Test Blu-ray : First Man

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Par Bernard Achour

EN RÉSUMÉ

Changement de registre radical, du moins sur la forme, pour le réalisateur surdoué de l’extraordinaireWhiplashet du multi oscarisé La La Land. Adieu la musique, le montage à Mach 3 et les mouvements de caméra parfois grandioses : place à une épopée intimiste d’une sobriété visuelle et d’une gravité inattendue, qui s’attache davantage aux tourments intérieurs de Neil Armstrong et de sa famille qu’à l’exaltation audiovisuelle et narrative que le sujet pouvait induire. Aucun triomphalisme ici, des séquences à grand spectacles parcimonieuses (ce qui ne les empêche pas de s’avérer splendides), mais une tension humaine de tous les instants à laquelle le jeu minéral de Ryan Gosling apporte une impressionnante intériorité. Il n’en demeure pas moins que, par l’aspect obsessionnel de sa quête, le héros de First Manrejoint bel et bien le jeune batteur enragé et les deux tourtereaux assoiffés de réussite des précédents films de Damien Chazelle.

AVIS TECHNIQUE

Deux fois citée aux Oscars (pour son mixage et le montage de ses effets), la prise de son constitue le principal atout technique de ce Blu-ray. Sublimés par la piste VO en Dolby Atmos, l’explosion inaugurale ou le tonitruant décollage de la fusée déploient ainsi des envolées aériennes de tout premier ordre. Mais les nombreux soubresauts de cockpits et autres tournoiements des séances d’entraînement investissent eux aussi l’ensemble des canaux (basses parfois monstrueuses à l’appui) avec un sens du découpage et de la spatialisation tout aussi faramineux. Côté images, on est également dans le haut du panier via un transfert dont la rutilance tour à tour réaliste et poétique. Boostés par l’apport du Dolby Vision sur le disque UHD, la profondeur de certains noirs et un époustouflant plan large de la lune creusent nettement l’écart, même si le fourmillement argentique s’en retrouve parfois trop accentué si on le compare au Blu-ray « simple ».

DU CÔTÉ DES BONUS

Intégralement reproduite sur l’UHD Blu-ray (un grand bravo à l’éditeur), l’interactivité se montre tout à fait classique et recommandable. Soit un commentaire audio aussi fourni que soutenu du réalisateur, du scénariste et du monteur ; huit modules techniques bien emballés où s’entremêlent archives de Neil Armstrong, témoignages de son fils et aperçus du tournage ; sans oublier deux scènes inédites de belle tenue, dont l’incendie franchement anxiogène de la maison de l’astronaute.

LE MOT DE LA FIN

Un anti-blockbuster très personnel, techniquement très accompli, dont l’indéniable émotion et les éclats audiovisuels ne doivent rien aux recettes habituelles.


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