Le piratage vidéo est un phénomène qui ne cesse de s’amplifier à l’échelle mondiale. Une étude récente menée par les cabinets MUSO et Kearney a ainsi révélé que le nombre de visites sur les sites proposant du contenu piraté a augmenté de 12 % en 2023, pour atteindre un total de 141 milliards. Cette tendance est préoccupante pour les industries du cinéma et de la télévision, ainsi que pour les plateformes de streaming légal, qui voient leurs revenus se réduire.

Malgré (ou à cause de) la multiplication des offres de streaming légal, le piratage vidéo ne s’est jamais aussi bien porté. Le nombre de connexions aux sites pirates augmente en effet chaque année. Les mesures prises par l’Arcom (ex Hadopi) en France et par les instances équivalentes à l’étranger semblent totalement inefficaces. Quelles en sont les principales raisons ?
Comment expliquer la hausse du piratage vidéo ?
Paradoxalement, la multiplication des plateformes de streaming et la quantité de nouveaux contenus proposés contribue à cette hausse. En France, par exemple, 70 % des foyers sont équipés d’un téléviseur UHD 4K, et un sur deux est abonné à un service de streaming vidéo ou plus. Mais la plupart des familles doivent s’abonner à plusieurs services si elles souhaitent regarder les séries les plus populaires du moment, du sport, des programmes jeunesse et des films récents. Cela représente une dépense importante, d’autant plus que les tarifs des abonnements augmentent régulièrement et que l’inflation généralisée ne favorise pas les dépenses liées aux divertissements.

Les utilisateurs se plaignent également de l’attitude des différents services de SVOD qui ont récemment imposé des publicités avant ou pendant les programmes sur certaines formules d’abonnement, et répriment le partage de comptes.
Pirates = jeunes utilisateurs ultra connectés ?

Le piratage semble se démocratiser et se normaliser chez les nouveaux utilisateurs. En Inde, par exemple, le téléchargement illégal de films a augmenté de 80 % en 2022. Ces nouveaux utilisateurs sont souvent plus jeunes et plus à l’aise avec les technologies numériques. Ils sont également moins attachés à la notion de propriété intellectuelle et moins sensibles aux arguments moraux contre le piratage.
De plus, ces générations ayant grandi en même temps que s’accroissait le phénomène de dématérialisation des contenus ne semblent plus autant intéressées par les supports physiques Blu-ray et DVD que leurs aînées. Elles ne sont généralement pas équipées de lecteurs Blu-ray ni de TV 4K, préférant l’écran du smartphone ou de l’ordinateur. Pourtant, les arguments en faveur du Blu-ray par rapport au streaming ne manquent pas.
Comment limiter le piratage vidéo ?
Andy Chatterley, cofondateur et CEO du cabinet d’études MUSO spécialisé dans l’analyse du piratage mondial et de la consommation multimédia sans licence, affirme pourtant que les personnes utilisant des services illégaux sont souvent celles qui dépensent déjà le plus pour du contenu, à condition d’y avoir accès facilement. Or, ce dernier point est très important.

En creux, l’analyste sous-entend que les industries du cinéma et de la télévision pourraient tirer avantage à proposer des abonnements groupés à plusieurs plateformes, ou des forfaits à prix réduits pour les jeunes utilisateurs. Faciliter le partage de comptes entre les membres d’une même famille pourrait sans doute contribuer aussi à limiter le piratage.
La lutte contre le piratage est un défi complexe qui semble ne jamais devoir trouver de fin. La répression se montrant assez inefficace, la solution pourrait donc venir des principales victimes. Si les industries du cinéma, de la télévision et de la SVOD pouvaient s’entendre pour proposer une offre unifiée de contenus suffisamment variés et accessibles, les utilisateurs finiraient certainement par se détourner du piratage.
Source : FastCompany











On remarquera que le piratage des musiques a marqué le pas avec les services de streaming plus faciles à utiliser que les supports solides voire les fichiers.
Bjr, en fait il y a une autre raison. Certains uploadeurs encode des films avec des bandes audio/vidéo de bien meilleures qualités que nombreux produits tels que les blu-ray 4k. Regarder par exemple Avatar 2 avec le Dolby Vision /Atmos réalisé par certains est quand même de bien meilleure qualité que le disque du commerce. D’autant que l’utilisation à partir de Disques durs c’est quand même plus pratique.