La deuxième partie de Dune est désormais proposée en Blu-ray sur Son-Vidéo.com. Et à l’occasion de la sortie de son 319e numéro, le magazine Les Années Laser présente un test complet de ce second opus.

En résumé
« Même si ça semble un peu arrogant et irrationnel, j’ai toujours été convaincu qu’un jour je transposerais Dune au cinéma », affirme Denis Villeneuve. « Et j’avais la certitude profonde, inébranlable que je serais capable de le faire. D’où une telle assurance m’est-elle venue ? Je ne pourrais pas vous le dire. »

Il faut en tout cas remonter au jour où, âgé de 14 ans, il entra dans une librairie de Montréal : « J’ai vu la superbe couverture de Dune peinte par Wojtek Siudmak pour l’édition française du roman où on voyait un homme au teint basané, aux yeux d’un bleu perçant, et c’est ça qui m’a donné envie de lire le livre. »
Toujours est-il que celui que la planète cinéma considère aujourd’hui comme l’héritier direct de Ridley Scott – ou comme un Christopher Nolan en moins conceptuel – a relevé non pas une, mais deux fois le défi insensé de visualiser le premier tome de la proliférante saga signée Frank Herbert. Un projet sur lequel David Lynch s’était déjà cassé les dents en 1984, sans compter la mythique tentative avortée d’Alejandro Jodorowsky au milieu des années 70 et le projet un temps caressé par, il n’y a pas de hasard, un certain Ridley Scott. Grâce à la confiance du Studio Warner, c’est aux antipodes du style habituel des blockbusters spatiaux façon Star Wars que le premier volet somptueusement méditatif de son adaptation est parvenu en 2021 à créer la surprise commerciale (407 millions de dollars de recettes mondiales) artistique (six Oscars techniques) et critique.

« Il m’a fallu retrouver ma sensibilité de garçon qui rêvait à la science-fiction et qui avait été subjugué par le roman », explique Denis Villeneuve. « Pour arriver à la vision la plus juste possible, j’ai dû reprendre contact avec cette fougue adolescente. » Une énergie encore plus palpable dans ce deuxième volet : « J’étais porté par l’idée d’un film avec davantage d’impulsion, je souhaitais donner encore plus de souffle à ma mise en scène. »
De fait, sans renoncer le moins du monde à la nature philosophique de l’intrigue, c’est sous le signe de l’hyper spectacle (« Dans le roman, il est écrit : ‘Et Paul chevauche le ver.’ Il nous a fallu deux ans de travail pour porter cette phrase à l’écran ! ») que cette suite est parvenue à quasiment doubler le score financier du chapitre inaugural. Et quand il en aura fini avec son prochain film, un thriller apocalyptique pour l’instant intitulé Nuclear War – A Scenario, Denis Villeneuve s’attaquera au Messie de Dune. On en connaît qui trépignent déjà d’impatience.

Du côté des bonus
Très classiques dans leur forme, huit modules se chargent pendant une heure de nous dire tout ce qu’il faut savoir sur la langue des Fremen, les décors, le vaisseau des Harkonnen, la fameuse scène de la chevauchée du ver, le neveu du Baron, les costumes et la bande-son.
Avis technique
Dans la lignée de son prédécesseur, ce master immaculé, éclaboussé de soleil et d’une lisibilité sans faille voit le Dolby Vision accentuer à la perfection la photo ocre et les flammes incandescentes. Quant au son, prière de prévenir le voisinage tant les deux pistes Atmos VO et VF (félicitations à l’éditeur !) promettent d’éreinter l’installation avec des basses tour à tour subtiles (marteleurs pour attirer les vers) ou tétanisantes (attaque aérienne, arrivée du Baron dans l’arène, craquements sourds) et des canaux aériens judicieusement sollicités.

Le mot de la fin
Comme James Cameron avec Avatar, Denis Villeneuve confirme son statut d’exceptionnel créateur d’univers.












Non, non, le « Dune » de David Lynch est bien, à revoir, il faut le réhabiliter.