Test : Nura Nuraphone

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Le casque Nura Nuraphone est l’unique modèle proposé par Nura. Son principe novateur repose sur l’intégration d’écouteurs dans un casque circum-aural, combinés à des vibreurs. Bluetooth aptX HD, ce casque possède un système d’auto-calibration et un système de réduction de bruit active. Miraculeux ?

Nura Nuraphone
Le casque Nura Nuraphone est livré avec un boitier rigide à fermeture aimantée.

Test Nura Nuraphone : concept

Le casque Nura Nuraphone est le fruit d’un financement participatif initié sur Kickstarter en Australie. Le concept avait de quoi faire saliver n’importe quel amateur de musique : le Nuraphone pourrait mesurer les capacités auditives de l’auditeur et personnaliser sa restitution. La réalité est quelque peu différente, car pour coller aux attentes de l’auditeur, il eut certainement fallu lui demander son avis…

En pratique, le Nuraphone procède à une mesure des propriétés acoustiques des canaux auditifs et adapte sa signature sonore pour produire un son flatteur (mais pas neutre).

Des écouteurs intelligents dans un casque traditionnel en quelque sorte, si ce n’est que les transducteurs traditionnels sont ici des vibreurs basse-fréquences, comparables à ceux qui secouent les sièges 4D des salles de cinéma. Évidemment, le casque Nuraphone fonctionne sans fil, en Bluetooth, et dispose des meilleurs codecs du marché, aptX HD en tête. Pour autant, il peut être utilisé avec son câble USB et tout ordinateur (mode DAC USB).

Au premier plan, le vibreur produisant les basses fréquences. Dans l’écouteur, le haut-parleur dynamique large-bande, dont la réponse est corrigée par auto-calibration.

Nura a levé rien de moins que 1,8 million de dollars auprès de particuliers pour financer son projet.

Les écouteurs intra-auriculaires du casque Nura Nuraphone, dont les embouts en silicone peuvent être changés (2 paires supplémentaires sont livrées).

Test Nura Nuraphone : caisson de basses embarqué

Au cœur du casque Nuraphone, ce sont les écouteurs intra-auriculaires qui donnent le la. Il s’agit de modèles large-bande, ce qui signifie qu’ils reproduisent les fréquences basses, médiums et aiguës. Le vibreur acoustique intervient en complément, principalement dans les fréquences infra-graves, manifestement sous 100 Hz et jusqu’à 20 Hz très probablement.

Test Nura Nuraphone : app de contrôle

L’app Nura permet d’initialiser le casque Nura Nuraphone. Après mise à jour, le casque émet des commandes vocales en français et vous invite à créer un profil d’écoute personnalisé. L’opération dure une poignée de minutes et nous y reviendrons plus loin. L’app permet de personnaliser les 2 boutons tactiles du casque, pour par exemple prendre un appel, changer de piste, faire varier le volume, activer la réduction de bruit ou le mode transparent (pour entendre autour de soi par le biais des microphones du casque).

Test Nura Nuraphone : auto-calibration acoustique

L’app Nura invite l’utilisateur à enfiler le casque puis vérifie que les écouteurs ont bien été introduits dans les conduits auditifs. Cette vérification est réelle et placer le casque sur sa cuisse ne trompe pas l’application. Lorsque le casque est bien positionné, l’auditeur entend un bruit large bande évolutif, du grave à l’aigu. Si vous possédez un ampli home-cinéma, vous ne serez pas surpris. S’ensuit la diffusion d’une musique d’attente qu’on croirait issue d’un film de science fiction vintage. Le profil personnalisé est alors généré et l’auditeur est invité à le comparer avec un profil dit neutre.

Sans surprise, c’est le profil personnalisé qui est le plus plaisant, avec une égalisation des registres de fréquences médium et aigu.

Pour autant, cette calibration permet-elle d’entendre la musique telle qu’elle a été mixée et balancée en studio ? La calibration des amplis home-cinéma – par microphone également – ne donne pas toujours des résultats exempts de tout reproche. Il en va de même avec le Nuraphone, qui modélise une réponse flatteuse pour les oreilles, avec des registres haut-médium et aigu mis en exergue.

Cette signature est d’ailleurs similaire à celle d’autres casques sans système d’auto-calibration.

Point notable, les basses fréquences ne sont pas auto-calibrées et le vibreur fonctionne toujours de la même manière. Pour s’en convaincre, il suffit de passer du mode non optimisé au mode optimisé, pour constater que l’écouteur s’interrompt, mais pas le vibreur.

Les embouts small du casque Nura Nuraphone.

Test Nura Nuraphone : résultats variables

Comme l’application permet de conserver jusqu’à 3 profils auto-calibrés, nous avons voulu vérifier que nous obtenions réellement des profils différents selon l’auditeur. C’est bien le cas. En revanche, le positionnement des écouteurs dans le conduit est un paramètre sensible et d’un jour à l’autre, nous n’obtenons pas la même auto-calibration pour nos oreilles. Rien de problématique, il suffit de choisir le profil le plus plaisant. En tout cas, nous recommandons d’effectuer trois mesures successives – en ôtant puis enfilant le casque entre chacune – et de les mémoriser dans l’app.

Test Nura Nuraphone : isolation passive et active

Le casque Nura Nuraphone est sans doute le champion toute catégorie de l’isolation phonique. Depuis sa toute dernière mise à jour, le casque propose une isolation active, activable depuis l’app Nura, et bien évidemment l’une des deux zones tactiles du casque. L’isolation passive est déjà très impressionnante et l’on entend pratiquement rien de ce qui se passe autour de soi. L’activation de l’isolation active augmente encore cette impression. Cerise sur le gâteau, nous ne ressentons pas l’effet d’aspiration des tympans systématiquement constaté sur les casques Bluetooth avec ANC (Sony WH-1000XM3, Bose QuietComfort II).

Chaque oreillette est équipée d’un bouton tactile, dont le rôle peut être défini dans l’app mobile Nura.

Test Nura Nuraphone : mode immersion

L’app Nura propose d’ajuster l’immersion sonore de l’auditeur. Dans les faits, c’est le volume du transducteur de basses fréquences qui est ajusté. Poussé à son maximum, le mode « immersion » génère des vibrations infra-graves impressionnantes, tout du moins lorsque le volume d’écoute global est franchement poussé.

Le vibreur s’excite alors et le casque tabasse les tympans comme aucun autre.

La contrepartie, c’est qu’inévitablement le régime transitoire s’écroule, et que le vibreur génère un traînage impressionnant. C’est difficilement supportable en écoute musicale, mais amusant en regardant un film d’action ou en jouant à un jeu vidéo sur tablette. Un conseil donc : il vaut mieux avoir la main légère sur le réglage d’immersion et naviguer dans les deux premiers tiers d’intensité.

Test Nura Nuraphone : Bluetooth aptX HD

Le casque Nuraphone est compatible Bluetooth SBC, AAC, aptX et aptX HD. Hormis le codec Sony LDAC, toutes les technologies de compressions sont supportées. Que vous possédiez un smartphone d’entrée de gamme ou un iPhone, soyez assuré d’obtenir le meilleur son possible. La recharge est également possible pendant l’écoute Bluetooth.

Le connecteur numérique/analogique propriétaire du casque Nura Nuraphone.

Test Nura Nuraphone : accessoires fournis

Hormis le casque lui-même, Nura livre une coque de transport et un câble de charge USB. Aucun câble de liaison analogique n’est fourni et le connecteur du casque étant propriétaire, il faudra mettre la main à la poche pour tout câble optionnel (mini-jack, USB-C, Lightning, etc.). Comptez a minima 20 € par câble supplémentaire.

La boîte de rangement à fermeture aimantée du casque Nura Nuraphone.

Test Nura Nuraphone : mise en oeuvre

Nous avons testé ce casque avec un smartphone Xiaomi Mi 8 fonctionnant sous Android 9 et n’avons rencontré aucune difficulté de mise en oeuvre. Pré-chargé à 50 %, le casque sort de sa veille profonde dès qu’il est enfilé. Il suffit de télécharger l’app Nura pour iOS ou Android et de suivre les consignes. Dès qu’un profil d’égalisation est créé, il est stocké dans le casque et activé par défaut si le Nuraphone est associé à un nouvel appareil Bluetooth (PC, téléviseur, etc.).

L’app Nura nécessite de créer un compte Nura (gratuit).
L’utilisateur est guidé dans le processus de mise en oeuvre.
Si le casque n’est pas configuré avec le tout dernier micrologiciel, celui-ci est téléchargé automatiquement.
La création du profil d’audition peut commencer…
L’auditeur peut ensuite ajuster le niveau d’immersion (de volume du vibreur en réalité). Cet ajustement peut être effectué ensuite librement et à tout moment, pendant l’écoute musicale.

Test Nura Nuraphone : amplification

Commençons par évoquer l’amplification du casque Nuraphone : elle est très bonne. Le rapport signal/bruit est excellent et l’auditeur n’entend strictement aucun souffle. Bien des casques Bluetooth ont un petit bruit de fond, au demeurant très peu gênant. Mais dans le cas d’un casque isolant excessivement bien des bruits extérieurs, qui plus est avec des écouteurs intra-auriculaires sensibles, que l’amplification ne produise aucun bruit est une aubaine pour l’auditeur. De plus, la puissance de sortie est impressionnante. On peut donc écouter au murmure comme vraiment très fort.

L’isolation passive est la meilleure que nous ayons pu rencontrer jusqu’ici. Combinée à une réduction active, elle isole très efficacement l’auditeur.

Le mode « transparent » laisse entendre clairement les conversations et bruits autour de soi.

Test Nura Nuraphone : impressions d’écoutes

Grave : il peut être opulent et même physique, très au-delà du raisonnable si l’on pousse trop le mode immersion. À fort volume, pour ne pas souffrir d’un traînage trop pénalisant, il faut réduire encore le mode immersion.

Médium et aigu : la clarté de restitution est très agréable, une fois le meilleur profil d’auto-calibration trouvé. Dans mon cas, la signature était assez montante à partir de 5 kHz, ce qui apportait certes une coloration, mais un éclairage plaisant.

Scène sonore : c’est le point faible du Nuraphone, qui sait séduire par une balance tonale physiologique, mais déçoit pas les dimensions de la scène sonore. La stéréo est large, mais la profondeur n’est pas exceptionnelle.

Qualité des appels vocaux : le microphone embarqué est de bonne qualité, l’interlocuteur entend clairement votre voix et vous l’entendez très nettement en retour. Impeccable.

Confort de port : la pression exercée sur le crâne est douce et seule la présence d’écouteurs dans les oreilles peut générer de la tension à long terme en écoute statique. En déplacement, l’inertie du casque est ressentie jusque dans le canal auditif. Il faudra s’y habituer.

Test Nura Nuraphone : comparé à…

Plantronics Backbeat Pro : la signature sonore physiologique du BackBeat Pro est sans doute celle qui s’approche le plus du Nuraphone. Sans calibration, Plantronics a trouvé la bonne recette. Avantage Plantronics pour le confort de port et la scène sonore. Avantage Nuraphone pour l’isolation phonique et le silence de l’amplification au repos.

Sennheiser PXC 550 Wireless : avec sa réduction de bruit ajustable et ses présélections d’égalisation, ce casque Bluetooth Sennheiser offre une restitution tout aussi physiologique, l’impact dans l’infra-grave en moins. Le Sennheiser est plus rigoureux dans la spatialisation.

Bose QuietComfort 35 II : avantage Bose pour le confort de port et la réduction de bruit quasi parfaite. La signature sonore est moins physiologique et plus crispée qu’avec le Nuraphone.

Test Nura Nuraphone : verdict

Nura a osé le mélange des genres et le résultat est très intéressant. Si vous êtes en quête d’un casque Bluetooth avec une excellente réduction de bruit active et un son clair, le Nuraphone est une option. Si vous avez une sainte horreur des écouteurs au fond des oreilles ou recherchez un son neutre avec scène étagée avec rigueur, passez votre chemin.

Nous avons aimé :

  • La clarté et la douceur de restitution
  • L’allumage et la mise en pause automatiques
  • L’isolation passive excellente (et encore supérieure avec le mode actif)
  • Le Bluetooth AAC, aptX et aptX HD
  • La signature physiologique convenablement dosée
  • L’autonomie (10 % perdus en 4 h d’écoute)
  • Le prix raisonnable

Nous aurions aimé :

  • Une scène sonore plus vaste
  • Moins de pression dans le canal auditif en marchant
  • Un moindre traînage dans le grave en mode immersion forte
  • Ne pas devoir dépenser 25 € pour le câble mini-jack optionnel.

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