Icône incontournable de la bande dessinée franco-belge, le Marsupilami appartient à cette catégorie de personnages dont l’adaptation à l’écran relève presque du casse-tête. Après une première tentative signée Alain Chabat, Philippe Lacheau s’empare à son tour de la créature créée par Franquin pour lui offrir une nouvelle aventure taillée pour le grand écran. Entre fidélité à l’esprit d’origine, humour débridé et scènes d’action particulièrement ambitieuses, ce Marsupilami version 2026 s’impose comme une réussite bien plus convaincante qu’on aurait pu l’imaginer.
En résumé
Avec Marsupilami, Philippe Lacheau, leader de la célèbre « Bande à Fifi » s’attaque à une icône absolue de la bande dessinée franco-belge, longtemps jugée impossible à transposer en prises de vues réelles jusqu’à la première tentative d’Alain Chabat en 2012. Loin de la simple réadaptation opportuniste, le film revendique un amour ancien, presque intime, pour le personnage imaginé par Franquin, et transforme ce défi en terrain de jeu cinématographique généreux, spectaculaire et résolument populaire.
Philippe Lacheau ne cache rien de son attachement fondateur : « J’avais dans ma chambre un tas de BD héritées de mon grand frère et de mes parents. Parmi elles, il y avait quelques albums du Marsupilami, c’est ainsi que je l’ai découvert. » Cette découverte précoce nourrit une fascination durable : « Ce qui me fascine chez lui, c’est qu’il incarne à la fois la force et la mignonnerie, l’intelligence et l’espièglerie. » La genèse du film repose sur une volonté claire : offrir une aventure de cinéma familiale, pensée pour plusieurs générations. « Quand on s’attaque au Marsupilami, il faut aussi plaire aux tout-petits. C’est là que résidait toute la difficulté d’écriture.«

Le scénario épouse cette ambition : une expédition en pleine jungle, un journaliste un peu largué, une scientifique déterminée, et la rencontre avec une créature aussi imprévisible qu’attendrissante. Transposer le Marsupilami impliquait un soin technique constant, notamment pour donner corps à la bondissante mascotte. « Il est plus facile de jouer avec une marionnette robotisée, on peut l’avoir dans les bras« , explique Philippe Lacheau, qui insiste sur l’importance de l’interaction physique trop souvent gâchée par le recours aux effets de synthèse. Débordant d’enthousiasme, un Jamel Debbouze déchaîné à l’écran salue l’énergie du tournage : « Ce qui fait le sel de ce métier, c’est quand la spontanéité ou l’imprévu l’emportent. »
Comme on peut s’en douter, la comédie n’est jamais reléguée au second plan : elle s’intègre à l’action sans jamais la freiner. « Tous les gags visuels ont été minutieusement écrits », précise le réalisateur. Le film, qui doit être vu sur le plus grand écran possible, conjugue ainsi efficacité ultra divertissante et ampleur visuelle, dans un équilibre constant entre aventure et humour. Pensé comme un grand spectacle fédérateur, Marsupilami assume pleinement son ambition familiale. Tout n’est certes pas du même niveau, et la propension à aligner les gags pipi-caca parfois bien trash, voire légèrement embarrassants, n’atteint pas toujours sa cible. Mais quand ça fonctionne, une mimique, une chute, un effet de montage, une punchline, il y a franchement de quoi se gondoler.
Outre un casting visiblement ravi de s’amuser (Jamel Debbouze – qui reprend le personnage rôdé chez Chabat – a rarement été aussi maître de son timing comique), le film doit son efficace originalité au punch de scènes d’action très élaborées parfaitement intégrées à l’humour ambiant. Soit la définition même d’une chouette surprise. Entre soin technique, fougue humoristique et fidélité à l’esprit de Franquin, il invite à retrouver le plaisir d’un cinéma familial généreux, conçu pour rire ensemble et en prendre plein les yeux. Qui aurait dit qu’un jour, nous serions amenés à préférer un film estampillé « Bande à Fifi » à une comédie orchestrée par le totémique Alain Chabat ? Toujours est-il que, quatorze ans après Sur la piste du Marsupilami, la version que nous offre aujourd’hui Philippe Lacheau réussit haut la main cet exploit.

Du côté des bonus
Making-of dynamique, cocasse et vraiment élaboré (22′) ; interviews aussi décontractées qu’informatives du réalisateur et des acteurs principaux ; 7 scènes inédites qui, à l’exception de deux pénibles séquences musicales, valent le détour ; bêtisier à base de fous rires guère communicatifs.
Avis technique
Faute d’UHD Blu-ray (l’éditeur estime que le public visé par le film exclut les possesseurs de matériel – et donc de rendu vidéo – de pointe alors que la puissance des couleurs et de certaines lumières y auraient sans doute fait merveille), les images affichent une formidable vitalité. Chapeau bas en revanche à un mixage aussi percutant que ludique, où le Dolby Atmos ne rate pas une occasion de verticaliser les effets qui le demandent.
Le mot de la fin
Houba huba hop !











