en classe D (ici le Cambridge EVO 75) permet de réduire considérablement la taille des amplificateurs, tout en bénéficiant d’une belle dynamique.

Classe H : toujours plus de rendement

La classe H met en œuvre un amplificateur dont la tension d’alimentation s’adapte ou est modulée par le signal d’entrée. Contrairement à un ampli traditionnel dont la tension de l’étage d’alimentation est constante, celle d’un ampli de classe H s’adapte pour maintenir continuellement sa tension de sortie à un niveau légèrement plus élevé que nécessaire. Cette alimentation modulée est généralement réalisée grâce à un amplificateur de classe D, mais peut aussi être confiée à un modèle de classe B. Ce procédé limite la puissance perdue dans les transistors de sortie, augmentant ainsi le rendement de l’amplificateur.

Le caisson de basses Definitive Technology Descend DN12 embarque un amplificateur de classe H pour optimiser son rendement et assurer une restitution dynamique et réactive des basses.

À savoir : il existe d’autres classes d’amplification (C par exemple), mais toutes ne concernent pas la haute-fidélité.


10 COMMENTAIRES

  1. Non, la classe D repose sur des composants électroniques. Les amplis à tubes sont de toute façon bien plus énergivores que leur équivalents en transistors, quelle que soit la classe.

  2. […] La technologie THX AAA vise à minimiser le taux de distorsion des amplificateurs analogiques à un niveau frisant le néant (0,0001% à 1 kHz) tout en s’affranchissant des contraintes inhérentes aux amplificateurs de cette classe, c’est-à-dire la consommation énergétique, le poids et le dégagement de chaleur. Pour plus de détails sur les différents types d’amplis, retrouvez notre article sur les classes d’amplification. […]

  3. […] La technologie THX AAA vise à minimiser le taux de distorsion des amplificateurs analogiques à un niveau frisant le néant (0,0001% à 1 kHz) tout en s’affranchissant des contraintes inhérentes aux amplificateurs de cette classe, c’est-à-dire la consommation énergétique, le poids et le dégagement de chaleur. Pour plus de détails sur les différents types d’amplis, retrouvez notre article sur les classes d’amplification. […]

  4. Je veux pas faire mon rabat-joie mais le Rega Brio n’est pas une vrai classe A, mais une pseudo classe A, c’est loin d’être de la vraie classe A, impossible vu la taille de l’ampli. En réalité c’est un classe AB, dont les étage de sortie ont été polarisés en classe A mais avec courant de repos en classe B et la section préamplificateur qui elle est restée très classique. C’est un design très intelligent mais ce n’est pas une classe A, mais un pur classe AB modifié.
    Et votre liste est incomplète car elle ne mentionne pas la Classe G, utilisée notamment chez Arcam, et très atypique et chère à mettre en oeuvre.

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