Les 20 films qui ont marqué les 20 dernières années

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Sur vingt ans, il est très difficile de choisir seulement vingt films qui ont marqué cette génération. C’est même totalement impossible ! Alors il faut se faire violence et ne retenir qu’un film par an, même si certaines années la concentration de chef d’œuvres imposerait d’en choisir plusieurs. Ce qui est certain, c’est qu’en vingt ans le cinéma a fait sa révolution technique : on est passé de la pellicule au numérique, de la 2D à la 3D et même à la 4D pour certaines salles… En vingt ans, la qualité d’image et de son a fait un bond phénoménal. Et même si certains réalisateurs gardent la nostalgie de la pellicule traditionnelle, il faut avouer que l’image des productions de ces dernières années atteint parfois des niveaux de détails impressionnants et certains films de cette sélection sont là pour le prouver. C’est aussi depuis ses vingt dernières années que l’illusion dans le cinéma, le rêve de Méliès, est devenu une réalité tellement parfaite qu’on ne peut même plus distinguer le vrai de l’effet spécial. Pourtant le cinéma n’est pas seulement affaire de technique, la force créatrice d’un réalisateur a pu amener certaines histoires à transcender la technologie comme dans le récent Parasites qui combine, sans que l’on s’en rende compte, énormément d’ajouts numériques au service d’une histoire remarquable. Des réalisateurs comme Tarantino, Iñarritu, Scorsese ou encore James Mangold, ont contribué à faire de ses vingt dernières années celles d’un cinéma créatif et passionnant, complexe et surtout toujours très vivant ! L’humain prime sur la technologie, mais cette dernière a fait sauter de nombreux verrous qui pouvaient encore brider l’imagination des créateurs. C’est aujourd’hui la preuve que plein de cinémas différents coexistent, des cinémas d’influences variées… un «  melting pot » visuel qui, on l’espère, restera vivace face à l’uniformisation souhaitée par certaines majors. Car on se rend bien compte que vingt ans de cinéma, c’est avant tout vingt ans de films d’auteurs.

David Oghia (Misteur D)

1 – Gladiator (2000, de Ridley Scott)

Mine de rien, ça fait déjà 20 ans que le grand public redécouvrait la force d’évocation épique de Ridley Scott. Le réalisateur nous prouvait avec Gladiator, un péplum musclé, qu’il était encore bien là et qu’il savait faire des choix novateurs en matière d’images, de casting et de musique. D’ailleurs si Hans Zimmer, compositeur omnipotent à Hollywood a connu un apogée, c’est bien pour Gladiator, dont la musique rythmée par les chants de Lisa Gerrard, nous laisse encore en mémoire des scènes d’une impressionnante beauté. Depuis sa sortie, Gladiator reste un film important dont le succès au box-office ne se dément pas. Tout comme avec Alien (1979) et Blade Runner (1982), Scott crée un standard pour le Péplum et par extension, le film historique ; prouesse qu’il n’a pas réitérée depuis…

2 – Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001, de Jean-Pierre Jeunet)

On peut difficilement passer à côté de ce film qui a marqué toute une génération. Son réalisateur, Jean Pierre Jeunet, faisait très fort, après avoir souffert sur le tournage d’Alien IV mais tout en ayant réussi à dompter la bête xénomorphe avec brio ; on pouvait s’attendre à le retrouver aux commandes d’une nouvelle grosse production américaine. Au contraire, Jeunet prend son public à contre-pied avec cette comédie légère et surprenante révélant l’actrice Audrey Tautou. En ce début de millénaire, quel beau message que délivre le cinéma français avec cette histoire poétique et franchement positive. Un univers pittoresque digne d’un travail d’orfèvre tant les anecdotes et les seconds rôles sont merveilleusement présents et réussis. Amélie Poulain est sans conteste un film fabuleux qui a sa place dans cette sélection non exhaustive.

3 – Le Seigneur des Anneaux : les Deux Tours (2002, de Peter Jackson)

On aurait pu mettre le Seigneur des Anneaux en tête de ce palmarès durant ses trois années de sortie (entre 2000 et 2003) tellement ces films ne font qu’un, ont été une révolution dans le domaine de la Fantasy à plus d’un titre. Non seulement la trilogie réalisée par Peter Jackson permet de faire découvrir au plus grand nombre cette formidable histoire écrite par J.R.R. Tolkien, mais elle va tracer la voie pour d’autres succès du genre comme le Trône de Fer. Sur les trois films, Les Deux Tours est peut-être le plus impressionnant avec la bataille du Gouffre de Helm. Visuellement époustouflant, les décors, costumes et effets spéciaux propulsent la naissante société Weta Workshop aux rangs des plus grandes entreprises de SFX au monde. Les Oscars pleuvent sur Lord Of The Ring et ses acteurs sont promus au rang de stars. Un rendez-vous de Noël au cinéma auquel on repense avec nostalgie et l’on retourne souvent (pour ma part en tout cas) en Terre du Milieu car ces films sont devenus intemporels et addictifs.

4 – Old Boy (2003, de Park Chan-Wook)

En 20 ans, le cinéma Coréen s’est imposé au niveau mondial et Old Boy est probablement la première pierre de l’édifice qui conduit au succès de Parasite. L’histoire de cet inconnu, séquestré pendant quinze ans et relâché tout aussi soudainement qui se met en quête d’une explication et d’une vengeance, est tout à fait saisissante. La maîtrise technique de son réalisateur Park Chan-Wook, ainsi que la canalisation de ses délires dans ce qui ressemble à une errance, relève plutôt du parcours soigneusement orchestré, l’expression symbolique d’une colère contre son propre pays qui sort à peine de la dictature. Un film fascinant autant par sa puissance visuelle que sa force émotionnelle et la découverte d’un grand réalisateur récompensé par le Grand Prix à Cannes. Incontournable !

5 – Shaun of the Dead (2004, de Edgar Wright)

Dans un registre très différent, difficile de passer à côté de ce groupe d’anglais complètement barrés à l’origine de l’excellente série Spaced mais qui triomphent au cinéma avec ce premier opus de la future Trilogie Cornetto : Shaun Of The Dead. Un film de zombi traité à la sauce British, où humour absurde et décalé sont au rendez-vous. Non seulement on découvre les acteurs principaux Simon Pegg (le nouveau Scotty de Star Trek) et Nick Frost mais surtout son réalisateur, l’excellent Edgar Wright à qui l’on doit aussi l’adaptation sur grand écran du comics Scott Pilgrim. Le héros de Shaun Of The Dead passe de métro / boulot / dodo, une vie de zombi, à la chasse aux zombis ! Une parabole mortellement drôle, très rythmée et qui marque le renouveau du film horrifique pour le grand public ; la petite frayeur pas trop gothique qui va donner lieu à de très nombreuses déclinaisons depuis.

6 – Paprika (2005, de Satoshi Kon)

Très peu nombreux sont les réalisateurs de films d’animation japonais à laisser une trace dans le cinéma mondial. Il y a eu Otomo avec Akira au début des années 90, puis Miyazaki et Oshii, et plus récemment des noms comme Osoda ou Shinkaï. Mais il y a un réalisateur très particulier, dont le nom reste aujourd’hui synonyme d’expérience émotionnelle forte, c’est Satoshi Kon. Réalisateur de seulement quatre longs métrages d’animation, dont Paprika est le dernier avant sa disparition en 2010. Explorant le domaine du rêve, Paprika est un délire visuel fantastique qui a influencé des cinéastes comme Christopher Nolan. En seulement quelques œuvres, Satoshi Kon s’impose comme une légende de l’anime. À voir et à revoir, de Perfect Blue à Millenium Actress, des moments oniriques de cinéma.

7 – Les Fils de l’Homme (2006, de Alfonso Cuarón)

Peut-être l’un des films d’anticipation les plus marquants de l’histoire du cinéma. Héritier d’un certain genre de science-fiction des années 60/70 avec la Planète de Singes ou Soleil Vert, qui décrivent un avenir peu réjouissant, Les Fils de l’Homme reprend avec maestria la thématique de l’apocalypse lent, avec l’humanité vouée à l’extinction mais sur plusieurs générations… Le réalisateur Alfonso Cuarón plonge Clive Owen et Julian Moore dans une dystopie se situant au Royaume Uni. Tiré d’un roman de P.D. James, cette histoire est la toile de fond idéale pour révéler tout le talent de mise en scène de Cuarón avec notamment deux plans séquences très impressionnants. Ce film combine une vision réaliste et en même temps très inspirée d’un monde en déliquescence, c’est à la fois fascinant et troublant. Encore un indispensable dans votre vidéothèque.

8 – No Country for Old Men (2007, Joel et Ethan Cohen)

Ils sont présents depuis les années 80 avec des projets toujours surprenants et No Country for Old Men est un film des frères Cohen qui va asseoir un peu plus (si c’était encore nécessaire) leur renommée. Il fallait bien sélectionner un film de Joel et Ethan tellement ils sont productifs et le choix de celui-ci vient du fait que non seulement c’est un excellent thriller, qu’il a été très largement récompensé dans de nombreux festivals internationaux, mais en plus il réunit un trio d’acteurs sensationnels : le jeune Josh Brolin qui s’est totalement révélé dans ce film, Tommy Lee Jones qui accumule (avec succès) les rôles de flics Texans et Javier Bardem (à la coupe de cheveux improbable) plus terrifiant que jamais. Une œuvre marquante qui impressionne par la maturité de sa réalisation, son rythme intense et ses dialogues teintés d’humour, le tout dans une ambiance d’une rare violence. Un classique instantané comme on le dit souvent chez les critiques !

9 – Slumdog Millionaire (2008, de Danny Boyle)

Tout comme les frères Cohen, Danny Boyle est un réalisateur très versatile qui s’est attaqué à tous les genres. Depuis Petits Meurtres entre Amis en 1994, cet Anglais de Manchester a fait du chemin et ce film, Slumdog Millionnaire, sous influence et au casting Indien, a été accueilli comme une consécration pour Boyle. Récompensée par 8 Oscars et de nombreux autres prix, cette fable qui aurait pu être produite à Bollywood, est peut-être le premier film de la mondialisation. Un regard extérieur sur les tensions entre les castes Indiennes au travers de ce jeune, en bas de l’échelle sociale, qui défie tous les pronostics en remportant l’équivalent de Qui Veut Gagner des Millions en Inde et qui va être accusé de tricherie. Le film revient sur chaque question qui lui ont été posées lors du jeu et offre l’explication de ses réponses sous forme de flash-back. Une histoire riche en émotions au visuel captivant.

10 – Avatar (2009, de James Cameron)

Il en faut du temps à James Cameron pour faire des films… et il aura fallu attendre douze ans après Titanic pour la sortie d’Avatar en décembre 2009. En concluant la première décennie du 21ème siècle, Cameron ouvre aussi la porte au futur du cinéma. Il impose la 3D au circuit mondial de salles et réalise un film aux prouesses techniques inégalées. C’est en combinant le talent des magiciens de Peter Jackson, chez Weta, et celui des maîtres d’ILM, chez George Lucas, qu’ils réussirent à nous transporter dans l’univers lointain d’Avatar et sa planète Pandora. Un voyage inoubliable pour tous ceux qui l’ont apprécié et ils sont nombreux, car Avatar conserve jusqu’au dernier des Avengers, le record de recette mondiales avec 2,7 milliards de dollars. Un succès phénoménal qui impose James Cameron comme un des plus grands réalisateurs visionnaires d’Hollywood. Les techniques numériques utilisées sur Avatar vont servir de références pour toutes les productions jusqu’à ce jour. Un voyage au milieu des peuplades extra-terrestres de Pandora, qui offre au spectateur une expérience immersive comme jamais. Avatar est un réel tournant dans ce que le cinéma est capable de construire comme univers imaginaire.

11 – The Social Network (2010, de David Fincher)

Encore un choix lié à son réalisateur, David Fincher qui, depuis Seven et Fight Club, enchaîne les films « coup de poing ». Social Network sur un registre différent, celui d’un biopic sur Mark Zuckerberg, créateur de Facebook, qui permet à Fincher de mettre toute la tension qu’il maîtrise dans ses thrillers, au service d’une histoire passionnante mêlant trahison et enjeux colossaux. De plus Social Network est loin d’être un éloge de Zuckerberg, mais nous montre l’histoire en marche à la manière d’une tragédie Grecque. Servie par une poignée d’excellents acteurs, on se régale et on frissonne sur cette histoire d’informatique absolument pas limitée aux geeks et nerds auxquels ce film aurait pu être destiné. Fincher et son scénariste, Aaron Sorkin, réussissent à être passionnants avec un sujet parfois austère, voire technique. On en redemande !

12 – Intouchable (2011, de Éric Toledano et Olivier Nakache)

Énorme succès pour le cinéma Français en cette année 2011 avec cette comédie dramatique réalisée par Éric Toledano et Olivier Nakache. L’histoire très émouvante et inspirée de faits réels, d’un tétraplégique issu d’un milieu très aisé, interprété par François Cluzet, qui va retrouver un certain goût à la vie grâce à son aide-soignant, un sénégalais venant de la banlieue parisienne, campé par Omar Sy. Tout ce qui oppose les deux protagonistes de cette histoire et les épreuves qu’ils vont vivre ensemble et qui vont les rapprocher inexorablement, touchent la sensibilité de chaque spectateur. Un savant équilibre entre comédie et chronique sociale et surtout un duo de personnage qui font vrais et qui ne sombrent jamais dans la caricature. Quand la chimie fonctionne, cela donne une œuvre enrichissante, un film profondément humain et surtout un marqueur important pour le cinéma français.

13 – Django Unchained (2012, de Quentin Tarantino)

On ne peut pas parler des films importants des 20 dernières années sans mentionner ceux de Quentin Tarantino. Cinéaste cinéphile qui rend hommage aux plus grands classiques comme dans Django Unchained. Tarantino souhaitait faire un western spaghetti depuis longtemps et ainsi honorer Sergio Leone, l’une de ses sources d’inspiration privilégiées depuis toujours. Django tiré d’un film éponyme des années 60, est surtout un point de convergence dans la carrière de son réalisateur qui aboutit à cette œuvre saluée internationalement. Par ailleurs, ce fut aussi le plus gros succès au box-office pour Quentin, qui réunit avec bonheur un trio d’acteurs exceptionnels : Jamie Foxx dans la peau de Django, associé à Christoph Waltz opposés à Léonardo DiCaprio. Tourné à l’ancienne, en pellicule 35mm avec des optiques anamorphiques pour le format scope, même la musique, qui tient un rôle à elle seule dans le film, conservera jusqu’à l’édition du disque, les craquements dus à des sources vinyles. Tarantino est un nostalgique dans le bon sens du terme, qui sait parfaitement reconvertir un matériel intemporel en chef d’œuvre inoubliable.

14 – Le Loup de Wall Street (2013, de Martin Scorsese)

Encore Léonardo DiCaprio mais cette fois avec Martin Scorsese, pour un film qui signe le retour du réalisateur au sommet de son art. Cette histoire inspirée de faits réels, nous plonge dans le monde de la Bourse et des courtiers et surtout de leurs malversations dans les années 80. On ne pensait pas pouvoir retrouver l’ambiance mafieuse si particulière à Casino, mais Scorsese parvient à nous plonger dans un univers encore plus criminogène chez les traders. C’est l’extravagance et la démesure de ce film qui surprend, la capacité d’un réalisateur de 71 ans à montrer avec fougue les excès sans borne de son personnage principal. Adieu la moralité ! Les Loups de Wall Streets sont lâchés et Scorsese les suit jusque dans leurs outrances avec un enchaînement de scènes cultes comme rarement dans ce genre de thriller financier.

15 – Whiplash (2014, de Damien Chazelle)

Ce dernier segment de cette sélection est souvent lié à des personnages extrêmes voire violents, est-ce un signe des temps ? À ce titre, Whiplash est une œuvre inattendue signée du jeune Damien Chazelle qui va confirmer son talent deux ans plus tard avec La La Land. C’est un tournage extrême qui permettra à Whiplash de voir le jour : seulement 19 jours de prises de vues avec, comme pour le héros dans le scénario, un Damien Chazelle victime d’un grave accident de voiture et qui, malgré la mise en garde des médecins, reprend le travail dès le lendemain de son crash. Whiplash raconte le calvaire d’un jeune musicien confronté à l’exigence à la limite de la folie de son professeur incarné par J.K. Simmons (qui obtiendra un Oscar pour ce rôle). Spectateurs comme critiques ont largement salué la performance des acteurs qui propulsent ce film dans le top des œuvres marquantes de la décennie 2010. La confrontation des protagonistes et les prouesses musicales sont renversantes et Whiplash représente ce qu’il y a de mieux dans le genre « personnages forts ». À découvrir impérativement si vous étiez passé à côté en 2014.

16 – Mad Max: Fury Road (2015, de George Miller)

Au risque de me répéter, voici encore un réalisateur de 70 ans qui met une bonne claque à la nouvelle génération en réussissant le plus beau retour d’un personnage mythique sur grand écran : Mad Max Fury Road n’est pas loin d’être un film parfait. On ne l’attendait plus Max, ce héros des années 80 et surtout pas dans une suite… Finalement, Miller réussit à remplacer sans trop de difficulté l’emblématique Mel Gibson par Tom Hardy, moins charismatique mais accompagnée de Charlize Theron qui lui vole la vedette dans son rôle magistral d’Imperator Furiosa. Fury Road est un ballet visuel impressionnant qui renouvelle complètement le genre, une claque comme on pouvait l’espérer avec une bonne dose de féminisme très bien amenée. Énorme succès au box-office, ce quatrième opus des aventures de Max a reçu aussi un accueil critique dithyrambique. C’est sans partage que ce film règne sur l’année 2015 avec une liste impressionnante de récompenses à travers le monde. Et maintenant on attend la suite George !

17 – The Revenant (2016, de Alejandro Iñarritu)

Décidément, Léonardo DiCaprio est l’acteur le plus présent de cette sélection… grâce en soit rendu au réalisateur Alejandro Iñarritu qui signe avec The Revenant un film totalement fascinant. Non seulement c’est une prouesse d’acteur mais aussi une réalisation exceptionnelle qui confirme qu’Iñarritu est un metteur en scène majeur. Cette plongée dans le grand nord d’une Amérique sauvage, à la grande époque des trappeurs, est une aventure visuelle et émotionnelle grandiose. Le parcours du héros, confronté à un voyage de 300 km seul face à la nature, nous emporte dans un dépaysement total. Archétype du « Revenge Movie », The Revenant est une fresque à la fois intimiste et grandiose. Du très grand cinéma d’aventure.

18 – Logan (2017, de James Mangold)

S’il ne fallait retenir qu’un seul film de toute la galaxie de films de super-héros depuis le Iron Man de 2008, qui inaugure la vague Marvel de cette décennie, c’est bien Logan de James Mangold. Ce dernier est un excellent réalisateur, déjà auréolé de plusieurs succès comme Copland avec Sly Stallone et 3h10 pour Yuma, western décapant avec Russel Crowe et Christan Bale. Il réalise ici son deuxième (et dernier) volet des aventures de Wolverine, incarné par l’excellent Hugh Jackman. Situé dans un futur proche, l’histoire nous montre un super-héros vieillissant au chevet d’un Professeur X, interprété par Patrick Stewart, qui ne contrôle plus ses pouvoirs. Tout cela sent la catastrophe à plein nez. Tout bascule avec la rencontre d’une petite fille en fuite, aux pouvoirs équivalent à ceux de Wolverine. Film sensible et crépusculaire, qui donne à ce genre ses vraies lettres de noblesse. Dès sa sortie, la critique est unanime pour saluer Logan comme une nouvelle référence et une histoire au caractère authentique et émouvante. Au-delà de la violence graphique, les personnages obtiennent enfin une épaisseur et une humanité que l’on n’espérait plus pour un Marvel.

19 – Spider-Man: New Generation (2018, de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman)

La fin de la décennie 2010 est vraiment marquée par les films de super-héros. Dans un registre totalement différent de celui de Logan, ce Spider-Man est avant tout un très beau film d’animation. Si on pouvait croire que le personnage de l’homme araignée était usé par trop de reboots, New Generation redonne tout son intérêt à ce personnage.  Réussissant la prouesse de combiner le meilleur du genre et un film hommage à Spider-Man, c’est non seulement très réussi graphiquement mais aussi sur le plan scénaristique. En reprenant les aventures de Miles Morales, une incarnation alternative de Spider-Man, l’histoire basée sur plusieurs dimensions parallèles permet d’injecter une dose massive de sang neuf derrière le masque de l’homme araignée. Avec ce Spider-Man : New Generation on a l’impression d’assister à une exposition d’art moderne mouvante. Cela rappelle aussi la place prépondérante que prennent les films d’animations dans le registre des films d’actions ou d’aventure. Des réalisations souvent de très grande qualité qui pallient le manque de cinéma « live » dans ce domaine.

20 – Parasite (2019, de Bong Joon-Ho)

Pour conclure, retour au cinéma Coréen avec l’aboutissement et la consécration pour 20 ans de développement de productions asiatiques. Parasite est un film formidable, avec des personnages, une ambiance et une réalisation exceptionnelle. Bong Joon-Ho, fort de son expérience sur des films comme Memories Of Murder, The Host ou encore Le Transperceneige, réussit un huis-clos imprévisible. C’est une des grandes forces du cinéma Coréen, celui de proposer des histoires dont on ne peut décrypter à l’avance le dénouement. Même si les personnages et les situations sont complexes, on a l’impression d’une grande fluidité dans l’histoire. La mécanique dramatique emporte le spectateur exactement où son réalisateur veut les amener. Et c’est avec un bonheur presque coupable qu’on en redemande. Ce film où la maison est la plaque tournante d’une intrigue vénéneuse, opposant deux franges de la population coréenne, est une satire sociale qui n’oublie pas de nous plonger dans le rythme et la tension d’un thriller. Un film d’une grande virtuosité, qui a largement mérité sa pluie de récompenses internationales, engrangeant La Palme d’Or à Cannes ainsi que l’Oscar du Meilleur Film à Hollywood, une première pour une production coréenne.

à propos : David Oghia
David Oghia possède de nombreuses casquettes (il est monteur, réalisateur, a participé à la création de Lucasfilm Magazine, de Starfix Nouvelle Génération et Science-Fiction Magazine…), et depuis 8 ans il organise les Nuits au Max, des nuits cinéma où l’on retrouve des grands classiques à grand spectacle ainsi que d’autres soirée à thème pour Paramount Channel au Grand Rex. Pendant les quelques heures qu’il lui reste de libre, il se consacre aux podcasts sur la musique de films comme Total Trax ou sur la culture geek avec l’Agence Tous Geeks.


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2 COMMENTS

  1. Bonne sélection de films, j’aurais peut-être remplacé paprika par Le Château ambulant de Hayao Miyazaki.
    Il y a aussi Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre qui a marqué les esprits.
    Et je suis surpris de ne pas voir Avengers Endgame 😉

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