Depuis Rencontres du troisième type et E.T., Steven Spielberg n’a jamais cessé d’explorer les mystères de l’univers et la possibilité d’une vie extraterrestre. Avec Disclosure Day, le cinéaste renoue avec cette fascination qui traverse toute sa filmographie, à travers un thriller de science-fiction où la révélation de preuves d’une présence extraterrestre pourrait bouleverser l’humanité. Entre mystère, tension et émotion, le réalisateur signe une œuvre ambitieuse qui interroge notre rapport à la vérité et à l’inconnu. Les Années Laser revient sur ce nouveau film de Steven Spielberg et livre son verdict.
En résumé
Depuis plus d’un demi-siècle, Steven Spielberg lève les yeux vers le ciel avec la même fascination. Disclosure Day apparaît aujourd’hui comme l’aboutissement de cette quête entamée dès l’adolescence avec Firelight, poursuivie par Rencontres du troisième type, E.T. et La Guerre des mondes, mais nourrie cette fois d’une conviction nouvelle. « J’ai toujours été fasciné par les choses qu’on ne peut pas expliquer« , confie-t-il. « Quand j’étais enfant, j’ai développé une véritable curiosité pour le ciel nocturne et pour ce qui s’y passe. Et pas seulement pour la possibilité, mais pour la certitude qu’il existe une vie en dehors de cette planète. »

Cette fascination ancienne trouve aujourd’hui son expression la plus ambitieuse dans un thriller où un informaticien en fuite tente de révéler près de quatre-vingts années de preuves secrètes de l’existence des extraterrestres tandis qu’une présentatrice météo se découvre malgré elle un lien mystérieux avec une intelligence inconnue. Spielberg précise que le film est né de son désir d’explorer « ce qui se passe dans notre ciel, mais aussi dans nos réalités« , autour d’une interrogation universelle : « Sommes-nous seuls ou non ? Et si quelqu’un sait que nous ne le sommes pas, pourquoi ne nous l’a-t-on jamais dit ? » Cette idée l’a accompagné pendant des décennies avant de prendre forme en 2023 sous la forme d’un traitement de plus de cinquante pages développé ensuite avec le scénariste David Koepp au fil de quarante-deux versions du scénario. À rebours du spectaculaire facile, le film revendique un solide ancrage dans notre époque. Au point que le cinéaste affirme : « C’est mon premier film qu’on considérera comme de la science-fiction et que, moi, je ne considère pas comme de la science-fiction. Il reflète beaucoup plus le monde tel qu’il évolue aujourd’hui. »
Plus qu’un récit d’invasion extraterrestre, Disclosure Day interroge notre rapport à la vérité, à la croyance et à la responsabilité collective, tout en imaginant les conséquences d’une divulgation mondiale de preuves accumulées depuis des décennies. Et comme le plus souvent chez Spielberg, la virtuosité technique ne vaut que par l’émotion qu’elle suscite, quitte à ce qu’il flirte parfois avec le prosélytisme (il nous demande de croire aux extraterrestres comme d’autres construisent leurs sermons sur l’existence de Dieu), voire la paranoïa complotiste. Le chef opérateur Janusz Kamiński retrouve le cinéaste pour une photographie principalement tournée en 35 mm anamorphique, privilégiant les effets réalisés directement devant la caméra, tandis que John Williams signe sa trentième collaboration avec son ami de toujours : « Cette fois, je vais écrire une musique non pas pour conduire le film, mais pour le pousser légèrement vers l’avant« , a même confié ce dernier à son cinéaste fétiche.

Reste que le scénario dépasse largement les OVNI. « Je pense que chaque film devrait mettre fortement l’accent sur l’empathie« , confirme le réalisateur. Derrière le mystère cosmique, Disclosure Day retrouve ainsi un des principaux marqueurs de son œuvre : le besoin de croire en l’autre, de regarder l’inconnu sans peur et de rappeler que les plus grands bouleversements naissent d’abord de notre capacité à comprendre ceux qui nous entourent. À bientôt 80 ans, Steven Spielberg signe ainsi une œuvre qui dialogue avec l’ensemble de sa filmographie tout en ouvrant une nouvelle perspective sur les thèmes qui l’accompagnent depuis l’enfance. Rarement un cinéaste aura su transformer une obsession intime en un spectacle d’une telle ampleur, où la maîtrise de la mise en scène, l’émotion et la réflexion avancent d’un même mouvement pour rappeler que les plus grands voyages commencent parfois par un simple regard levé vers le ciel.

Du côté des bonus
Commune à l’UHD Blu-ray et au Blu-ray, l’interactivité propose un très solide making-of de près d’une heure qui aborde autant l’aspect personnel du film que sa conception à travers les cascades, les effets spéciaux et l’approche sonore, ainsi qu’un module sur la collaboration Steven Spielberg/John Williams.
Avis technique
Dommage, vraiment, que, non contente d’être privée de piste Dolby Atmos, la VF n’ait même pas l’honneur d’un mixage HD et doive se contenter d’un simple 7.1 Dolby Digital+, quand bien même elle convie tous ses canaux avec un certain brio, notamment pour la restitution des effets circulaires. Face à elle, la VO, Atmos donc, est loin de se déchaîner sur la verticalité mais n’en demeure pas moins un modèle de fusion entre les dialogues et l’environnement sonore. Côté images, l’excellent master du Blu-ray se voit notablement nuancé sur son confrère UHD par le Dolby Vision au niveau des bleus acier de la photographie, des gros plans de visage et de lisibilité des sources lumineuses.










