Test Blu-ray : Tenet

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EN RÉSUMÉ

Unique blockbuster hollywoodien à être sorti en salles durant la première vague de la pandémie grâce à l’insistance de son tout-puissant réalisateur Christopher Nolan, Tenet a été « vendu » comme LE film capable de redonner au public le goût des salles obscures tout en se présentant comme le sauveur économique d’une industrie terriblement impactée par la crise sanitaire. Manque de chance, en dépit de la dimension événementielle de son exploitation, il a dû se contenter de 54 minuscules millions de dollars au box-office américain (quatre fois plus à l’international, ce qui redresse un peu la barre) et d’une humiliante quatorzième place au hit-parade 2020. Une misère compte tenu de son ambition et de son budget pharaoniques. Le public a-t-il eu peur de se déplacer ? La complexité revendiquée de son scénario l’a-t-elle refroidi en amont ? Le bouche à oreille a-t-il véhiculé un sentiment de déception ? On ne sait pas vraiment. Toujours est-il que cette colossale fresque d’espionnage sur fond de va-et-vient temporels, de physique quantique et de télescopage passé/présent/futur demande une attention de tous les instants à ses dialogues et à ses enjeux dramatiques pour ne pas être irrémédiablement perdu dans les méandres du scénario ou des images, quitte à passer davantage de temps à essayer de comprendre qu’à profiter du spectacle. Reste une autre solution, que nous ne sommes pas loin de conseiller : laisser son cerveau au vestiaire et s’abandonner à un feu d’artifice de scènes d’action démesurées, à des méchants vraiment très méchants, à la décontraction d’un héros presque trop « sympa » pour être crédible… On se retrouve alors devant un « James Bond » puissance mille, et c’est peut-être le meilleur moyen d’y trouver son bonheur.

DU CÔTÉ DES BONUS

Un seul supplément au programme, mais se pose là puisqu’il s’agit d’un ample making-of chapitré d’une heure et quart, qui décortique tous les aspects de la production en s’attardant notamment sur l’incroyable performance des cascadeurs et l’implication du réalisateur à tous les niveaux.

AVIS TECHNIQUE

À la demande expresse de Christopher Nolan, auquel on ne peut rien refuser, le mixage pourtant furibond ne s’accompagne d’aucune piste Atmos, y compris sur l’UHD Blu-ray : on peut certes se surprendre à rêver des innombrables effets aériens qu’elle aurait pu dégoupiller, mais en l’état, on en prend plein les tympans grâce à une VF et à une VO de niveau égal, ébouriffantes de présence musicale et de massivité dans le feu de l’action, entre coups de feu et explosions diverses jusqu’à l’impressionnant crash sans trucages numériques sur le tarmac de l’aéroport. En revanche, la galette UHD marque nettement sa suprématie au niveau de l’image grâce à un transfert HDR baigné d’une luminosité formidable et aux noirs d’encre, dont la définition tutoie la perfection à tout instant, le film basculant fréquemment, parfois un bref instant, entre les formats 2.20 et 1.78 IMAX.

LE MOT DE LA FIN

Faut-il chercher à comprendre Tenet ? Rien de moins sûr. D’autant que le niveau de qualité audiovisuelle mobilise constamment le regard et l’ouïe.


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